BREVIA 2007
Janvier
La Diplomatie est de plus en plus l’Art d’avaler d’humiliantes couleuvres enrobées de propos lénifiants.
§
Les frontières et les murs qu’établissaient les pays communistes avaient pour mission d’empêcher les gens de …sortir ; ceux qu’édifient les pays occidentaux tentent d’empêcher les gens d’entrer. Cherchez l’erreur !
§
Le microcosme de la culture subventionnée est en ébullition et voudrait s’opposer au projet de prêt d’œuvres du Louvre à l’Emirat d’Abou Dhabi. Ces intellectuels prébendés s’insurgent contre l’aspect « mercantile » de l’opération. Comme si « mercantile » était une insulte, alors que c’est justement les « marchands » qui ont permis l’essor des civilisations et, partant, l’éclosion des œuvres d’art.
Passerait encore s’il s’agissait de vendre – quoique bien des familles aient dû se séparer de biens ancestraux pour faire face à la prodigalité ou à l’imprévoyance – mais il ne s’agit ici que de prêter. Et si l’on songe que les Musées n’exposent que dix pour cent de ce qu’ils possèdent – le reste dort dans les « réserves » -- ce pourrait être l’occasion de faire prendre l’air à ces trésors cachés ?
En effet, quoi de plus raisonnable, pour un pays ruiné, incapable de rembourser une dette que nous lèguerons à nos descendants, que de tenter de faire ainsi rentrer un peu d’argent frais dans les caisses ? Les rentrées escomptées pourraient atteindre le milliard d’euros. C’est loin d’être négligeable, et les défenseurs intransigeants de la culture « propre » (entendez par-là celle qui coûte au maximum et ne rapporte rien) devraient au moins prendre ces données en considération, et constater que si l’on pouvait réaliser deux mille prêts de ce type, la dette serait effacée ?
Le problème se situerait plutôt dans le choix des œuvres à exposer. S’agissant d’Abou Dhabi, où les représentations de la vie animale et humaine doivent être interdites, on ne pourra envisager d’y envoyer que quelques croquis d’architecture, des natures mortes (fruits, fleurs, carafes et autres ustensiles) et des œuvres abstraites. Ça limite quand même sérieusement le choix, sans parler du fait que cela ne donnerait qu’une image bien tronquée de l’art occidental qui regorge de portraits, de scènes de genre, de nus et autres sujets mettant en valeur l’Homme, c'est-à-dire bien souvent … la femme. Si l’on se risquait à prêter de telles tableaux ou statues, il faudrait les mettre hors de portée des visiteurs intégristes (vitres blindées, etc …) et les assurer fortement, les primes étant de fait, à la charge du locataire.
§
On a récemment parlé d’une Communauté qui élèverait les enfants de ses Membres dans uns certaine abstraction du monde contemporain. « Ils ne connaissent ni Zidane ni les jeux vidéo ! » s’indignait un Député du parti socialiste. A bien y réfléchir, ces enfants ne sont-ils pas plutôt à envier ?
§
Une Loi sur le Droit (opposable) au logement est en préparation. Ce qui veut dire que ceux qui ne sont pas logés --- ou dans des conditions qu’ils jugeront insatisfaisantes ? – pourront se retourner contre l’Etat pour mettre celui-ci en demeure de leur procurer un toit.
J’imagine déjà le flot monstrueux de textes d’application qui précisera ce que doit être un logement « légalement conforme » en fonction des situations du demandeur : une ou plusieurs épouses, nombre d’enfants, leur âge (attention, ça change chaque année !), les autres membres de la famille, les préférences climatiques, les recommandations médicales, etc…
J’attends avec impatience les Droits (opposables) aux téléphones (fixes et mobiles), aux appareils ménagers, à la voiture, à la résidence secondaire …
Sans doute notre Société se porterait-elle mieux – au moins, moins mal – si au lieu de multiplier à l’infini les Droits (opposables ou non) elle se préoccupait davantage des Devoirs : Devoir de travailler, Devoir de se loger, Devoir de subvenir aux besoins de sa famille. L’énumération de ces Devoirs serait, dans uns Société véritablement libérale, superflue. Chacun y assumerait les conséquences de ses actes, ou de son inaction.
Janvier
La Diplomatie est de plus en plus l’Art d’avaler d’humiliantes couleuvres enrobées de propos lénifiants.
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Les frontières et les murs qu’établissaient les pays communistes avaient pour mission d’empêcher les gens de …sortir ; ceux qu’édifient les pays occidentaux tentent d’empêcher les gens d’entrer. Cherchez l’erreur !
§
Le microcosme de la culture subventionnée est en ébullition et voudrait s’opposer au projet de prêt d’œuvres du Louvre à l’Emirat d’Abou Dhabi. Ces intellectuels prébendés s’insurgent contre l’aspect « mercantile » de l’opération. Comme si « mercantile » était une insulte, alors que c’est justement les « marchands » qui ont permis l’essor des civilisations et, partant, l’éclosion des œuvres d’art.
Passerait encore s’il s’agissait de vendre – quoique bien des familles aient dû se séparer de biens ancestraux pour faire face à la prodigalité ou à l’imprévoyance – mais il ne s’agit ici que de prêter. Et si l’on songe que les Musées n’exposent que dix pour cent de ce qu’ils possèdent – le reste dort dans les « réserves » -- ce pourrait être l’occasion de faire prendre l’air à ces trésors cachés ?
En effet, quoi de plus raisonnable, pour un pays ruiné, incapable de rembourser une dette que nous lèguerons à nos descendants, que de tenter de faire ainsi rentrer un peu d’argent frais dans les caisses ? Les rentrées escomptées pourraient atteindre le milliard d’euros. C’est loin d’être négligeable, et les défenseurs intransigeants de la culture « propre » (entendez par-là celle qui coûte au maximum et ne rapporte rien) devraient au moins prendre ces données en considération, et constater que si l’on pouvait réaliser deux mille prêts de ce type, la dette serait effacée ?
Le problème se situerait plutôt dans le choix des œuvres à exposer. S’agissant d’Abou Dhabi, où les représentations de la vie animale et humaine doivent être interdites, on ne pourra envisager d’y envoyer que quelques croquis d’architecture, des natures mortes (fruits, fleurs, carafes et autres ustensiles) et des œuvres abstraites. Ça limite quand même sérieusement le choix, sans parler du fait que cela ne donnerait qu’une image bien tronquée de l’art occidental qui regorge de portraits, de scènes de genre, de nus et autres sujets mettant en valeur l’Homme, c'est-à-dire bien souvent … la femme. Si l’on se risquait à prêter de telles tableaux ou statues, il faudrait les mettre hors de portée des visiteurs intégristes (vitres blindées, etc …) et les assurer fortement, les primes étant de fait, à la charge du locataire.
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On a récemment parlé d’une Communauté qui élèverait les enfants de ses Membres dans uns certaine abstraction du monde contemporain. « Ils ne connaissent ni Zidane ni les jeux vidéo ! » s’indignait un Député du parti socialiste. A bien y réfléchir, ces enfants ne sont-ils pas plutôt à envier ?
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Une Loi sur le Droit (opposable) au logement est en préparation. Ce qui veut dire que ceux qui ne sont pas logés --- ou dans des conditions qu’ils jugeront insatisfaisantes ? – pourront se retourner contre l’Etat pour mettre celui-ci en demeure de leur procurer un toit.
J’imagine déjà le flot monstrueux de textes d’application qui précisera ce que doit être un logement « légalement conforme » en fonction des situations du demandeur : une ou plusieurs épouses, nombre d’enfants, leur âge (attention, ça change chaque année !), les autres membres de la famille, les préférences climatiques, les recommandations médicales, etc…
J’attends avec impatience les Droits (opposables) aux téléphones (fixes et mobiles), aux appareils ménagers, à la voiture, à la résidence secondaire …
Sans doute notre Société se porterait-elle mieux – au moins, moins mal – si au lieu de multiplier à l’infini les Droits (opposables ou non) elle se préoccupait davantage des Devoirs : Devoir de travailler, Devoir de se loger, Devoir de subvenir aux besoins de sa famille. L’énumération de ces Devoirs serait, dans uns Société véritablement libérale, superflue. Chacun y assumerait les conséquences de ses actes, ou de son inaction.
§
Où va le Rotary ?
Où va le Rotary ? A cette angoissante question, G.B. Shaw répondait : il va déjeuner ! Plus sérieusement, l’article paru dans un récent numéro de la revue Le Rotarien, sous la plume du Past-gouverneur Yves Chevalley, et qui traite de la composition socio-professionnelle des Clubs Rotary, mérite notre attentive méditation. Que nous dit-il, en somme ? Il nous dit que le monde a changé, et qu’il n’est plus ce qu’il était il y a 30 ou 50 ans.
Une analyse socio-économique de notre Club de M*** est sans doute un exercice superflu, et – grâce au ciel – je n’ai pas in promptu les éléments qui me permettraient de m’y livrer. Remarquons simplement qu’il ne doit plus compter plus de trois « entrepreneurs » (au sens où l’entend Yves Chevalley) et qu’il compte au moins douze retraités et crypto-retraités, soit 34%.
La disparition d’un grand nombre de petites et moyennes entreprises, industrielles et commerciales, les effets de la concentration, des absorptions, des fusions, des fusions-absorptions et des absoprtions-fusions expliquent la rareté des « entrepreneurs » dans nos rangs, de moins en moins remplacés par des Cadres (parfois dits : supérieurs). Particulièrement pour une région comme la nôtre, où les entreprises – souvent couronnées de succès – qui y sont encore ont vu leurs centres de décisions – et donc les viviers du Rotary d’hier – s’éloigner sans espoir de retour. L’allongement de la durée de la vie, et l’amélioration de l’état dans lequel on survit, sont responsables de la proportion de retraités.
Je ne crois pas, comme semble le penser Yves Chevalley, que nous courrons le risque – sous la pression d’Evanston, appâté par les cotisations au Rotary International – de voir exploser le nombre de Rotariens. A part dans les grandes villes, où les « listes d’attente » sont pléthoriques, le Rotary « rural » me paraît plutôt menacé d’anémie extinctive. Menacé, certes, mais pas encore terrassé. La dure réalité –mais qu’y a-t-il de plus têtu et de plus incontournable que les faits ? – nous impose donc de choisir entre deux voies.
La première est la voie que, par facilité de langage, j’appellerais la voie « élitiste », et qui condamnerait les Clubs à pratiquer un recrutement qui chercherait à reproduire ce qu’il était à une autre époque : c’est, surtout pour des clubs ruraux, la voie de la mort subite.
La deuxième voie est celle sur laquelle le Club de M*** semble vouloir s’engager, qui passe par une redéfinition des attributs qui ouvrent la porte des clubs. Ce cheminement doit, autant que faire se peut, veiller à ne pas tomber dans les traquenards évoqués par Yves Chevalley. Il nous évitera la mort lente, mais il ne nous évitera peut-être pas d’acquérir une ressemblance étrange avec d’autres Clubs-service.
Pour maintenir notre originalité, il resterait à redessiner les contours de ce qui peut faire l’attractivité d’un Club, qui ne peut rayonner que pour autant que les Membres eux-mêmes rayonnent. Quels poids respectifs accorder aux contacts internationaux, aux aides aux plus démunis et à ceux qui souffrent, soit dans notre immédiate proximité, soit sous des cieux plus cléments mais souvent plus misérables, aux actions en faveur de la sauvegarde du patrimoine local ? Parmi ces différentes pistes, quelles sont celles qui sont le plus à même d’attirer des impétrants d’une valeur humaine suffisante, sans sous-estimer la désaffection probable des jeunes générations pour des organisations telles que la nôtre ? C’est, de toute évidence aux Comités à réfléchir puis à se prononcer sur ces dilemmes ; c’est aussi, certainement aux Membres des Clubs à envisager ces options, et à émettre des opinions.
Le Rotary est mort ? Vive le Rotary !
Berlin, janvier 2007
§
Février
Les vieillards aiment à donner de bons préceptes pour se consoler de n’être plus en état de donner de mauvais exemples.
La Rochefoucauld
Triste Chute
Bien qu’à sa femme trouvant toujours quelques attraits,
Prenant le mors aux dents, un géronte encor frais
Pensait par devers soi : « Varietas delectat,
Rallume-toi, Phénix, il faut que tu en tâtes ! »
Son caleçon, hélas, ne peut encore séduire
Que le lien conjugal, c’est déjà beaucoup dire ;
Et quant à ses chemises, elles ont la vertu
De faire fuir aussitôt, toute belle inconnue.
En bref, ni la culotte, chemise ou les chaussettes
Ne peuvent espérer de nouvelles conquêtes,
Subjuguer ni le Monde, ni même le Demi :
Tout ça c’est du passé, et la fête est finie.
Considérant son linge, il prend de sa jeunesse
Un éternel congé, et sans plus de finesses,
Se range des bricoles, et décide impromptu,
De la nécessité de faire une vertu.
d’après Eugen Roth
(Texte original in fine)
§
Elections présidentielles 2007
Parmi les multiples incertitudes qui nimbent les scrutin de 2007, émerge cependant un point fixe, une vérité bétonnée par l’expérience millénaire des élections : AUCUN candidat n’honorera les promesses ou les engagements de la campagne. De cela, nous pouvons être sûrs, absolument certains.
Marie-Ségolène gauchira sa campagne, au fil des semaines. Que risque-t-elle ? Rien. Ses électeurs, même modérés, ne voteront pas « à droite », et il faut bien qu’elle ratisse à gauche, très à gauche. Si, Dieu nous préserve, elle arrivait à se hisser sur le trône républicain, elle serait bien contrainte – après avoir repassé dans, l’euphorie de l’élection, une couche de ces mesures qui nous plombent et dont on voit les effets dans l’état actuel du Pays – de prendre quelques dispositions raisonnables (« de droite ») qui lui seront dictées par les incontournables réalités du Monde tel qu’il est. Comme y ont été obligés ses prédécesseurs socialistes.
Quant au petit Nicolas, qui avait initié sa pré-campagne sur quelques saines idées de rupture, il lui faut bien aller pêcher au centre (mou), au centre-gauche, et sans doute au-delà s’il veut battre sa concurrente d’un poullième de tête sur le poteau. C’est pourquoi les promesses du début sont déjà passées à la trappe. Avant même l’ouverture de la campagne officielle, son programme « libéral » ne ressemble déjà plus à ce qu’on en espérait qu’un âne du Poitou ne ressemble à un cheval de course. Mais nous savons bien que c’est un …rapide !
Allons, « peuple de gauche », gens de droite : à vos bulletins ; votez d’un cœur léger, votez d’un cœur lourd. Et n’oubliez jamais que les promesses électorales, c’est bien connu, n’engagent jamais que ceux qui … les écoutent.
§
Où va le Rotary ?
Où va le Rotary ? A cette angoissante question, G.B. Shaw répondait : il va déjeuner ! Plus sérieusement, l’article paru dans un récent numéro de la revue Le Rotarien, sous la plume du Past-gouverneur Yves Chevalley, et qui traite de la composition socio-professionnelle des Clubs Rotary, mérite notre attentive méditation. Que nous dit-il, en somme ? Il nous dit que le monde a changé, et qu’il n’est plus ce qu’il était il y a 30 ou 50 ans.
Une analyse socio-économique de notre Club de M*** est sans doute un exercice superflu, et – grâce au ciel – je n’ai pas in promptu les éléments qui me permettraient de m’y livrer. Remarquons simplement qu’il ne doit plus compter plus de trois « entrepreneurs » (au sens où l’entend Yves Chevalley) et qu’il compte au moins douze retraités et crypto-retraités, soit 34%.
La disparition d’un grand nombre de petites et moyennes entreprises, industrielles et commerciales, les effets de la concentration, des absorptions, des fusions, des fusions-absorptions et des absoprtions-fusions expliquent la rareté des « entrepreneurs » dans nos rangs, de moins en moins remplacés par des Cadres (parfois dits : supérieurs). Particulièrement pour une région comme la nôtre, où les entreprises – souvent couronnées de succès – qui y sont encore ont vu leurs centres de décisions – et donc les viviers du Rotary d’hier – s’éloigner sans espoir de retour. L’allongement de la durée de la vie, et l’amélioration de l’état dans lequel on survit, sont responsables de la proportion de retraités.
Je ne crois pas, comme semble le penser Yves Chevalley, que nous courrons le risque – sous la pression d’Evanston, appâté par les cotisations au Rotary International – de voir exploser le nombre de Rotariens. A part dans les grandes villes, où les « listes d’attente » sont pléthoriques, le Rotary « rural » me paraît plutôt menacé d’anémie extinctive. Menacé, certes, mais pas encore terrassé. La dure réalité –mais qu’y a-t-il de plus têtu et de plus incontournable que les faits ? – nous impose donc de choisir entre deux voies.
La première est la voie que, par facilité de langage, j’appellerais la voie « élitiste », et qui condamnerait les Clubs à pratiquer un recrutement qui chercherait à reproduire ce qu’il était à une autre époque : c’est, surtout pour des clubs ruraux, la voie de la mort subite.
La deuxième voie est celle sur laquelle le Club de M*** semble vouloir s’engager, qui passe par une redéfinition des attributs qui ouvrent la porte des clubs. Ce cheminement doit, autant que faire se peut, veiller à ne pas tomber dans les traquenards évoqués par Yves Chevalley. Il nous évitera la mort lente, mais il ne nous évitera peut-être pas d’acquérir une ressemblance étrange avec d’autres Clubs-service.
Pour maintenir notre originalité, il resterait à redessiner les contours de ce qui peut faire l’attractivité d’un Club, qui ne peut rayonner que pour autant que les Membres eux-mêmes rayonnent. Quels poids respectifs accorder aux contacts internationaux, aux aides aux plus démunis et à ceux qui souffrent, soit dans notre immédiate proximité, soit sous des cieux plus cléments mais souvent plus misérables, aux actions en faveur de la sauvegarde du patrimoine local ? Parmi ces différentes pistes, quelles sont celles qui sont le plus à même d’attirer des impétrants d’une valeur humaine suffisante, sans sous-estimer la désaffection probable des jeunes générations pour des organisations telles que la nôtre ? C’est, de toute évidence aux Comités à réfléchir puis à se prononcer sur ces dilemmes ; c’est aussi, certainement aux Membres des Clubs à envisager ces options, et à émettre des opinions.
Le Rotary est mort ? Vive le Rotary !
Berlin, janvier 2007
§
Février
Les vieillards aiment à donner de bons préceptes pour se consoler de n’être plus en état de donner de mauvais exemples.
La Rochefoucauld
Triste Chute
Bien qu’à sa femme trouvant toujours quelques attraits,
Prenant le mors aux dents, un géronte encor frais
Pensait par devers soi : « Varietas delectat,
Rallume-toi, Phénix, il faut que tu en tâtes ! »
Son caleçon, hélas, ne peut encore séduire
Que le lien conjugal, c’est déjà beaucoup dire ;
Et quant à ses chemises, elles ont la vertu
De faire fuir aussitôt, toute belle inconnue.
En bref, ni la culotte, chemise ou les chaussettes
Ne peuvent espérer de nouvelles conquêtes,
Subjuguer ni le Monde, ni même le Demi :
Tout ça c’est du passé, et la fête est finie.
Considérant son linge, il prend de sa jeunesse
Un éternel congé, et sans plus de finesses,
Se range des bricoles, et décide impromptu,
De la nécessité de faire une vertu.
d’après Eugen Roth
(Texte original in fine)
§
Elections présidentielles 2007
Parmi les multiples incertitudes qui nimbent les scrutin de 2007, émerge cependant un point fixe, une vérité bétonnée par l’expérience millénaire des élections : AUCUN candidat n’honorera les promesses ou les engagements de la campagne. De cela, nous pouvons être sûrs, absolument certains.
Marie-Ségolène gauchira sa campagne, au fil des semaines. Que risque-t-elle ? Rien. Ses électeurs, même modérés, ne voteront pas « à droite », et il faut bien qu’elle ratisse à gauche, très à gauche. Si, Dieu nous préserve, elle arrivait à se hisser sur le trône républicain, elle serait bien contrainte – après avoir repassé dans, l’euphorie de l’élection, une couche de ces mesures qui nous plombent et dont on voit les effets dans l’état actuel du Pays – de prendre quelques dispositions raisonnables (« de droite ») qui lui seront dictées par les incontournables réalités du Monde tel qu’il est. Comme y ont été obligés ses prédécesseurs socialistes.
Quant au petit Nicolas, qui avait initié sa pré-campagne sur quelques saines idées de rupture, il lui faut bien aller pêcher au centre (mou), au centre-gauche, et sans doute au-delà s’il veut battre sa concurrente d’un poullième de tête sur le poteau. C’est pourquoi les promesses du début sont déjà passées à la trappe. Avant même l’ouverture de la campagne officielle, son programme « libéral » ne ressemble déjà plus à ce qu’on en espérait qu’un âne du Poitou ne ressemble à un cheval de course. Mais nous savons bien que c’est un …rapide !
Allons, « peuple de gauche », gens de droite : à vos bulletins ; votez d’un cœur léger, votez d’un cœur lourd. Et n’oubliez jamais que les promesses électorales, c’est bien connu, n’engagent jamais que ceux qui … les écoutent.
§
Un Demi !
On sait bien que les informations télévisées ne peuvent être que très superficielles et infiniment cursives. Comment, en effet, espérer rendre compte en trente minutes de l’actualité du Monde ? D’autre part, le SEUL avantage de la télévision, par rapport à d’autres moyens d’information est de donner à VOIR.
Alors, pourquoi consacrer une proportion non négligeable (environ 20%) de ce court espace de temps à nous montrer, posé sur un bureau aux velléités aussi modernistes que possible, un buste d’homme ou de femme qui nous débite une allocution censée introduire les vues de l’évènement ?
Pourquoi ne pas enchaîner directement sur les images, et confier à une voix « off » les commentaires nécessaires ? Ce serait autant de gagné pour ce qui fait la spécificité de la télévision. Ai-je besoin, quand je lis un article de voir la bobine du journaliste qui l’a écrit ?
L’autre avantage sera de désacraliser le/la journaliste présentateur/trice, et d’ouvrir la voie à une diminution des coûts qu’impose l’emploi par les chaînes de ces demi-dieux/déesses.
§
Définition
Boris Vian disait qu’on appelle Tube une chanson qui rencontre un très grand succès parce que c’est … creux à l’intérieur.
§
Tout dépend de la Façon dont on pose la Question
La scène se passe dans un confessionnal.
- Mon Père, puis-je fumer en priant ?
- Non, mon Fils.
- Mon Père, puis-je prier en fumant ?
- Bien sûr, mon Fils !
A méditer par tous ceux qui se livrent à l’exercice périlleux d’interpréter les sondages.
§
Race et Histoire
C’est en relisant l’opuscule éponyme de Claude Lévi-Strauss que je suis retourné à ces réflexions. Ne tremblez pas ! Je ne vais vous parler ni de races (je crois que c’est devenu illégal), ni même d’ethnies qui ne sont, à tout prendre, que des races de … contrebande. Il me parait plus sage, et plus pertinent de parler de Civilisations.
Si l’on admet l’hypothèse que, depuis plus plusieurs dizaines de milliers d’années , l’Homo Sapiens est présent sur les cinq continents de notre planète, et qu’à cette époque reculée, tout laisse à penser que l’état de la « civilisation » de nos lointains ancêtres était à peu près la même (chasse et cueillette), comment expliquer les états si divers dans lesquels ses descendants se retrouvaient à des dates ultérieures ?
Que voyons-nous si nous nous plaçons dans la seconde moitié du XIXème siècle, époque à laquelle commencent les colonisations « intensives » ? L’Asie continentale et le Japon semblent avoir interrompu leur cheminement à un point qui serait chez nous l’équivalent de la fin du moyen-âge. Ils ont cependant parcouru un vaste espace depuis la fin des temps préhistoriques. L’Asie insulaire est restée en chemin, comme les îles du Pacifique et les populations indigènes de l’Australie. Le cas des Amériques est particulier, la colonisation y ayant depuis des siècles plongé de profondes racines. Le Moyen-orient, le nord de l’Afrique se sont figés dans une position comparable à celle de l’Asie continentale. Quant à l’Afrique dite « noire », elle est à peine sortie de la préhistoire.
