24 juillet 2009

Brevia No 51, juillet 2009

Brevia 2009
(Numéro 51, Juillet)




Voyage à Leipzig et Halle



Madame la Marquise,

Puisque vous insistâtes si fort pour que je vous mande les impressions de mon dernier voyage au pays des Saxons, et plus particulièrement mon jugement des villes de Leipzig et de Halle, je me conforme, comme à l’habitude, à vos désirs, et vous présente ici le fruit de vos commandements.
La ville de Leipzig a joui pendant le moyen âge d’une grande prospérité, fondée sur le commerce qu’animait ses foires célèbres dans toute l’Europe. Comme toutes les villes allemandes, Leipzig eut fort à souffrir lors de la guerre de trente ans que les Princes de l’Europe se firent sur un prétexte de religion. Oui, Madame, je dis bien prétexte, car c’était plutôt une lutte de pouvoir. Ne vit-on point la France, fille aînée de l’Eglise et son Roi Très Chrétien, s’allier aux puissances protestantes, afin de miner l’hégémonie des Habsburgs ?
Mais revenons, Madame, à Leipzig, qui est notre sujet, et non point ces considérations historiques qui ne sauraient rien vous apprendre que vous ne sussiez déjà. Ayant souffert, disais-je, elle se redressa de ses malheurs, car ne dit-on pas de ses habitants qu’ils sont tenaces et de surcroît passablement orgueilleux. Pour eux, les grandes villes du monde ont nom : Leipzig, Londres et New-York. Leipzig fut aussi une des capitales du livre ; mais elle est à ce jour bien déchue de ce rôle : les imprimeurs sont partis quand les adeptes du communisme prirent le pouvoir au lendemain de la dernière guerre.
Dès le milieu du dix-neuvième siècle, Leipzig avait perdu son caractère médiéval : les profits tirés de l’industrie et du commerce portèrent une riche bourgeoisie à effacer les traces du passé, et à bâtir dans le goût moderne. Moderne de l’époque, s’entend. N’est-il pas remarquable que pour qu’une ville garde son cachet, il faut qu’elle soit restée stagnante pendant de longs siècles, et que les fonds aient manqué aux habitants pour arracher les vestiges anciens et les remplacer par des bâtisses qui bien souvent ne valaient point celles qu’ils mettaient à bas ?
Cependant, chère Marquise, force nous est de constater que la ville de Leipzig fut quasiment épargnée lors des bombardements des Puissances Alliées de la dernière guerre. Et si ce jourd’huy Leipzig n’est pas ce que l’on peut nommer une belle ville, elle le doit surtout aux abominables constructions du régime des communistes, dont on peut se demander si le projet premier n’était point de faire disparaître le plus de souvenirs du passé qu’il le pouvait, et de mettre en leur lieu ce qu’il pouvait imaginer de plus sinistre et de plus désespérant. Le croiriez-vous, on dit, à ce sujet, que les premiers signes de la désaffection des peuples pour le régime se manifestèrent quand, en 1968, Walter Ulbricht fit raser l’antique chapelle de l’Université. Le mécontentement murit jusqu’à exploser dans les gigantesques manifestations populaires qui conduisirent en 1989 à la chute de cette abominable dictature.
Lorsqu’on aborde la ville de Leipzig, on traverse d’abord de bien tristes faubourgs. Mais c’est là le fait de toutes nos villes à ce jour, et cette remarque, Madame la Marquise, est aussi impertinente qu’inutile. Je le dis moi-même pour vous éviter la peine de m’en faire reproche.
Ce qui vous frappera, Madame, aux approches de la cité, c’est le nouvel Hôtel de Ville, érigé sur l’emplacement d’une ancienne place forte. Ce bâtiment néo-gothique de fortes pierres apparentes, domine de ses tours toute la partie sud de la ville ; il passe pour être un des plus vastes de ce genre en Allemagne.
Un peu plus loin, c’est la Thomaskirche, à trois nefs, sans transept. Elle est agrémentée de tribunes sur les deux nefs extérieures. Elle possède une fort belle chaire plus tardive ornée de sujets tirés de la Genèse. Martin Luther, omniprésent dans toute la Saxe, y prêcha. C’est aussi là que Jean Sébastien Bach, dont vous êtres si friande, exerça pendant vingt-sept ans des fonctions officielles, même si Messieurs les Officiers municipaux ne surent pas apprécier ses mérites. Ils auraient souhaité s’assurer les services de quelqu’un jouissant à l’époque d’une plus brillante renommée que J.S. Bach. D’où de perpétuelles querelles entre le musicien et ses employeurs et beaucoup d’insatisfactions de part et d’autre.
Près de là, un monument est consacré à Félix Mendelssohn Bartholdi qui fit redécouvrir à l’Allemagne étonnée un Jean Sébastien Bach injustement tombé dans l’oubli, et qui finança un modeste mémorial dédié au grand artiste.
Bien assis à l’exact centre de la ville ancienne, l’Altes Rathaus (il s’agit vous l’aurez deviné de l’ancien Hôtel de ville), est une longue bâtisse de l’époque de la renaissance des arts. Elle repose sur des arcades où s’abritaient les maisons de commerce, pour bien illustrer que la richesse marchande était le véritable fondement de la ville. C’est à ce jour le Stadtmuseum (Musée de la ville), et son Directeur, une fois le mois, en conduit bénévolement la visite avec entrain, esprit et une connaissance approfondie de ses sujets.
Juste auprès, une Bourse baroque démontre avec éclat la volonté des citadins de se relever des épreuves de la guerre de trente ans. A trois pas, la Nicolaikirche offre d’étonnants décors végétaux, blanc, verts et roses.
La ville est percée de passages couverts, comme à Milan, Rome, Paris et autres lieux, où fleurissent les commerces et les tavernes ; ils ont conservé l’atmosphère si particulière qui leur est commune.
Tout le flanc est de la cité est occupé par des édifices dans le style, si l’on peut dire, stalinien : Université, salle de concerts, opéra, encadrant l’Augustusplatz, qui n’est sauvée que par une belle et monumentale fontaine, animée de divinités aquatiques en bronze, dans le goût de la Fontaine des fleuves sur la place Navonne à Rome, mis en moins gracieux ; elle est bien étonnée de se retrouver au sein de ce stérile désert.
La Gare des chemins de fer a la réputation d’être une des plus grandes d’Europe.

