Brevia 2009
(Numéro 54, Octobre)
Journées berlinoises
Ce n’est pas parce que Berlin est une ville passionnante que l’on n’a pas le droit de, parfois, s’en échapper. C’est ce que nous fîmes, dans les dernières belles journées de septembre, en allant passer quelques jours sur les bords du Müritzsee. Cette région du Mecklemburg est parsemée de lacs d’origine glacière. Le Müritzsee (117km2, profondeur maximum : 31m), qui passe pour être le plus grand lac entièrement allemand (1) est un véritable paradis aquatique, plein de charme et de cette nostalgie si propre aux paysages lacustres. Il est flanqué d’autres lacs, avec lesquels il communique, et est relié au réseau fluvial allemand et international. Il est bordé de villages et de petites villes plus coquets les uns que les autres (inestimables bienfaits de la réunification et des fonds fédéraux !) : Röbel, où nous séjournâmes à l’hôtel Seestern sur une langue de terre plongeant dans le lac, Warren, plus important et très pittoresque, avec ses deux églises (2) dominant les eaux. Une bien belle escapade à recommander à tous les amis d’une nature maîtrisée.
De retour à Berlin, visite du Neues Museum, enfin réouvert au public après vingt ans de gigantesques travaux sur les plans de David Chipperfield. Le Musée, construit au milieu du XIXème par Karl August Stüler, un élève de K.F. Schinkel, avait été lourdement endommagé par les bombardements de la dernière guerre. L’architecte reconstructeur a su mélanger, avec une audace toute germanique, les restaurations et des éléments très modernes qui confèrent à l’ensemble un aspect définitivement impressionnant. Le Musée abrite les célèbres collections égyptiennes, précédemment présentées au Musée Egyptien de Charlottenburg, ainsi que des pièces de préhistoire et d’antiquité. Le clou, c’est le buste de Néfertiti, qui occupe seul la rotonde nord de l’édifice. L’avouerais-je ? Cette dame ne m’a pas plus séduit cette fois-ci que quand je l’avais vue à Charlottenburg. Elle est trop anguleuse et ne correspond aucunement à mon idéal de la féminine beauté.
Au Rotary Club de Berlin-Süd, une intéressante conférence de Werner Martin sur les perspectives de la fusion de Berlin, qui est aujourd’hui un Land en soi, et du Brandenburg, qui entoure Berlin de toutes parts, et est lui aussi un Land avec Potsdam pour capitale. Les problèmes à résoudre sont nombreux, complexes et ont de non négligeables incidences financières. Il semble que les populations soient favorables à une fusion, à terme, tant à Berlin que dans le Brandenburg, même si les politiciens sont moins enthousiastes. Si la réunification de l’Allemagne a pu se faire en quelques mois, les plus optimistes pensent qu’il faudra plusieurs décennies pour mener celle-ci à bonne fin.
Au cinéma, Das Weisse Band (Le ruban blanc), de Michael Haneke, palme d’or au dernier Festival de Cannes. Un film superbe, en noir et blanc, où la violence sous-jacente de la société du nord de la Prusse au début du XIXème siècle surgit en des soubresauts immaîtrisables. En moins lyrique, mais peut-être et pour cette raison, même plus oppressant, cette œuvre rappelle celle non moins splendide de Bernardo Bertolucci : Novecento. Bref, un film à voir, absolument, et sans doute à revoir.
Berlin sans Brecht n’est pas Berlin. Aussi avons-nous été au Berliner Ensemble, applaudir sans retenue Mutter Courage und ihre Kinder dans une mise en scène remarquable et joué à la perfection.
Et puisqu’un bon livre est toujours le plus efficace remède contre les petits tracas qui cherchent en vain à nous pourrir l’existence, c’est avec délices que j’ai lu, entre autres, les Mémoires (Errinerungen 1796 – 1826) de Karl Friedrich (von) Klöden. Déchu de sa (petite) noblesse, après une enfance miséreuse, il remonte l’escalier social à force de courage et de persévérance, mettant en œuvre les qualités d’application et de sérieux qui ont fait la réputation méritée de l’administration prussienne.
(1) Le Bodensee est effectivement plus vaste, mais ses eaux sont partagées entre trois Etats : l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse.
(2) Toute ville allemande qui se respecte a toujours, au moins, deux églises : une évangélique et une catholique.