Certes, cette vision de l’évolution des Civilisations repose sur notre conception du progrès. Certains groupes humains peuvent avoir développé des compétences et acquis des connaissances que nous repérons mal, car elles sont trop éloignées de notre système de valeurs.
Cependant, depuis que les peuples qui n’avaient pas parcouru le même chemin que nous ont été en situation de mesurer l’écart qui les séparait de nous, ils n’ont de cesse de tenter de se rapprocher de notre modèle (démocratie, développement économique). On pourrait en tirer la conséquence qu’ils en ont reconnu les avantages ?
Quoi qu’il en soit, un grand nombre de Civilisations qui étaient restées « en arrière » (à notre point de vue) ont rapidement pris les dispositions nécessaires pour combler leur « retard ». C’est le cas de la Chine, du Japon, de l’Asie du Sud-est, de l’Inde. Pourquoi l’Afrique reste-t-elle en route, et est-elle incapable du même itinéraire, malgré des ressources naturelles remarquables, et bien plus considérables que celles que l’on peut rencontrer sur d’autres continents ?
M. Lévi-Strauss croit pouvoir affirmer que les Civilisations ne se mettent en mouvement que par contact avec d’autres Civilisations suffisamment différentes. Il dit bien « contact », et non métissage, dont les effets destructeurs avaient déjà été soulignés par Arthur de Gobineau. En effet, le métissage égalise, aplanit, uniformise, et fait ainsi disparaître les « différences » qui seraient le combustible du changement.
Si cette hypothèse est fondée, pourquoi les Civilisations de l’Afrique noire n’ont-elles pas tiré tout le profit que l’on pouvait attendre de leurs contacts avec notre Civilisation ? Elles sont sorties de la quasi-préhistoire, mais semblent avoir bien du mal à aller fort au-delà. Ces contacts ont-ils été de trop courte durée ? Leur a-t-il manqué la durée pour leur œuvre de fécondation ? Il est vrai qu’un siècle, c’est un laps de temps très court dans la mutation des sociétés humaines.
On se refusera, sans doute, à aller chercher la réponse dans la « génétique », dans la race. La science, en effet, nous enseigne que de ce coté-là il n’y a pas de différences, et d’ailleurs la réussite de gens de couleur noire placés hors de leur contexte originel, et sans qu’aucune modification « génétique » n’ait eu lieu, prouverait, s’il en était besoin, qu’il n’y a rien à espérer au bout de cette piste.
On sera peut-être tenté de mettre au débit de la colonisation l’état actuel de l’Afrique. Mais si celle-ci n’avait pas eu lieu, où en serait ce continent ? Quant aux frontières absurdes qui l’ont découpé pendant un siècle, voici bientôt cinquante ans que les peuples qui en ont souffert auraient pu y porter remède en redistribuant les territoires de façon plus conforme à leurs traditions, à leurs aspirations et à leurs ancestrales coutumes de vie commune.
Si le contact avec d’autres Civilisations n’a pas pu produire l’effet habituel, et permettre aux Civilisations africaines de passer dans la modernité, c’est aussi peut-être parce que l’écart était trop considérable entre les éléments qui étaient ainsi mis en rapport. Sans doute, pour qu’il y ait fécondation faut-il qu’il y ait « différence », mais si cette différence est un abîme, les effets consacrés peuvent-ils se produire ?
Et si un abîme séparait le Civilisations africaines de celles avec lesquelles elles étaient subitement mises en relation, c’est possiblement parce que le continent était resté trop longtemps refermé sur soi-même, sans liens avec le reste des peuples, et incapable de trouver en son sein des éléments suffisamment différenciés pour favoriser l’évolution ?
Pourquoi cela s’est-il passé de la sorte en Afrique, et pas en Asie ou en Europe, c’est une question à laquelle je ne saurais répondre, et que je laisse ouverte à la méditation ou à la sagacité de plus savants que moi.
§
Parole, parole ! (1)
Le 10 février 2007
J’ai lu in extenso le Programme législatif de l’UMP. Et vous ? Non ? Ne vous donnez pas cette peine. Vous y trouveriez quelques saines mesures, qui, quand elles sont vraiment pertinentes ne sont qu’ reflet affadi des propositions de mon Programme Présidentiel (voir Brevia, novembre 2006) ; vous y découvririez aussi un grand nombre d’aides diverses et d’exemptions nouvelles : saupoudrage enfantin et inefficace.
Ce que vous n’y trouverez pas, et qui pourtant est l’essentiel, ce sont les mesures fortes et cohérentes qui permettraient de baisser drastiquement les dépenses de l’Etat et des Collectivités Locales, ouvrant ainsi la voie au remboursement de la Dette (2000 milliards d’euros, soit pour une famille de quatre personnes, 120.000 €, en imaginant que la charge soit répartie per capita), puis à la baisse des prélèvements qui font se traîner notre économie avec un boulet à chaque pied. De cet abominable gâchis, qui depuis vingt-cinq ans est la conséquence d’un « Système » incapable de boucler les fins de mois de ses dépenses courantes, qui reporte à … plus tard le règlement de ses dérèglements (2) : pas un mot. En tous cas, pas un mot sérieux, à la hauteur de cette catastrophe nationale. Nous sommes traités comme des enfants débiles.
J’écris ces lignes indignées à la veille du jour où Marie-Ségolène Royal doit (enfin) dévoiler son arsenal. Je peux, sans prendre de bien grands risques, assurer que les enjeux vitaux n’y seront pas davantage ou mieux traités que dans le Programme de l’UMP. Il y a même fort à parier que ce qu’on nous y proposera sera de nature à condamner à tout jamais un éventuel et improbable rebond.
C’est bien triste d’être Français en ce début d’année 2007, et de n’avoir le choix qu’entre du mauvais et … du pire !
(1) italien : la traduction littérale serait : Paroles, paroles ! La traduction intelligente : Paroles verbales !
(2) Goethe disait : si l’Etat était une personne privée, il y a bien longtemps qu’il serait en prison.
§
Le 12 février 2007
Mille excuses ! Je m’étais trompé ! Si, Marie-Ségolène a bien évoqué la Dette, dans son discours-programme du 11 février. Elle en a reconnu le caractère « insoutenable ». Et puis ? Et puis, rien ! Rien, sinon une longue litanie de dépenses supplémentaires, une longue liste de nouveaux Services Publics. Bref, tout l’inverse de ce qu’il faudrait faire pour redonner une (toute petite) chance au Pays de repartir dans la bonne direction : celle de la compétitivité, qui seule permet la création de richesses, qui seules permettent de financer les dépenses.
J’en viens à me demander si l’ineptie des vues économiques de la plus part des candidats n’est pas due aux carences de leur formation. Tous formés au même moule, dans une vision colberto-keynésienne, ils ignorent jusqu’aux rudiments de ce qui fait « tourner la machine ». Ils voient l’économie par l’œil du météorologiste : « Tiens, il pleut aujourd’hui ; peut-être que demain il fera meilleur ? » Ils espèrent de la conjoncture ce qui ne dépend que de la structure.
Si certains Etats équilibrent leur Budget, si d’autres dégagent des excédents commerciaux, ce n’est pas l’effet du hasard, ou de la chance. C’est parce que les conditions du succès ont été misses en place : c’est d’ailleurs la seule chose que l’on attend de l’Etat.
Les socialistes aiment bien « garantir » : le droit au travail, le pouvoir d’achat, l’accès au logement, à la santé, à l’instruction. Si Marie-Ségolène arrivait à la Présidence, ce qui serait garanti, c’est un pas de plus vers l’abîme.
§
Aide-mémoire des Origines
Il y a 15 milliards d’années : le Big Bang. La vie apparaît sur la Terre il y a 3 milliards d’années. Beaucoup plus prés de nous, 7 millions d’années, se produit la divergence gorilles-chimpanzés /humains, (dont les ancêtres communs sont les primates supérieurs africains), dans la Rift Valley. Ces humains sont les australopithèques.
Homo habilis émerge il y a 3 millions d’années. C’est le début du paléolithique (qui se terminera vers – 10.000); maîtrise du feu : - 500.000.
D’Homo habilis proviennent l’Homme de Neanderthal (de – 250.0000 à – 30.000) et Homo erectus, de – 250.000 à – 35.000. Ce dernier se répand en Afrique, en Asie, en Indonésie.
Puis il disparaît, mais il y a 100.000 ans (1) c’est au tour d’Homo sapiens (NOUS !) de rentrer en scène au Moyen-Orient ; cueilleur chasseur. Une population de 30.000 individus au départ, se déploie sur les cinq continents (-70.000 : Australie, Europe ; -20.000 : Afrique). Les peintures rupestres datent de 30/40.000 ans.
Il y a 10.000 ans (1) se produit la révolution du néolithique : Homo sapiens se sédentarise progressivement, il découvre l’agriculture et l’élevage. La population mondiale passe à 8 millions d’âmes. Elle sera multipliée par dix en 8.000 ans (-2000). C’est à nouveau au Proche-Orient que s’accomplit ce pas décisif. La charrue : - 4.000, idem la roue en Mésopotamie où 1.000 ans plus tard apparaissent les premières armées. C’est la fin du néolithique et de la protohistoire.
Nous entrons dans la préhistoire : âge du cuivre (- 4.000 ; - 2.500), âge du bronze (- 2.500 ; - 1.000), âge du fer (- 1.000).
Puis c’est l’Histoire : Antiquité, Moyens Âges, Temps Modernes.
Les dates susmentionnées ne sont, bien sûr, que des ordres de grandeur. Ils n’excluent ni la cohabitation probable des formes humaines successives, ni les décalages certains dans les étapes de l’évolution en fonction de la localisation.
Dans 5 milliards d’années, le Soleil aura consommé toute son énergie ; avant cela, il aura été grand’temps que nous ayons abandonné notre frêle esquif, et que nous ayons été ailleurs, voir si … nous y sommes !?
(1) Il est renversant de songer qu’un peu plus de 3.000 ancêtres nous séparent de l’émergence d’Homo sapiens, et que SEULEMENT 400 générations conduisent du début du néolithique à nos jours !
Sources : ouvrages collectifs d’Yves Coppens et d’André Langaney,
Wikipedia, Encyclopaedia Britannica
§
Rien ne passe après tout, si ce n’est le passant.
Aragon
A quoi vois-je que je vieillis ? En regardant derrière, et en regardant devant. Derrière : contemporain de Guillaume II, d’Hitler, de Staline, de Churchill et de tant d’autres qui ne sont plus, pour les jeunes de maintenant, que d’indistinctes figurines historiques. En regardant devant : cette sensation nouvelle que l’avenir est « fini », qu’il a un terme – lointain, peut-être – mais qui n’a plus rien à voir avec les espaces infinis et prometteurs qui s’ouvrent devant la jeunesse. Combien de choses n’aurai-je plus le temps de faire ? Ne serait-ce que de relire – une fois, une seule fois – tous mes livres préférés.
§
Domus cum arbore exusta
« Coupez votre platane, qui ombre mon jardin »
Dit le riche à un pauvre, qui était son voisin.
« Nenni » dit le pauvret. Le Crassus en colère,
Par ses gens au feuillu, le feu il a fait mettre.
A la maison du pauvre, l’incendie se propage,
Il ne lui reste plus que misère, et son âge.
« Tu brûlas ma cabane », dit-il devant le Juge.
« Je n’ai brûlé que l’arbre », a rétorqué le riche,
« Doit la misère du pauvre, priver l’opulent
Des lueurs du Soleil, de la fraîcheur du vent ? »
§
Fait d’Hiver
La banlieue lyonnaise, un soir de février 2007. Trois jeunes délinquants, mineurs, saturés de drogues et d’alcool volent une voiture. Apercevant un véhicule de Police, ils prennent la fuite, et leur course se termine sur la pile d’un pont : un mort, les deux autres passagers ne valent guère mieux.
Le père du défunt, aussitôt, accuse la Police d’avoir voulu intercepter les malfaiteurs, et d’avoir ainsi causé l’accident.
Si on y réfléchit bien, ce père-là a quand même bien raison :
Conduire sans permis, sous l’emprise de la boisson et de stupéfiants : cette indélicatesse est si courante qu’il ne faut même pas l’évoquer. Voler une voiture ? Incivilité bénigne ! De quoi se mêlent les Forces de l’Ordre, et qu’ont-elles affaire à effrayer les gens! Parce que, parait-il, il en faut cependant, qu’elles restent au fond de leurs bureaux, et cessent de traîner dehors, à provoquer les habitants des « cités » et des « quartiers ».
D’ailleurs, les autorités judiciaires, face à l’indignation bien compréhensible de cet honnête père de famille, se sont empressées de préciser que, bien sûr, les policiers n’avaient pas un instant songé à poursuivre les délinquants : ça serait un peu fort de café !
Moralité : aurait-on jamais imaginé tomber plus bas ?
§
Trauriger Fall
Ein Mensch, der manches liebe Jahr
Mit seinem Weib zufrieden war,
Dann aber plötzlich Blut geleckt hat,
Denkt sich:“Varietas delectat“.
Er schürt sein letztes schwaches Feuer
Zu einem wilden Abenteuer.
Jedoch bemerkt er mit Erbosen,
Dass seine alten Unterhosen
Ausschliesslich ehelichen Augen
Zur Ansicht, vielmehr Nachsicht taugen
Und dass gewiss auch seine Hemden
Ein fremdes Weib nochmehr befremden,
Dass, kurz, in Hose, Hemd und Socken
Er Welt und Halbwelt nicht kann locken.
Der Mensch, der innerlich noch fesche,
Nimmt drum mit Rücksicht auf die Wäsche,
Endgültig Abschied von der Jugend
Und macht aus Not sich eine Tugend.
Eugen Roth
§
Mars
Monika m’est venue des pays du brouillard,
Un ange m’est venu, un ange blond et doux,
Du pays où les chiens sont mangés par les loups,
Où les arbres sont grands comme nos cathédrales,
Où les hommes sont fiers comme des étendards,
Et les filles jolies comme de belles âmes …
Monika m’est venus des pays du brouillard.
Le monde s’est alors couvert de mille fleurs,
Les pervenches de joie, les roses du serment,
Les violettes d’aveux, c’est mon jardin de cœur,
Et qu’il tonne ou qu’il pleuve, et que souffle le vent,
Mon soleil est en moi, c’est le pain de mes rêves ;
Mon âme bien souvent s’attardait à ses lèvres,
Mon soleil est en moi, c’est le pain de mes rêves ;
Un rien me l’apporta, un rien me la remporte,
Le vent chasse ma vie que je ne veux garder,
La mort monte en mon corps, je sens le froid qui vient,
Encore un peu de terre et je serai lointain,
Comme perdu jadis, comme sans être né,
Comme toi mon amour, comme en des antipodes,
Encore un peu de terre et je serai lointain …
28 novembre 1963
Le 12 février 2007
Mille excuses ! Je m’étais trompé ! Si, Marie-Ségolène a bien évoqué la Dette, dans son discours-programme du 11 février. Elle en a reconnu le caractère « insoutenable ». Et puis ? Et puis, rien ! Rien, sinon une longue litanie de dépenses supplémentaires, une longue liste de nouveaux Services Publics. Bref, tout l’inverse de ce qu’il faudrait faire pour redonner une (toute petite) chance au Pays de repartir dans la bonne direction : celle de la compétitivité, qui seule permet la création de richesses, qui seules permettent de financer les dépenses.
J’en viens à me demander si l’ineptie des vues économiques de la plus part des candidats n’est pas due aux carences de leur formation. Tous formés au même moule, dans une vision colberto-keynésienne, ils ignorent jusqu’aux rudiments de ce qui fait « tourner la machine ». Ils voient l’économie par l’œil du météorologiste : « Tiens, il pleut aujourd’hui ; peut-être que demain il fera meilleur ? » Ils espèrent de la conjoncture ce qui ne dépend que de la structure.
Si certains Etats équilibrent leur Budget, si d’autres dégagent des excédents commerciaux, ce n’est pas l’effet du hasard, ou de la chance. C’est parce que les conditions du succès ont été misses en place : c’est d’ailleurs la seule chose que l’on attend de l’Etat.
Les socialistes aiment bien « garantir » : le droit au travail, le pouvoir d’achat, l’accès au logement, à la santé, à l’instruction. Si Marie-Ségolène arrivait à la Présidence, ce qui serait garanti, c’est un pas de plus vers l’abîme.
§
Aide-mémoire des Origines
Il y a 15 milliards d’années : le Big Bang. La vie apparaît sur la Terre il y a 3 milliards d’années. Beaucoup plus prés de nous, 7 millions d’années, se produit la divergence gorilles-chimpanzés /humains, (dont les ancêtres communs sont les primates supérieurs africains), dans la Rift Valley. Ces humains sont les australopithèques.
Homo habilis émerge il y a 3 millions d’années. C’est le début du paléolithique (qui se terminera vers – 10.000); maîtrise du feu : - 500.000.
D’Homo habilis proviennent l’Homme de Neanderthal (de – 250.0000 à – 30.000) et Homo erectus, de – 250.000 à – 35.000. Ce dernier se répand en Afrique, en Asie, en Indonésie.
Puis il disparaît, mais il y a 100.000 ans (1) c’est au tour d’Homo sapiens (NOUS !) de rentrer en scène au Moyen-Orient ; cueilleur chasseur. Une population de 30.000 individus au départ, se déploie sur les cinq continents (-70.000 : Australie, Europe ; -20.000 : Afrique). Les peintures rupestres datent de 30/40.000 ans.
Il y a 10.000 ans (1) se produit la révolution du néolithique : Homo sapiens se sédentarise progressivement, il découvre l’agriculture et l’élevage. La population mondiale passe à 8 millions d’âmes. Elle sera multipliée par dix en 8.000 ans (-2000). C’est à nouveau au Proche-Orient que s’accomplit ce pas décisif. La charrue : - 4.000, idem la roue en Mésopotamie où 1.000 ans plus tard apparaissent les premières armées. C’est la fin du néolithique et de la protohistoire.
Nous entrons dans la préhistoire : âge du cuivre (- 4.000 ; - 2.500), âge du bronze (- 2.500 ; - 1.000), âge du fer (- 1.000).
Puis c’est l’Histoire : Antiquité, Moyens Âges, Temps Modernes.
Les dates susmentionnées ne sont, bien sûr, que des ordres de grandeur. Ils n’excluent ni la cohabitation probable des formes humaines successives, ni les décalages certains dans les étapes de l’évolution en fonction de la localisation.
Dans 5 milliards d’années, le Soleil aura consommé toute son énergie ; avant cela, il aura été grand’temps que nous ayons abandonné notre frêle esquif, et que nous ayons été ailleurs, voir si … nous y sommes !?
(1) Il est renversant de songer qu’un peu plus de 3.000 ancêtres nous séparent de l’émergence d’Homo sapiens, et que SEULEMENT 400 générations conduisent du début du néolithique à nos jours !
Sources : ouvrages collectifs d’Yves Coppens et d’André Langaney,
Wikipedia, Encyclopaedia Britannica
§
Rien ne passe après tout, si ce n’est le passant.
Aragon
A quoi vois-je que je vieillis ? En regardant derrière, et en regardant devant. Derrière : contemporain de Guillaume II, d’Hitler, de Staline, de Churchill et de tant d’autres qui ne sont plus, pour les jeunes de maintenant, que d’indistinctes figurines historiques. En regardant devant : cette sensation nouvelle que l’avenir est « fini », qu’il a un terme – lointain, peut-être – mais qui n’a plus rien à voir avec les espaces infinis et prometteurs qui s’ouvrent devant la jeunesse. Combien de choses n’aurai-je plus le temps de faire ? Ne serait-ce que de relire – une fois, une seule fois – tous mes livres préférés.
§
Domus cum arbore exusta
« Coupez votre platane, qui ombre mon jardin »
Dit le riche à un pauvre, qui était son voisin.
« Nenni » dit le pauvret. Le Crassus en colère,
Par ses gens au feuillu, le feu il a fait mettre.
A la maison du pauvre, l’incendie se propage,
Il ne lui reste plus que misère, et son âge.
« Tu brûlas ma cabane », dit-il devant le Juge.
« Je n’ai brûlé que l’arbre », a rétorqué le riche,
« Doit la misère du pauvre, priver l’opulent
Des lueurs du Soleil, de la fraîcheur du vent ? »
§
Fait d’Hiver
La banlieue lyonnaise, un soir de février 2007. Trois jeunes délinquants, mineurs, saturés de drogues et d’alcool volent une voiture. Apercevant un véhicule de Police, ils prennent la fuite, et leur course se termine sur la pile d’un pont : un mort, les deux autres passagers ne valent guère mieux.
Le père du défunt, aussitôt, accuse la Police d’avoir voulu intercepter les malfaiteurs, et d’avoir ainsi causé l’accident.
Si on y réfléchit bien, ce père-là a quand même bien raison :
Conduire sans permis, sous l’emprise de la boisson et de stupéfiants : cette indélicatesse est si courante qu’il ne faut même pas l’évoquer. Voler une voiture ? Incivilité bénigne ! De quoi se mêlent les Forces de l’Ordre, et qu’ont-elles affaire à effrayer les gens! Parce que, parait-il, il en faut cependant, qu’elles restent au fond de leurs bureaux, et cessent de traîner dehors, à provoquer les habitants des « cités » et des « quartiers ».
D’ailleurs, les autorités judiciaires, face à l’indignation bien compréhensible de cet honnête père de famille, se sont empressées de préciser que, bien sûr, les policiers n’avaient pas un instant songé à poursuivre les délinquants : ça serait un peu fort de café !
Moralité : aurait-on jamais imaginé tomber plus bas ?
§
Trauriger Fall
Ein Mensch, der manches liebe Jahr
Mit seinem Weib zufrieden war,
Dann aber plötzlich Blut geleckt hat,
Denkt sich:“Varietas delectat“.
Er schürt sein letztes schwaches Feuer
Zu einem wilden Abenteuer.
Jedoch bemerkt er mit Erbosen,
Dass seine alten Unterhosen
Ausschliesslich ehelichen Augen
Zur Ansicht, vielmehr Nachsicht taugen
Und dass gewiss auch seine Hemden
Ein fremdes Weib nochmehr befremden,
Dass, kurz, in Hose, Hemd und Socken
Er Welt und Halbwelt nicht kann locken.
Der Mensch, der innerlich noch fesche,
Nimmt drum mit Rücksicht auf die Wäsche,
Endgültig Abschied von der Jugend
Und macht aus Not sich eine Tugend.
Eugen Roth
§
Mars
Monika m’est venue des pays du brouillard,
Un ange m’est venu, un ange blond et doux,
Du pays où les chiens sont mangés par les loups,
Où les arbres sont grands comme nos cathédrales,
Où les hommes sont fiers comme des étendards,
Et les filles jolies comme de belles âmes …
Monika m’est venus des pays du brouillard.
Le monde s’est alors couvert de mille fleurs,
Les pervenches de joie, les roses du serment,
Les violettes d’aveux, c’est mon jardin de cœur,
Et qu’il tonne ou qu’il pleuve, et que souffle le vent,
Mon soleil est en moi, c’est le pain de mes rêves ;
Mon âme bien souvent s’attardait à ses lèvres,
Mon soleil est en moi, c’est le pain de mes rêves ;
Un rien me l’apporta, un rien me la remporte,
Le vent chasse ma vie que je ne veux garder,
La mort monte en mon corps, je sens le froid qui vient,
Encore un peu de terre et je serai lointain,
Comme perdu jadis, comme sans être né,
Comme toi mon amour, comme en des antipodes,
Encore un peu de terre et je serai lointain …
28 novembre 1963
§
Sur la lande si tu m’aimes
Je bâtirai une maison
Et les ajoncs diront ton nom
Sur la lande si tu m’aimes …
Et sur la mer si tu me hais
J’emporterai jusqu’à ton nom
Tes yeux d’azur et ton sein blond,
Oui, sur la mer si tu me hais.
26 juin 1964
§
HISTOIRE VERIDIQUE (?)
ET LAMENTABLE
Car souffrir n’est pas mourir un peu, mais vivre deux fois.
Julien Teppe
Il faut pleurer les hommes à leur naissance, et non pas à leur mort.
