Brevia 2009
(Numéro 55, Novembre)
Die Mauer
Il serait bien difficile, pour ne pas dire impossible, en ce mois de novembre 2009, de passer à coté du Mur. Où que l’on soit, mais bien plus encore si l’on est à Berlin. Car la Capitale allemande n’est emplie que des évocations de l’évènement qui se produisit dans la nuit du 8 au 9 novembre 1989, et dont on célèbre de façon omniprésente le vingtième anniversaire.
Le Mur de Berlin ! Certes, mais ce que l’on sait moins à l’étranger, c’est que non seulement le Mur (en fait, deux murs, séparés par un no man’s land d’une centaine de mètres) coupait Berlin en deux, mais que cet ouvrage s’étendait sur plusieurs centaines de kilomètres, séparant rigoureusement l’Allemagne de l’ouest (BRD ou RFA) de celle de l’est (DDR ou RDA). Sur les autoroutes, des panneaux signalent encore le passage de l’une à l’autre, en évoquant l’ancienne « frontière interallemande ».
Dans toute l’histoire de l’Humanité, des murs ont été élevés pour empêcher les gens d’entrer. Le mur allemand n’avait pour vocation unique que d’empêcher les gens de sortir ! Belle et claire illustration des joies et du confort – matériel et moral – de la vie sous un régime communiste. Avant le mur allemand, les seuls obstacles construits pour empêcher de sortir n’avaient à retenir que du bétail ou des prisonniers : c’est sans doute ainsi que les dirigeants de la DDR considéraient leurs concitoyens.
A Berlin, en ce mois de novembre, tout est à la sauce « mur ». Les concerts, les expositions, les conférences, les forums (ne devrait-on pas dire : les fora ?) sur internet et les programmes de télévision et de radio : la construction du mur – de nuit, comme un rapt honteux – les familles séparées, les évasions (réussies ou manquées, ces dernières se terminant sous les balles ou dans les sombres cachots de la Stasi), les meurtres dans le no man’s land – où les Vopos tiraient les fugitifs comme des lapins – puis les manifestations populaires en DDR, et la chute.
Parfois s’entend un discret murmure de nostalgie : les apparatchiks de l’ancien régime n’hésitent pas à faire entendre, discrètement, leurs inutiles complaintes ; l’homme de la rue qui n’a pas pu – ou pas su – bénéficier des bienfaits de la réunification. Sans parler de l’engouement des collectionneurs pour les produits maladroits de la DDR.
Le mur est tombé, mais, dit-on, il reste dans les têtes ; et il risque d’y demeurer longtemps encore, car les jeunes qui votent aujourd’hui pour le Pari Communiste – pudiquement rebaptisé Die Linke, La Gauche, - n’ont pas connu la vraie vie de la DDR (cf. le film : la Vie des Autres), et peuvent se laisser bercer et abuser par de mensongeuses et trompeuses remembrances d’un sinistre passé.
Les festivités proprement dites qui se sont tenues, après une réception au domicile du Président de la République, le Schloss Bellevue, essentiellement sur le Pariser Platz (discours de chefs d’Etats, concert dirigé par Daniel Barenboïm) ont été copieusement arrosées par une pluie drue et ininterrompue qui ne s’était déclenchée que pour cette occasion : on devrait prendre garde à n’accomplir de grands actes historiques qu’entre mai et septembre, pour éviter aux générations futures qui les célèbreront un trop grand risque d’être délugées.
Un millier de dominos en carton, aligné du Reichstag à la Potsdamer Platz, et qui devaient, après une impulsion initiale, s’écrouler comme tous les dominos qui se respectent, sont restés bloqués sur un domino chinois (un mur de Chine ?). Simple coïncidence !?
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Mon Dieu, cachez ces mains, que je ne saurais voir !
Un scandale ! Un évènement qui fit pendant plusieurs jours le thème principal des journaux télévisés en France – et sans doute en Irlande : lors d’une compétition pour la qualification au Mondial de balle-au-pied en 2010, la France gagne contre l’Irlande perce qu’un de ses joueurs – idole des jeunes, parait-il – a envoyé la balle dans les buts adverses en s’aidant … de sa main ; l’arbitre n’a rien vu.
Bien que fort peu – pour ne pas dire : pas du tout – intéressé à ces jeux vulgaires et brutaux, qui ne rappellent que trop par leurs débordement les jeux du cirque et de l’arène de la Rome et de la Byzance antiques, je n’ai pu échapper à la déferlante médiatique.
Mais – une fois de plus, direz-vous – j’ai la solution : il suffit d’obliger les footballeurs à jouer … les mains attachées dans le dos. Ils seront peut-être moins agiles, mais comme les deux équipes seront dans la même situation…Et finis les arrachages de maillots, les coups de coudes, et les buts marqués avec les mains ! seuls seront encore possibles les coups de … tête ?
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Ne regardez pas le ciel : Dieu est en Enfer.
Mon ordinateur est si souvent pris de lubies si inattendues que je me demande – parfois – s’il ne faudrait pas dire : UNE ordinateur.
A Noël, plus ça clignote et plus il y a de foie, et moins il y a de Foi.
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Le Docteur : Monsieur, vous devriez cesser de fumer.
Le Patient (Fumeur Acharné) : Mais, Docteur, si je suivais votre conseil, je n’aurais plus de vice ; je n’aurais alors que de défauts, et cela serait diablement vulgaire !
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Erratum
Une des lectrices assidues des Brevia – si, si, je vous assure, il s’en trouve – a bien voulu attirer mon attention sur une erreur de frappe de la dernière livraison. Traitant du film splendide « Das Weisse Band », que je n’hésite pas, une fois de plus à recommander plus que chaudement, j’indiquais que l’action se passait au début du XIXè siècle. C’est évidemment au début du XXe siècle qu’il fallait lire. Merci à toi, R. !
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