§
L’interdiction de fumer sur le lieu de travail a peut-être aidé la Sécurité Sociale à boucher une infime partie de son éternel « trou ». Aux dépens, va sans dire, des Caisses de retraites qui devront plus longtemps payer les pensions de ceux dont cette prohibition aura prolongé l’existence. Mais qui saura combien cette mesure a couté au PIB de la France ? Car, qui fera le compte de temps de travail perdu pour cause de pause-cigarette, dont sont témoins les amas de mégots aux abords des immeubles de bureaux ?
§
On n’est vraiment mort que quand plus personne ne sait que nous avons existé.
§
On ne peut que recommander, chaudement, la lecture d’un opuscule du CEPREMAP : « La Société de défiance, comment le modèle social français s’autodétruit ». Par Yann Algan et pierre Cahuc, aux Editions de la rue d’Ulm, 4,75 €.
Bien que placé sous la tutelle de la Banque de France, du CNRS, du Trésor Public, etc. …, l’ouvrage dévoile les méfaits d’une société dont la défiance est une caractéristique profonde : défiance envers les autres, la Justice, le Parlement, les syndicats. Manque de confiance dans le Marché, ce qui entraîne réglementation, et, conséquence naturelle : corruption. Idem pour le marché du travail, une réglementation tentaculaire bloquant toute réforme.
Les auteurs contrastent notre situation avec celles de pays nordiques (Danemark, Suède) et de la Grande-Bretagne. Entre ces deux modèles, le semi-libéral et le tout-libéral, ils n’arrivent pas – et ne cherchent pas non plus – à cacher que leur préférence va au premier de ceux-ci.
§ §
§
Pour ceux qui en redemanderaient ou qui par mégarde auraient liquidé les livraisons précédentes, ils peuvent en retrouver l’intégralité en visitant mon Web Log à l’adresse suivante :
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29 octobre 2009
19 octobre 2009
Brevia No. 53 Septembre 2009
Brevia 2009
(Numéro 53, Septembre)
Qu’il est loin le temps où un ministre français enjoignait à ses compatriotes l’ordre suivant : « Enrichissez-vous ! ». De nos jours, on entendrait plutôt : « Appauvrissez-vous ! ». En effet, si les très grandes fortunes ont su trouver les chemins de l’accalmie fiscale, les fruits du labeur sont si lourdement taxés que l’accumulation de capital – source de tout développement économique futur – est pratiquement impossible.
Laissons de coté les charges sociales que l’on peut à la rigueur considérer comme un salaire différé – encore qu’une gestion maladroite et couteuse en consomme en pure perte une part non négligeable – et tenons-nous en à l’impôt proprement dit : TVA, taxe sur les produits pétroliers, patente, impôt sur les bénéfices, taxe foncière, taxe d’habitation, taxe carbone, taxe Tobin, droits sur l’alcool et le tabac, impôt sur le revenu, droits de mutation et de succession, impôt sur la fortune ; chacun de nos faits et gestes donne lieu à une ponction par l’Etat.
Car si l’impôt est nécessaire, il serait volontiers acquitté par le contribuable pour autant que celui-ci ait le sentiment – et la garantie – qu’il est fait bon usage de son effort contributif. Il n’en est, hélas, rien, et une gabegie et une incurie généralisées règnent sans partage sur les finances publiques.
§
Un peuple pauvre qui s’enrichit est plus heureux qu’un peuple riche qui stagne.
§
On reconnaît une véritable féministe à ce qu’elle est capable de vous donner une gifle si vous lui tenez la porte.
§
Les médias retentissent des plaintes des parents et amis des suicidés de France-Télécom. Les syndicats et collectifs mettent en avant les conditions de travail inhumaines qui seraient imposées aux malheureux employés.
Il est vrai que passer d’un rythme de fonctionnaire à celui d’une Entreprise peut représenter une épreuve. Devoir considérer un usager comme un client exige une mutation conceptuelle et spirituelle qui n’est sans doute pas à la portée de tout un chacun.
Mais pour ramener toutes ces clameurs à leur vrai poids de matière sèche, qui s’est posé la question de savoir si ces suicides sont vraiment exorbitants ? Je l’ai fait ! et j’ai découvert que le taux de suicides chez France-Télécom est … exactement celui de l’ensemble de la population française : donc, on se calme, tout est normal, et il n’y a pas lieu à tout ce charivari.
J’attends simplement avec impatience qu’on nous annonce un résultat identique chez les salariés de la RATP, de la SNCF, de la Poste, et autres institutions qui opèrent – théoriquement – dans le secteur concurrentiel.