Montesquieu
La confiance est peut-être la chose du monde la moins partagée. Il me semble qu’il se trouve moins de différence entre la plus ravissante jeune fille et le laideron le plus confirmé qu’entre certains qui reçoivent les plus stupides balivernes et d’autres qui se refusent aux évidences les plus notoires. Pour ne s’en tenir qu’à ce juste-milieu, aux partisans duquel la rédingue est un pavillon, je concevrais fort bien que vous n’accordiez qu’un crédit fort limité à la métempsychose. Pour ma part, je n’y ajoutais pas grande foi non plus, jusqu’au jour où, ayant passé quelque temps dans le château si accueillant de mon vieil ami le baron de V*, je retrouvai dans une encoignure de la bibliothèque de ce grand amateur des lettres, un fort curieux manuscrit qui semblait dater de la fin du siècle précédent. Nous le lûmes avec la plus grande attention. Après avoir recherché quels éléments de vérité pouvaient s’y rencontrer, nous nous décidâmes à livrer cette pièce au public, tous deux étrangement persuadés qu’il ne s’agissait point là d’une œuvre de pure imagination.
Comme les lecteurs, s’il y en a, ne gagneraient que fort peu à un supplément de ma prose, s’il la lisent, et que les gens supérieurs ont pour coutume de passer sur le corps des préfaces et autres introductions – se fiant peut-être à leur propre sagacité – je ne tarderai pas davantage à leur livrer le fruit de notre découverte.
*
« Je suis né, il y a fort longtemps, dans un Royaume des Indes. Plus justement, c’est la première des réincarnations dont l’ai gardé souvenir. A la vérité, ceci n’aurait pas grand intérêt, si pendant cette vie-là, je ne m’étais rendu coupable du plus grand des forfaits.
Pour m’en châtier d’une manière proportionnée à mon acte abominable, les Dieux décidèrent de m’infliger une nouvelle vie, pleine de souffrances et de tourments, et, pour ajouter à ma peine, ils me donnèrent la mémoire du passé, afin que j’ai sans cesse à l’esprit et la faute, et sa conséquence.
C’est ainsi que je naquis à nouveau, dans une très pauvre famille, au pays des Arabes. Mon père, suivant la mode de ces contrées, ne s’occupait guère, laissant à ma mère les soins du ménage et de l’éducation d’une très nombreuse progéniture. Mes frères et moi, allions tous crottés par la ville, cherchant à nous procurer quelque nourriture, pour suppléer à celle que l’indigence de nos parents nous refusait. Nous fûmes plusieurs fois surpris dans nos larcins, et sévèrement bâtonnés. Aussi, las de cette existence misérable et réprouvée, décidai-je, tout uniment, de me laisser mourir de faim. Il ne me fallut que peu de patience : j’étais si faible que quelques jours suffirent à la mort pour achever la besogne qu’elle avait entamée à l’instant même où je sortis du ventre de ma mère.
Cette résignation toute islamique qui marquait alors mon tempérament me fit donc comparaître devant les divins juges après une période rédemptrice moins longue qu’ils ne l’avaient sans doute souhaitée pour ma pénitence. Il fut donc promptement et souverainement statué que je m’étais trop aisément soulagé de mon juste fardeau. A l’évidence une nouvelle épreuve s’imposait.
Je naquis donc à nouveau sous les cieux cléments de l’Italie, dans une condition modeste, mais affublé d’une ambition démesurée. Je n’eus pas atteint l’âge d’homme que déjà je me jetais dans les intrigues, tantôt ravi, tantôt déçu, fébrile et chagrin, jamais satisfait. J’étais parvenu à m’insinuer dans les conseils d’un seigneur alors fort puissant à Padoue. Bien qu’il me comblât de présents et d’attentions, mes désirs n’étaient pas assouvis. Toute sa maison me craignait et m’obéissait, ses amis même les plus intimes jugeaient qu’il me fallait ménager. Cependant ma puissance ne me paraissait pas encore répondre à mes talents. Je séduisis sa femme, et fort proprement, nous empoisonnâmes mon bienfaiteur. Mon audace me permit alors d’épouser ma complice, et, ainsi, de succéder à ses biens, à ses titres et à son nom, ainsi qu’à la faveur du Prince qui était le maître du pays. On pensera qu’anobli, riche, bien en cour et marié à une femme qui tenait à moi comme à son vice le plus cher, j’étais enfin heureux. Hélas, non ! Mon déplorable caractère ne me laissait aucun repos. Un jour que je chevauchais assez loin de la ville, en méditant aux moyens d’accroître encore mes pouvoirs, j’entendis une voix dans un bosquet proche du chemin où je m’avançais. Intrigué, je descends de ma monture dont je confie la garde à une branche vigoureuse, et m’approche avec précaution du lieu dont sortait la voix. J’aperçus alors un vieillard, aveugle et perclus, en prière auprès d’un roche. Bien que je n’eusse pas fait le moindre bruit, il s’interrompit, et me fit face exactement. « Tu es riche et puissant », me dit-il, « mais tu n’es pas heureux ; ceux qui cherchent le bonheur ne rencontrent que l’amertume. Laisse-là ton cheval, tes écus et ton palais, et tu seras béni ». Puis il se remit à ses dévotions.
Quels que soient l’époque et le pays où nous accomplissons nos vies successives, les Dieux nous laissent dans l’erreur des peuples parmi lesquels nous vivons. C’est à la façon dont nous nous conduisons envers ces rites idolâtres et puérils qu’ils jugent quelle serait notre piété si nous connaissions nos vrais maîtres. J’étais donc bien excusable d’être catholique en ce lieu et en ce temps : j’étais soumis aux superstitions les plus grossières de cette secte qui en a multiplié le nombre et les invraisemblances au-delà de l’imaginable.
La rencontre de ce vieillard, et les diverses circonstances qui y avaient présidé firent sur mes esprits une si forte impression, que sans davantage balancer, sans l’interroger à nouveau, laissant là mon coursier, je me dirigeai vers une lointaine forêt, où dans une grotte je vécus de longues années, béat, ayant compris l’infinie vanité des choses du monde.
Les Dieux, fort dépités, firent réflexion que j’avais bien aisément échappé à mes tourments, et me condamnèrent à un nouveau supplice, c’est dire à revivre encore.
Je naquis lâche, et me fis si benoîtement à mon nouvel état qu’il fallut derechef me remettre dans ce monde pour tenter de me purger de mon premier et incommensurable forfait. La succession de mes métamorphoses risquait de devenir illimitée. A chaque coup, j’esquivais l’enfer auquel on m’avait voulu damner. Si je naissais laid, j’usais si bien de ma difformité qu’elle me devenait un atout. Etais-je avare, on me dérobait mon trésor sans espoir de le reconstituer, et ma passion s’apaisait. Si j’étais sot, le mal n’était pas grand : les gens de cette espèce ne se jugent jamais tels. Etais-je orphelin, je voyais autour de moi quels tourments les parents infligent à leurs enfants, et je me consolais.
Il fut décidé de me mettre dans le cas, moi pauvre, de m’unir à une femme vieille et riche, et d’avoir à subir tous les désagréments d’une telle situation. Afin que la chose se put faire sans trop choquer les usages et la morale courante, on me fit naître français. Désargenté, je n’en soupirais pas moins ardemment après la fortune ; d’une tournure agréable et bardé de scrupules légers, j’acceptai les avances d’une vieille marquise, fort aisée en vérité, mais pas si vieille que j’en eusse été promptement débarrassé, bien déplaisante cependant, percluse de vices et d’infirmités. J’acceptai néanmoins le marché : mes créanciers se faisaient pressants. La vieille régla mes dettes, et mit ainsi un terme à leurs fâcheuses clameurs. Mais alors que je m’attendais à jouir d’une bourse bien garnie, d’un bel équipage, bref, de tout ce qui rend la vie supportable aux jeunes gens de mon espèce, je fus bien dépité quand je compris que ma compagne ne souhaitait rien tant que me renfermer à la maison, dans l’unique service de ses plaisirs infâmes, ne me laissant de liberté que ce qu’exigeaient les convenances les plus rigides. Encore dans ces occasions, m’accompagnait-elle toujours, après m’avoir rappelé que sa fortune ne me serait, un jour, dévolue que si je lui donnais les plus entières satisfactions. Les mois passèrent, et je vivais en un temps où les mœurs -- et la police – eussent trouvé du plus mauvais goût que je me débarrassasse de Madame par des moyens qui m’avaient déjà tiré d’embarras en des temps plus anciens. J’étais donc pris entre cette immonde captivité et la misère. Je soupesais les différents aspects de ma position. Rechercherais-je des partenaires plus juvéniles en tentant de tromper la vigilance de mon Argus ? Je n’arrivais pas à prendre un parti.
Or, ce que mes juges tortionnaires n’avaient point prévu, c’est qu’en me faisant français, ils me mettaient à même de prendre le biais de toutes les perversions pourvu que l’occasion de les pratiquer assidûment me fût offerte. Insensiblement, je m’accoutumai aux charmes frelatés de la Marquise. Je finis même par trouver à nos embrassements des charmes insoupçonnés. Elle vécut fort longtemps, et quand elle me quitta, j’étais déjà moi-même presque’ un vieillard.
Je me trouvai riche, il est vrai, et il me suffît d’inverser les rôles, pour – poursuivant en quelque sorte le vice que j’avais contracté – passer quelques années assez plaisantes en profitant, grâce à ma fortune, des appas de très jeunes filles que la pauvreté faisait consentir à mes attouchements.
Pour le coup, les Dieux ne surent contenir leur juste colère. L’un d’eux prit la parole et dit que la comédie n’avait que trop duré, que j’insultais à la patience divine, ajoutant en cela à mon premier crime ; et que puisque tous les châtiments me trouvaient insaisissable, j’allais recevoir enfin celui que l’on réservait aux êtres les plus coupables et les moins dignes de merci. L’assemblée se rangea à ce avis : j’allais être amoureux.
Je vins donc au monde, une fois encore. J’avais une physionomie assez ordinaire, un esprit passable et une famille honorable. Dans mon enfance, je parus doué d’une grande insensibilité. Avec l’adolescence, je m’aperçus qu’il n’en était rien. Je possédais, tout au contraire, des trésors de tendresse, qui, pour rendre mes tourments plus cruels ne pouvaient se décharger que par le truchement de l’amour.
Je conçus plusieurs passions dont je souffris beaucoup, mais qui ne devaient être qu’une sorte d’apprentissage de la douleur. Ma véritable expiation ne commença que du jour où je tombai amoureux d’une beauté parfaite, et qui n’avait dû voir le jour que pour être l’instrument de mon supplice. Capable en effet par ses attraits et son esprit de susciter les passions les plus violentes, elle avait un cœur qui n’était propre à en concevoir aucune. Je lui fis une cour pressante, et, pour mon malheur elle finit par m’agréer. M’eut-elle repoussé plus longtemps, peut-être me serais-je rebuté ? Hélas, il n’en fut rien, et je devins son amant. L’existence nous séparait assez souvent, et chaque instant passé loin d’elle m’était odieux. Je rendais ma situation plus insoutenable en me laissant travailler par une jalousie qui enflammait mon imagination et me faisait concevoir les tableaux les plus atroces. Son indifférence à mes tourments me rendait encore plus sensible ma douleur, dont je concevais tout le ridicule, sans pouvoir y mettre fin. Torturé du désir de lui faire don de moi-même, je sentais combien cela ne devait que peu la toucher ; elle ne se faisait pas faute de me mettre en comparaison avec beaucoup d’autres, et je n’en sortais jamais à mon avantage.
Pourtant, elle m’enchaînait par ces petits riens auxquels les femmes sont si habiles, et par de tièdes semblants d’affection dont je la remerciais comme si elle m’eut offert le paradis. Elle savait me maintenir au point exact où le désespoir est extrême mais où les liens unissent encore, ce qui faisait dire à mes amis que j’étais auprès d’elle comme un condamné auprès de sa potence ; j’en étais arrivé à ne concevoir l’existence qu’au travers d’une personne pour laquelle j’avais à peu près autant d’attraits qu’un concerto de Tartini pour un garçon d’écurie.
Jugeant combien son attachement était fragile et inconsistant, je ne pouvais que soupçonner un autre intérêt dans sa vie. Cette pensée, par malheur, ne me rendait ni violent ni querelleur, elle ne me rendait que triste. J’en devenais ainsi plus insupportable à mon idole, ce qui bouclait alors l’enchaînement des causes et des effets. Je vécus ainsi comme un homme suspendu au-dessus d’un précipice. Loin d’elle, je me morfondais ; près d’elle, je ne trouvais que les preuves du peu d’ardeur de ses sentiments.
Enfin, après une séparation plus longue, qui me fut infligée par les circonstances, j’eus l’abominable certitude de l’oubli dans lequel elle avait su m’ensevelir. Les feux de la passion, et les brûlures d’un amour non partagé, avaient si bien consumé mes forces et mon corps, que je sentais ma fin prochaine, bien qu’encore en la fleur de mon âge.
Je réunis quelques effets, et me rendis en cette auberge isolée, où j’ai décidé d’attendre une mort qui ne saurait tarder. Je pense que les Dieux ont eu leur part de vengeance et que toutes mes fautes sont maintenant expiées. Ce sera le néant ou quelque nirvana qui me recueillera, et mon dernier vœu est que nous n’y soyons point doués de mémoire. Si tant est que les hommes puissent tirer quelque fruit de cette pénible narration, j’aimerais qu’ils … »
*
Ici s’arrête le manuscrit que je découvris un soir d’hiver, fumant ma pipe et buvant de vieux punch chez le Baron. Ma lecture achevée, l’exquis breuvage me semblait insipide et le tabac, amère. Nous n’avons pu découvrir dans quelle auberge ce malheureux avait vu l’épilogue de sa dernière existence, ni par quel concours de circonstances ce cahier avait finalement échoué dans la bibliothèque de mon ami.
Juin 1964
Révisé Mars 2007
Sur la lande si tu m’aimes
Je bâtirai une maison
Et les ajoncs diront ton nom
Sur la lande si tu m’aimes …
Et sur la mer si tu me hais
J’emporterai jusqu’à ton nom
Tes yeux d’azur et ton sein blond,
Oui, sur la mer si tu me hais.
26 juin 1964
§
HISTOIRE VERIDIQUE (?)
ET LAMENTABLE
Car souffrir n’est pas mourir un peu, mais vivre deux fois.
Julien Teppe
Il faut pleurer les hommes à leur naissance, et non pas à leur mort.
Montesquieu
La confiance est peut-être la chose du monde la moins partagée. Il me semble qu’il se trouve moins de différence entre la plus ravissante jeune fille et le laideron le plus confirmé qu’entre certains qui reçoivent les plus stupides balivernes et d’autres qui se refusent aux évidences les plus notoires. Pour ne s’en tenir qu’à ce juste-milieu, aux partisans duquel la rédingue est un pavillon, je concevrais fort bien que vous n’accordiez qu’un crédit fort limité à la métempsychose. Pour ma part, je n’y ajoutais pas grande foi non plus, jusqu’au jour où, ayant passé quelque temps dans le château si accueillant de mon vieil ami le baron de V*, je retrouvai dans une encoignure de la bibliothèque de ce grand amateur des lettres, un fort curieux manuscrit qui semblait dater de la fin du siècle précédent. Nous le lûmes avec la plus grande attention. Après avoir recherché quels éléments de vérité pouvaient s’y rencontrer, nous nous décidâmes à livrer cette pièce au public, tous deux étrangement persuadés qu’il ne s’agissait point là d’une œuvre de pure imagination.
Comme les lecteurs, s’il y en a, ne gagneraient que fort peu à un supplément de ma prose, s’il la lisent, et que les gens supérieurs ont pour coutume de passer sur le corps des préfaces et autres introductions – se fiant peut-être à leur propre sagacité – je ne tarderai pas davantage à leur livrer le fruit de notre découverte.
*
« Je suis né, il y a fort longtemps, dans un Royaume des Indes. Plus justement, c’est la première des réincarnations dont l’ai gardé souvenir. A la vérité, ceci n’aurait pas grand intérêt, si pendant cette vie-là, je ne m’étais rendu coupable du plus grand des forfaits.
Pour m’en châtier d’une manière proportionnée à mon acte abominable, les Dieux décidèrent de m’infliger une nouvelle vie, pleine de souffrances et de tourments, et, pour ajouter à ma peine, ils me donnèrent la mémoire du passé, afin que j’ai sans cesse à l’esprit et la faute, et sa conséquence.
C’est ainsi que je naquis à nouveau, dans une très pauvre famille, au pays des Arabes. Mon père, suivant la mode de ces contrées, ne s’occupait guère, laissant à ma mère les soins du ménage et de l’éducation d’une très nombreuse progéniture. Mes frères et moi, allions tous crottés par la ville, cherchant à nous procurer quelque nourriture, pour suppléer à celle que l’indigence de nos parents nous refusait. Nous fûmes plusieurs fois surpris dans nos larcins, et sévèrement bâtonnés. Aussi, las de cette existence misérable et réprouvée, décidai-je, tout uniment, de me laisser mourir de faim. Il ne me fallut que peu de patience : j’étais si faible que quelques jours suffirent à la mort pour achever la besogne qu’elle avait entamée à l’instant même où je sortis du ventre de ma mère.
Cette résignation toute islamique qui marquait alors mon tempérament me fit donc comparaître devant les divins juges après une période rédemptrice moins longue qu’ils ne l’avaient sans doute souhaitée pour ma pénitence. Il fut donc promptement et souverainement statué que je m’étais trop aisément soulagé de mon juste fardeau. A l’évidence une nouvelle épreuve s’imposait.
Je naquis donc à nouveau sous les cieux cléments de l’Italie, dans une condition modeste, mais affublé d’une ambition démesurée. Je n’eus pas atteint l’âge d’homme que déjà je me jetais dans les intrigues, tantôt ravi, tantôt déçu, fébrile et chagrin, jamais satisfait. J’étais parvenu à m’insinuer dans les conseils d’un seigneur alors fort puissant à Padoue. Bien qu’il me comblât de présents et d’attentions, mes désirs n’étaient pas assouvis. Toute sa maison me craignait et m’obéissait, ses amis même les plus intimes jugeaient qu’il me fallait ménager. Cependant ma puissance ne me paraissait pas encore répondre à mes talents. Je séduisis sa femme, et fort proprement, nous empoisonnâmes mon bienfaiteur. Mon audace me permit alors d’épouser ma complice, et, ainsi, de succéder à ses biens, à ses titres et à son nom, ainsi qu’à la faveur du Prince qui était le maître du pays. On pensera qu’anobli, riche, bien en cour et marié à une femme qui tenait à moi comme à son vice le plus cher, j’étais enfin heureux. Hélas, non ! Mon déplorable caractère ne me laissait aucun repos. Un jour que je chevauchais assez loin de la ville, en méditant aux moyens d’accroître encore mes pouvoirs, j’entendis une voix dans un bosquet proche du chemin où je m’avançais. Intrigué, je descends de ma monture dont je confie la garde à une branche vigoureuse, et m’approche avec précaution du lieu dont sortait la voix. J’aperçus alors un vieillard, aveugle et perclus, en prière auprès d’un roche. Bien que je n’eusse pas fait le moindre bruit, il s’interrompit, et me fit face exactement. « Tu es riche et puissant », me dit-il, « mais tu n’es pas heureux ; ceux qui cherchent le bonheur ne rencontrent que l’amertume. Laisse-là ton cheval, tes écus et ton palais, et tu seras béni ». Puis il se remit à ses dévotions.
Quels que soient l’époque et le pays où nous accomplissons nos vies successives, les Dieux nous laissent dans l’erreur des peuples parmi lesquels nous vivons. C’est à la façon dont nous nous conduisons envers ces rites idolâtres et puérils qu’ils jugent quelle serait notre piété si nous connaissions nos vrais maîtres. J’étais donc bien excusable d’être catholique en ce lieu et en ce temps : j’étais soumis aux superstitions les plus grossières de cette secte qui en a multiplié le nombre et les invraisemblances au-delà de l’imaginable.
La rencontre de ce vieillard, et les diverses circonstances qui y avaient présidé firent sur mes esprits une si forte impression, que sans davantage balancer, sans l’interroger à nouveau, laissant là mon coursier, je me dirigeai vers une lointaine forêt, où dans une grotte je vécus de longues années, béat, ayant compris l’infinie vanité des choses du monde.
Les Dieux, fort dépités, firent réflexion que j’avais bien aisément échappé à mes tourments, et me condamnèrent à un nouveau supplice, c’est dire à revivre encore.
Je naquis lâche, et me fis si benoîtement à mon nouvel état qu’il fallut derechef me remettre dans ce monde pour tenter de me purger de mon premier et incommensurable forfait. La succession de mes métamorphoses risquait de devenir illimitée. A chaque coup, j’esquivais l’enfer auquel on m’avait voulu damner. Si je naissais laid, j’usais si bien de ma difformité qu’elle me devenait un atout. Etais-je avare, on me dérobait mon trésor sans espoir de le reconstituer, et ma passion s’apaisait. Si j’étais sot, le mal n’était pas grand : les gens de cette espèce ne se jugent jamais tels. Etais-je orphelin, je voyais autour de moi quels tourments les parents infligent à leurs enfants, et je me consolais.
Il fut décidé de me mettre dans le cas, moi pauvre, de m’unir à une femme vieille et riche, et d’avoir à subir tous les désagréments d’une telle situation. Afin que la chose se put faire sans trop choquer les usages et la morale courante, on me fit naître français. Désargenté, je n’en soupirais pas moins ardemment après la fortune ; d’une tournure agréable et bardé de scrupules légers, j’acceptai les avances d’une vieille marquise, fort aisée en vérité, mais pas si vieille que j’en eusse été promptement débarrassé, bien déplaisante cependant, percluse de vices et d’infirmités. J’acceptai néanmoins le marché : mes créanciers se faisaient pressants. La vieille régla mes dettes, et mit ainsi un terme à leurs fâcheuses clameurs. Mais alors que je m’attendais à jouir d’une bourse bien garnie, d’un bel équipage, bref, de tout ce qui rend la vie supportable aux jeunes gens de mon espèce, je fus bien dépité quand je compris que ma compagne ne souhaitait rien tant que me renfermer à la maison, dans l’unique service de ses plaisirs infâmes, ne me laissant de liberté que ce qu’exigeaient les convenances les plus rigides. Encore dans ces occasions, m’accompagnait-elle toujours, après m’avoir rappelé que sa fortune ne me serait, un jour, dévolue que si je lui donnais les plus entières satisfactions. Les mois passèrent, et je vivais en un temps où les mœurs -- et la police – eussent trouvé du plus mauvais goût que je me débarrassasse de Madame par des moyens qui m’avaient déjà tiré d’embarras en des temps plus anciens. J’étais donc pris entre cette immonde captivité et la misère. Je soupesais les différents aspects de ma position. Rechercherais-je des partenaires plus juvéniles en tentant de tromper la vigilance de mon Argus ? Je n’arrivais pas à prendre un parti.
Or, ce que mes juges tortionnaires n’avaient point prévu, c’est qu’en me faisant français, ils me mettaient à même de prendre le biais de toutes les perversions pourvu que l’occasion de les pratiquer assidûment me fût offerte. Insensiblement, je m’accoutumai aux charmes frelatés de la Marquise. Je finis même par trouver à nos embrassements des charmes insoupçonnés. Elle vécut fort longtemps, et quand elle me quitta, j’étais déjà moi-même presque’ un vieillard.
Je me trouvai riche, il est vrai, et il me suffît d’inverser les rôles, pour – poursuivant en quelque sorte le vice que j’avais contracté – passer quelques années assez plaisantes en profitant, grâce à ma fortune, des appas de très jeunes filles que la pauvreté faisait consentir à mes attouchements.
Pour le coup, les Dieux ne surent contenir leur juste colère. L’un d’eux prit la parole et dit que la comédie n’avait que trop duré, que j’insultais à la patience divine, ajoutant en cela à mon premier crime ; et que puisque tous les châtiments me trouvaient insaisissable, j’allais recevoir enfin celui que l’on réservait aux êtres les plus coupables et les moins dignes de merci. L’assemblée se rangea à ce avis : j’allais être amoureux.
Je vins donc au monde, une fois encore. J’avais une physionomie assez ordinaire, un esprit passable et une famille honorable. Dans mon enfance, je parus doué d’une grande insensibilité. Avec l’adolescence, je m’aperçus qu’il n’en était rien. Je possédais, tout au contraire, des trésors de tendresse, qui, pour rendre mes tourments plus cruels ne pouvaient se décharger que par le truchement de l’amour.
