13 octobre 2010

Brevia 65, octobre 2010

BREVIA 2010



(Numéro 65, Octobre)


Les Alsaciens sont des Germains qui par hasard parlent français.

Pourquoi annonce-t-on toujours la mort des grands hommes, et jamais leur naissance ?

Plutôt que d’un Ministère de l’Economie, c’est d’un ministère des économies dont nous aurions besoin.

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Paradoxe


Une fois encore, la France est en ébullition, comme chaque fois qu’une réforme est tentée dans ce vieux pays anarcho-conservateur. Cette fois-ci c’est contre la réforme des retraites.
Et l’on voit les plus ardents défenseurs de la « retraite par répartition », (où ce sont les cotisations des actifs qui assurent le paiement des pensions des retraités), renier leur propre dogme, et envisager de bon cœur de taxer le capital pour financer le système, après avoir énergiquement refusé d’envisager la capitalisation pour compléter le dispositif.
Donc, non au capital que pourraient se constituer les futurs retraités, mais oui, si c’est au dépens du capital … des autres !


Evènement

Sur RFI (Radio France International) on entend des annonces de ce genre : « Il est 18 heures 30 à Paris, et 17 heures 30 en temps universel ».
C’est là une des bien rares occasions où la France renonce à … l’universalité !


Roms, romanichels, gens du voyage
et autres tsiganes

Mon Dieu, que de bruit pour bien peu de chose ! La terre entière s’émeut parce que le Gouvernement français raccompagne dans leur pays d’origine quelques Roms, qui, de toute façon, étaient en situation IRREGULIERE sur le sol français.
Remarquons qu’il ne s’agit pas d’EXPULSIONS, contrairement à ce qu’on entend à tout bout de champ, et malgré le caractère illégal de ces visiteurs. Toutes ces reconduites se font sur la base du volontariat et avec un pécule qui laissera encore quelque bénéfice quand ces personnes auront payé les frais de leur nouvelle arrivée en France.
Villepin se couvre de ridicule, et même le Pape s’en mêle. Je voudrais voir la tête de Sa Sainteté, s’il découvrait un beau ( ?) matin un camp de gens du voyage installé sur la place Saint-Pierre.
Les vrais responsables de la misère de ces populations sont les Gouvernements de Hongrie et de Roumanie, leurs pays d’origine, qui les briment autant que faire se peut. Mais qui s’en inquiète et qui proteste : M. Villepin ? Le Pape ?
Quant au fonctionnaire imbécile qui, dans une circulaire administrative relative au démantèlement des campements illégaux, a cru bon de souligner qu’il fallait « en priorité » s’intéresser à ceux des Roms, j’espère qu’il ne pâtira pas trop de sa bévue, et qu’il est promis à une belle carrière.


Hommage

Toutes les cinq minutes, un Ministre ou un Secrétaire d’Etat « rend hommage » aux victimes d’un déraillement de chemin de fer, du débordement d’un torrent, d’une rafale de vent un peu trop musclée.
Le terme me semble mal choisi. Que l’on rende hommage à quelqu’un qui a eu une conduite particulièrement courageuse ou vertueuse, cela me paraitrait normal.
Les innocentes victimes de tout acabit ont peut-être droit à notre pitié, à notre sympathie, à nos subsides, mais certainement pas à nos hommages.

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Ce que tu ne dépenses pas, tu n’as pas à le gagner.
(Un vieux paysan alsacien)
Antisémitisme

Antisémite veut dire : anti-juif. Pourtant, curieusement, les langues sémitiques regroupent non seulement l’hébreu, mais aussi l’arabe.
Si antisémitisme s’appliquait à TOUS les fils de Sem, on pourrait, par les temps qui courent, lui prédire un bien plus grand avenir que s’il restait limité aux seules populations judaïques.




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Vous pouvez retrouver l’intégralité des Brevia en visitant mon Web Log à l’adresse suivante :
http://brevia.blogspot.com/



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03 octobre 2010

Brevia 64, Octobre 2010

BREVIA 2010


(Numéro 64, Septembre)


Un de mes lecteurs, Gérard T., sinon le plus assidu ( ?), du moins le plus porté à la contradiction, vient de m’adresser le texte qui suit, en suggérant que je le publie dans ces colonnes. Ce que je fais bien volontiers :


Cher François,
Chers amis connus et inconnus, car j'espère que François vous fera bénéficier de mon contrepoison!