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(Numéro 53, Septembre)
Qu’il est loin le temps où un ministre français enjoignait à ses compatriotes l’ordre suivant : « Enrichissez-vous ! ». De nos jours, on entendrait plutôt : « Appauvrissez-vous ! ». En effet, si les très grandes fortunes ont su trouver les chemins de l’accalmie fiscale, les fruits du labeur sont si lourdement taxés que l’accumulation de capital – source de tout développement économique futur – est pratiquement impossible.
Laissons de coté les charges sociales que l’on peut à la rigueur considérer comme un salaire différé – encore qu’une gestion maladroite et couteuse en consomme en pure perte une part non négligeable – et tenons-nous en à l’impôt proprement dit : TVA, taxe sur les produits pétroliers, patente, impôt sur les bénéfices, taxe foncière, taxe d’habitation, taxe carbone, taxe Tobin, droits sur l’alcool et le tabac, impôt sur le revenu, droits de mutation et de succession, impôt sur la fortune ; chacun de nos faits et gestes donne lieu à une ponction par l’Etat.
Car si l’impôt est nécessaire, il serait volontiers acquitté par le contribuable pour autant que celui-ci ait le sentiment – et la garantie – qu’il est fait bon usage de son effort contributif. Il n’en est, hélas, rien, et une gabegie et une incurie généralisées règnent sans partage sur les finances publiques.
§
Un peuple pauvre qui s’enrichit est plus heureux qu’un peuple riche qui stagne.
§
On reconnaît une véritable féministe à ce qu’elle est capable de vous donner une gifle si vous lui tenez la porte.
§
Les médias retentissent des plaintes des parents et amis des suicidés de France-Télécom. Les syndicats et collectifs mettent en avant les conditions de travail inhumaines qui seraient imposées aux malheureux employés.
Il est vrai que passer d’un rythme de fonctionnaire à celui d’une Entreprise peut représenter une épreuve. Devoir considérer un usager comme un client exige une mutation conceptuelle et spirituelle qui n’est sans doute pas à la portée de tout un chacun.
Mais pour ramener toutes ces clameurs à leur vrai poids de matière sèche, qui s’est posé la question de savoir si ces suicides sont vraiment exorbitants ? Je l’ai fait ! et j’ai découvert que le taux de suicides chez France-Télécom est … exactement celui de l’ensemble de la population française : donc, on se calme, tout est normal, et il n’y a pas lieu à tout ce charivari.
J’attends simplement avec impatience qu’on nous annonce un résultat identique chez les salariés de la RATP, de la SNCF, de la Poste, et autres institutions qui opèrent – théoriquement – dans le secteur concurrentiel.
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Brevia No. 52 Août 2009
Brevia 2009
(Numéro 52, Août)
Malaise
Le malaise du Président de la République, le 26 juillet 2009, a aussitôt donné lieu à un flot ininterrompu de nouvelles et de commentaires sur la sincérité des bulletins de santé des grands de ce monde, et sur le surmenage que s’impose Nicolas Sarkozy.
La seule vraie question que l’on aurait dû se poser est celle de savoir si celui-ci n’a pas manqué de jugement et de sagesse en se livrant, en début d’après-midi, l’un des jours les plus chauds de l’année, à une séance de jogging (1), alors qu’il est âgé de 54 ans, et qu’il est déjà fatigué par ses activités professionnelles.
(1) en français : footing, ou course à pied.
§
Madame Ségolène R. a reçu une lettre piégée. On soupçonne Madame Martine A. de la lui avoir envoyée, après le succès de la lettre non moins explosive qu’elle avait adressée à M. Manuel V.
(Un enquêteur de la P.J., qui doit, par définition, rester anonyme)
Nous étions dramatiquement endettés. Une part conséquente des recettes de l’Etat ne servait qu’à payer les intérêts de la dette ; encore n’y suffisait-elle plus. Alors nous eûmes une idée lumineuse, bien digne des grands corps où sont formés les principaux serviteurs de la chose publique : nous lançâmes un Emprunt !
(Un Membre du Gouvernement qui tient absolument à garder l’anonymat)
Vivement que le Parti Socialiste français fasse enfin sa mue, et devienne un véritable parti social démocrate. Cela conduira peut-être la droite française à faire – enfin – une authentique politique de droite, et non pas la politique crypto-socialiste qu’elle nous sert à ce jour.