Je conçus plusieurs passions dont je souffris beaucoup, mais qui ne devaient être qu’une sorte d’apprentissage de la douleur. Ma véritable expiation ne commença que du jour où je tombai amoureux d’une beauté parfaite, et qui n’avait dû voir le jour que pour être l’instrument de mon supplice. Capable en effet par ses attraits et son esprit de susciter les passions les plus violentes, elle avait un cœur qui n’était propre à en concevoir aucune. Je lui fis une cour pressante, et, pour mon malheur elle finit par m’agréer. M’eut-elle repoussé plus longtemps, peut-être me serais-je rebuté ? Hélas, il n’en fut rien, et je devins son amant. L’existence nous séparait assez souvent, et chaque instant passé loin d’elle m’était odieux. Je rendais ma situation plus insoutenable en me laissant travailler par une jalousie qui enflammait mon imagination et me faisait concevoir les tableaux les plus atroces. Son indifférence à mes tourments me rendait encore plus sensible ma douleur, dont je concevais tout le ridicule, sans pouvoir y mettre fin. Torturé du désir de lui faire don de moi-même, je sentais combien cela ne devait que peu la toucher ; elle ne se faisait pas faute de me mettre en comparaison avec beaucoup d’autres, et je n’en sortais jamais à mon avantage.
Pourtant, elle m’enchaînait par ces petits riens auxquels les femmes sont si habiles, et par de tièdes semblants d’affection dont je la remerciais comme si elle m’eut offert le paradis. Elle savait me maintenir au point exact où le désespoir est extrême mais où les liens unissent encore, ce qui faisait dire à mes amis que j’étais auprès d’elle comme un condamné auprès de sa potence ; j’en étais arrivé à ne concevoir l’existence qu’au travers d’une personne pour laquelle j’avais à peu près autant d’attraits qu’un concerto de Tartini pour un garçon d’écurie.
Jugeant combien son attachement était fragile et inconsistant, je ne pouvais que soupçonner un autre intérêt dans sa vie. Cette pensée, par malheur, ne me rendait ni violent ni querelleur, elle ne me rendait que triste. J’en devenais ainsi plus insupportable à mon idole, ce qui bouclait alors l’enchaînement des causes et des effets. Je vécus ainsi comme un homme suspendu au-dessus d’un précipice. Loin d’elle, je me morfondais ; près d’elle, je ne trouvais que les preuves du peu d’ardeur de ses sentiments.
Enfin, après une séparation plus longue, qui me fut infligée par les circonstances, j’eus l’abominable certitude de l’oubli dans lequel elle avait su m’ensevelir. Les feux de la passion, et les brûlures d’un amour non partagé, avaient si bien consumé mes forces et mon corps, que je sentais ma fin prochaine, bien qu’encore en la fleur de mon âge.
Je réunis quelques effets, et me rendis en cette auberge isolée, où j’ai décidé d’attendre une mort qui ne saurait tarder. Je pense que les Dieux ont eu leur part de vengeance et que toutes mes fautes sont maintenant expiées. Ce sera le néant ou quelque nirvana qui me recueillera, et mon dernier vœu est que nous n’y soyons point doués de mémoire. Si tant est que les hommes puissent tirer quelque fruit de cette pénible narration, j’aimerais qu’ils … »
*
Ici s’arrête le manuscrit que je découvris un soir d’hiver, fumant ma pipe et buvant de vieux punch chez le Baron. Ma lecture achevée, l’exquis breuvage me semblait insipide et le tabac, amère. Nous n’avons pu découvrir dans quelle auberge ce malheureux avait vu l’épilogue de sa dernière existence, ni par quel concours de circonstances ce cahier avait finalement échoué dans la bibliothèque de mon ami.
Juin 1964
Révisé Mars 2007
§
ET SI, MAINTENANT,
ON PARLAIT UN PEU
DE CHOSES SERIEUSES ?
Alléluia !
Si les intentions de vote pour l’élection présidentielle se maintiennent tant soit peu où elles sont à la mi-mars 2007, c'est-à-dire entre 20 et 25 % pour chacun des trois principaux candidats (Nicolas Sarkozy, Marie-Ségolène Royal, François Bayrou), je pense pouvoir vous annoncer sans un trop grand risque d’erreur, la bonne nouvelle : Notre-Dame du Poitou va pouvoir rentrer au bercail et renfiler ses charentaises.
En effet, si au deuxième tour nous avons un duel Sarkozy-Bayrou, elle ne sera pas Président. Si nous avons le choix entre M. Bayrou et Mme Royal, les électeurs de Sarkozy choisiront le moindre mal et feront triompher le paysan béarnais. Et si c’est un affrontement Sarkozy-Royal, la masse des adeptes de M. Bayrou, qui n’ont jamais été socialistes, votera pour le petit Nicolas.
Quod erat demonstrandum.
ET SI, MAINTENANT,
ON PARLAIT UN PEU
DE CHOSES SERIEUSES ?
Alléluia !
Si les intentions de vote pour l’élection présidentielle se maintiennent tant soit peu où elles sont à la mi-mars 2007, c'est-à-dire entre 20 et 25 % pour chacun des trois principaux candidats (Nicolas Sarkozy, Marie-Ségolène Royal, François Bayrou), je pense pouvoir vous annoncer sans un trop grand risque d’erreur, la bonne nouvelle : Notre-Dame du Poitou va pouvoir rentrer au bercail et renfiler ses charentaises.
En effet, si au deuxième tour nous avons un duel Sarkozy-Bayrou, elle ne sera pas Président. Si nous avons le choix entre M. Bayrou et Mme Royal, les électeurs de Sarkozy choisiront le moindre mal et feront triompher le paysan béarnais. Et si c’est un affrontement Sarkozy-Royal, la masse des adeptes de M. Bayrou, qui n’ont jamais été socialistes, votera pour le petit Nicolas.
Quod erat demonstrandum.
§
Les Français se tâtent ?
Les sondages nous apprennent que de nombreux Français n’ont pas encore fait leur choix pour l’élection présidentielle, et qu’un grand nombre de ceux qui l’ont fait sont encore capables de changer.
Que vous soyez dans un cas ou dans l’autre, un site peut vous aider à faire votre marché, ou ajouter à votre perplexité.
Je ne peux que vous encourager à visiter le site :
http://www.quelcandidat.com/
(Onglet : Tests ; cliquer sur : quel candidat vous ressemble ?)
En répondant à 25 questions vous verrez de quel candidat vous êtes le plus proche. L’expérience est parfois surprenante, et toujours divertissante.
§
In-Justice
Les Français sont malades de leurs déficits, de leur dette, de leur école, de leurs sondages et de cent mille autres maux. Ils sont aussi malades de leur Justice.
En effet, au-delà du faible taux d’élucidation des crimes et délits, les jugements qui concernent les affaires portées devant les Tribunaux donnent souvent l’image d’une roulette russe.
Quant aux peines prononcées par les juges ou un jury, elles sont dénaturées par un système d »application des peines qui bafoue les décisions initiales. Lente, aléatoire et vacillante, telle apparaît à de nombreux Français la Justice de leur pays.
Pour remédier à ces inconvénients, une réforme fondamentale est nécessaire. Elle devrait s’appuyer sur les principes suivants :
La suppression de la prise en considération des « circonstances atténuantes ».
Un catalogue des contraventions, délits et crimes, qui fixe pour chaque infraction une peine. Cette liste pourrait être croisée, dans un tableau à double entrée, par des catégories de délinquants, par exemple : majeur primo offensant, majeur récidiviste, mineur primo offensant, mineur récidiviste, etc …
Les avantages d’une telle, hypothétique, réforme sont évidents :
Les coupables savent à l’avance, et de façon certaine, la peine encourue. Les procès sont simplifiés : ils se résument à établir l’indiscutabilité des faits, dont découlent automatiquement les sanctions.
La Justice est plus rapide, elle économise tout le pan « application des peines » ; dans un budget donné elle est donc plus efficace.
A titre d’exemple, on trouvera page suivante une ébauche de l’embryon du tableau à double entrée :
Majeur primo- Majeur Mineur primo- Mineur
offensant récidivite offensant récidiviste
Homicide involontaire Néant 1 an Néant 6 mois
Homicide volontaire
sans préméditation 5 ans 10 ans 3 ans 6 ans
(meurtre)
Homicide volontaire
avec préméditation 20 ans Perpet. 10 ans 20 ans
(assassinat)
Viol sur adulte 10 ans 20 ans 5 ans 10 ans
Vol avec violence 5 ans 10 ans 3 ans 6ans
Vol sans violence
avec effraction 3 ans 6 ans 1 an 3 ans
Vol sans violence
sans effraction 1 an 3 ans 6 mois 1 an
§
Aux Urnes, Citoyens !
Il est commun de déplorer le faible taux de participation des Français aux diverses élections. Multiples sont les raisons qui peuvent expliquer la désaffection des électeurs vis-à-vis de la chose politique. Ce ne sont pas ces déçus de la République que vise mon propos ; plutôt tous ceux qui auraient voulu voter, mais qui ne l’ont pas pu. Entre les périodes de vacances, les R.T.T. , la maladie, nombreuses sont les excuses, bonnes ou mauvaises, qui retiennent une fraction, d’ailleurs inconnue, d’électeurs d’accomplir leur devoir et de jouir de leur droit.
Pourtant, rien n’est fait pour faciliter les choses à ces électeurs « empêchés ». Le vote par procuration demande un déplacement en personne, soit au Tribunal d’Instance, soit au Commissariat de Police ou à la Brigade de Gendarmerie. Un mandataire ne peut disposer que d’une seule procuration : pourquoi ? De plus, cette procédure ne respecte pas le sacro-saint principe du secret du vote, puisque le mandant doit indiquer au mandataire pour qui voter, en espérant que ce dernier suivra ses instructions, ce que rien ne garantit.
On ne comprend vraiment pas pourquoi le vote par correspondance n’est pas institué pour les élections politiques en France. Il est pratiqué par de nombreuses Institutions, et ne semble provoquer aucun dysfonctionnement.
Quant au vote par INTERNET, il est mis en œuvre dans quelques pays, l’Estonie, par exemple. Sommes-nous irrémédiablement condamnés à nos pratiques administratives sacramentelles et anachroniques ? Ne pourrions-nous ambitionner d’être, pour une fois, sinon les premiers, au moins parmi les premiers, pour autre chose que le taux de chômage, le déficit, la dette et le déséquilibre de la balance commerciale ? Peut-on rêver ?
§
Berlin, Avril
Héautontimorouménos ?
(Le bourreau de soi-même ?)
Monsieur Hollande ne s’aime pas. Il est loin d’être le seul. Il ne s’aime pas, car il n’aime pas les riches, il n’aime pas les gens dont les revenus mensuels excèdent quatre mille euros. Comme tout laisse à penser que les revenus (sans parler des indemnités et autres avantages) de sa petite famille sont très largement au-delà de cette modique somme …
PS : Je dois faire amende honorable, j’avais pris M. Hollande pour plus sot qu’il ne l’est réellement. En effet, questionné sur ces quatre mille euros mensuels, M. Hollande nous précise :
« C’est dans cet esprit que j’ai proposé de revenir sur la baisse de 20 % de l’impôt sur le revenu accordée aux personnes dont le revenu mensuel dépasse 4.000 euros nets par mois et par part fiscale, soit par exemple : 4.000 euros/mois pour un célibataire ; 6.000 euros/mois pour une personne élevant seul(e) son enfant ;
8.000 euros/ mois pour un couple sans enfant ; 10.000 euros/ mois pour un couple avec un enfant ; 12.000 euros/ mois pour un couple avec deux enfants ;
14.000 euros/mois pour un couple avec trois enfants ;
16.000 euros/mois pour un couple avec quatre enfants ; »
J’en conclus que les revenus de son foyer fiscal doivent être de 15.590 euros/mois (sans parler des indemnités et autres avantages). Ce n’est pas encore « royal », mais ce n’est déjà plus tout à fait la misère.
$
Le Serpent de … Source
Temps d’élections, temps de bêtises. Voici que resurgit la chimère de « la retenue à la source de l’impôt sur le revenu ». Rien que des inconvénients, aucun avantage !
· Un très grand nombre de contribuables bénéficient de charges déductibles du revenu ou d’allègements d’impôts, qui étant souvent variables d’une année sur l’autre ne peuvent donc pas être connus à l’avance, et justifieront de ce fait une déclaration en fin d’année qui donnera lieu à un remboursement.
· Vous aurez payé plus tôt que maintenant, non seulement l’impôt dû, mais aussi l’impôt non-dû, dont vous devrez (très) patiemment attendre le remboursement.
· La complexité du système, au lieu d’alléger le travail des fonctionnaires – et donc de permettre d’en diminuer les effectifs – aura l’effet contraire, et si l’on tient compte de la charge de travail supplémentaire imposée aux Entreprises, c’est le total du « coût du prélèvement » de l’impôt qui sera augmenté.
C’est du même tabac que la fameuse « déclaration préremplie » ! Celle-là aussi fait du travail inutile en plus : d’ailleurs le Ministre le reconnaît, puisque maintenant les déclarations, qui étaient envoyées en février aux contribuables ne le sont plus … qu’en mai. Raison invoquée : le préremplissage. Les organismes payeurs (Entreprises, Caisses de Retraites, …) continuent cependant d’envoyer les récapitulatifs annuels. Le contribuable, lui, doit VERIFIER. Donc, de toutes façons, refaire les additions. Encore une « usine à gaz », qui ne sert à rien, mais qui, une fois de plus, coûte plus cher à l’ensemble des participants.
Tout ceci ne sont que des PETITS inconvénients : ce sont simplement des dépenses supplémentaires, pour un service qui n’est pas meilleur. Mais qui s’en soucie !?
Et voici l’inconvénient MAJEUR : c’est que le citoyen ne se rend plus compte de ce qu’il paye. Voyez déjà les gens auxquels vous demandez leur revenu. On ne sait jamais s’ils répondent en « net » ou en « brut ». Pourtant, la différence n’est que du « salaire différé », mais du salaire quand même. Le phénomène s’aggravera avec la « retenue à la source ».
C’est pourquoi je propose de faire exactement le chemin inverse. Prenons un exemple :
si avant impôt sur le revenu, un salarié a un revenu net de 90
des impôts sur le revenu de 10
soit un « salaire net » de 100
des charges sociales salariales de 20
soit un salaire « brut » de 120
des charges sociales patronales de 40
le coût pour l’Entreprise est de 160
Ma proposition est que l’Entreprise verse la TOTALITE du coût, soit 160 au salarié, à charge pour lui de régler les charges sociales (20 + 40) soit : 60, et les impôts : 10. Il lui restera, « net/net » : 90, comme aujourd’hui. Mais il touchera alors du doigt le coût réel du « système social français », et comme il verra que c’est CHER, il sera plus attentif et plus ouvert aux nécessités des réformes, au prix des fraudes et des gâchis de gestion. Et il pèsera de tout son poids électoral dans le bon sens.
Tout impôt non visible devient indolore, et ne fait qu’attiser les tentations prélèvementivores de l’Etat.
§
A bon entendeur, salut !
Les partis d’extrême gauche (et même ceux de la gauche dite modérée) ne cessent de conspuer les profits colossaux, exorbitants des grandes Sociétés multinationales et de traîner dans la boue les actionnaires d’icelles qui s’enrichissent … en dormant. Que ne conseillent-ils à leurs adeptes, travailleurs et travailleuses, d’utiliser leurs économies, si modestes soient-elles, à acheter quelques actions de ces poules aux œufs d’or ; ils pourront ainsi eux aussi faire fortune … en dormant ?
§
Enarchie, quand tu nous tiens !
Un candidat aux élections présidentielles de 2007 a proposé de réformer l’ENA (Ecole Nationale d’Administration). Ce n’est là que le quart d’une bonne idée ; on aura beau dépoussiérer les programmes, changer le nom de l’Ecole : Association Nationale de Elites (ANE), on n’aura pour autant point attaqué le mal à sa racine : le vrai vice congénital de cette institution est de prétendre former les fonctionnaires (et donc la plus part des hommes politiques, qui sont issus de l’administration) sur un moule unique, et dans une incompréhension patente des mécanismes de l’économie ; seule une doctrine colberto-keynésienne d’un autre âge y est enseignée et portée au pinacle. C’est cette vision monoculaire de la haute administration et de la politique qui a bloqué pendant des décennies toute possibilité de réforme de l’Etat, qui est en France ce qui s’est le moins adapté, et qui est le dernier bastion d’une conception du monde totalement dépassée.
Ce qu’il faut, c’est tout bonnement supprimer l’ENA, et faire appel, pour peupler les rangs de la haute administration, aux diplômés des Grandes Ecoles et de l’Université. Rétorquera-t-on que les rouages de l’Etat sont si complexes et si mystérieux que seule une formation longue et spécialisée permet d’en comprendre les arcanes ? On aura alors mis le doigt sur le gène du mal français, et si ceux qui seraient appelés à faire fonctionner le machin ne s’y retrouvent pas, alors ils le simplifieront : c’est tout le but à atteindre. Il ne le sera pas en faisant confiance à ceux auxquels cette complexité est un refuge et une garantie de pérennité.
§
Et même si vous ne me le demandez pas, laissez-moi vous confier que le 6 mai, je voterai, per procura, TSS :
TOUT SAUF SEGOLENE
§
Berlin, Mai
Notes de Lecture
Victor Klemperer (1881-1961), Journal 1933-1945 :
Ich will Zeugnis ablegen bis zum Letzten
Les Carnets de Victor Klemperer sont le contrepoint réel aux Mémoires fictives de Max Aue, héros du livre de J. Littell, Les Bienveillantes (voir Brevia Septembre/Octobre 2006). Là où le bourreau contemplait ses victimes, la victime observe les bourreaux.
Certes, Victor Klemperer, cousin du Chef d’orchestre Otto Klemperer et frère du célèbre Professeur de médecine Georg Klemperer (qui fut appelé à Moscou pour soigner W.I. Lénine en 1922), juif converti au protestantisme, marié à une aryenne, ancien combattant du front pendant la guerre de 1914-1918, et bénéficiant de ce fait d’un statut doublement privilégié, a survécu à l’Holocauste. Mais il a du subir les innombrables vexations et l’angoisse permanente qui furent le lot des Juifs allemands pendant les 12 ans du régime national-socialiste.
Ses déboires commencent avec la perte de son poste à l’Université de Dresde (1935) où il enseignait la littérature française, puis la vente forcée de son automobile, la location forcée de son petit pavillon de la banlieue de Dresde à un commerçant aryen : il doit emménager dans un Judenhaus. Comme tous les Juifs qui ne portent pas un prénom à consonance israélite, il doit ajouter à Victor le deuxième prénom d’Israël : Victor-Israël ! Le port de l’étoile, le couvre-feu (pour les Juifs), les horaires limités pour les courses, le tramway autorisé sur la plate-forme, puis totalement interdit, de même que la consommation de savon, de tabac, de chocolat, jalonnent les restrictions progressives de liberté imposées aux Juifs, même privilégiés. Sans compter le risque permanent des visites domiciliaires, brutalement conduites par la Gestapo, qui vérifie que ne sont pas détenus des objets interdits : journaux, radio, machine à écrire … et qui en profite pour faire main basse sur les rares provisions légalement acquises avec les tickets de rationnement.
Ces perquisitions obligent Victor Klemperer à cacher, au fur et à mesure de leur écriture, les feuillets du journal qui, si ils avaient été découverts, l’auraient conduit à l’exécution immédiate ou à la déportation, mais qui furent pour lui une raison de survivre dans ses épreuves.
Il était également envisagé de contraindre les partenaires des mariages mixtes à divorcer, mais le temps a manqué pour finaliser ce projet.
L’aspect passionnant de ce Journal, c’est la minutie avec laquelle est décrite cette oppression quotidienne et sans cesse croissante, en proportion directe aux revers militaires du Reich. C’est de voir comment un Juif, totalement intégré, se détache peu à peu de sa germanité, et en vient à souhaiter ardemment la victoire des Alliés, alors qu’il s’était battu pour sa Patrie dans la guerre précédente. C’est de voir avec quelle anxiété sont guettées sur le moindre passant les marques de bienveillance, de compassion ou d’hostilité.
Les innombrables brimades et vexations eussent, sans doute, été finalement supportables, si, en permanence, n’eut régné la menace d’un sort infiniment plus terrible : les camps, vers lesquels on voyait partir amis et voisins pour un avenir inconnu, et qui jamais ne reparaissaient. Ceux qui étaient dirigés vers Theresienstadt, que le régime pendant un temps avait présenté comme un ghetto modèle (et à ce titre ouvert aux observateurs étrangers !), n’en finirent pas moins à Auschwitz, à la veille de la débâcle.
Chaque jour, chaque nuit, chaque heure, chaque minute, c’est l’angoisse de l’arrestation, de la déportation, de la mort. Victor Klemperer a survécu, mais il est mort mille fois.
Ce par quoi tant d’autres ont péri – le chiffre de 300.000 victimes a été avancé – c’est à la veille d’un probable transfert vers un camp, que grâce aux bombardements de Dresde ( La Florence de l’Elbe) des 13 et 14 février 1945, Victor et sa femme Eva, profitant du chaos général, décousent l’étoile et s’enfuient à pied vers la Bavière, où les Américains sont déjà présents, et d’où ils reviendront à Dresde quelques jours après la capitulation. Ils récupéreront leur pavillon, et lui, son emploi à l’Université.
Bien qu’hypocondriaque patenté, Victor Klemperer vivra jusqu’en 1961 dans la DDR, dont il ne tardera pas à devenir un critique … prudent. Il avait payé assez cher pour savoir ce qu’un régime totalitaire peut réserver à ses opposants ou à ceux qui lui déplaisent.
Les Carnets de Victor Klemperer, publiés 34 ans après le décès de leur auteur, sans aucune retouche ou révision, existent en traduction française :
· Volume 1 : Mes Soldats de Papier 1933-1941
· Volume 2 : Je veux témoigner jusqu’au bout 1942-1945
Editeur : Le Seuil, les deux volumes : 57 €
§
APRES LE VOTE …
Berlin, le 7 mai 2007
Oui, nous avons voté, deux fois, pour Nicolas Sarkozy. Non pas que nous considérions ce candidat comme idéal, mais parce que les autres nous paraissaient diablement pires.
C’est pour les quelques – rares – propositions libérales contenues dans son programme que nous avons voté pour celui qu’on a voulu faire passer pour un ultra libéral. Injure suprême et définitive ! Et qui témoigne bien de la profonde inculture économique du monde politique. Car le programme de Nicolas Sarkozy n’est ni ultra libéral, ni même libéral. Il préconise le renforcement du rôle de l’Etat, dans certains domaines où il sera le bienvenu, et dans beaucoup d’autres où il n’a rien à faire.
C’est pourquoi il me semble essentiel de garder présents à l’esprit les engagements et les mesures précises qui, de fait, ont motivé notre adhésion, afin d’être à même de vérifier que ne seront pas prises les seules mesures néfastes, au détriment des quelques dispositions positives que nous attendons avec impatience et dont le Pays a un tel besoin.
· LES ENGAGEMENTS :
o Il y aura moins de Lois, elles seront mieux appliquées. Le Candidat s’était même engagé (verbalement) à faire supprimer par l’Assemblée les Lois qui … ne servent à rien !
o Réduire la fiscalité sur le travail.
o Atteindre le « plein emploi » en 5 ans.
o Pas d’augmentation des impôts. Attention, Nicolas Sarkozy s’est aussi engagé (verbalement) à baisser de 4 points le taux des prélèvements obligatoires.
o Baisser les impôts, réduire la Dette et le Déficit.
