BREVIA 2011
(Numéro 78, Novembre)
7 milliards de voisins … et moi, et moi, et moi !?
Voici quelques jours, le sept-milliardième humain serait venu au monde. La poursuite de l’expansion démographique – même si certains spécialistes pronostiquent un palier vers 9 milliards – sera une des grandes questions du vingt-et-unième siècle. Si l’on y ajoute les problèmes climatiques et la fin des énergies fossiles, on voit qu’il y aura « du grain à moudre », comme disait l’inimitable André Bergeron.
La plus grande partie de ces nouveaux habitants de la planète voient le jour dans les pays pauvres, ou très pauvres, ou très très pauvres. Ils mourraient de faim et de maladies si les pays développés, au travers de leurs gouvernements ou des organisations humanitaires, ne leur venaient en aide. Or, quel est le résultat de ces aides ? Sauver des enfants qui à leur tour engendreront des multitudes de plus en plus démunies, misérables et affamées.
Dans une première version de ces Brevia, j’avais envisagé une solution pour sortir de l’impasse, très en opposition aux sensibilités qui dominent la pensée contemporaine. Monika, à laquelle je fais toujours lire ma prose avant de l’envoyer dans la nature, soucieuse – plus que moi-même – de ma renommée, m’a conseillé d’autocensurer le passage. Voilà qui est fait.
Un de mes amis – il se reconnaitra sans qu’il soit besoin de le nommer – a suggéré une solution moins radicale, et sans doute plus acceptable par les courants de pensée du monde actuel. Il constate que dans ces pays le niveau de vie ne peut pas s’élever, car même si la « production nationale de richesses » y augmente, ce supplément de ressources est aussitôt absorbé – et même au-delà – par une population de plus en plus nombreuse : le niveau de vie baisse. Il propose de conditionner les aides diverses au développement à l’adoption d’un strict contrôle des naissances, ramenant en quelques années le taux de reproduction à (maximum) deux enfants par femme, sous un efficace et rigoureux contrôle international, il va sans dire. Les pays qui n’accepteraient pas cette règle seraient abandonnés à leur triste destin tropical.
La difficulté principale du dispositif résiderait sans doute dans la pertinence du suivi, dans des pays où les registres d’Etat Civil sont soit inexistants, soit rédigés avec une totale négligence.
Pourtant, l’amélioration du niveau de vie des pays qui entreraient dans cette voie, indépendamment des fruits qu’ils en retireraient, est la seule barrière, tenable sur la durée, contre la visite inopinée dans nos pays de cocagne, de ces 7 milliards de voisins, rongés par la famine et la pauvreté.
Ô Soleil !
Pensez-vous que les véritables adorateurs du Soleil ont été les Incas ou les Persans ? Si telle est votre opinion, vous vous trompez. Ceux qui vouent au Soleil le culte le plus fervent, le plus sincère et le plus constant sont les Berlinois.
Quelle que soit la saison, et même si elle est fraîche – ou froide, très froide – dès que l’Astre divin jette un pâle rayon sur la Capitale, les voitures décapotables se décapotent, et les terrasses de cafés qui ont la chance – ou l’intelligence – de se trouver « on the sunny side of the street » se remplissent aussitôt des zélateurs du Grand Lumignon. Certes il faut quand même se bien couvrir, et les chauffages à infrarouge ne suffisant pas à fournir le confort nécessaire aux rites, des couvertures (1) (rouges, beiges ou bleues), qui attendaient les fidèles soigneusement pliées sur les fauteuils, complètent l’équipement des adeptes de la secte. Le visage en extase, tourné vers le Dieu, paupières closes, ils se livrent à l’adoration de l’Universel Bienfaiteur.
(1) Dans d’autres pays, ces couvertures auraient très tôt fait de disparaître. Mais ici, nul ne les subtilise, témoins –fragiles – qu’au pays de Goethe et de Schiller tout n’a pas encore complètement foutu le camp.