De Leipzig à Halle, ce n’est qu’un saut, et m’y suivez si de tels entrechats ne sont point au-dessous de votre dignité. Si Leipzig fut - par excellence - la ville du commerce, Halle fut celle du savoir, et singulièrement de la Théologie ; son Université bénéficia longuement du soutien constant des Rois de Prusse, et fut la pépinière de nombreux serviteurs de l’Etat ; mais plus encore que Leipzig, la ville a été proprement massacrée par le régime totalitaire qui y sévit pendant un demi siècle. Les horribles constructions à bon marché et particulièrement affligeantes de l’après-guerre y surgissent à tous les coins de rues, jusque dans l’immédiate proximité des quelques bâtiments que la barbarie ignora ou qu’elle n’eut pas les moyens de mettre à terre. Ici encore, ce n’est point la guerre qui fit des ravages, mais l’acharnement idéologique d’une bande de babouins forcenés, tels que Winston Churchill les a si exactement décrits.
Donc, Madame la Marquise, si vous venez à Halle, n’ouvrez qu’un seul œil, ou même un demi. Cela vous suffira pour voir ce qu’il y a à y voir, et vous évitera le spectacle désolant de ces « Plattenbauten » où je pense que vous ne voudriez point que l’on loge même les plus modestes de vos gens.
La Moritzkirche est une belle église à trois nefs, du style gothique finissant. Elle possède quelques intéressantes statues. Nous fermons les yeux, et arrivons sur la Grand’ place. Un beffroi du quinzième siècle la domine, planté seul en son milieu. La Marktkirche est un curieux édifice du seizième siècle que l’on bâtit en utilisant les restes de deux églises romanes antérieures : elle a ainsi deux chœurs et quatre clochers !
La maison natale de Georg Friedrich Haendel, la gloire locale, est devenue un Musée, bien que le compositeur ait passé la plus grande partie de sa vie, et écrit ses œuvres majeures en … Angleterre.
Le Dom (cathédrale) surplombe un bras de la Saale. Sa position un peu excentrée lui vient de son origine : ce fut d’abord une église abbatiale. Le Moritzburg, ancienne forteresse, perché sur une butte, domine lui aussi la rivière et le nord de la ville.
Vous pourriez, si vous le désiriez, passer la Saale et visiter le Musée du sel. C’est lui qui fut à l’origine de l’établissement de la ville et contribua pendant plus de huit cents ans à sa prospérité et à son développement. Un curieux cimetière, hors les murs, s’est inspiré des « Campi Santi » italiens.
Voila, Madame la Marquise, à peu près tout ce que l’on peut dire de ces deux villes de la Saxe qui, si elles connurent un lumineux passé ne brillent plus à ce jour que de feux aux trois-quarts éteints. C’est sous les immondices laissés par le plus honteux des régimes que l’on trouve encore quelques pépites qui méritent un détour si l’on est disposé à voir bien des choses laides pour en découvrir quelques belles.
Vous aurez, chère Marquise, je l’espère, remarqué que la germanophilie dont on m’accuse – bien souvent à juste titre – ne m’empêche nullement d’ouvrir les yeux, et de mettre le doigt sur les plaies que l’on peut voir à nos germains cousins : qui bene amat, bene castigat.