(Un électeur de droite, qui, lui aussi, préfère garder l’anonymat)
Le rythme était pris. Il nous fallait chaque mois créer au moins une taxe nouvelle. Les amicales pressions des écologistes nous fournirent une occasion en or. Nous allions instituer la « Taxe carbone ». Mais comme, d’autre part, nous avions peur de la vindicte du peuple, dont le pouvoir d’achat allait être écorné par cette taxe, nous avons décidé de rembourser intégralement celle-ci aux contribuables. L’effet serait donc nul, mais du moins nous avions trouvé une occupation pour une armée de fonctionnaires chargés de faire tourner le machin.
(Un député UMP, qui a vraiment intérêt à garder l’anonymat)
Comme malgré notre acharnement à créer de nouvelles taxes et impôts, et alors qu’on aurait pu souhaiter que la population s’y habituât, rien de tel ne se produisit ; comme nous avions pris l’engagement solennel de ne pas augmenter les contributions, même si nous nous étions si souvent parjurés, comme enfin nous nous refusions absolument à réduire la dépense(pouvait-on espérer que nous allions tailler dans notre propre chair ?), et comme les caisses étaient plus vides que vides, il nous vint une idée merveilleuse : plutôt que d’accoucher d’ une nouvelle imposition, nous imaginâmes de … diminuer les réductions d’impôt, songeant que les notions d’algèbre du contribuable moyen avaient subi l’usure du temps, et qu’il avait oublié que « moins par moins donne plus ». Ne sommes-nous pas génialement inventifs ?
(Pierre M. aurait aimé garder l’anonymat. Mais sachant que, fonctionnaire, il est actuellement Maire, Président d’une Communauté d’agglomération et Député, sachant aussi, qu’adepte acharné du cumul des mandats, il fut dix fois Député, quatre fois Conseiller général et six fois Ministre- bonjour le renouvellement de la classe politique ! –peut-être découvrirez-vous son identité véritable ?
Que reste-t-il … des Tuileries ?
On sait que les Ducs de Pozzo di Borgo ont reconstruit en 1891, près d’Ajaccio, un pavillon inspiré des Tuileries, à partir de pierres récupérées après l’incendie du Palais en 1871 par les communards. C’est le château de la Punta. Ce bâtiment, en fort mauvais état, est depuis 1991 la propriété de Conseil Général de Corse, et malgré la réfection de la toiture suite à un feu, il menace ruine à ce jour.
Ce que l’on sait peut-être moins – ou pas du tout – c’est que c’est à Berlin que l’on peut trouver un autre vestige du Palais des Tuileries.
Une colonne, attachée à une partie maçonnée se dresse au bord de la route qui fait le tour de la presqu’ile de Schwanenwerder sur la Havel. Elle a été restaurée en 2003 par la Fondation Hinckeldey, et de la terrasse attenante, on a une large vue sur le paysage aquatique environnant.
Achetée en 1884 par un industriel allemand, Friedrich Wilhelm Wessel, qui la fit venir de Paris à Berlin via l’Angleterre, elle était destinée à orner, dans le goût de l’époque pour les ruines pittoresques, un lotissement de luxe sur la presqu’ile.
Lors de l’occupation de Berlin par les Alliés, après la deuxième guerre mondiale, les autorités françaises ont soupçonné que la colonne pouvait avoir été un butin de guerre, et ont envisagé sa restitution à la France. Des recherches ont pu démontrer qu’il s’était agi d’un achat en bonne et due forme, et qu’un retour à Paris était hors de question.
Malgré l’immédiate proximité de la villa de Goebbels, elle ne subit pas de dommages. Elle est depuis 1956 classée Monument Historique. Elle porte à sa base cette édifiante inscription :
Dieser Stein vom Seinestrande
Hergepflantzt in deutsche Lande
Ruft Dir, Wanderer, mahnend zu :
Glück, wie wandelbar bist du!
Ce que l’on pourrait ainsi traduire:
Ces pierres venues des bords de la Seine
En terre allemande ayant pris racines
Te rappellent, passant :
Le bonheur est changeant !
§
Je souffre d’une maladie incurable : l’âge.
§
Le bonheur est dans le pré ?
On accuse souvent la mondialisation et le capitalisme sauvage d’être la cause de baisses de prix qui ruinent les producteurs nationaux. Mais la crise du prix du lait est là pour nous rappeler qu’une « industrie » hyper administrée peut très aisément conduire exactement aux mêmes résultats : subventions, surproduction, baisse des prix ; quand l’agriculture sera-t-elle libérée de ces carcans, et à même de produire ce que veulent les consommateurs au prix qu’ils sont prêts à payer ?