§
Une idée (géniale ?) pour renouveler le personnel politique : interdire à tous ceux qui ont voté des budgets en déficit d’exercer à l’avenir tout mandat politique. Un de mes amis – pas celui évoqué ci-dessus, mais un autre ; j’en ai plusieurs – suggérait de les jeter à la mer, avec aux pieds, un lest suffisant pour assurer la noyade. Tous comptes faits, je crois que ma proposition est encore plus cruelle, et donc plus méritée.
§
Récemment, le Premier Ministre turc déclarait à Berlin : « Les hommes politiques allemands devraient en faire beaucoup plus pour l’adhésion de la Turquie dans l’union européenne, car cela ferait massivement avancer l’intégration ».
Voulait-il parler de l’intégration de l’Europe dans la Turquie ?
§
En cherchant des aspects positifs au mandat de M. Sarkozy, j’en ai trouvé un, incontestable. Il n’a pas, comme ses prédécesseurs immédiats, dépensé l’argent public pour ériger un monument à sa gloire personnelle. Mitterrand avait commis la Pyramide (Pharaon Mitterrand ?) et la Très Grande Bibliothèque ; Chirac avait succombé à ses goûts ( ?) personnels en faisant édifier l’improbable Musée des Arts Primitifs.
§
Si la démographie est – au moins à moyen terme – une science exacte, dans quelques dizaines d’années, ce sont les « Allemands de souche » qui seront en Allemagne les « Gastarbeiter » (2)
(2) Travailleurs immigrés
§ §
Vous pouvez retrouver l’intégralité des Brevia en visitant mon Web Log à l’adresse suivante :
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30 novembre 2011
Brevia 78, novembre 2011
BREVIA 2011
(Numéro 78, Novembre)
7 milliards de voisins … et moi, et moi, et moi !?
Voici quelques jours, le sept-milliardième humain serait venu au monde. La poursuite de l’expansion démographique – même si certains spécialistes pronostiquent un palier vers 9 milliards – sera une des grandes questions du vingt-et-unième siècle. Si l’on y ajoute les problèmes climatiques et la fin des énergies fossiles, on voit qu’il y aura « du grain à moudre », comme disait l’inimitable André Bergeron.
La plus grande partie de ces nouveaux habitants de la planète voient le jour dans les pays pauvres, ou très pauvres, ou très très pauvres. Ils mourraient de faim et de maladies si les pays développés, au travers de leurs gouvernements ou des organisations humanitaires, ne leur venaient en aide. Or, quel est le résultat de ces aides ? Sauver des enfants qui à leur tour engendreront des multitudes de plus en plus démunies, misérables et affamées.
Avec le manque de sensiblerie – même de sensibilité – qui me caractérise, j’ai déjà proposé qu’on cesse toute aide alimentaire et médicale. Au prix d’une apparente cruauté, c’est en fait des générations qui seront épargnées, n’ayant jamais vu le jour. Ceux qui prendraient une telle mesure pourraient se vanter d’être les vrais bienfaiteurs de l’humanité.
Un de mes amis – il se reconnaitra sans qu’il soit besoin de le nommer – a suggéré une solution moins radicale, et sans doute plus acceptable par les courants de pensée du monde actuel. Il constate que dans ces pays le niveau de vie ne peut pas s’élever, car même si la « production nationale de richesses » y augmente, ce supplément de ressources est aussitôt absorbé – et même au-delà – par une population de plus en plus nombreuse : le niveau de vie baisse. Il propose de conditionner les aides diverses au développement à l’adoption d’un strict contrôle des naissances, ramenant en quelques années le taux de reproduction à (maximum) deux enfants par femme, sous un efficace et rigoureux contrôle international, il va sans dire. Les pays qui n’accepteraient pas cette règle seraient abandonnés à leur triste destin tropical.
La difficulté principale du dispositif résiderait sans doute dans la pertinence du suivi, dans des pays où les registres d’Etat Civil sont soit inexistants, soit rédigés avec une totale négligence.