· LES MESURES :
o Pas plus de 15 Ministres. Attention à la prolifération des Secrétariats d’Etat.
o Abolition du monopole syndical lors du 1er tour des élections professionnelles.
o Obligation d’un vote à bulletin secret après 8 jours de grève. Pourquoi 8, pourquoi pas au 1er jour ?
o Instauration d’un Service Minimum dans les services publics en cas de grève.
o Interdiction de financer les dépenses courantes par le recours à la dette.
o Les bénéficiaires d’un minimum social devront exercer une activité « d’intérêt général ». Seront-ils comptés comme fonctionnaires ?
o Mise en place d’un Contrat de Travail Unique. Ne pas « oublier » de SUPPRIMER les 37 « contrats spéciaux ».
o Réforme des régimes spéciaux de retraites. Là non plus, ne pas pêcher par omission : il doit y avoir plus de « régimes spéciaux » qu’on ne le croit généralement.
o Suppression des droits de donation et de succession. Sauf pour « les plus riches », ajoute le candidat dans son Programme. Ça va chercher dans les combiens, les « plus riches » ?
o Instauration de plafonds d’immigration.
o Réforme des conditions du Regroupement Familial.
o Réforme du Code des mineurs.
o Alourdissement des peines pour les multirécidivistes : ça commence à combien de récidives pour accéder au statut – peu enviable – de multirécidiviste ?
Enfin, M. Sarkozy a déclaré à de très nombreuses reprises que, globalement, un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne sera pas remplacé. Mais il ne l’a pas inscrit dans son Programme. Double vigilance exigée.
Combien de fois le Candidat n’a-t-il pas répété qu’il ne tromperait pas les électeurs (ce serait vraiment une Première !) et qu’il appliquerait tout son programme ? A voir… On va suivre tout ça point par point, et on ne sera pas satisfaits par quelques mesures pour les handicapés ou quelques aides à l’agriculture. En avant, et … du cran !
PS : Je soupçonne M.Sarkozy de s’être inspiré, malheureusement beaucoup trop peu, de MON programme présidentiel (voir Brevia, Novembre 2006). Mes propositions reprises à 100% concernent l’immigration choisie, la suppression des droits de succession et de donation. Reprises partiellement, ont été mes dispositions sur l’interdiction du déficit, le regroupement familial, la diminution du volume législatif, les privilèges syndicaux.
§
Good Bye, Mr. Chirac
Oui, vous aviez de la prestance, oui, vous aviez le sang chaud et saviez passer la main sur le cul des vaches au Salon de l’Agriculture. Oui, vous avez su durer. Et puis ?
L’ère Chirac nous laissera le souvenir d’un temps d’attente, d’un temps gâché et perdu. Car pratiquement aucune des Réformes dont le pays avait tant besoin n’a été ni entreprise, ni conduite à son terme sous votre règne républicain. Je veux bien en excepter la timide – et incomplète – tentative sur les retraites. Face à ce mince résultat, que d’échecs ! Cette dissolution inutile – et stupide – de l’Assemblée Nationale, en 1997, qui vous privait de votre majorité, et vous condamnait pendant cinq ans à un rôle de potiche maussade.
Mais la faute la plus grave, et la plus impardonnable, ce n’est pas d’avoir encore augmenté les « prélèvements obligatoires » (bien que vous ayez partiellement tenu votre promesse de baisser les impôts sur le revenu), c’est d’avoir ORGANISE le « non » français au référendum sur le Traité de Constitution Européenne.
Oui, j’ai bien dit : organisé. Tout d’abord, comme la plus part des hommes (et femmes) politiques en accusant sans cesse l’Europe de tous les maux du pays, quand elle n’y était pour rien, ou quand elle ne faisait qu’exécuter les ordres des Chefs d’Etats européens. Ensuite, en provoquant un référendum pour la ratification du Traité. Votre longue expérience de la politique eut du vous apprendre que lors d’un référendum, le peuple ne répond jamais à « la question », mais à celui qui la pose, lui témoignant ainsi son affection ou sa lassitude. Votre score au premier tour de l’élection de votre second mandat (19 % des votants, soit, compte tenu des abstentions, moins de 13 % du corps électoral) aurait du vous éclairer sur votre réelle popularité ! Et vous conduire à prévoir le lamentable résultat. Mais enfin, si vous teniez absolument à votre référendum, vous auriez, quand même, pu faire gagner le « oui ». Vous aviez deux moyens d’y parvenir.
Si vous aviez déclaré : « Chers Compatriotes de la métropole, de l’outre-mer et de l’étranger, je me retirerai au lendemain du référendum, car si vous votez oui j’aurai accompli le point le plus essentiel que j’aurais pu me fixer, et ma tâche sera achevée ; et si vous votez non, je ferai comme mon illustre prédécesseur, dont j’ai si souvent invoqué les mânes dans mes nombreuses orations, et je me retirerai sur mes terres », le oui l’eut emporté
Mais, si vous aviez voulu, à coup sûr, faire triompher le oui, il vous suffisait de dire : « Si vous votez oui, je m’en vais ». Le oui serait passé à plus de 80 %. Vous eussiez, il est vrai, duré … moins longtemps, et peut-être était-ce là votre principal souci ?
Pendant votre règne, la « fracture sociale » s’est envenimée, la France a poursuivi son triste et morne cheminement sur la douce pente des déficits, des réformes avortées, lâchons le mot : du déclin et de la décadence. Car, Monsieur Chirac, l’influence d’un pays ne se mesure pas à la grandiloquence des paroles (voir : Lettre Ouverte à Jacques Chirac, Brevia, mars 2006), ni même à l’inutile dépense architecturale de ses monarques (voir : Brevia, mai 2006), mais bien à sa puissance, qui, de nos jours, ne se compte plus en Divisions, mais en excédent commercial, en saines finances.
Me direz-vous qu’il n’est pas convenable de tirer sur une ambulance ? Soit, mais sur un corbillard ?
§
Hi ! Mr Juppé !
Alors, vraiment ? Vous re-voilà ? Vous réapparaissez un peu plus bas que d’où vous partîtes et bien loin de ce que vous aviez peut-être, un jour, imaginé. Mais ce n’est pas votre classement dans la hiérarchie gouvernementale qui me chagrine. Ce qui me renverse, c’est tout simplement, que vous soyez revenu. Quel est ce pays où un homme politique, condamné (car vous l’avez été, même si ce fut avec grande mansuétude), peut encore venir se pavaner sur le devant de la scène ? Dans tout pays « normal », votre condamnation eut sonné le glas de votre carrière publique. On vous eut sans doute laissé attendre le gong de la retraite dans votre ministère d’origine, aux Finances ?
On objectera que votre but n’était pas l’enrichissement personnel, que vous n’avez fait qu’obéir aux ordres (de qui ?). Qu’importe ! Je le répète, dans n’importe quel pays où la morale et le respect de la chose publique ont encore un sens, un « repris de justice » ne se retrouverait pas « numéro deux » d’un gouvernement. Et si ni les mœurs ni la loi ne vous condamnaient positivement à l’éclipse, la bienséance et le seul respect se soi-même eussent dû vous conduire à l’effacement.
Le fait que vous soyez, paraît-il, dans votre particulier, un bon et joyeux compagnon ne change rien à votre manque de charisme et à votre évidente incapacité à vous adresser au « peuple », deuxième tare, moins dramatique que la première.
Votre nomination est-elle le premier faux-pas de notre nouveau Président ?
§
Pour revenir un instant sur le crédit qu’il faut accorder aux promesses des hommes politiques, et à la valeur qu’il faut attribuer à leurs promesses, je ne résiste pas au plaisir de vous livrer l’excellent texte que Thierry Falissard a commis sur ce sujet toujours d’actualité :
Le marché de la stupidité humaine recoupe pour une très large part un autre marché: le marché politique.
Le marché de la stupidité se caractérise par le fait que, dans l’échange volontaire auquel il participe, le client est finalement perdant, sans qu’il en soit forcément conscient (puisqu’il est stupide). Comme dans tout marché, l’art du vendeur consiste à répondre aux besoins du client et à lui vendre ce qu’il est disposé à acheter: • quelque chose de prétendument efficace, censé régler un problème précis, ou quelque chose dont il n’a en réalité pas besoin (une machine à balayer dans les coins, un philtre d’amour, un parfum pour éloigner les fantômes, une séance de désenvoûtement, etc.);• quelque chose qui n’existe pas (comme les beaux habits neufs de l’empereur, dans le conte bien connu, avant qu’il soit révélé que « le roi est nu »);• des promesses (un produit ou service futur, un gain ou un avantage futur) – promesses évidemment non tenues le plus souvent, mais auxquelles le client croit fermement, ce qui le pousse à participer à ce marché. Les deux premiers types de produit montrent vite leurs limites, et le client, pour peu qu’il finisse par ouvrir les yeux, risque vite de se rendre compte de l’escroquerie et de l’inanité de son achat.En revanche, les promesses en l’air, caractéristiques d’un marché très particulier, le marché politique, fournissent une denrée inépuisable, car immatérielle, et dépendant uniquement de l’imagination de l’offreur et, en contrepartie, de la crédulité du demandeur, et de ses attentes. L’investissement du côté du client est faible: un vote, un soutien à un candidat. Le gain n’est pas immense (ce n’est certes pas un pari pascalien, où l’on gagne l’infini), mais, quoique repoussé dans le futur, il est très concret pour le client: ce peut être un avantage « social », une sécurité en plus, un coût moindre pour un service « public », etc. Voulez-vous des exemples? Consultez le programme électoral de votre candidat préféré (ou, au contraire, de celui ou celle que vous détestez le plus).Une fois la vente opérée (l’élection passée), la promesse a été vendue, et c’est tout ce qui importe pour le candidat. Il y a deux choses bien distinctes: la promesse, et l’objet de la promesse. Seule la promesse a été échangée contre le vote. Il n’y a aucune garantie que la promesse soit tenue: le politicien n’a signé aucun contrat, et la justice ne le tracassera pas quand ses mensonges seront devenus flagrants aux yeux de tous. Au contraire, il risque de passer pour un réaliste pragmatique, éloigné de toute démagogie.On a certes le droit de vendre du vent à celui qui aime les courants d’air. Mais les promesses politiques sont à la fois immorales et illégitimes, dans tous les cas – qu’elles ne soient pas tenues (tromperie envers l’électeur trop naïf), ou qu’elles soient tenues, ce qui s’opère alors aux dépens du « moins fort politiquement ». Car la politique ne crée pas de richesse, puisqu’il ne s’agit que d’un vol institutionnalisé, le politicien qui gagne l’élection se souciant comme de sa première veste(électorale) de votre consentement à son programme.
Les symboles et les mythes sociaux sont les produits phares du marché de la bêtise.La capacité à accepter les promesses politiques finit par s’émousser, et le citoyen a de plus en plus conscience que le marché politique est un marché de dupes. Conformément à la théorie de la subjectivité de la valeur, il pourrait bien finir par ne plus accorder de crédit aux promesses, et se retirer de ce marché où il n’a rien à gagner, le coût d’opportunité du vote devenant prohibitif.Mais le politicien est normalement plus malin que son client-électeur-contribuable, puisque tout son art consiste à vivre à ses dépens sans que ce dernier se rebiffe. Il ne va pas seulement blâmer ce client qui le fuit, ce mauvais citoyen qui ne participe pas à la vie de la Cité, qui s’abstient, ou qui vote n’importe comment. Il va chercher toujours plus à s’attirer ses bonnes grâces en se faisant psychologue, pour sonder son âme et en déceler les craintes, les aspirations, et la phénoménale capacité à s’illusionner.Le citoyen a un besoin illimité de protection. Chaque jour, il risque de perdre son emploi, d’être agressé dans la rue, de tomber malade, de s’appauvrir et de ne plus pouvoir conserver son train de vie, etc. Il faut donc lui vendre des talismans protecteurs, et au besoin lui faire peur pour qu’il les achète.Pour répondre au besoin illimité de protection, le politicien va jouer les apprentis sorciers et proposer des « mesures » qui se révèleront toujours pires que le mal auquel elles sont censées remédier. Voyons quelques exemples typiques.On proposera d’instaurer un salaire minimum pour éviter d’avoir des travailleurs pauvres – ce faisant, on créera une nouvelle barrière à l’emploi qui exclura ceux dont le travail valait moins. Le SMIC devient ainsi un symbole de progrès qui ne protège en réalité personne. On durcira à coup de réglementation les conditions de licenciement pour « éviter les abus » des employeurs (le chômage ne participe-t-il pas de l’horreur économique capitaliste?) – ce faisant, on dissuadera les patrons d’embaucher, mais peu importe, on crée ainsi un nouveau symbole appelé « Code du Travail » censé nous protéger, alors que le résultat est bien de nous précariser davantage. On proposera une assurance santé obligatoire qui n’a d’assurance que le nom (en l’absence de prime liée au risque, de contrat, de garantie) et qui détourne plus de 20% du salaire complet: c’est la symbolique « Sécu » à laquelle le citoyen est tellement attaché, tel le chien à sa chaîne. Une chaîne héritée du communisme français, qui remonte à 1945, mais qui est solide, car les gouvernements (non communistes) n’ont eu de cesse de la renforcer au fil des ans, bien qu’elle contrevienne autant à la législation européenne qu’au droit de l’homme à disposer librement des fruits de son travail.Tous ces symboles contribuent à édifier un mythe, celui de la « protection sociale », du « modèle social », qui n’a d’efficacité que symbolique, car tous ces services (ou du moins ceux qui sont vraiment utiles) pourraient être rendus à moindre coût et meilleure qualité par le marché privé, ce que les intéressés ignorent souvent, aveuglés par l’illusion sociale « solidaire ». Mais la charge symbolique est si forte, que le client abusé reste prêt à payer très cher pour cette « protection », ce qui est tout bénéfice pour les profiteurs de la « République Fromagère ».Celui qui viendrait à contester ces mythes serait au sens propre un iconoclaste antisocial, un monstre d’inhumanité, bref, un libéral! Il préfère vivre sous la clarté du soleil plutôt qu’à l’ombre tutélaire, mais pernicieuse et délétère, de l’État redistributeur. Le soir venu, il parcourt les villes avec sa lanterne, à la recherche d’un homme qui ne croirait plus aux mythes étatiques, mais en vain: les assistés lui montrent les bienfaits de la solidarité forcée, tandis que les ponctionnés complaisants fustigent son « égoïsme » individualiste.Le citoyen a aussi un besoin illimité de se projeter dans l’avenir, d’espérer en la prospérité, de croire en son bonheur ou en celui de ses enfants, etc. Il ne compte pas sur lui-même pour avancer et réussir dans la vie, cela serait sans doute au-delà de ses forces. Il faut donc lui vendre du rêve, et c’est une autre des tâches du politicien. Se limiter à subvenir à son besoin de protection par ces symboles « sociaux » inefficaces mais tellement envoûtants serait faire montre de matérialisme mesquin, alors qu’il y a tant à gagner à vendre du rêve, du bonheur futur, le paradis sur terre… On lui proposera alors du Grand Dessein, du Vivre Ensemble, de l’Avenir Radieux ou Durable, ou bien l’Europe Sociale, le Pacte Républicain, un Autre Monde (qui est « possible », ou qui est « en marche », au choix), une France qui gagne… bref, toutes les lubies pré-totalitaires qui ont fait leurs preuves au XXe siècle.Il s’agit d’offrir, non plus l’espoir d’un avantage tangible, comme peuvent l’être les simulacres de protection sociale que nous avons mentionnés, mais un mythe collectif, du rêve à l’état pur, qui en appelle à la fois à l’instinct grégaire de chacun (qu’il soit nationaliste, communautaire, religieux, identitaire) et à la magie noire, à l’État comme source inépuisable de richesses et de bienfaits, infatigable pourvoyeur de lendemains qui chantent. Tandis que les gogos, sans se poser de questions, vivent de mythes, de symboles et d’eau fraîche, les politiciens, en calculateurs réalistes, cueillent les fruits de l’arbre de la stupidité. On peut penser que le gogo n’a que ce qu’il mérite (stupidity is painful after all). Cet état de choses serait tolérable si on permettait au restant de gens lucides d’échapper à l’esclavage politique, mais on sait qu’ils n’ont pas le choix; voter avec leurs pieds restant le dernier recours.
THIERRY FALISSARD, Montréal, 6 mai 2007
§
Juin
Il peut y avoir différents points de vue sur la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Mais à l’entrée de l’Union Européenne dans la Turquie, il n’y a qu’une seule réponse.
§
Hécatombe
Japon. Fin mai 2007. Un ministre compromis (compromis, mais non condamné) dans un scandale financier se suicide. Imaginez une seconde qu’en France, les hommes publics « compromis » se donnent la mort ? Quelle hécatombe ! Les entreprises de Pompes Funèbres sont soudainement débordées, et accordant un ultime passe-droit à la clique politicienne, laissent sans sépulture les quidams anonymes. Les cimetières sont agrandis en urgence, et une poignée d’incorruptibles veillent aux intérêts de la Nation, démontrant sans en avoir eu l’intention, que la représentation populaire fonctionne aussi bien avec 100 députés qu’avec 577.
§
Le courage physique n’est que la petite monnaie du courage moral.
§
Juin
Il peut y avoir différents points de vue sur la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Mais à l’entrée de l’Union Européenne dans la Turquie, il n’y a qu’une seule réponse.
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Hécatombe
Japon. Fin mai 2007. Un ministre compromis (compromis, mais non condamné) dans un scandale financier se suicide. Imaginez une seconde qu’en France, les hommes publics « compromis » se donnent la mort ? Quelle hécatombe ! Les entreprises de Pompes Funèbres sont soudainement débordées, et accordant un ultime passe-droit à la clique politicienne, laissent sans sépulture les quidams anonymes. Les cimetières sont agrandis en urgence, et une poignée d’incorruptibles veillent aux intérêts de la Nation, démontrant sans en avoir eu l’intention, que la représentation populaire fonctionne aussi bien avec 100 députés qu’avec 577.
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Le courage physique n’est que la petite monnaie du courage moral.
§
Les femmes ont gouverné le monde jusqu’à ce qu’elles s’avisent de publier que c’était justement ce qu’elles voulaient faire.
§
Mixité, diversité ?
A peine la nouvelle Assemblée Nationale aura-t-elle été élue, que certains bons esprits déclareront que la gent féminine y est trop peu présente. D’autres, encore meilleurs, constateront avec amertume que l’Assemblée n’est pas représentative de la diversité ethnique de la population : comment pourrait-on en juger, puisque toutes les statistiques et recensements se doivent d’ignorer les origines. On n’en n’est pas encore à s’interroger sur l’équitable distribution en fonction des préférences sexuelles ou de la couleur des cheveux.
Toutes ces arguties ne font que dissimuler, le plus soigneusement possible, l’anomalie la plus choquante et la plus dangereuse, qui est que la fonction publique soit largement surreprésentée sur les bancs de la députation.
Il y a beaucoup plus de différence d’ « intérêts », au sens le plus matériel du terme, entre un fonctionnaire (qu’il soit mâle ou femelle) et un non-fonctionnaire (quel que soit son sexe) qu’entre un « homme » et une « femme ». C’est cette disproportion-là qui est cause que l’Etat ne se réforme point, et qu’il ne se réformera pas, alors que tout le reste, volens nolens, s’est adapté.
Nos Députés-fonctionnaires devraient être des Saints, que dis-je, des martyrs volontaires pour scier la branche sur laquelle ils sont assis et atrophier la main qui les nourrit.
Il ne s’agit pas, bien sûr, d’interdire la députation aux agents de l’Etat et des Collectivités locales. Il ne s’agit que de rendre équitables les conditions de la course à cette mission. Les remèdes pour y parvenir sont connus : pas de retour automatique à l’administration d’origine en cas d’échec électoral, pas de cumul des mandats, limiter le nombre de mandats successifs dans une fonction donnée. Les deux dernières mesures favorisent également un vif renouvellement de la classe politique.
C’est simple, c’est de notoriété publique, mais qui aura le courage de le faire ?
§
C’est en vivant au milieu des pauvres que, même avec une fortune modeste, on éprouve véritablement le sentiment de la richesse.
§
TVA Sociale
Jamais un terme n’aura été plus mal choisi pour un projet visant à améliorer la compétitivité des entreprises employant du personnel en France. (1)
Comment veut-on qu’un « Français moyen », dont la culture économique est certainement plus inexistante que moyenne, comprenne qu’en augmentant le taux de la TVA on puisse avoir en vue un objet « social » !?
Non seulement le terme est mal choisi, mais la pédagogie est, à ce jour, absente. Le peuple se révoltera, comme il l’avait fait pour le CPE, avant d’avoir soupçonné de quoi il retourne.
Pourtant le principe du dispositif est simple :
Soit un produit dont le prix de vente hors taxe est de 100,00
l’application de la TVA à 19,6% 19,60
donne un prix de vente taxe comprise de 119,60
Le but de la réforme de la TVA est de diminuer les charges sociales patronales, permettant ainsi d’abaisser le prix hors taxe des produits et services, et d’appliquer à ce nouveau prix de vente hors taxe une TVA plus élevée, dont les recettes supplémentaires permettront à l’Etat de compenser, pour les organismes concernés, la baisse des charges sociales patronales encaissées.
Supposons que notre prix de vente hors taxes de 100,00
bénéficie d’une baisse de charges sociales de 5,00
le nouveau prix de vente hors taxe est de 95,00
si on applique à ce prix une TVA à 25% 23,75
le nouveau prix de vente TVA comprise est de 118,75
On constate que le prix pour le consommateur n’a pas augmenté. Il aurait même diminué de : 119,60 – 118,75 = 0,85.
Les avantages du système sont évidents :
· On diminue le coût du travail, et par voie de conséquence, on améliore la compétitivité des entreprises employant de la main d’œuvre en France. C’est un coup de pouce en faveur de la lutte contre les fameuses délocalisations.
· On fait participer d’autres revenus que ceux du travail au financement de la protection sociale.
· Les produits importés (mais pas seulement ceux de la Chine et de l’Inde) sont également mis à contribution. Il s’agit alors de quasi droits de douane. (2)
Mais pour que cela fonctionne, il faut IMPERATIVEMENT que :
· Les entreprises répercutent sur le prix de vente la totalité du montant de la baisse des charges sociales patronales dont elles auront bénéficié. La pression de la concurrence devrait permettre d’atteindre ce but.
· Que l’Etat affecte aux régimes sociaux la totalité du supplément de TVA encaissé, afin de ne pas accroître le déficit de ces mêmes organismes.
Enfin, pour que le tout soit équilibré, il est indispensable que le montant total du supplément de TVA encaissé par l’Etat soit suffisant pour, au moins, compenser une baisse des charges sociales patronales permettant de baisser de 5 un prix de vente de 100.
Essayons de cerner quelques ordres de grandeur. La TVA à 19,6% rapporte 133 milliards d’euros. Avec le nouveau taux (25%) la recette passerait à 161 milliards, soit en plus : 28 milliards. Sur les importations, le supplément serait de 16 milliards. Soit un total de TVA en excédent de 44 milliards sur les rentrées actuelles.
Le total des charges sociales est de 350 milliards, dont sans doute environ 230 de charges « patronales ». Ce sont celles-ci qu’il s’agit de diminuer, et non les charges sociales « salariales ».
Les 44 milliards de TVA supplémentaire représentent donc quasiment 20% des charges sociales patronales. Est-il possible, en baissant ces charges sociales patronales de 20%, d’induire une baisse de 5 sur un prix de vente de 100 ?
Je pense qu’on ne doit pas être très loin du compte, mais cependant légèrement en dessous de ce qui serait nécessaire pour que l’équilibre soit atteint. D’après mes estimations, une baisse des charges sociales patronales de 20% ne permettrait qu’une baisse de 3 sur un prix de vente de 100.
Faut-il limiter le dispositif aux seuls biens manufacturés et en exclure les « services » ? Je n’ai pas les éléments me permettant d’en juger. Mais les experts de Bercy doivent les avoir et sont à même de faire les calculs nécessaires ?
(1) Il apparaît que le Premier Ministre se soit assez vite rendu compte de cette bévue. Il a proposé de nommer la nouvelle TVA : TVA Anti-délocalisation. C’est, me semble-t-il une nouvelle erreur, et qui conforte les Français dans uns vision défensive du combat économique. J’eusse préféré qu’on l’appelât : TVA de Compétitivité.
(2) On remarquera, je l’espère, avec bienveillance que je défends ici une mesure qui va à l’encontre de mes intérêts professionnels actuels.
§
Vive la rupture !