Je suis, et demeurerai, Madame la Marquise, votre très humble,
Très dévoué
Et très obéissant serviteur,





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La Guadeloupe aux guadeloupéens ! On entendit ce cri, on l’entendra encore. Mais, de fait, qui sont « les guadeloupéens » ? Les amérindiens primitifs ? Il n’en reste plus. Les africains qui ont été livrés par leurs congénères à la traite ? Ou bien les descendants des premiers colons européens ?


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Ah oui ?! Mon nouveau Gouvernement compte 41 membres ? Je m’étais engagé, dites-vous, à n’en pas avoir plus de 15 ? Que voulez-vous, quand on ne peut avoir la qualité, force est de se rabattre sur la quantité !

N.S.

Note : par gros temps, les marins avisés serrent la toile. Celui-ci déploie la voilure.


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Michel Jacson n’est plus …


Dans les derniers jours du mois de juin s’est éteint une étoile de l’industrie du spectacle (Show business en français). Sa renommée était, nous dit-on, à l’échelle de la planète. La raison en est sans doute, comme le disait Mateo Aleman, que les goûts du plus grand nombre sont les plus dépravés.
Que n’a-t-on entendu : un génie, le créateur de la musique ( ?) moderne, incommensurable. Les aficionados de tous pays, reniflant leurs larmes devant des microphones complaisants, donnent l’impression d’avoir perdu père et mère.
Bref, une hystérie indécente et ridicule s’est emparée du « village global ». Aux déformations de TF1, sur une heure d’émission, cinquante minutes ont été consacrées au bizarre androgyne, et trois minutes à la visite de Nicolas S. aux Antilles. Il n’a pas du aimer ça !
J’avoue, avec une satisfaction que je ne cherche pas à dissimuler, que je ne reconnais AUCUNE de ses chansonnettes, et que son talent de danseur, commun à tous ceux de son ethnie, me semble être sa performance la plus méritoire. Il est vrai que je déteste la danse, et que donc, cet hommage me coute fort peu.
Quant aux métamorphoses, qui ont fait de cet enfant plutôt sympathique une sorte de cadavre dégingandé, je n’en dirai mot, non plus que de ses caprices délirants, ni des sombres affaires de mœurs. Rien de tout cela ne suffit à faire, un instant, réfléchir les foules.
Pauvres de nous – au sens large – qui laissâmes Mozart aller seul à la fosse, avec seul un chien pour suivre la voiture, et qui déversons avec profusion l’encens aux pieds de cette inquiétante et piètre idole !
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On ne voit pas, à sa naissance, la vague qui submergera un continent.


Les peuples contigus qui parlent une même langue ont vocation à former une nation.


Au lieu de loucher sur les « superprofits », l’Etat ferait mieux de s’occuper de ses super-dépenses.


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Nous étions animés des meilleures intentions. Nous voulions aider les familles nombreuses, les familles monoparentales, les consommateurs, les chômeurs, les entreprises, les SDF, les handicapés, … Il nous fallait de l’argent, beaucoup d’argent, énormément d’argent. Alors, nous taxions. Les gens et les entreprises, devant payer les taxes, avaient moins de moyens. Il fallait donc les aider davantage. Alors nous taxions encore, ce qui mettait de plus en plus de gens en difficulté, donc demandant plus d’assistance.
Nous n’avions rien compris, et, quand je vois les décisions que chaque jour nous prenons, je crois bien que nous n’avons toujours rien compris.

Un Membre du Gouvernement
(qui demande à garder l’anonymat)



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