Pourtant, l’amélioration du niveau de vie des pays qui entreraient dans cette voie, indépendamment des fruits qu’ils en retireraient, est la seule barrière, tenable sur la durée, contre la visite inopinée dans nos pays de cocagne, de ces 7 milliards de voisins, rongés par la famine et la pauvreté.
Ô Soleil !
Pensez-vous que les véritables adorateurs du Soleil ont été les Incas ou les Persans ? Si telle est votre opinion, vous vous trompez. Ceux qui vouent au Soleil le culte le plus fervent, le plus sincère et le plus constant sont les Berlinois.
Quelle que soit la saison, et même si elle est fraîche – ou froide, très froide – dès que l’Astre divin jette un pâle rayon sur la Capitale, les voitures décapotables se décapotent, et les terrasses de cafés qui ont la chance – ou l’intelligence – de se trouver « on the sunny side of the street » se remplissent aussitôt des zélateurs du Grand Lumignon. Certes il faut quand même se bien couvrir, et les chauffages à infrarouge ne suffisant pas à fournir le confort nécessaire aux rites, des couvertures (1) (rouges, beiges ou bleues), qui attendaient les fidèles soigneusement pliées sur les fauteuils, complètent l’équipement des adeptes de la secte. Le visage en extase, tourné vers le Dieu, paupières closes, ils se livrent à l’adoration de l’Universel Bienfaiteur.
(1) Dans d’autres pays, ces couvertures auraient très tôt fait de disparaître. Mais ici, nul ne les subtilise, témoins –fragiles – qu’au pays de Goethe et de Schiller tout n’a pas encore complètement foutu le camp.
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Une idée (géniale ?) pour renouveler le personnel politique : interdire à tous ceux qui ont voté des budgets en déficit d’exercer à l’avenir tout mandat politique. Un de mes amis – pas celui évoqué ci-dessus, mais un autre ; j’en ai plusieurs – suggérait de les jeter à la mer, avec aux pieds, un lest suffisant pour assurer la noyade. Tous comptes faits, je crois que ma proposition est encore plus cruelle, et donc plus méritée.
§
Récemment, le Premier Ministre turc déclarait à Berlin : « Les hommes politiques allemands devraient en faire beaucoup plus pour l’adhésion de la Turquie dans l’union européenne, car cela ferait massivement avancer l’intégration ».
Voulait-il parler de l’intégration de l’Europe dans la Turquie ?
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En cherchant des aspects positifs au mandat de M. Sarkozy, j’en ai trouvé un, incontestable. Il n’a pas, comme ses prédécesseurs immédiats, dépensé l’argent public pour ériger un monument à sa gloire personnelle. Mitterrand avait commis la Pyramide (Pharaon Mitterrand ?) et la Très Grande Bibliothèque ; Chirac avait succombé à ses goûts ( ?) personnels en faisant édifier l’improbable Musée des Arts Primitifs.
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Si la démographie est – au moins à moyen terme – une science exacte, dans quelques dizaines d’années, ce sont les « Allemands de souche » qui seront en Allemagne les « Gastarbeiter » (2)
(2) Travailleurs immigrés
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(Numéro 78, Novembre)
7 milliards de voisins … et moi, et moi, et moi !?
Voici quelques jours, le sept-milliardième humain serait venu au monde. La poursuite de l’expansion démographique – même si certains spécialistes pronostiquent un palier vers 9 milliards – sera une des grandes questions du vingt-et-unième siècle. Si l’on y ajoute les problèmes climatiques et la fin des énergies fossiles, on voit qu’il y aura « du grain à moudre », comme disait l’inimitable André Bergeron.
La plus grande partie de ces nouveaux habitants de la planète voient le jour dans les pays pauvres, ou très pauvres, ou très très pauvres. Ils mourraient de faim et de maladies si les pays développés, au travers de leurs gouvernements ou des organisations humanitaires, ne leur venaient en aide. Or, quel est le résultat de ces aides ? Sauver des enfants qui à leur tour engendreront des multitudes de plus en plus démunies, misérables et affamées.