Le nouveau Président de la République tient ses promesse, ou du moins il commence. Il nous avait promis l’ouverture : nous l’avons. Des personnalités du Centre, de la Gauche, et même de ce qui frôle l’extrême gauche entrent au deuxième Gouvernement de François Fillon. Soit. Mais pour faire quelle politique ? Celle du candidat Sarkozy, ou celle de la madone du Poitou ? Espérons qu’il s’agit de la première, car depuis que la gauche a ressorti la tête de l’eau au deuxième tour des élections législatives, on entend dire que le programme sur lequel s’est engagé M. Sarkozy devrait être affadi, et que les quelques plumettes libérales qui ornaient ses ailes devraient être rognées. En vertu de quoi, grands Dieux ?
Le Président a été élu, il dispose d’une large majorité à l’Assemblée Nationale. Les socialistes, grands défendeurs de la démocratie en auraient-ils oublié la règle essentielle, constitutive pourrait-on dire, celle de la majorité ?
§
Juillet
NOTE DE LECTURE
Je viens de terminer la lecture des Essais sur la Chine de Simon Leys, qui m’avaient été si chaudement recommandés. Passionnant, cette dénonciation du totalitarisme de Mao Zedong et de sa clique, à une époque où toute notre intelligentsia caviardo-bien-pensante, tout juste revenue de ses adorations staliniennes, encensait la sanglante idole.
Et quel style ! Quelle verve féroce dans la diatribe. Tout polémiste (je me compte parmi ceux-ci, en mode mineur) ne peut que lui envier sa clarté et le tranchant cruel de ses philippiques.
A le lire, on finit par se prendre pour un sinologue averti. Quel dommage cependant que ses analyses lucides s’arrêtent au tout début des années 90. Comment aurait-il jugé les récents développements ? S’agit-il d’une vraie libéralisation de l’économie, signe précurseur d’une émergence de la démocratie, ou bien d’une nième métamorphose du système précédent, permettant au Parti de se survivre et de prolonger la dictature ? Qu’en pensent les spécialistes, et qu’en pensent les Chinois eux-mêmes ?
Parmi les apports collatéraux des Essais, on comprend parfaitement (ou l’on croit comprendre) pourquoi les Chinois portent si peu d’intérêt à la mémoire architecturale, et pourquoi ils assistent si passivement avec autant d’indifférence au chambardement et à la destruction de quartiers entiers de villes, et pourquoi ils les acceptent si facilement, sans broncher.
Simon Leys
Essais sur la Chine
Robert Laffont éditeur, collection Bouquins
840 pages, 26 €
§
LETTRE AU PEUPLE DE GAUCHE
Monsieur Lepeuple de Gauche,
Je vois bien que les menées du nouveau monarque n’ont pas l’heur de vous plaire. Et que vous restez attaché à vos anciennes maximes, bien que partout où l’on en a tâté, les déceptions qui s’en suivirent n’eurent d’égales que l’effort que l’on avait fait pour les faire accepter ou bien plutôt pour les imposer aux peuples malheureux qui en firent la triste expérience.
Vous croyez, dans l’ignorance des choses de la finance qui vous est coutumière, que l’on vous veut dépouiller et accroître votre gêne. Que nenni, on ne travaille qu’à votre bien-être. Car, voyez-vous, tous ces efforts de la charité publique et compulsive auxquels vous êtes si attaché ne font qu’empêtrer et l’Etat et les moyens des fabriques ainsi que du commerce.
Si un seul instant vous pouviez imaginer combien tous les métiers et négoces se mettraient soudain à refleurir s’il était possible de les soulager de toutes les charges sous lesquelles ils succombent, vous en redemanderiez. Vous ne seriez jamais satisfaits, toujours vous supplieriez, que dis-je, vous exigeriez que l’on mette bas touts ces fardeaux et privilèges que les règnes précédents vous avaient accordés, pour éteindre vos clameurs, mais en détraquant la machine sur laquelle vous comptiez pour nourrir votre famille et pourvoir à vos modestes plaisirs.
Si un seul moment, vous vouliez bien ne pas accroire, comme vérité d’Evangile, les sots préceptes surannés dont les gazettes vous rebattent les oreilles ; si vous vouliez bien considérer qu’en paraissant vous vouloir contraindre, on n’a en vue que votre bonheur et celui de vos enfants ; si vous vouliez bien, pour un coup, prendre l’exemple des peuples qui sont sortis de la misère – certes par des voies qui vous semblent hasardeuses, et auxquelles on ne vous a point accoutumé ; si vous pouviez concevoir que l’Etat, à force de taxes qu’il prélève sur tous pour redistribuer à chacun, ne fait qu’engraisser et accroître la pauvreté commune, nous aurions fait, Monsieur Lepeuple de Gauche, bien du chemin, et nous ne serions plus fort éloignés de ces « matins qui chantent », et que vous attendez en vain depuis de si longs siècles.
Permettez que je demeure, Monsieur Lepeuple de Gauche, votre très véritable et fidèle ami, ….
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EST-CE BIEN NORMAL ?
Le Président de la République, lors de son allocution télévisée du 20 juin 2007, déclare qu’il considère qu’il est tout à fait « normal », (grâce à la possible augmentation du taux de TVA) que les travailleurs chinois, indiens, …participent au financement de la protection sociale française. Par la même occasion, les travailleurs allemands, italiens slovaques, … participeront aussi. Quoi de plus « normal » ? Plutôt que les Français des générations futures, ce sont les travailleurs actuels de tous ces pays que nous allons faire contribuer aux dépenses du « modèle social français », que la terre entière nous envie, mais que nous ne pouvons plus financer seuls.
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Quand une automobile a plusieurs vitesses, c’est bien. Plus elle en a, mieux c’est. Mais s’il s’agit de la Santé, de l’Enseignement : c’est mal. On voudrait qu’il n’y ait là qu’une seule vitesse. Curieux, n’est-ce pas ?
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La Cour d’Appel de Paris, lors d’un jugement rendu le 6 juillet 2007, se prononce sur un différend qui opposait un salarié, titulaire d’un CNE (Contrat nouvelle embauche) à son employeur. Mon but n’est pas ici de m’immiscer dans cette querelle privée, mais plutôt de m’insurger contre un attendu de ce jugement.
La Cour déclare en effet : « Dans la lutte contre le chômage, la protection des salariés semble être un moyen aussi pertinent que les facilités données aux employeurs pour les licencier. Il est pour le moins paradoxal d’encourager les embauches en facilitant les licenciements ».
Je me demande tout d’abord si c’est bien le rôle d’une Cour d’Appel (fut-elle parisienne) d’exprimer son opinion sur des théories économiques. Je crois que non. Qu’elle se satisfasse de trancher dans le cas particulier soumis à sa sagacité.
Ensuite, à l’occasion de cette embardée malencontreuse hors de son domaine, je m’étonne du point de vue ainsi défendu. Beaucoup savent depuis longtemps, et presque tous commencent à se rendre compte que les excès de protection dont on a encoconné les salariés finissent par jouer en défaveur de ceux-ci mêmes. Les difficultés que rencontrent les employeurs à licencier font avorter plus d’embauches qu’elles ne préservent, in fine, d’emplois. L’expérience de nombreux pays où le licenciement est plus aisé que chez nous le démontre tous les jours : le taux de chômage y est plus bas qu’ici. On y perd plus facilement son emploi, mais on en retrouve plus rapidement un autre.
Tout le monde sait cela, et il n’y a que le conservatisme idéologique de syndicats dont l’influence n’a d’égale que la non-représentativité qui empêche notre pays de faire les quelques réformes qui permettraient de faire disparaître le chômage. Sans parler de l’inculture économique du plus grand nombre de nos compatriotes – inculture largement partagée par la classe politique et par … la magistrature.
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RACHIDA DATI
La femme de César ne doit pas être soupçonnée.
La ministre de la Justice, Rachida Dati, interpellée au sujet de deux de ses frères impliqués dans des affaires de trafic de stupéfiants, rétorque : « Dans chaque famille, il y a parfois des problèmes … ». Oui, certes. Mais dans chaque famille, même nombreuse, il n’y a pas deux trafiquants (présumés) de drogue.
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Jean-Claude Mailly, secrétaire général du syndicat Force-Ouvrière, s’insurge contre une vision comptable des effectifs de la fonction publique. De plus, dit-il, chaque poste de fonctionnaire supprimé, c’est un jeune de moins auquel on offre un emploi. Dans l’instant, il a bien sûr raison. Mais à moyen terme, il a tort. Moins de fonctionnaires, ce sont des charges moins lourdes pour l’Etat, donc moins d’impôts, donc une économie plus compétitive, donc plus d’emplois.
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VOBIS TALIA JAM PRIDEM DIXI …
Si l’Etat garde la gestion d’un certain nombre d’activités marchandes, (c’est à dire qui sont plus ou moins liées à un service spécifique et plus ou moins – plutôt moins que plus – financées par ceux qui en font usage, mais qui pourraient aussi bien être assurées par une activité privée), comme le transport ferroviaire, l’éducation, la poste, les hôpitaux, c’est qu’il considère que ces activités ont une importance VITALE pour la nation. Il a en effet renoncé à produire des automobiles, des allumettes, etc…Il tient également comme relevant de sa mission la Justice, les Affaires Etrangères, l’Armée et d’autres tâches de pure administration.
Il est donc le patron de ces quelques cinq millions de fonctionnaires et assimilés. Et qui donc est le patron de cet « Etat-patron », sinon le peuple (souverain) ? Donc, quand les fonctionnaires (ou assimilés) se mettent en grève dans une de ces activités « vitales », c’est contre le peuple lui-même qu’ils se dressent : y a-t-il une attitude plus anti-démocratique que celle qui revient à défier le peuple (souverain) ? Comme dans d’autres pays, (et comme pour certaines catégories de nos fonctionnaires : par exemple, l’Armée) la grève des fonctionnaires (ou assimilés) devrait être tout simplement interdite par la Constitution.
Certainement, le Gouvernement n’osera pas aller jusque-là ; il ne s’y est d’ailleurs pas engagé. Dommage.
Quant aux gémissements – et menaces – des syndicats, sous prétexte que l’on voudrait par le biais du « service minimum » porter atteinte au sacro-saint « droit de grève », force est de constater que tous les droits sont encadrés dans les limites de certaines règles ; on peut construire, mais en respectant les règles, on peut travailler, conduire, embaucher du personnel ou faire du commerce à l’intérieur d’un dispositif légal ou réglementaire précis, souvent tatillon et parfois abusif. Seul, parmi tous les droits dont nous jouissons, le droit de grève n’est encadré par pratiquement aucune réglementation ; il est grand temps que cesse cette choquante anomalie, et qu’enfin des bornes opportunes viennent mettre un terme aux abus perpétuels auxquels ce « droit » donne lieu en permanence, en particulier dans des services qui dépendent de l’Etat (1) et où l’on devrait plutôt songer à assurer un « service maximum ».
Pour ce qui est de la sphère privée, notre pays serait bien avisé de s’inspirer de la législation de certains autres pays, où la grève ne peut être déclenchée dans une entreprise qu’à la suite d’un vote majoritaire à bulletin secret, évitant ainsi toutes les manipulations et intimidations diverses qui, de notoriété publique, entachent d’irrégularités jamais sanctionnées les soi-disant votes à main levée.
La grève, oui ; mais la joyeuse pagaille gauloise : non !
(1) Il n’y a en France quasi pas une journée qui passe sans que dans un recoin quelconque du pays un service public ne soit en grève. Les étrangers qui s’aventurent chez nous en font quotidiennement la déconcertante découverte.
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Mardi 24 juillet 2007 : Les otages bulgares sont rendus à l’affection de leurs familles.
Quel merveilleux et explicite encouragement. Chaque Etat-gangster connaît maintenant la recette : vous mettez la main sur un nombre suffisant de ressortissants de l’un des pays de l’Union Européenne, vous torturez pendant quelques années, vous accusez d’un crime quelconque, vous emprisonnez, vous jugez, vous condamnez à mort, et puis … vous commencez à négocier. Oui, négocier ! Si vous êtes un … Etat, ou quelque association de malfaiteurs qui se cache sous un tel manteau. Ce qui en droit privé vous attirerait les foudres de la Loi, vous permet en tant qu’ « Etat » d’entamer de fructueux marchandages. Quelle honte !pour celui qui l’initie, et pour ceux qui acceptent de s’enfermer dans un piège si détestable.
Chacun se réjouit de voir le personnel médical bulgare rendu à la liberté, l’ « émotion » peut se comprendre et se pardonner. Mais quelle boîte de Pandore n’avons-nous pas ouverte en nous livrant à cette monstrueuse comédie ? En matière de prises d’otages, on sait bien que tous les Gouvernements traitent avec les ravisseurs. Mais on le nie toujours, et ainsi la « morale apparente » est sauve. Dans le cas qui nous occupe, la négociation a lieu à ciel ouvert ; même si l’on ne connaît pas toutes les concessions faites aux brigands, il leur suffit que l’on sache qu’il y en ait eu. Leur honneur dévoyé est sauvé, et le nôtre est perdu.
Dans le passé, la « politique de la canonnière » a certainement conduit à quelques excès. On se prend cependant parfois à regretter qu’elle soit passée de mode. La menace d’un bombardement des principales villes de Libye aurait sans doute amené le « Colonel » à composition. Mais ces manières fortes ne sont plus dans l’air du temps. Les Etats n’en restent pas moins des monstres frigides qui se soucient de la morale comme de leur première constitution. Qui nous oblige donc à tenir les engagements qui ont été pris envers le voyou Kadhafi ? Qui pourrait empêcher les pays européens de saisir les avoirs libyens ? Que ne décrétons-nous un embargo total sur les relations économiques, humanitaires, culturelles avec la Libye ? Quel avantage y a-t-il à tenir sa parole face au plus éhonté des menteurs ?
En effet, le cas n’est pas unique. Mais la façon dont nous venons de dénouer celui-ci, au grand jour, et sous les feux d’une telle médiatisation, ne peut être considérée que comme un vigoureux encouragement à de multiples récidives, de même que les images de voitures qui brûlent éveillent l’imagination de futurs délinquants. A la violence et à la mauvaise foi la plus déclarée, il n’est pas immoral d’opposer la violence et la ruse.
Enfin, ces Bulgares ont été condamnés. Par un tribunal inique, mais condamnés. Même graciés, ils restent des criminels … graciés. Si leurs forces sont en mesure de le supporter, un nouveau procès devrait avoir lieu, en Europe,afin qu’ils soient innocentés, et publiquement lavés de la faute qui leur a été imputée.
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Août
KONSTANTIN DER GROSSE
305 kilomètres, dont 284 sur autoroutes, 2heures 59 de voyage, et l’on passe de Maubeuge à Trèves (Trier), qui se vante d’être la plus ancienne ville d’Allemagne. Elle a été fondée le 23 septembre 17 (Av JC), sous le nom d’Augusta Treverorum. Capitale de la Belgique Première, résidence des vice-empereurs de la Tétrarchie instaurée par Dioclétien en 286, elle est, de 306 à 316, le lieu de séjour de Constantin (272-337), vice-empereur puis Empereur, fils lui-même de l’Auguste Constance-Chlore. C’est à cette époque qu’elle mérite son nom de Roma Secunda, devenant une des quatre principales métropoles de l’Empire.
C’est à Trèves, sur les bords vinicoles et souriants de la Moselle, jusqu’au 4 Novembre 2007, qu’ont lieu trois expositions consacrées à Constantin et à son époque. Elles présentent d’innombrables pièces, provenant de plus de 150 musées, dont celui du Louvre, du Vatican et du British Museum.
La première de ces trois expositions : Herrscher des Römischen Imperiums (Maître de l’Empire Romain) est au Rheinisches Landesmuseum, Weimarer Allee 1, ouvert tous les jours de 10 à 18 heures, et montre l’irrésistible ascension vers le pouvoir suprême , le culte de la personnalité instauré par le trône, des objets de la vie quotidienne et militaire, des pièces archéologiques et des reconstitutions de la ville de Trêves au quatrième siècle.
La deuxième, qui se tient au Bischöfliches Dommuseum, Windstrasse 6, illustre les relations de l’Empereur et de la secte chrétienne, qu’il autorisa en 313, mettant ainsi fin à plusieurs siècles de persécutions sporadiques, avant de recevoir lui-même le baptême sur son lit de mort. Remarquons, en passant, que malgré les nombreux assassinats, y compris au sein de sa famille, véritable tribu d’Atrides, qu’il dut perpétrer pour se maintenir au pouvoir, Constantin est considéré comme un Saint par l’Eglise Orthodoxe qui le fête le 21 Mai.
La troisième, enfin, au Stadtmuseum Simeonstift, Simeonstrasse 60, évoque le mythe constantinien de pouvoir universel au travers de peintures, d’icônes et de statues du moyen âge aux temps modernes.
Ces trois manifestations nous replongent à l’époque où l’Empire, après les convulsions désastreuses du troisième siècle, tentait un ultime effort pour restaurer ses frontières et son unité. Après le culte du Soleil, établi par Aurélien comme religion d’Etat, Constantin tenta, avec le Christianisme, de ressouder la communauté. Edward Gibbon (Decline and Fall of the Roman Empire) considérait quant à lui que c’est ce même Christianisme qui aurait été la cause sourde mais principale de la chute. Mais ceci est … une autre histoire.
Indépendamment de ces trois expositions, dont à ma grande honte je dois avouer n’avoir visité que la première, car si j’aime bien les Musées, je ne souffre en ce domaine d’aucune addiction malsaine, la ville de Trèves elle-même mérite amplement le déplacement. On peut y admirer, par ordre d’entrée en scène : deux Thermes antiques, la « Basilique » de Constantin, la fameuse Porta Nigra, un amphithéâtre, un pont romain, la Cathédrale (Dom) et son église jumelle gothique, le sanctuaire paroissial de Sankt Gangolf, des maisons de toutes époques et des palais en parfait état de conservation, à l’allemande, la résidence épiscopale, de style rococo, adossée à la basilique du Constantin et bordée d’un parc peuplé de statues blanches qui tranchent sur la façade rose du palais. Trois places de marché : aux bestiaux, au blé et le Hauptmarkt tout ourlé de maisons anciennes et orné d’une fontaine des Quatre Vertus. Enfin, la maison natale de Karl Marx, lieu de pèlerinage favori des touristes chinois. Et la reconstitution, à de nombreux exemplaires, disséminés dans la ville, du pied de la statue colossale de Constantin !
Pour votre séjour, je vous conseille vivement la Residenz Zuckerberg, Frauenstrasse, à moins de 300 mètres de la Grand’Place, qui offre pour moins de 100 € par nuit des appartements de 60 m2, breakfast included, avec garage. Vous irez dîner, dans cet autre pays du vin, à la Weinstube Palais Kesselstatt, au pied du Dom, ou, mieux encore au restaurant Cum Vino, dans la Weberbachstrasse 75, excellent établissement géré au bénéfice … du Diocèse !
Trèves mérite plus qu’un détour, elle vaut décidément le voyage !
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Le nombre de lignes consacrées par la presse people à ses victimes consentantes, est inversement proportionnel au talent qu’elles peuvent avoir.
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N’apprenez plus l’anglais ! Dans cent ans, les Etats-Unis parleront espagnol.
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Celui qui veut monter sur la scène doit s’assurer qu’il ne traîne pas trop de casseroles.
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L’hypocrisie est un vice plus détestable que le cynisme.
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LE MONDE A L’ENVERS
Certaines tentatives d’expulsion d’immigrants irréguliers sur le territoire donnent lieu à des mobilisations émotionnelles de l’opinion qui obscurcissent le débat.
Nous en avons eu deux exemples, déjà, cette année. C’est d’abord ce grand’père chinois, interpellé alors qu’il attendait son petit-fils à la sortie de l’école. Pensez donc ! Un brave grand’père ! Et en pleine rue ! Plus récemment, un jeune Ukrainien, essayant de suivre sur un balcon son père, immigrant illégal qui cherchait à échapper à la Police, tombe et se blesse. Cette fois, l’interpellation avait été tentée à domicile : scandale !
Ainsi, si l’on écoutait toutes les bonnes âmes, il ne faudrait interpeller ni … dans la rue, ni … aux domiciles ? Mais alors, où donc ?
Et, bien évidemment, ce sont les forces de l’ordre qui endossent les habits du coupable, alors qu’ils ne font qu’appliquer la loi. N’allez, de grâce, pas croire que je suis insensible à la souffrance de ceux qui souffrent, mais je refuse de me laisser emporter par la déferlante des sentiments, alors que les premiers et les seuls responsables du traumatisme psychologique du petit Chinois, et des séquelles que portera peut-être le jeune Ukrainien sont, et ne sont que, ceux qui les ont illégalement introduits sur le territoire français.
Nous sommes véritablement un bien curieux pays, où la Loi ne semble devoir s’appliquer que par exception, et où la transgression semble être la règle la plus commune et la plus généralement acceptée.
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VIVE LA MONDIALISATION !
Dans une consternante discrétion, a été publiée dans les dernières semaines une étude de l’INSEE qui détaille les gains et les pertes induites par la mondialisation pour l’économie française.
En plus des emplois supprimés par transfert total d’activité à l’étranger, et en comptabilisant ceux qui disparaissent du fait de la concurrence internationale, l’INSEE considère que la France a perdu entre 20.000 et 34.000 emplois l’an dernier. Mais pendant cette même période, les entreprises étrangères avaient créé dans l’hexagone 40.000 emplois.
Ces chiffres mériteraient une bien plus large publicité. Et alors, peut-être les Français arrêteraient-ils de craindre les conséquences de la mondialisation de l’économie ? Peut-être finiraient-ils par comprendre que le pays a plus à y gagner qu’à y perdre, et que, pour peu qu’on veuille bien s’y adapter, il y a là plus une chance qu’une menace ?
On a dit autrefois : Vive la crise ! Dirons-nous bien tôt : Vive la mondialisation !?
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PUNIR OU SOIGNER ?
Faut-il punir ou soigner les pédophiles ? Les récentes affaires, et les nombreux commentaires auxquels elles ont donné lieu – même de la part du Chef de l’Etat – laissent à penser que l’on fera … les deux ; ce qui me semble tout aussi contraire au Droit qu’à la morale.
En effet, ou bien le pédophile est un malade qui est conduit de façon irrépressible par son état de santé à commettre des actes délictuels, et alors il n’est pas responsable : il doit être soigné, et non emprisonné. Ou bien le pédophile est incarcéré : c’est donc qu’il est responsable, et il n’y a lieu ni de le soigner, ni de l’obliger à le faire.Vouloir emprisonner puis soigner est un NON-SENS, dans l’acception forte du terme.
On ne s’étonnera pas si je penche pour la solution de la responsabilité. Il serait en effet trop facile d’arguer d’un désir plus ou moins compulsif d’accomplir un acte délictuel pour s’en trouver lavé. J’ai un très fort désir de voler (un commerçant, le tronc d’une église, le fisc …), donc je vole, donc je ne suis pas responsable !
Si maintenant on souhaite protéger la Société, dans ce qu’elle a de plus fragile et de plus sacré, des méfaits des pédophiles, la solution est simple : c’est la prison à perpétuité ; ce qui suppose que cette peine soit réintroduite dans le Code, et que soient supprimées les remises de peines automatiques qui dénaturent et bafouent les arrêts du fameux « Peuple Souverain ».
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A VOS CALCULETTES !
Les agriculteurs, et principalement les producteurs de fruits et de légumes, mettent en cause les marges de la grande distribution (quid de la petite ?) qui leur achètent leurs produits en dessous du prix de revient, tout en revendant ceux-ci à des prix exorbitants.
Pour attirer l’attention du grand public sur cet état de choses, le MODEF, petit syndicat agricole d’obédience communiste, a organisé le 23 août, place de la Bastille à Paris une « vente directe au consommateur ». Ils prétendent qu’ainsi ils vendent à un prix qui leur permet de se rémunérer, et que le consommateur paye moins cher que dans les grandes surfaces.
Mais si cela est si simple : que ne généralisez-vous la formule ? Vendez vous- mêmes, vous ne serez plus grugés par personne !
Cependant, avant de vous lancer en grand dans cette sympathique aventure, j’ai un conseil simplet à vous donner : faites bien vos calculs.
N’oubliez pas les frais de transport. N’oubliez pas non plus que quel que soit l’attachement que vous porte la population du quartier de la Bastille, elle ne saurait, sous peine de graves dérangements, absorber toute votre production. Il vous faudra vendre tous les jours dans au moins vingt lieux parisiens, et dans toutes les villes grandes et moyennes du pays.