Le sujet qu'aborde François Aureau étant suffisamment sérieux, je me permets de lui répondre en évitant le vitriol, mauvais conseiller.
C'est Socrate qui disait, je crois, que la compétence est, avec la bienveillance (pas le vitriol mais pas plus la tolérance), et la sincérité une des 3 conditions nécessaires de la parole et du dialogue. Je ne doute pas un seul instant évidemment de la sincérité de François; je suis plus circonspect, à la lecture de son constat, sur sa compétence en matière d’Islam (la mienne est certes faible, mais j'essaie de la développer) et encore plus sur sa bienveillance!!
Sur son constat à vrai dire déjà entendu dans de nombreux milieux, j’ai l'impression qu'il puise une partie de sa pensée dans les thèses xénophobes de Thilo SARRAZIN, ce banquier allemand antisémite et anti-islam.Je n'en ai lu que des extraits mais ils ne se caractérisent pas par un haut niveau de réflexion. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung (pas le Bild) dit de lui qu'il est le " ghostwriter d'une société qui a peur".
C'est dommage car le sujet abordé pose de vrais problèmes (Merci François) qu'il faut essayer d'aborder sans agiter le chiffon rouge de la peur et de l'angoisse.
Oui, l’islam donne aujourd’hui, surtout dans les médias mais aussi dans certains pays, une image violente ,totalitaire et archaïque. Ce n'est pas le fondement de l'Islam mais celui des islamistes. Et on peut se référer à l'Andalousie du 8ème au treizième siècle pour en trouver une démonstration. Mais il reste que cette religion se nourrit aujourd'hui de contrainte et de règles, jusqu’a la violence (et encore je ne pense pas ici aux lapidations et autres), qui ne sont pas admissibles pour nous, et même pour certains musulmans; le choix personnel semble exclu au profit d'une loi totalitaire et d'une confusion entre l'ordre temporel et l'ordre spirituel! Ceci entraîne certains musulmans à afficher une religion forte et à proclamer leur désir de rester différents sinon de conquérir le territoire d'accueil; Ceci est d'autant plus facile qu'ils ont devant eux des interlocuteurs mous, de moins en moins nombreux, incapables de promouvoir une religion ou même des valeurs qu'ils n'ont plus et qui reposent sur un lointain humanisme moribond.
Dans les discours angoissés, c’est bien de la fin de la civilisation occidentale à laquelle on pense ou dont on parle, au profit de la civilisation musulmane qui imposerait de manière forte, ses valeurs, son droit et ses mœurs aux colonisés de l'intérieur!!
Pour prendre un peu de hauteur, peut -être faudrait-il se replacer à l'échelon mondial :la France vit en Europe, l’Europe en Occident et soudain cet Occident n'est plus qu'un îlot dans l'océan des puissances (dans tous les sens du terme) émergentes ( L'Inde, le Brésil ,la Chine ,l'islam et plus encore les religions asiatiques,etc etc).Je veux dire par là qu'il n'est plus possible de raisonner sans un souci d'interdépendance des thèmes et des préoccupations.
Alors que Faire? On sent que François préconise la manière forte! Pour la mettre en oeuvre, il faut être …fort. Mais on a vu qu'on l'est de moins en moins (l’Occident pèse environ 5% de la population mondiale et l'Allemagne fait 1,5% d'enfants par couple!!!!!!). Et en matière de valeurs, on ne les connait même plus! Qui s'est soucié en France de dépasser le malheureux et maladroit Besson pour avoir un véritable débat sur notre identité et nos valeurs,sur ces valeurs non négociables qu'il faut mettre sur la table d'un dialogue .On voit donc bien que la force n'a aucun avenir si ce n'est de nous transformer en bouillie.
Heureusement, le monde musulman (en France comme en Occident) n'est pas homogène et tous ne sont pas islamistes, loin s'en faut! La petite minorité extrémiste se fait beaucoup mieux entendre, bien relayée par les médias. Et puis, je cite un chercheur qui s'appelle Pierre BLANC, «la valeur prescriptive des textes sacrés en termes d'institutions politiques, est de plus en plus contestée». Et même comme le dit un philosophe normalien de Sophia Antipolis, musulman qui se nomme Abdennour BIDAR,"les consciences musulmanes vont de plus en plus trouver cette voix divine dans leur propre intériorité». Et d'ailleurs, qui ne voit que, dans leur majorité, les femmes musulmanes en Occident font de moins en moins d'enfants! Elles s'occidentalisent de plus en plus (au grand dam de certains!).Et force est de voir, comme le constatent les chercheurs, que même les partis islamistes, quand ils sont autorisés, évoluent dans leurs positions, ne serait-ce que "parce qu'ils entrent dans le jeu politique d'alliances qui tend à éroder leur radicalisme»! Il faut donc sortir de cette vision essentialiste de l'Islam : c’est une exigence de vérité, et surtout sortir de cette vision manichéenne du monde qui consiste à se dire que " Moi, je fais partie du camp des Bons et le monde ne sera fréquentable que lorsqu'on aura écrasé le camp des méchants!! Encore faudrait-il en être capables d'ailleurs!!!