Avec le manque de sensiblerie – même de sensibilité – qui me caractérise, j’ai déjà proposé qu’on cesse toute aide alimentaire et médicale. Au prix d’une apparente cruauté, c’est en fait des générations qui seront épargnées, n’ayant jamais vu le jour. Ceux qui prendraient une telle mesure pourraient se vanter d’être les vrais bienfaiteurs de l’humanité.
Un de mes amis – il se reconnaitra sans qu’il soit besoin de le nommer – a suggéré une solution moins radicale, et sans doute plus acceptable par les courants de pensée du monde actuel. Il constate que dans ces pays le niveau de vie ne peut pas s’élever, car même si la « production nationale de richesses » y augmente, ce supplément de ressources est aussitôt absorbé – et même au-delà – par une population de plus en plus nombreuse : le niveau de vie baisse. Il propose de conditionner les aides diverses au développement à l’adoption d’un strict contrôle des naissances, ramenant en quelques années le taux de reproduction à (maximum) deux enfants par femme, sous un efficace et rigoureux contrôle international, il va sans dire. Les pays qui n’accepteraient pas cette règle seraient abandonnés à leur triste destin tropical.
La difficulté principale du dispositif résiderait sans doute dans la pertinence du suivi, dans des pays où les registres d’Etat Civil sont soit inexistants, soit rédigés avec une totale négligence.
Pourtant, l’amélioration du niveau de vie des pays qui entreraient dans cette voie, indépendamment des fruits qu’ils en retireraient, est la seule barrière, tenable sur la durée, contre la visite inopinée dans nos pays de cocagne, de ces 7 milliards de voisins, rongés par la famine et la pauvreté.
Ô Soleil !
Pensez-vous que les véritables adorateurs du Soleil ont été les Incas ou les Persans ? Si telle est votre opinion, vous vous trompez. Ceux qui vouent au Soleil le culte le plus fervent, le plus sincère et le plus constant sont les Berlinois.
Quelle que soit la saison, et même si elle est fraîche – ou froide, très froide – dès que l’Astre divin jette un pâle rayon sur la Capitale, les voitures décapotables se décapotent, et les terrasses de cafés qui ont la chance – ou l’intelligence – de se trouver « on the sunny side of the street » se remplissent aussitôt des zélateurs du Grand Lumignon. Certes il faut quand même se bien couvrir, et les chauffages à infrarouge ne suffisant pas à fournir le confort nécessaire aux rites, des couvertures (1) (rouges, beiges ou bleues), qui attendaient les fidèles soigneusement pliées sur les fauteuils, complètent l’équipement des adeptes de la secte. Le visage en extase, tourné vers le Dieu, paupières closes, ils se livrent à l’adoration de l’Universel Bienfaiteur.
(1) Dans d’autres pays, ces couvertures auraient très tôt fait de disparaître. Mais ici, nul ne les subtilise, témoins –fragiles – qu’au pays de Goethe et de Schiller tout n’a pas encore complètement foutu le camp.
§
Une idée (géniale ?) pour renouveler le personnel politique : interdire à tous ceux qui ont voté des budgets en déficit d’exercer à l’avenir tout mandat politique. Un de mes amis – pas celui évoqué ci-dessus, mais un autre ; j’en ai plusieurs – suggérait de les jeter à la mer, avec aux pieds, un lest suffisant pour assurer la noyade. Tous comptes faits, je crois que ma proposition est encore plus cruelle, et donc plus méritée.
§
Récemment, le Premier Ministre turc déclarait à Berlin : « Les hommes politiques allemands devraient en faire beaucoup plus pour l’adhésion de la Turquie dans l’union européenne, car cela ferait massivement avancer l’intégration ».
Voulait-il parler de l’intégration de l’Europe dans la Turquie ?
§
En cherchant des aspects positifs au mandat de M. Sarkozy, j’en ai trouvé un, incontestable. Il n’a pas, comme ses prédécesseurs immédiats, dépensé l’argent public pour ériger un monument à sa gloire personnelle. Mitterrand avait commis la Pyramide (Pharaon Mitterrand ?) et la Très Grande Bibliothèque ; Chirac avait succombé à ses goûts ( ?) personnels en faisant édifier l’improbable Musée des Arts Primitifs.