Comme vous ne pouvez être à la fois aux champs et sur les marchés, il vous faudra rémunérer soit des paysans qui produiront pendant que vous vendez, soit des vendeurs qui écouleront la marchandise pendant que vous produirez. Il vous faudra aussi payer l’occupation de vos emplacements, la patente, la TVA ; je vous en passe, et des meilleures.
Si l’équation moyenne est la suivante : coût de production : 1 €, prix de vente à la distribution : 0,90 €, prix de vente au consommateur : 2 €, je ne suis pas du tout persuadé qu’en vendant directement à 1,50 € vous puissiez absorber les frais réels de distribution, tous les jours et en tous les points du territoire ?
Ainsi, avant de tirer à boulets rouges sur le pianiste, assurez-vous que vous êtes capables de jouer la mélodie.
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GO ! GO ! GO !
Six policiers qui reconduisaient dans leur pays d’origine deux Guinéens pour cause de stationnement illégal sur le territoire français, se sont fait agresser par la foule en débarquant à Conakry avec leur chargement.
Si ces pratiques se généralisent, il va falloir trouver autre chose pour les rapatriements contraints. Nous ne pouvons n effet pas laisser nos fonctionnaires se faire ainsi molester.
Je propose donc le parachutage des immigrants illégaux au dessus de la destination prévue. Cette solution qui implique l’emploi d’appareils militaires (mais qui pourrait servir aux équipages de ceux-ci comme entraînement) éviterait aussi aux expulsés les sensations peu agréables de ceux qui voyagent menottés sur un avion de ligne.
Quelques initiations au roulé-boulé, une notice sur le fonctionnement du parachute, et le tour est joué. Comme les parachutes ne serviront qu’une seule fois – car je serais fort surpris qu’on nous les réexpédiât – des économies substantielles pourraient être réalisées par rapport aux modèles courants.
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AU FEU !
Avec l’été reviennent en Europe du sud les incendies de forêts. Le Portugal, l’Espagne, la Corse, le sud de la France, l’Italie, la Grèce flambent, alternativement ou simultanément.
Même si les pyromanes sont rarement arrêtés, il ne fait de doute pour personne que ces incendies sont non seulement d’origine humaine, mais encore d’origine criminelle.
A qui ferait-on en effet croire que se déclarent, au même instant, par la foudre (alors qu’il n’y a pas d’orages) ou par de miraculeux tessons de bouteilles (faisant loupe), dix vingt ou trente foyers ?
Les mobiles sont également connus : le but des incendiaires est de détruire des forêts, souvent protégées, pour faciliter la réalisation de programmes immobiliers.
Pour mettre un terme définitif à ces catastrophes, il suffirait d’une réglementation européenne déclarant INCONSTRUCTIBLE pour une durée de 100 ans toute parcelle dont la végétation aurait été anéantie par le feu, sauf à autoriser la reconstruction à l’identique des bâtiments préexistants détruits. Je pense que cela calmerait les ardeurs de criminels, car qui voudrait acquérir un terrain dont on ne pourrait recueillir le profit que … cent ans plus tard ?
Septembre
Il est plaisant de voir combien prompts sont à s’émouvoir des effets de la pauvreté les représentants de l’Etat, alors que depuis un demi-siècle ce même Etat a fait tout ce qu’il a pu, ( et rien de ce qu’il eut fallu faire), pour que règne dans le pays la misère et son cortège de calamités.
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Laure Manaudou : nage, et tais-toi !
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Compte tenu des périodes d’indisposition, avoir un seul porte-avions ne sert à rien. Si nous ne construisons pas le second, il faut vendre le premier.
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Mes ancêtres remontent aux Croisades, et même bien au-delà. Les vôtres aussi.
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Ah ! Qu’il était beau le temps où l’on pouvait dire d’un homme qui allait mourir : « sentant sa mort prochaine… ». Le médecin ne lui avait pas celé le peu d’espoir de sa situation, et l’avait encouragé à mettre de l’ordre dans ses affaires terrestres ; le prêtre lui avait procuré les secours de la religion.
Alors, chez lui, allongé dans le lit même où étaient morts ses parents, où sa mère lui avait donné le jour, il réunissait les membres de sa famille, et leur faisait ses ultimes recommandations. Si ses forces déclinantes le lui permettaient encore, il pouvait songer à ce que serait son « dernier mot ».
Ah ! Temps béni ! Voyez comme ce jour d’hui nous quittons la vie : loin de chez soi, loin des siens, dans un lieu anonyme et bardé de tuyauteries insolites et cruelles, seul, avec – si l’on a de la chance – l’infirmière de service. Misère !
§
Quel dommage que M. Attali ne se soit point avisé de me demander de rejoindre la Commission qu’il préside et dont la mission est d’identifier les freins qui bloquent l’économie française. Je ne lui en veux pas : il ne peut s’agir que d’une simple distraction.
Oui, c’est vraiment regrettable, car il m’eut suffi de replonger quelques instants dans mon « Programme présidentiel », d’en extraire ce qui a trait à l’économie, pour y trouver au moins 99% des réponses à la question posée.
Voulez-vous un bref rappel ? Le voici :
DOMAINE ECONOMIQUE
· Train de vie de l’Etat. C’est la vieille chimère dont on nous rebat les oreilles, et dont personne ne s’occupe. C’est cependant grâce à sa réduction drastique que nous retrouverons toutes les marges de manœuvre dont nous avons besoin.Il sera réduit de 30 % pendant la législature, permettant ainsi une économie de l’ordre de 80 milliards d’euros, qui sera en totalité affectée au remboursement de la dette. Celle-ci sera apurée en un peu plus de dix ans. Au fur et à mesure du remboursement, la charge des intérêts diminuera, donnant ainsi dès le début de l’opération des opportunités de réduire les prélèvements obligatoires. A l’issue du remboursement, la totalité des économies sera affectée à la diminution de ces mêmes prélèvements.
La règle appliquée pour obtenir la diminution du coût de l’Etat (au sens large) se fondera sur deux principes : une simplification impitoyable des mécanismes de l’Etat, la nécessité absolue de ce qui subsistera. Quand on est en faillite, on ne fait pas dans le détail !
Dès que l’on aura décidé de se mettre sérieusement au travail, les idées ne manqueront pas. On peut citer quelques exemples, bien évidemment non limitatifs :
o Toutes les îles, y compris la Corse, se verront offrir, et s’il le faut, imposer leur indépendance.
o Les biens nationaux qui ne sont pas absolument nécessaires au fonctionnement de l’Etat seront progressivement mis en vente.
o Les Fêtes nationales seront supprimées.
o Les aides à l’agriculture seront annulées, ainsi qu’à tous les secteurs d’activités marchandes
o Le nombre des Ministres sera ramené à moins de dix. Les Ministres rémunèreront les fonctionnaires au mérite, dans le cadre de la dotation qui leur sera consentie pour mener à bien une certaine mission.
o Dans le domaine de la Recherche Publique, seules seront conservées les activités qui ont un impact direct sur l’économie. On reviendra aux papillons amazoniens et à la culture maya, si c’est bien utile, quand nos finances seront rétablies
o Toutes les activités de l’Etat dans le domaine marchand seront privatisées (SNCF, RATP, Airbus, etc …)
o Simplification radicale du corpus législatif. Là où la règle abonde, le sens diminue. Le but sera de diminuer de 50 % l’ensemble des textes des divers Codes : Civil, Travail, Impôts, etc …
o Simplification de la texture administrative du territoire : le nombre de Communes sera divisé par trois ; les Cantons seront supprimés. Le Département sera maintenu, mais le nombre de Régions ramené à la demi-douzaine
o Suppression du Sénat
o Il sera mis un terme aux opérations militaires à l’étranger, sauf si les dépenses engagées nous sont intégralement remboursées par l’Organisme International qui nous les demande.
Les Traités d’assistance avec les régimes africains qui comptent sur nous pour maintenir leur pouvoir sur leurs populations seront dénoncés.
o Un Amendement Constitutionnel déclarera le Déficit budgétaire (Etat, Collectivités territoriales …) inconstitutionnel.
· Les privilèges accordés aux « Syndicats Historiques » seront supprimés. Ainsi que les subventions dont ils bénéficient. Leurs ressources seront limitées aux contributions volontaires de leurs adhérents.
· Dans le domaine du Droit du Travail, le licenciement sera totalement libéré, créant ainsi un vigoureux appel d’air pour les embauches.
· Les sources d’énergies non-fossiles bénéficieront d’un régime entièrement détaxé, qu’il s’agisse des appareils destinés à les produire ou de leur consommation. Ainsi seront encouragés tous les efforts pour développer les énergies solaires, éoliennes, biochimiques, hydroélectriques, nucléaires, qui par contre, et bien évidemment, ne bénéficieront plus d’aucune subvention directe.
· Les recherches sur les OGM, et leur développement seront favorisés par un dispositif analogue, nous mettant ainsi à l’abri d’un monopole dangereux et coûteux exercé par les pays qui ont pris de l’avance dans ce domaine.
· Tous les impôts, droits, taxes seront supprimés. Sauf la TVA, l’Impôt sur le Revenu, l’Impôt sur les Sociétés et – provisoirement – la TIPP. Ces quatre postes composent environ 87 % du volet Recettes du Budget. Les autres recettes qui ne procurent qu’un peu plus de 10 % des recettes de l’Etat seront donc abolies, et le manque à gagner largement compensé par la simplification du Droit Fiscal, et les économies réalisées en ne levant plus ce fouillis inextricable de contributions. Dans le même esprit, toutes les « niches fiscales » seront supprimées. On se demande bien ce qu’auront encore à faire les fonctionnaires des Impôts ?
Une réforme de même nature sera engagée pour la fiscalité des Collectivités territoriales.
(Novembre 2006)
§
NOTE DE LECTURE
Dans son livre Une Brève Histoire de l’Avenir, Jacques Attali tente de brosser ce que pourrait être l’histoire des cinquante prochaines années du monde.
Pendant une première période, l’essor et le triomphe du capitalisme libéral réduirait les Etats à de simples façades, et ceux-ci finiraient par sombrer sous la pression des mafias de toutes sortes, conduisant à des désordres généralisés (et peut-être à la destruction de l’humanité par la prolifération incontrôlée des armes de destruction massive).
Après cette phase de grandes et menaçantes misères, les germes de la démocratie reprendraient de la vigueur et finiraient par imposer un gouvernement mondial où le profit ne serait plus une fin en soi, mais serait ramené au rang de condition nécessaire.
Le propos est séduisant et se lit comme un conte. Cependant, et bien que l’auteur souligne à la fois la fragilité de ses hypothèses et leur probabilité de réalisation, on ne peut s’empêcher de demeurer un tant soit peu sur sa faim. En particulier parce que beaucoup de raisonnements sont des prolongations linéaires de l’actuel. Alors que la fulgurante accélération des sciences fondamentales et des technologies semble interdire toute projection dans le futur, comme le prouve amplement la relecture de pronostics plus anciens.
Je dirais plus volontiers que parmi les histoires possibles de l’humanité, qui seront induites par des environnements scientifiques que nous ne pouvons strictement pas imaginer aujourd’hui et par des comportements individuels par définition aléatoires, celle décrite par Jacques Attali est une des voies, parmi le nombre infini de celles qui pourraient se réaliser, s’offrant à la planète. Avec autant de chances de se vérifier que l’on en a de gagner aux loteries les moins favorables aux joueurs.
Riga, le 18 septembre 2007
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UNE SEMAINE A RIGA
Même si Riga est un nom moins évocateur et porteur de rêves que Valparaiso, Calcutta ou Tombouctou, il émeut cependant. Il sent déjà le lointain et les mystères froids d’un autre monde : Riga …C’est peut-être pour cela que nous décidâmes, aventuriers de la demi-mesure, d’y aller séjourner une semaine à la fin de l’été.
Riga est la Capitale de ce pays, la Lettonie, dont le sentiment de l’identité nationale a survécu – ou émergé ? – au cours d’une histoire mouvementée et pendant laquelle le pays n’a en fait pas existé.
Les populations locales furent dès le XIIème siècle évangélisées manu militari par les Chevaliers Porte-glaive, cousins germains (sic) des Chevaliers Teutoniques, qui fondent la ville de Riga sur les bords de la Daugava. Elle rejoindra peu après la Ligue Hanséatique. La région est alors la proie des appétits des puissances environnantes qui la dominent successivement : Polonais, Suédois (qui voulurent un temps faire de la mer Baltique leur mare nostrum), puis par les Russes qui en font la conquête en 1710.
La Lettonie devient indépendante à l’issue de la Première Guerre Mondiale, mais elle est victime du Pacte Germano-Soviétique (Ribbentrop/Molotov) et retombe sous la domination russe. Occupée par l’Allemagne lors de l’attaque de l’Union Soviétique par les troupes du Troisième Reich , elle est libérée par les troupes russes en 1944, qui annexent le territoire et en font une des Républiques Soviétiques. Ils s’y livrent à leurs pratiques habituelles, et en particulier déportent un grand nombre de Lettons vers leurs territoires orientaux (peu en reviendront !), tout en y implantant plus de 800.000 Russes et Ukrainiens. Ce qui explique qu’à ce jour près de la moitié des habitants de Riga soient russophones. La Lettonie retrouve pour la deuxième fois son indépendance en 1991 à la faveur de l’écroulement de l’URSS. Elle a rejoint l’Union Européenne en 2004 en même temps que l’Estonie et la Lituanie.
Riga est ce jour d’hui une très grande ville, de plus de 700.000 habitants regroupant le tiers de la population lettone. La ville s’étend sur les deux bords de la large Daugava (plus de 500 mètres séparent ses deux rives), sur un terrain plat. La vielle ville est enserrée entre le fleuve et d’anciennes douves transformées en parc.
Elle comporte de nombreuses églises, luthériennes, catholiques et orthodoxes. Les plus remarquables sont la Cathédrale, Saint-Pierre et Saint-Jacques, grands édifices gothiques de briques qui dressent leurs hauts clochers au dessus de la ville, et lui donnent, de loin, la même silhouette que Hamburg. L’église orthodoxe, située au nord de la vielle ville au sein d’un parc urbain a été construite à la fin du XIXème siècle pour affirmer la présence impériale russe.
Il subsiste d’assez nombreux bâtiments de l’époque hanséatique. Plus nombreux encore sont les édifices Art Nouveau, souvent gothicisants qui ont au début du XXème siècle valu à Riga son surnom de Paris du Nord.
Sur la place de l’Hotel de Ville, Ratslaukums, une horrible construction moderne, érigée par les Russes en l’honneur de trois des assassins de la famille impériale – et dont le monument commémoratif trône encore aux abords – a été reconvertie en Musée de l’Occupation, c'est-à-dire des occupations nazies et soviétiques. Aussi émouvants que soient les documents présentés, ils ne nous apprennent rien que nous ne sachions déjà sur les objectifs et les méthodes des Etats totalitaires.
La circulation automobile au centre-ville est soumise à péage, ce qui laisse au piéton un semblant de tranquillité pour arpenter le dédale de places et petites rues tortueuses agrémentées de gros pavés rebondis qui ne demandent qu’à vous tordre les chevilles.
La ville est assez propre (une poubelle tous les vingt mètres), et en cours de restauration : il n’est pas facile de se relever de cinquante ans de communisme. Mais les arrière-cours ont gardé la saveur soviétique si caractéristique : mettez des bottes et un masque avant de vous y aventurer.
Dans cette ville en renaissance, ce qui frappe le voyageur, c’est l’excellent état d’entretien et de propreté des nombreux parcs, ornés de statues célébrant les gloires nationales, où s’affaire (lentement) tout un peuple de jardiniers – et de jardinières. Les Lettons ont une passion pour les fleurs (vieux relent de paganisme sous-jacent ?) que l’on vend à tous les coins de rues et qui semblent faire l’objet de présents constants.
Un grand marché, à l’Est de la vielle ville, curieusement abrité dans quatre anciens hangars de dirigeables, met à nu la grande indigence de la majorité de la population. Le PIB par habitant ne dépasse guère 5.000 € par an, pour un salaire moyen de 500 € par mois. En Lettonie, le taux de chômage est de 7% (un peu moins à Riga). Malgré le coût peu élevé du travail, les Lettons sont vulnérables face à la concurrence de l’Ouest (Allemagne en particulier), car la productivité de l’heure travaillée est faible : là encore, on ne perd pas en quelques années les bonnes vieilles habitudes de deux générations soviétisées.
Ce qui n’empêche pas ceux qui ont su tirer leur épingle du jeu d’afficher de reluisantes et puissantes voitures (allemandes) dont les systèmes d’alarme ne cessent, à tout bout de champ, de se déclencher.
Est-ce aussi à la lourdeur de cinquante ans de communisme, et à la pesanteur policière du régime, que les habitants de Riga doivent leur inaptitude au sourire (à de très rares exceptions près) – ou bien n’ont-ils pas encore assimilé les rudiments du commerce libre ? On voit peu d’enfants (et de chiens) dans les rues, et la ville, lentement, se dépeuple.
Enfin, il est à regretter que les quais de la Daugava aient été transformés en quasi voies rapides, ce qui coupe la ville de son fleuve et la prive ainsi des charmes d’une cité maritime.
Pour terminer sur une note plus positive, il serait injuste de ne pas souligner la frappante beauté d’un grand nombre de jeunes Lettonnes : minces, élégantes, hautes en jambes, perchées sur d’interminables talons, elles arpentent (en tout bien tout honneur) les difficiles trottoirs de la ville, et semblent se jouer des perpétuelles embûches qu’ils offrent aux passants.
Pour séjourner, notre recommandation est l’Hotel Gutenbergs, très soigné, d’un prix raisonnable (environ 100 €), idéalement situé à deux pas de la Cathédrale, et doté d’un restaurant d’un très bon rapport qualité/prix. Pour dîner plus letton, le Salve, sur la place de l’Hotel de Ville.
Un mot, enfin, sur un des cinq Rotary-Clubs de Riga : le Club Riga Hansa, auquel j’ai rendu visite le 17 septembre. Il est présidé par une femme, ce qui n’a rien pour étonner dans un pays où la Présidence de la République a déjà été confiée à un Letton de ce sexe, et où le Club compte 30% de femmes. L’atmosphère y est sérieuse, mais sympathique, (pas latine pour in sou, et pour cause !), et l’accueil réservé aux visiteurs, attentif et amical. On m’y a flanqué d’un vieux professeur de mathématiques de l’Université de Riga, qui, dans un broken english, m’a tenu au courant du déroulement de la séance qui se tenait, bien évidemment, en letton !
Berlin, septembre 2007
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Octobre
Die Fledermaus
Que ceux qui ne se délectent que des ouvrages qui ont un message essentiel à délivrer, ou de ceux de la plus agressive modernité, que ceux-là n’aillent surtout pas assister au spectacle de la Fledermaus (1), donné cette saison au Komische Oper à Berlin. Que n’y aillent point non plus ceux que ni Georges Feydeau, ni Eugène Labiche, ni Jacob Offenbach ne parviennent à dérider : nous les abandonnons à Margueritte Duras.
De l’argument de la pièce, je ne vous dirai pas grand’chose, sinon qu’on y trouve le placard (de l’amant), la soubrette (impertinente), les faux-noms et déguisements, bref, tout l’arsenal du vaudeville classique. L’opus passe pour être le chef-d’œuvre de Johann Strauss fils (1825-1899), qui pourtant a à son actif Der Zigeuner Baron, Karneval in Rom, Eine Nacht in Venedig, …, tous parmi les sommets de l’opérette viennoise.
La critique me semble avoir été exagérément sévère lors de la Première (23 septembre 2007) de cette nouvelle présentation. En effet, la mise en scène (Andreas Homoki) n’est ni fossilisante, ni provocativement moderne.Le proscenium, assez fortement incliné vers la salle (ce qui facilite une excellente vue de l’action) donne bien quelques difficultés de déplacement aux acteurs, mais comme ils sont, pour la plupart, pris de boisson pendant la plus grande partie de l’action, cela ne fait qu’ajouter à la titubante hésitation de leurs mouvement.
Les chanteurs sont excellents, et la direction musicale (Markus Poschner) tout à fait remarquable. Si l’on tient absolument à formuler quelques remarques (sans la liberté de blâmer, etc…) elles ne concerneraient guère que la longueur de certaines scènes parlées, et, dans quelques occasions, l’over acting du personnage principal, Gabriel von Eisenstein, interprété par Klaus Kuttler.
Contrairement à ce que l’on aurait pu attendre, le public n’était pas composé uniquement de vieillards surannés : de nombreux jeunes assistaient à la représentation et y prenaient un plaisir sans mélange.
(1)Opérette en trois Actes, sur un libretto de Karl Haffner & Richard Genée, crée à Vienne en 1874. De nombreux airs en sont devenus fort populaires, et font partie du patrimoine musical des peuples de langue allemande.
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BIO-BLUES ?
Qui se souvient encore d’un mien papier, intitulé en paraphrase cicéronienne : Quousque tandem, Bitumen, abutere patientia nostra ? Gérard T., demeurant à V. ne l’a point perdu de vue, et il est resté dans sa ligne de mire. Ce texte, et certains autres, avait déjà donné lieu, entre nous, à quelques escarmouches. J’y défendais l’idée selon laquelle, au lieu de subventionner lourdement notre agriculture, on pourrait affecter des terres en friche, ou celles produisant des commodités peu rentables ou carrément déficitaires, à des cultures de produits énergifères (1).
Or, voici que mon excellent ami Gérard T., me relance sur ce sujet en m’envoyant les lignes suivantes :
BIO BLUES
Il y a 2 ans - et François Aureau n’oublie sûrement pas l’alerte que j’avais lancée à la suite d’un article pseudo-scientifique paru dans « Le Rotarien »sur l’éthanol – les biocarburants étaient portés aux nues ! Certains pensaient même qu’ils allaient sauver la planète, ou au moins lui apporter un ballon d’oxygène.
Et en plus, magnifiés par le préfixe Bio, encensés par les Bobos, ces carburants, produits grâce à des végétaux ayant capturé du CO2 pour assurer leur croissance, ne pouvaient pas être mauvais ! Aujourd’hui c’est le flop !
Selon la plupart des experts, la culture à grande échelle du maïs, de la canne à sucre, du colza, de la betterave, du soja, voire du blé, à usage de carburants, induit de nombreux effets pervers :
-consommation de beaucoup d’énergie fossile (plus qu’ils n’en produisent !!!!)
-consommation importante d’eau, denrée rare, et d’engrais.
-tension forte sur les cours des matières premières,en particulier le blé,à tel point qu’on pourrait voir à court terme dans le monde une augmentation des personnes sous-alimentées.
-encouragement à la déforestation (Brésil)
-rejets polluants aggravés pour les moteurs utilisant ces carburants.
En fait, nos gouvernants (français mais aussi européens) fonctionnent trop sur des modes (voir aussi le changement climatique) et la pression de lobbys. Pour les biocarburants, les milieux agricoles français et allemands y ont vu un effet d’aubaine et les constructeurs auto (américains mais aussi allemands) le moyen de repousser des changements de technologie coûteux. Grâce à eux les gros moteurs peuvent continuer à cracher du CO2, surtout si l’Europe, fortement influencée par les allemands, adopte une limitation du CO2 variable selon le poids des véhicules.
Pour l’énergie, c’est pareil. Actuellement, l’Allemagne est le plus gros pollueur CO2, loin devant le Royaume Uni, parce qu’elle utilise essentiellement des centrales électriques au lignite et au gaz ; et elle va le rester longtemps encore puisque l’accord entre les Verts et les Socio –démo l’empêche de recourir au nucléaire.Alors, sous la pression conjuguée des lobbys, des allemands et des anglais, l’Europe préconise une baisse des émissions en pourcentage de l’existant. Ceci permet de considérer ces derniers comme exemplaires pour l’utilisation d’énergies propres, coûteuses et fortement subventionnées.
Ah ! Qu’il est donc difficile de décrypter l’information dont on est abreuvé.
Gérard T.
Sept 2007
Je constate, dès l’abord, que les experts sont, comme toujours … partagés, ce qui ne peut que relativiser leurs prises de position. Pour moi, de reste, je n’affirme rien ; je demande seulement que l’on étudie avec le plus grand sérieux les solutions aux questions que pose la disparition, à terme, des énergies fossiles (2), et suggère quelques pistes pour éluder les conséquences néfastes de l’utilisation des biocarburants, pour autant que celles-ci soient avérées.
