24 avril 2010

Brevia Avril 2010, No. 60

BREVIA 2010


(Numéro 60, Avril)


Il vaut mieux vivre dans le faux marbre que dans du vrai linoleum.

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Pour éviter les disputes de ménage, adoptez une règle simple : quand nous sommes d’accord, c’est Elle qui décide. Dans les autres cas, c’est moi. Si comme ma femme et moi vous êtes du même avis 90 % du temps, il est clair que c’est Elle qui décide le plus souvent.

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Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père
(N.T., Jean, XIV, 2)

Une bonne dose d’Orthodoxes, autant de Catholiques, une pincée de Coptes, un soupçon d’Assyriens, et à peine d’Ethiopiens, c’est la recette explosive du film germano-suisse « Im Haus meines Vaters sind viele Wohnungen », de Hajo Schomerus qui se donne ces temps-ci à Berlin.
Le lieu de l’action : l’Eglise du Saint Sépulcre à Jérusalem, où les moines relevant des sectes précitées exercent leur ministère. Non sans mal, car ces saints hommes, en plus de leur mission spirituelle doivent également veiller au scrupuleux respect d’un contrat de cohabitation rédigé, parait-il, aux temps anciens des Ottomans. Règles précises, minutieuses, détaillées (dignes de l’ancienne Prusse) qui fixent – immuablement ? – les droits de chacun. C’est en vertu d’icelles que les cellules éthiopiennes sont reléguées … sur le toit du bâtiment, et que les Coptes n’ont droit qu’à un très modeste autel, coincé derrière les somptuosités orthodoxes.
Chaque troupe a son chef. Le plus convaincu de son bon droit, c’est le catholique. L’assyrien est le plus acharné, le copte le plus humain, et le plus blasé l’éthiopien. Le plus envahissant : l’orthodoxe.
Tout ce beau monde est enfermé à double tour, le soir venu, dans le monastère. La clé – il n’y en a qu’une seule – est administrée par deux familles… musulmanes, détenant cet office depuis des temps immémoriaux, et qui, elles aussi se sont partagé les fonctions : celle qui garde la clé et qui l’apporte, chaque matin, à celle qui manœuvre la clé. Chaque famille, comme il se doit, démontrant que son rôle dans l’affaire est plus important que celui de l’autre famille, qui ne doit être considérée que comme subalterne et quantité négligeable.
C’est à Pâques que monte la température, alors que chaque confession s’évertue à célébrer selon ses rites cette fête majeure. Des rites on passe aisément aux rixes.
Toute religion, si l’on se borne à ne considérer que ses manifestations rituelles, peut prêter à sourire – ou pire. Certains des protagonistes, parfois, semblent sur le point de pouvoir sublimer ces aspects matériels. Mais pas trop longtemps, car il faut rester vigilant : un Copte ne serait-il pas en train de manipuler un chandelier dont l’usage est exclusivement réservé aux Orthodoxes ?
Ah ! Mon Dieu, si Tu existes, comment juges-Tu ces choses et ces hommes qui prétendent T’honorer et Te servir ? Et comment nous juges-Tu, nous qui osons sourire de choses si saintes ?
Les Protestants, toutes sectes confondues, sont absents de ces pieuses chamailleries. Ils n’ont pas de moines. Donc point de monastères. Tant pis pour eux.
Malgré tout, admirons que ces rameaux de l’Eglise du Christ, qui se sont si souvent brulés, massacrés, étripés, arrivent à survivre, si proches et si imbriqués sans qu’aucun incident majeur ne survienne. Les religions deviendraient-elles tolérantes, l’âge venant ? Je le crois. Je crois aussi que, faute de l’antiquité nécessaire, il ne serait pas possible à des sectes musulmanes opposées de pratiquer ainsi leurs cultes, simultanément et en un même lieu.

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Connaissez-vous la formule magique de la Satisfaction ? Amoureuse, commerciale, politique ou de toute autre nature. Elle est divinement simple : la satisfaction (S) est égale à la prestation (P), divisée par les attentes. Plus la prestation augmente, plus la satisfaction aussi. Mais pour une prestation donnée, plus les attentes étaient élevées, plus la satisfaction est faible.

S = P
A

Comme en toute matière, amoureuse, commerciale, politique, etc. …il faut, pour éveiller les convoitises, porter les attentes au point le plus élevé possible, rien d’étonnant à ce que nous soyons presque toujours insatisfaits.
Par contre, chaque fois que cela est acceptable, pour une prestation donnée, il faut tenir les attentes à l’étiage le plus bas : la satisfaction n’en sera que plus intense : vive la modestie !


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