§
Si la démographie est – au moins à moyen terme – une science exacte, dans quelques dizaines d’années, ce sont les « Allemands de souche » qui seront en Allemagne les « Gastarbeiter » (2)
(2) Travailleurs immigrés
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01 novembre 2011
Brevia 77, octobre 2011
BREVIA 2011
(Numéro 77,Octobre)
Notes de Lecture
Jesus for the Non-Religious
S’inscrivant dans une longue tradition, qui part – au moins – de Luther, en passant par les Lumières et Renan, confortée par l’avancée des sciences, l’Évêque (anglican) John S. Spong relit le Nouveau Testament.
Il remet en cause les rites des Églises (catholiques et protestantes) dont il cherche en vain la trace dans les Ecritures, mais il va beaucoup, beaucoup plus loin, ce qui lui valut l’épithète d’ « évêque athée ».
Sa théorie est que la vie de Jésus, telle qu’elle nous est livrée par les Évangélistes n’est qu’une construction bâtie sur les schémas de la pensée et des traditions juives pendant les cinquante ans qui séparent la mort du Christ de la rédaction du premier Évangile ( Marc). Il documente sa recherche en s’appuyant sur les contradictions des « Textes Sacrés », sur une connaissance approfondie de l’Ancien Testament, et sur les connaissances scientifiques actuelles. Il en conclut que Jésus n’est pas né à Bethléem, qu’il n’était pas le « Fils de Dieu », que Marie n’était pas vierge, que Joseph n’a sans doute pas existé, et ainsi de suite.
Après avoir ainsi démonté pierre à pierre l’histoire « non historique » de Jésus, l’auteur recherche dans des passages qui lui semblent plus crédibles la véritable annonce de l’homme Jésus. Il le ramène ainsi à un « sage » dont le principal message aurait été l’amour de tous les hommes, sans distinction de race, de religion, de sexe. Il prétend que c’est l’expérience de cette rencontre extraordinaire qui conduisit les disciples à imaginer des « fables » inspirées par l’Ancien Testament pour tenter de transmettre à leurs contemporains juifs le sens profond de ce qu’ils avaient vécu pendant ce tête à tête.
Pour notre évêque, Dieu se confond avec cette expérience de l’amour, et tout le reste serait à remiser aux accessoires des fausses croyances. John Spong croit-il en Dieu ? C’est la question que l’on peut vraiment se poser, malgré ses dénégations. S’il y croit, c’est un Dieu bien éloigné de ce que la plus part d’entre nous appellent de ce nom. Il n’en demeure pas moins que son livre se lit avec un immense intérêt, même s’il est certain qu’il en irritera plus d’un.
Jesus for the Non-Religious, par John Shelby Spong, aux editions Harper Collins. Il n’existe pour l’instant qu’une traduction en français, en circulation restreinte, par Raymond Rakower, mais qui peut être envoyée par e-mail sous format Word à chaque personne intéressée qui en ferait la demande.
Notes de Lecture
Islam und Terrorismus
Sous le pseudonyme de Mark A. Gabriel, l’auteur, un musulman égyptien converti au christianisme, démontre la liaison congénitale de l’Islam et du terrorisme. Il est bien placé pour cela, ayant, avant sa conversion, fréquenté l’Université Azhar du Caire, et exercé les fonctions d’imam à Gizeh.
Pour suivre cette démonstration, il est nécessaire de se souvenir que les musulmans ne connaissent – et ne reconnaissent – qu’une seule vérité : le Coran.
« L’Islam n’est pas une religion « normale », comme les autres religions du monde. L’Islam est une croyance révolutionnaire, dont le but final est de détruire toute forme étatique crée par l’homme » (H. Stückelberger). Il n’y a pas de vraie différence entre Islam et Islamisme. Les « islamistes » sont ceux qui comprennent bien le Coran et qui le prennent au sérieux.