De même, on s’étonne toujours d’entendre les producteurs de légumes, de fruits, de viande, stigmatiser les marges exagérées de la distribution. S’il y a dans cette fonction de revente une telle mine de profits – bien sûr colossaux -, pourquoi les agriculteurs ne s’emparent-ils pas de cet aval de leur profession ? Des coopératives de vente paieraient aux producteurs le « juste prix », et feraient bénéficier les consommateurs de prix qui n’auraient pas subi les « marges abusives » de la distribution. Il est vrai qu’après avoir financé les terrains et les bâtiments, payé le personnel, la patente, les transports et liquidé les invendus, ils s’apercevraient peut-être que la mine d’or est moins est moins replète qu’ils ne l’avaient imaginée.
§
Taxe carbone
Le gouvernement espère lutter contre les émissions de CO2 en mettant en route une usine à gaz. C’est un comble !
§
Bien qu’aucun des cyclistes du Tour de France 2009 n’ait, à ce jour, été contrôlé positif aux examens antidopage, les commentateurs autorisés ne peuvent s’empêcher de se poser d’embarrassantes interrogations sur les performances quasi surhumaines de certains coureurs. Et de poser la question : comment pourrait-on mettre durablement fin au dopage sur le Tour ?
J’ai la réponse ; elle est simple et définitive. Il suffit de proclamer vainqueur celui qui arrive le dernier.
§
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(Numéro 52, Août)
Malaise
Le malaise du Président de la République, le 26 juillet 2009, a aussitôt donné lieu à un flot ininterrompu de nouvelles et de commentaires sur la sincérité des bulletins de santé des grands de ce monde, et sur le surmenage que s’impose Nicolas Sarkozy.
La seule vraie question que l’on aurait dû se poser est celle de savoir si celui-ci n’a pas manqué de jugement et de sagesse en se livrant, en début d’après-midi, l’un des jours les plus chauds de l’année, à une séance de jogging (1), alors qu’il est âgé de 54 ans, et qu’il est déjà fatigué par ses activités professionnelles.
(1) en français : footing, ou course à pied.
§
Madame Ségolène R. a reçu une lettre piégée. On soupçonne Madame Martine A. de la lui avoir envoyée, après le succès de la lettre non moins explosive qu’elle avait adressée à M. Manuel V.
(Un enquêteur de la P.J., qui doit, par définition, rester anonyme)
Nous étions dramatiquement endettés. Une part conséquente des recettes de l’Etat ne servait qu’à payer les intérêts de la dette ; encore n’y suffisait-elle plus. Alors nous eûmes une idée lumineuse, bien digne des grands corps où sont formés les principaux serviteurs de la chose publique : nous lançâmes un Emprunt !
(Un Membre du Gouvernement qui tient absolument à garder l’anonymat)
Vivement que le Parti Socialiste français fasse enfin sa mue, et devienne un véritable parti social démocrate. Cela conduira peut-être la droite française à faire – enfin – une authentique politique de droite, et non pas la politique crypto-socialiste qu’elle nous sert à ce jour.
(Un électeur de droite, qui, lui aussi, préfère garder l’anonymat)
Le rythme était pris. Il nous fallait chaque mois créer au moins une taxe nouvelle. Les amicales pressions des écologistes nous fournirent une occasion en or. Nous allions instituer la « Taxe carbone ». Mais comme, d’autre part, nous avions peur de la vindicte du peuple, dont le pouvoir d’achat allait être écorné par cette taxe, nous avons décidé de rembourser intégralement celle-ci aux contribuables. L’effet serait donc nul, mais du moins nous avions trouvé une occupation pour une armée de fonctionnaires chargés de faire tourner le machin.
(Un député UMP, qui a vraiment intérêt à garder l’anonymat)
Comme malgré notre acharnement à créer de nouvelles taxes et impôts, et alors qu’on aurait pu souhaiter que la population s’y habituât, rien de tel ne se produisit ; comme nous avions pris l’engagement solennel de ne pas augmenter les contributions, même si nous nous étions si souvent parjurés, comme enfin nous nous refusions absolument à réduire la dépense(pouvait-on espérer que nous allions tailler dans notre propre chair ?), et comme les caisses étaient plus vides que vides, il nous vint une idée merveilleuse : plutôt que d’accoucher d’ une nouvelle imposition, nous imaginâmes de … diminuer les réductions d’impôt, songeant que les notions d’algèbre du contribuable moyen avaient subi l’usure du temps, et qu’il avait oublié que « moins par moins donne plus ». Ne sommes-nous pas génialement inventifs ?
