Brevia 2009
(Numéro 50, Juin)
Il faut dire les choses comme elles sont
Un de mes lecteurs les plus assidus et les plus attentifs, et par voie de conséquence le plus critique, me reproche assez souvent mon attitude intransigeante envers la France. Je pourrais me tirer de cette situation en citant la maxime latine : Qui bene amat, bene castigat. Mais sur ce sujet, j’ai une autre ligne de défense.
J’aime mon pays plus qu’on ne le croit, peut-être. C’est la raison pour laquelle je le voudrais toujours plus performant et en tête du peloton. C’est aussi la raison pour laquelle j’enrage quand je le vois se satisfaire d’être « dans la moyenne ». Et c’est aussi pourquoi je le fustige chaque fois que je le vois prendre une fausse route. Je ne me contente point de ses réussites, je m’égosille à l’encourager à combler ses déficiences. Je n’accepte pas qu’un système d’éducation qui est l’un des plus généreux « per capita » donne des résultats si minces. Je n’accepte pas que depuis quarante ans nous n’arrivions pas à équilibrer notre budget, et que nous roulions devant nous une masse de dettes que nous mettons au débit de nos enfants, petits-enfants, arrières-petits enfants. Je m’insurge que cette réforme de l’Etat, que l’on nous promet depuis belle lurette soit encore à commencer à entreprendre. D’accord, sans doute avec quelques réserves, pour ce qui est de la « qualité de la vie » en France, car sans cela pourquoi tant d’étrangers viendraient-ils nous rendre visite ? Mais je ne me satisfais pas de voir la France devenir une sorte de « Disney Land » de la gastronomie et des églises romanes. Je la veux efficace, sûre d’Elle, parlant avec parcimonie, mais avec force parce qu’elle-même serait forte et de ce fait respectée. Je souffre de l’image qu’elle donne d’elle-même hors de ses frontières. Et voici pourquoi je ne cesserai de lui mettre sous le nez ses insuffisances et de vilipender ceux auxquels il manque le courage ou la force pour la remettre sur le droit chemin avant que toute chance de redressement ne se soit évanouie.
Et qu’on ne me dise point qu’on ne trouve sous ma plume que dénigrement et stérile critique. Je ne cesse d’indiquer les voies du redressement et du salut, et je puis ici en donner encore un bref aperçu :
Pour sortir de l’enlisement, il faut un Etat fort, et qui limite son action à la sphère régalienne. Tout ce qu’on nous a servi jusqu’à présent n’est PAS le libéralisme ; c’est au mieux une parodie de colbertisme. Un Etat fort, c’est un Etat riche, géré à l’équilibre, et sans dettes (ce qui lui donne, en cas de crise, les moyens de secours nécessaires, ce qu’il n’a pas à ce jour à cause de son endettement).
Pour rétablir les finances de l’Etat, il faut diminuer DRASTIQUEMENT ses dépenses. On doit pouvoir réduire celles-ci de 30% :
· En supprimant les Départements, le Sénat, en ramenant à 5 ou 6 le nombre de Régions ; en diminuant par 3 le nombre de Communes, par regroupements obligatoires.
· En donnant (de force si nécessaire) leur indépendance à TOUS les territoires non-métropolitains, Corse comprise.
· En supprimant toutes les Agences, Hautes-Autorités, Comités théodules et autres « observatoires » inutiles.
· En créant une Allocation Unique de Survie (AUS), fonction du nombre de personnes au foyer, et en supprimant toutes les allocations, exemptions, dégrèvements dont l’inextricable complexité entraîne incompréhension, abus et coûts.
· En interdisant toutes les subventions publiques aux Associations et aux Syndicats…
· En soumettant tous les revenus (y compris l’AUS) à l’impôt sur le revenu, quitte à ce qu’il soit extrêmement faible pour les revenus (y compris l’AUS) les plus faibles.
· En privatisant toutes les participations de l’Etat (majoritaires ou minoritaires) : SNCF, Télévision, etc. … etc. …
· En refondant le Droit du Travail, en particulier en supprimant les freins aux licenciements, ce qui libérera les embauches
Quand ce programme (non limitatif) d’économies sera mis en place, on remboursera progressivement de la dette, sur une dizaine d’années, et alors seulement on procédera à une baisse substantielle des impôts. La part des prélèvements obligatoires pourrait alors retomber à (environ) 30% du PIB.
Avec un Etat sain, limité dans ses fonctions, des prélèvements réduits, le monde de l’Economie fera le reste et assurera la prospérité de tous et de chacun, selon se mérites.
Brevissima
Rien n’est plus contagieux que le mauvais exemple.
Il est bien apparent que nous ne sommes pas faits pour marcher nu-pieds. Si Dieu avait voulu que nous marchassions nu-pieds, Il nous aurait mis des sabots au bout des jambes, et non point des orteils.
Il n’y a pas de vérité dans les Izvestia, et pas de nouvelles dans la Pravda.
Proverbe russe
(En russe Izvestia signifie Nouvelles et Pravda : vérité).
C’est à cause du vide qu’ils ont à l’intérieur que les gens s’encombrent de bruits et d’objets inutiles à l’extérieur.
Le Gouvernement propose, la rue dispose.
Le petit Nicolas nous concocte un Grand Paris. Je préfèrerais qu’un grand Nicolas nous concoctât un petit Paris.
On oppose souvent la « logique comptable » et la « logique sociale ». On oublie par là que pour qu’il puisse y avoir un peu de logique sociale, il faut, auparavant, qu’il y ait eu beaucoup de saine logique comptable.
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Voici bientôt un mois que Radio-France International n’émet plus. Le mouvement de grève est INACCEPTABLE. Il est un déni à la vocation de la chaîne, qui est d'assurer la présence de la France dans le monde; mais, comme le disent mes amis, il a l'avantage que l'on apprend à se passer de l’émetteur. L’audience était déjà faible, elle va encore baisser. Peut-être alors sera-t-il temps de supprimer définitivement RFI. On écoutera la BBC.
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Pour ceux qui en redemanderaient et qui par mégarde auraient liquidé les livraisons précédentes, ils peuvent en retrouver l’intégralité en visitant mon Web Log à l’adresse suivante :
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