L’argument selon lequel ces cultures consomment plus d’énergie qu’elles n’en produisent, ainsi que de l’eau et des engrais, me conforte dans l’idée qu’il faut pousser vigoureusement les études – et le développement – des OGM, en recherchant des variétés peu consommatrices de ressources nécessaires, et/ou accepter des rendements moins élevés, ce qui devient sans doute possible avec un baril de brut qui va durablement s’installer au dessus de 100 $. Une défiscalisation totale ou partielle de ces carburants, gagée sur des économies drastiques des dépenses publiques, est également envisageable, afin de rendre la filière commercialement compétitive.
Si l’on objecte le renchérissement des produits agricoles, j’observerai que c’est chose excellente : cela devrait permettre de supprimer les subventions agricoles, les agriculteurs vivant enfin du seul produit de leur travail, et de procurer des ressources supplémentaires aux cultivateurs des pays en développement. Certes, le consommateur européen payera plus cher sa nourriture, mais c’est un mal supportable dans la mesure où l’élévation générale du niveau de vie fait que nous consacrons une part sans cesse décroissante de nos revenus à subvenir à nos besoins alimentaires.
Enfin, et comme ultime boutade, je demanderai que nos îles, puisqu’on se refuse à leur imposer leur indépendance, soient entièrement reconverties à la culture de la canne à sucre, (comme on la pratique au Brésil où elle est une source importante de carburants), ce qui nous éviterait de supporter une production de bananes qui ne se placent sur les marchés qu’à l’aide de lourds soutiens financiers.
(1) Les carburants d’origine agricole sont : le bio-diésel (colza, tournesol), le bio-éthanol (betteraves, blé) et la biomasse qui a un effet CO2 nul, pour autant que l’énergie dépensée soit également « bio ».
(2) Il semblerait que le Gouvernement ait l’intention de mettre prochainement en place une Commission, totalement indépendante, pour évaluer les aspects positifs et négatifs des « biocarburants ».
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Vive le progrès !
Au mépris de mes habitudes, et foulant aux pieds certains de mes principes, j’ai une fois encore succombé aux sirènes de la modernité, et me voici équipé d’un « navigateur GPS ».
Quel merveilleux instrument ! Surprenant ! Magique ! Diabolicum etiam ! Du moins dès que vous êtes arrivé à maîtriser complètement la bête, et à vous représenter la façon dont elle raisonne.
Je me trouvais, il y a peu, au fin fond de la Lusace allemande, aux frontières de la Pologne, et voulant aller d’un point A à un point B, je m’avisai de demander à la machine de m’y conduire par le chemin le plus court. L’appareil n’ignorait pas le plus petit chemin de terre de ces contrées reculées, et me fit parcourir plus de cinquante kilomètres par des voies qui n’avaient de carrossable que le nom.
J’ai aussi entendu parler d’un couple berlinois qui, voulant se rendre sur les bords enchanteurs du Lac de Garde, et fermement décidés à suivre aveuglément les indications débitées par la voix suave – mais persuasive – de Lisa, même lors qu’elles heurtaient le bon sens ou les sensations les plus évidentes de l’orientation élémentaire, se sont retrouvés à Liubiana (Slovénie) et ont terminé leur périple (rallongé de plus de 500 kilomètres) en se fiant à une bonne vieille carte routière.
Tant que vous n’en avez pas maîtrisé les arcanes, ce qui n’est pas toujours évident – ni sans danger – en roulant (car au repos, comme de juste, rien ne se passe), ou bien vous avez l’image et pas le son, ou bien l’inverse. Parfois, aussi, l’image et le son se contredisent.
Mais imaginons une seconde que vous ayez, in fine, dompté le fauve, la plus grande difficulté demeure : vous avez à vos côtés une femme qui depuis des décennies s’évertue – souvent avec succès – à déchiffrer les cartes, qui sait les orienter en fonction de la direction suivie (pour ne pas vous dire à droite quand c’est à gauche, et vice-versa) ; quand cette épouse appliquée et dévouée entre en désaccord avec la voix artificielle qui vous guide : Chéri, elle dit à droite, tu ne crois pas que c’est plutôt tout droit ? Là, ça devient vraiment cornélien. Car, victime d’une longue routine, elle continue à suivre sur la carte ; elle vérifie. Elle se sent évincée, qui sait : inutile ? Et un soupçon de jalousie perce peut-être dans ses remarques, quand elle entend cette voix céleste qui ne semble s’adresser qu’à son conducteur de mari : tous comptes faits, je crois qu’il vaut mieux installer une voix masculine.
Mais peu à peu, les habitudes se prennent et se déprennent. La compagne secourable peut enfin regarder le paysage, on se perd moins dans les embûches citadines, et l’on finit par joindre la foule et s’écrier avec elle : Vive la progrès !
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Guy Môquet
Le mythe, c’est du faux qui devient vrai.
Jean Cocteau
Je ne me mêlerai point de la polémique qui enflamma le corps enseignant dès que M. Sarkozy se fut avisé de lui demander de lire dans les classes la lettre de Guy Môquet. Les raisonnements de cette caste sont si alambiqués, si torturés qu’il n’y a pas grand’chose à en retirer.
Je voudrais par contre joindre ma voix à celles, de plus en plus nombreuses et audibles, qui contestent la valeur même du symbole.
Reprenons les faits, car l’émotion que peut susciter la lettre d’adieux d’un jeune garçon qui va mourir face au peloton d’exécution est une chose, l’Histoire en est une autre.
Guy Môquet (1924-1942) est élevé au sein d’une famille activement communiste, qui à l’époque du Pacte germano-soviétique milite, en paroles et en actes contre la guerre avec l’Allemagne, et contre la poursuite des hostilités par l’Angleterre et la résistance en France ou depuis l’étranger. C’est à ce titre que son père, député communiste, est arrêté ; c’est à ce titre aussi qu’il est arrêté, le 15 octobre 1940, puis interné, pour distribution de tracs anti-capitalistes et anti-militaristes.
Dès la rupture du pacte germano-soviétique, et l’invasion de l’URSS par les troupes allemandes le 22 juin 1941, le pari communiste français vire de bord, et entre dans la résistance, non plus en faveur de l’Allemagne, mais contre celle-ci. C’est donc un militant communiste qui, le 20 octobre 1941, abat le Feldkommandant Fritz Holtz. Les allemands exigent alors des autorités françaises la livraison de 50 otages qui devront être exécutés en réparation de l’attentat.
Le Secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Pierre Pucheu, choisit alors 61 noms parmi les détenus dont il dispose, et d’où le Commandement allemand sélectionne 50 victimes dont 27 proviennent du camp de Châteaubriant où se trouvait Guy Môquet qui fait partie de ces vingt sept-là. Il sera fusillé le 22 octobre 1941, mais, bien évidemment, pas pour fait de résistance au sens où nous l’entendons aujourd’hui.
Cependant, le parti communiste français, qui avait un grand besoin de redorer son blason après ses prises de position catastrophiques pro-allemandes du début de la guerre, a réussi ce miracle de transformer Guy Môquet en une icône de la résistance, et de façon si parfaite que cet énorme mensonge passe à ce jour pour vérité historique et révérée de tous.
Il n’en demeure pas moins que le sort de cet adolescent ne peut que mouvoir pitié ; il a été la victime, et de la guerre, et d’une propagande à laquelle il prenait part sans, certainement, en mesurer les dramatiques conséquences : car enfin, l’idéologie pour laquelle sa vie a été prise était destinée à faire un nombre bien plus élevé de morts que les impardonnables atrocités du régime national-socialiste.
On comprend les mobiles qui ont poussé le parti communiste à faire de guy Môquet un martyr et un mythe. Ce que l’on comprend moins bien, c’est le choix qu’en a fait Nicolas Sarkozy, au détriment de nombre d’authentiques résistants, consolidant ainsi un mensonge historique, et nuisant finalement à celui qu’il voulait honorer : l’encens noircit l’idole en fumant pour sa gloire.
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Novembre
Le socialisme, c’est faire payer par tous ce dont ils n’ont pas besoin, et offrir gratuitement à chacun ce qu’il utilise.
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Attention ! Chaussée glissante ! Nicolas Sarkozy a promis les réformes, mais nous avons toutes raisons de craindre que c’est plus l’apparence que le fond qui sera réformé : le « service minimum » dans les transports publics sera négocié localement avec les syndicats ; il n’en sortira aucun ensemble cohérent permettant aux clients de tabler sur une prestation utilisable et fiable ; la réforme de l’Université, même avant les mouvements de contestation, n’est plus que l’ombre de ce que l’on aurait pu en attendre ; quant aux fameux « régimes spéciaux » (SNCF, RATP, EDF, GDF) les 40 annuités de cotisations seront acquises, mais à la fin des négociations en cours, les compensations accordées coûteront encore plus cher à la collectivité que le maintien du système actuel. Sans compter, et je suis prêt à prendre les paris, que quand en 2008 lors du « rendez-vous des retraites », on allongera la durée de cotisation du Régime Général à 41 ou 42 ans, on n’osera pas en exiger autant des bénéficiaires des régimes spéciaux, qui resteront donc à 40 ans, et toujours aussi … spéciaux ! Nicolas … Potemkine (1) ?
(1) Au printemps 1783, Catherine la Grande fait un voyage en Ukraine et en Crimée. Son principal ministre et ancien amant, Gregori Alexandrovitch Potemkine (1739-1791), Prince de Tauride, afin de lui faire admirer la richesse de ces contrées, déplace le long du parcours de l’Impératrice des villages en trompe-l’œil, qui sont démontés sitôt le cortège impérial passé, et reconstruits un peu en avant du défilé officiel. Cela au prix d’un tracé zigzaguant de l’Impératrice, afin de laisser le temps aux démontages, transferts et reconstruction des « Villages à la Potemkine ».
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Les émoluments du Président de la République viennent d’être multipliés par trois, pour atteindre quelques 18.000 euros par mois. Cela n’a rien d’exorbitant ; c’est même peu si l’on songe aux responsabilités exercées. Ce qui est infiniment regrettable, c’est que l’on n’en ait point profité pour éclaircir et définir ce qui doit être payé sur les deniers personnels et ce qui relève de la fonction et doit être pris en charge par le budget de la Présidence (1). Il est loin le temps où le Général payait la facture d’électricité de ses appartements élyséens, et où Tante Yvonne payait elle-même ses tickets de métro !
(1) Par exemple : lors de son récent voyage en Chine, le Président Sarkozy a emmené dans sa suite sa mère et son fils. On ose espérer que les dépenses d’avions, d’hôtel et de séjour de ces deux personnes ne sont pas aux frais du Contribuable, mais qu’ils ont été soldés par la casette personnelle.
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Les grèves d’Air France vous sont insupportables ? Pourquoi vous acharnez-vous à voyager avec cette Compagnie ? Bien que le marché ne soit pas, en fait, encore complètement libéré, il est pourtant possible, même au départ de Paris, d’aller pratiquement n’importe où en évitant cette Société. Seule une baisse drastique de son chiffre d’affaires pourra faire entendre raison aux personnels.
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La nième révision de la Constitution devrait disposer que c’est le Président de la République qui « définit la politique de la Nation ». Pourquoi pas ? Mais que se passera-t-il en cas de cohabitation ? Le Premier Ministre, qui représentera la majorité parlementaire, sera-t-il contraint d’appliquer la politique de la minorité, incarnée par le Président ?
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Les pêcheurs sont en colère. L’augmentation du prix du gas-oil ne leur permet plus d’équilibrer leurs comptes. Aussitôt, l’Etat interventionniste intervient. Il va compenser (par un mécanisme complexe, coûteux en soi, et sans doute illégal) la surcharge du carburant des pêcheurs (qui est déjà détaxé ! pourquoi ?). Comme toujours en France, quand il y a une plaie quelque part, on remet un emplâtre sur le pansement précédent ; au lieu de régler le problème. Une fois pour toutes. Si le carburant est cher, les pêcheurs doivent en répercuter le prix dans leur prix de vente. C’est simple, limpide et …logique ! Il n’y a pas besoin d’inventer des « systèmes » abracadabrantesques. Le système qui fonctionne le mieux et tout seul, c’est : le marché. En subventionnant la pêche, on fait payer le poisson même par ceux qui n’en consomment pas, et ceux qui en mangent n’en payent pas le prix réel.
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Rêvons-nous où est-ce un cauchemar ? Les parents d’un des deux adolescents qui ont péri dans un accident de la circulation à Villiers-le-Bel en refusant la priorité à un véhicule de Police, qui roulaient sur une moto non homologuée pour la voie publique, qui ne portaient pas le casque, sont reçus … où ? A l’Elysée ! Par qui ? Par le Chef de l’Etat. Combien de contraventions un citoyen normal devrait-il accumuler pour se voir offrir une audience par le Président ? Sous prétexte de calmer cette racaille à laquelle on avait promis le karcher, à quelles honteuses mascarades ne sommes-nous pas contraints !?
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La France renâcle à la réforme ; rien de bien étonnant, alors que l’Assemblée Nationale est colonisée par des fonctionnaires qui sont les premiers à profiter de l’immobilisme et qui seront les derniers à vouloir scier la branche sur laquelle ils ont fait leur nid ; alors que les syndicats de la Fonction publique d’autant plus subventionnés qu’ils sont moins représentatifs maintiennent aux frais du Contribuable un système qui garantit leur pouvoir de nuisance. La société Civile, par contre, se réforme seule, par des mouvements insensibles et perpétuels, en fonction de la réalité et des contraintes de l’environnement. Il n’y a que l’Etat, et tout ce qui y touche de près ou de loin, qui reste figé dans une raideur suicidaire, pour lui-même et pour la Nation dont il est censé conduire le destin.
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Il suffisait d’y penser !
La vitesse est à juste titre unanimement considérée comme un facteur aggravant de la dangerosité routière. Il suffit d’interdire strictement, sur toutes les voies publiques, une vitesse supérieure à …zéro kilomètre-heure. Le nombre des victimes de la route baissera sensiblement, et nous consommerons moins d’énergies fossiles au grand profit de notre balance commerciale et de la qualité de l’environnement.
Les églises sont vides : transformons-les en mosquées ; fréquentation garantie.
Pour éradiquer la criminalité des mineurs, une seule solution : abaisser l’âge de la majorité à deux ans et demi.
Le financement des retraites devient problématique : l’Etat devrait vigoureusement encourager la consommation de tabac.
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Les Notes de Voyage (Une semaine à Riga, Brevia Septembre 2007), dont j’avais adressé une copie au Maire de Riga, m’ont valu la réponse suivante que je tiens à publier ici, ne serait-ce que pour remercier cet élu courtois et consciencieux d’avoir pris la peine de me répondre :
RIGAS DOME
(Mairie de Riga)
Cher Monsieur François Aureau !
Je voudrais commencer par ma reconnaissance pour les bons mots adressés à notre ville après votre visite. Les appréciations et les propositions sont toujours agréables à écouter si elles sont faites par les visiteurs bien instruits et informés. Je dois dire que justement cette catégorie de visiteurs de la ville actuellement est plus attendue, appréciée et l’augmentation de leur nombre est la priorité dans les tendances du développement de tourisme de Riga.
Comme vous avez bien remarqué, Riga actuellement est une ville dynamique et palpitante, ce qui est apprécié par les visiteurs de la ville dont le nombre augmente chaque année. Si nous faisons la comparaison avec l’an 2000, le nombre de touristes qui ont passé au moins une nuit à Riga, a augmenté de presque 80 %.
Le développement de la ville a pris une vitesse inespérée et bien sûr tout ne se passe pas correctement et les erreurs sont inévitables dans ce processus. Ainsi une valeur spéciale ont les conseils d’amis et votre lettre en est preuve.
Bien que vous êtes informé sur la capitale de la Lettonie au niveau surprenant, quelques aspects d’histoire vous n’ayez pas compris (par exemple, le rôle des tirailleurs lettons). Aussi les présuppositions sur la dépeuplassion de la ville ne sont pas fondées.
En même temps c’est très agréable que vous avez remarqué la propreté de notre ville et ses parcs bien entretenus. La question sur le pavé irrégulier de la vieille ville est discutable, car il garde l’ambiance authentique moyenâgeuse et est la fierté de la Vielle Riga. Pourtant votre regret à propos des quais de Daugava inaccessibles est bien fondé. Dans les projets de développement de la ville nous prêtons l’attention à ce défaut pour l’éliminer. Nous espérons qu’au futur les quais de Daugava tout à la longueur du centre de la ville seront accessibles pour les habitants et les hôtes de la ville.
Nous vous remercions encore une fois de vos réflexions après la visite de la ville, car les portes de Riga toujours seront ouvertes aux visiteurs sages et instruits. Nous espérons de vous revoir !
Le Maire de Riga
J. Birks
§
Décembre
Circences
Dans la Rome antique, et dans les principales cités, afin de distraire – au sens pascalien du terme – la populace, on recrutait aux confins de l’Empire des esclaves ou des mercenaires basanés qui se livraient à des jeux brutaux devant une foule de spectateurs déchaînés. Ils vivaient, tant qu’ils étaient utilisables, dans une luxueuse aisance, adulés par la population qui les élevait au rang des demi-dieux et en faisait le symbole de ses phantasmes inassouvis. Il en allait de même à Constantinople, où la rivalité des factions, qui soutenaient les équipes de chars, déclenchaient de furieuses et meurtrières émeutes.
Ça ne vous rappelle pas certains traits contemporains ? Sommes-nous bien éloignés de ces mœurs dégradées et abrutissantes ?
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Grenelles
Nous venons d’assister à un Grenelle de l’Environnement, et d’aucuns réclament un Grenelle du pouvoir d’achat, un Grenelle du logement, j’en passe, et des pires. Indépendamment du contenu de ces grand’messes, ce qui me choque, c’est l’appellation. Car enfin, le Grenelle d’origine, celui de 1968, n’était-ce pas le triomphe de l’émeute sur la légalité, la victoire de l’anarchie sur l’ordre, et le point d’orgue d’une évolution de la société qui nous a laissé en héritage le mépris de l’autorité, la déliquescence des familles et le rejet du travail ?
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Vive le calcul !
Tous les six mois, l’économiste du coin de la rue, et certains politiciens irresponsables – souvent socialistes ou carrément gauchistes – imaginent de ponctionner les bénéfices de l’entreprise pétrolière Total, pour endiguer la hausse du prix des carburants. On en attend des miracles.
Or un calcul simple montre l’inanité de telles spéculations. En effet, si l’on affecte la totalité du résultat de Total à la branche carburants (ce qui est exagéré, car d’autres activités de l’entreprise contribuent aussi au résultat), et que l’on répartit cette somme au volume traité, (soit 11 milliards d’euros pour 220.550 millions de litres), on n’obtient rien de plus que 0,05 € par litre, ce qui ne pourrait que très modiquement satisfaire les attentes des consommateurs. Avec de lourdes conséquences néfastes : diminution de l’impôt sur les Sociétés, arrêt des investissements, baisse des cours de l’action rendant la société Total une proie fragile pour d’éventuels acquéreurs. Sans parler du risque de délocalisation du Siège Social ?
Est-ce vraiment ce que souhaitent ceux qui prônent une ponction exceptionnelle sur les bénéfices de cette Entreprise ?
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De mauvaises « bonnes idées » ?
Le Grenelle de l’Environnement a accouché, pour l’instant, de deux petits monstres.
Le premier consiste à subventionner les travaux d’isolation phonique des riverains des aéroports. Il s’agit-là d’une mesure immorale : ceux qui ont acheté ou bâti des résidences à proximité de ces aéroports connaissaient la situation et les nuisances auxquelles ils s’exposaient. Il n’y a aucune raison valable pour que la collectivité finance la restauration de leur bien-être auditif. Seuls pourraient prétendre à une indemnisation, non par le contribuable, mais par ceux qui causent le préjudice, ceux qui avaient un immeuble avant la construction de l’aéroport.
La deuxième est l’éco-pastille, système de bonus/malus infligé aux acquéreurs de véhicules neufs à compter du 1er janvier 2008. Admissible dans son principe, ce dispositif est absurde dans sa mise en œuvre. Les familles nombreuses, que l’on s’efforce par ailleurs d’encourager, feront valoir qu’elles n’ont pas d’autre solution que d’avoir de grosses voitures, donc des voitures polluantes. Ceux qui roulent peu avec une voiture polluante remarqueront qu’ils polluent moins qu’une voiture propre qui fait un grand nombre de kilomètres chaque année. Les montagnards souligneront le fait qu’un 4 x 4 sur le réseau enneigé du relief génèrent moins d’accidents de la route que d’autres véhicules. Bref, les additifs qu’il faudra apporter au système initialement prévu en feront une véritable … usine à gaz. Et quand on veut lutter contre la pollution, est-il bien raisonnable d’ajouter à notre collection déjà abondante … d’usines à gaz ?
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Ingrid
Voilà un sujet que j’hésitais à aborder, car je pense – une fois de plus – que je vais exprimer une opinion bien à rebrousse-poil et qui risque d’en choquer plus d’un et d’une. Mais de fidèles lecteurs, François et Hélène P., m’ayant sollicité, je n’ai plus d’excuse pour m’abstenir.
Il serait maintenant question d’échanger Mme Betancourt et une cinquantaine de prisonniers des Farc (1) contre 500 guérilleros (2) détenus par l’Etat colombien. Se pose-t-on la question de savoir quels nouveaux méfaits vont engendrer les 500 criminels ainsi rendus aux forces terroristes qui emploient leurs détestables talents ? Ne vont-ils pas contribuer à recapturer plus d’otages que n’en seront libérés pour payer leur retour dans les Forces Armées Révolutionnaires ? Et si tel est le cas, où sera objectivement le gain ?
D’autre part, les témoignages indiquent que le jour où Mme Betancourt a été capturée par les Farc, on lui avait indiqué les risques qu’elle courait (3) ; elle n’a pas mis en œuvre le fameux principe de précaution dont on nous rebat à tous propos les oreilles.
Tout ceci ne retire rien aux épreuves que cette femme a dû subir, ni à la joie qu’éprouveront les siens à la récupérer, mais une fois de plus la question est pose de savoir jusqu’où la collectivité doit être mise à contribution pour sortir de situations périlleuses ceux – et celles – qui s’y sont précipités en toute connaissance de cause.
(1) Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes.
(2) Quel joli nom que celui de guérillero, tout empanaché du charme désuet et romantique des époques surannées. Alors qu’il conviendrait de parler de bandits de droit commun, de preneurs d’otages, et de terroristes !
(3) Le 23 février 2002 Ingrid prend la route de Florencia malgré les avertissements du gouvernement lui signalant la présence de guérilleros procédant à des barrages en certains endroits de la route. Alors qu'une dernière barrière militaire empêche le convoi de continuer et que les militaires annoncent la présence des guérilleros quelques kilomètres plus loin, Ingrid donne l’ordre à son conducteur de poursuivre sa route. Avant de repartir, les militaires lui demandent de signer un document dans lequel elle se rend responsable de cette décision prise à l’encontre des avertissements qui lui avaient été adressés.
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C’est pas moi, c’est les autres !
Madame Royal tente son come-back. Elle nous explique que si elle a échoué, c’est la faute à son ex-compagnon, à François Bayrou, aux éléphants, aux médias. N’y serait-elle pas elle-même pour quelque chose ?
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Realpolitik
Bien des personnes s’indignent de l’accueil réservé par la France au dictateur libyen. D’autres mettent en avant les avantages qu’en retireront les entreprises françaises qui finaliseront, peut-être, les contrats annoncés lors de cette rocambolesque visite.
Il est certain que si nous n’entretenions des relations diplomatiques qu’avec les Etats parfaitement démocratiques et ne commercions qu’avec les Etats irréprochablement respectueux des droits de l’homme et du citoyen, le cercle de nos amis se réduirait dangereusement.
La seule question à se poser est de savoir s’il est bien nécessaire d’en faire autant. De même qu’il n’était peut-être pas nécessaire de féliciter M. Poutine sur le résultat de ses élections notoirement truquées et frauduleuses.
Comment fait donc l’Allemagne pour préserver, mieux que nous, ses intérêts économiques sans avoir à se livrer à ces dégoûtantes bassesses ?
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