Conclusion.
Exigeons que nos lois soient respectées. Retrouvons et exprimons nos valeurs propres, notre socle sur lequel on ne discute pas. Car notre humanisme est en déclin; aujourd'hui l'homme moderne ne sait plus quoi faire de lui-même, ne sait plus en quoi consiste sa dignité et ne sait plus donner de sens à sa vie autrement que par l'argent et l'égoïsme. Alors est-il impensable, qu'à la périphérie du socle dont je parlais, cet humanisme ne puisse être régénéré par d'autres humanismes, par ex monothéistes ou autres?
Recherchons alors le dialogue, donc le contraire du sectarisme, du fanatisme, et donc de l'islamisme; trajet jonché d'obstacles vers une nouvelle société qui adviendra quoiqu'on fasse, comme toujours quand on bascule, pas toujours consciemment, vers un type de société différent!
Et accessoirement, faisons un peu plus d'enfants!! Ça peut servir même en cas de "manière forte». Mais ce n'est plus qu'un vœu pieux pour la majorité d'entre nous!!!
Pour terminer sur une note d'espoir, rappelons-nous, au moins pour les plus anciens, les écrits de Teilhard de Chardin, anthropologue et philosophe du siècle dernier: toutes nos actions sur terre, où qu'elles mènent, ont une résultante ultime, dans le sens mathématique du terme (faites un schéma vous verrez), qui nous conduit à l'Absolu, car les forces positives l'emportent sur les forces négatives!


Je passerai rapidement sur l’argument ad hominem qui met en cause, de façon purement gratuite, mes connaissances de l’islam. Aussi vite me débarrasserai-je de l’accusation de marcher sur les brisées de Thilo Sarrazin : mon texte est paru quelques jours avant le sien !
Mon honorable correspondant défend ensuite l’idée que TOUT l’islam ne serait pas, aujourd’hui, extrémiste. C’est fort possible, mais comme dans tout groupe humain, ce n’est pas le « ventre mou » qui détermine l’histoire. C’est la minorité agissante qui la conduit. Pour l’islam, le mélange du temporel et du spirituel n’est pas une confusion épisodique. C’est le fondement même de cette religion. Et il ne saurait y renoncer sans une réforme qui détruirait ses fondations. D’ailleurs, comme le disait Lord Cromer, qui avait de bonnes raisons de savoir de quoi il parlait : « Reformed islam is islam no longer ».
Gérard T. reconnaît lui-même les tendances annexionnistes de l’islam, et le déclin visible des valeurs qui ont fait la force de nos civilisations occidentales. Il n’en faut pas plus pour constater qu’il est, de fait, d’accord avec mon analyse.
Où nous divergeons, c’est sur les possibilités, voies et moyens, pour affronter ce piège géostratégique. Il me semble que Gérard T. croit à la formule de la fusion douce, qui donnerait naissance à une civilisation qui ne sera plus la nôtre, non plus qu’elle ne serait celle de l’islam.
Par ailleurs, je reconnais que la « manière forte » a peu de chances d’être mise en application, surtout dans nos sociétés si promptes à s’offusquer de la moindre peccadille. Les démocraties sont souvent renversées parce qu’elles veulent combattre le totalitarisme avec des armes … démocratiques.
Je serai plutôt porté à croire que la salvation nous viendra de l’ « érosion naturelle » des sentiments religieux. Même s’il est odieux de se citer soi-même, je ne résiste pas à remettre sous vos yeux ce que j’écrivais dans les Brevia d’octobre 2005 :


Les plus islamistes des islamistes ont un but, très simple : convertir le monde à leur croyance. A l’aube du XXIème siècle, cet objectif paraît bien démodé. Mais reculons de 622 ans, ce qui est justement le retard de la religion musulmane sur la chrétienne, nous sommes en 1383. A cette époque, et encore pour un certain temps, les Chrétiens avaient aussi une tendance marquée à convaincre les non-croyants par des méthodes qui n’étaient pas toujours exemptes d’une certaine violence. Alors, patience. Ce n’est qu’en vieillissant que les religions deviennent tolérantes et renoncent au prosélytisme militant.

Alors, patience ?!