(Pierre M. aurait aimé garder l’anonymat. Mais sachant que, fonctionnaire, il est actuellement Maire, Président d’une Communauté d’agglomération et Député, sachant aussi, qu’adepte acharné du cumul des mandats, il fut dix fois Député, quatre fois Conseiller général et six fois Ministre- bonjour le renouvellement de la classe politique ! –peut-être découvrirez-vous son identité véritable ?
Que reste-t-il … des Tuileries ?
On sait que les Ducs de Pozzo di Borgo ont reconstruit en 1891, près d’Ajaccio, un pavillon inspiré des Tuileries, à partir de pierres récupérées après l’incendie du Palais en 1871 par les communards. C’est le château de la Punta. Ce bâtiment, en fort mauvais état, est depuis 1991 la propriété de Conseil Général de Corse, et malgré la réfection de la toiture suite à un feu, il menace ruine à ce jour.
Ce que l’on sait peut-être moins – ou pas du tout – c’est que c’est à Berlin que l’on peut trouver un autre vestige du Palais des Tuileries.
Une colonne, attachée à une partie maçonnée se dresse au bord de la route qui fait le tour de la presqu’ile de Schwanenwerder sur la Havel. Elle a été restaurée en 2003 par la Fondation Hinckeldey, et de la terrasse attenante, on a une large vue sur le paysage aquatique environnant.
Achetée en 1884 par un industriel allemand, Friedrich Wilhelm Wessel, qui la fit venir de Paris à Berlin via l’Angleterre, elle était destinée à orner, dans le goût de l’époque pour les ruines pittoresques, un lotissement de luxe sur la presqu’ile.
Lors de l’occupation de Berlin par les Alliés, après la deuxième guerre mondiale, les autorités françaises ont soupçonné que la colonne pouvait avoir été un butin de guerre, et ont envisagé sa restitution à la France. Des recherches ont pu démontrer qu’il s’était agi d’un achat en bonne et due forme, et qu’un retour à Paris était hors de question.
Malgré l’immédiate proximité de la villa de Goebbels, elle ne subit pas de dommages. Elle est depuis 1956 classée Monument Historique. Elle porte à sa base cette édifiante inscription :
Dieser Stein vom Seinestrande
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Glück, wie wandelbar bist du!
Ce que l’on pourrait ainsi traduire:
Ces pierres venues des bords de la Seine
En terre allemande ayant pris racines
Te rappellent, passant :
Le bonheur est changeant !
§
Je souffre d’une maladie incurable : l’âge.
§
Le bonheur est dans le pré ?
On accuse souvent la mondialisation et le capitalisme sauvage d’être la cause de baisses de prix qui ruinent les producteurs nationaux. Mais la crise du prix du lait est là pour nous rappeler qu’une « industrie » hyper administrée peut très aisément conduire exactement aux mêmes résultats : subventions, surproduction, baisse des prix ; quand l’agriculture sera-t-elle libérée de ces carcans, et à même de produire ce que veulent les consommateurs au prix qu’ils sont prêts à payer ?
De même, on s’étonne toujours d’entendre les producteurs de légumes, de fruits, de viande, stigmatiser les marges exagérées de la distribution. S’il y a dans cette fonction de revente une telle mine de profits – bien sûr colossaux -, pourquoi les agriculteurs ne s’emparent-ils pas de cet aval de leur profession ? Des coopératives de vente paieraient aux producteurs le « juste prix », et feraient bénéficier les consommateurs de prix qui n’auraient pas subi les « marges abusives » de la distribution. Il est vrai qu’après avoir financé les terrains et les bâtiments, payé le personnel, la patente, les transports et liquidé les invendus, ils s’apercevraient peut-être que la mine d’or est moins est moins replète qu’ils ne l’avaient imaginée.
§
Taxe carbone
Le gouvernement espère lutter contre les émissions de CO2 en mettant en route une usine à gaz. C’est un comble !
§
Bien qu’aucun des cyclistes du Tour de France 2009 n’ait, à ce jour, été contrôlé positif aux examens antidopage, les commentateurs autorisés ne peuvent s’empêcher de se poser d’embarrassantes interrogations sur les performances quasi surhumaines de certains coureurs. Et de poser la question : comment pourrait-on mettre durablement fin au dopage sur le Tour ?
J’ai la réponse ; elle est simple et définitive. Il suffit de proclamer vainqueur celui qui arrive le dernier.
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