On cite parfois ces passages du Coran qui incitent à une attitude bienveillante face aux Juifs et aux Chrétiens (les « gens du Livre »). Mais de plus nombreux passages prônent leur destruction et leur asservissement. Ce qui apparaît comme une contradiction est résolu par le principe du « naskh », qui enseigne que la révélation la plus tardive efface et annule les plus anciennes. Comme Mohamed, au fur et à mesure que son pouvoir s’affermissait devenait de plus en plus intransigeant, seules ses dernières et plus cruelles révélations concernant les infidèles sont valables.
Le but ultime de l’Islam est la conversion – forcée ou volontaire – de la terre entière au culte d’Allah et l’instauration universelle d’une société basée uniquement sur le Coran.
Certes, le Christianisme a, lui aussi, une vocation universelle, mais même si les institutions humaines qui en sont issues ont pu, elles aussi, faire preuve de violence et de cruauté, le fondement des deux religions est de nature essentiellement différent. Le Nazaréen n’a jamais exalté la violence. L’action la plus brutale qu’on lui attribue est d’avoir renversé quelques tréteaux des marchands du Temple. Mahomet au contraire fut un guerrier redoutable et sans pitié.
Une simple anecdote illustrera cette différence. Quand on présenta à Jésus la femme adultère, il lui évita la lapidation. Mahomet, auquel une femme qui avait conçu hors de liens du mariage fut amenée, demanda qu’on attendit que l’enfant fût sevré pour livrer la femme au bourreau.
Suit une étude des principaux terroristes au travers des âges et des pays – l’Egypte se taillant la part du lion – de leurs méthodes et de leurs cibles : d’abord les pays musulmans « corrompus », c'est-à-dire n’appliquant pas à la lettre les enseignements du Coran, puis les pays occidentaux soutenant ceux-ci, et Israël.
Ayant ainsi établi la nature violente et intolérante de l’Islam (le Djihad est pour chaque Musulman un devoir absolu), l’auteur, avec la conviction – et la naïveté ? – d’un nouveau converti, espère que le christianisme pourra peu à peu ramener les brebis musulmanes égarées dans la voie de la vrai Foi.
Il est néanmoins clair pour Mark A. Gabriel que nous sommes face à une vraie confrontation idéologique fondamentale – un conflit de civilisation, quoi qu’en disent ceux qui se laissent prendre aux déclarations lénifiantes des « bons musulmans », qui ne sont que la cinquième colonne de l’Islam.
Cependant, pour ma part, je ne crois pas que les actions terroristes, aussi sanglantes soient-elles, seront capables de renverser l’ « Occident ». Elles peuvent nous inquiéter, rendre la vie quotidienne moins sûre et moins confortable, elles ne pourront venir à bout de nos institutions.
Je crains bien davantage les petits empiètements quotidiens, apparemment inoffensifs, mais dont la multiplication à l’infini produira des effets imprévisibles et irréversibles. Mais plus encore, je crains la bataille de la démographie dans laquelle – le moins que l’on puisse en dire – est que nous ne partons pas vainqueurs. Et le jour où les Musulmans seront en – forte ? – majorité dans nos pays, ceux-ci seront une proie facile pour les « vrais Musulmans », les islamistes intégristes. Finis les droits de l’homme, ceux de la femme, la liberté d’expression, et toutes les libertés qui ont fait de nous ce que nous sommes à ce jour.
Islam und Terrorismus, par Mark A. Gabriel, aux éditions Resch-Verlag. Pas de traduction en français à ce jour.
§
Selon toute vraisemblance, nous aurons en 2012 un Président de la République socialiste. L’Assemblée Nationale et le Gouvernement suivront. Notre seule consolation est que les contraintes qui pèseront sur ce gouvernement le mettront dans l’incapacité de tenir leurs promesses – comme tous ceux qui l’ont précédé – et de faire trop de dégâts. Notre seul regret est que cela repoussera de cinq ans les nécessaires actions de redressement de notre pauvre – très pauvre – vieux pays.
Tous les candidats socialistes qui se sont exprimé lors des primaires du parti, ont vilipendé les « licenciements boursiers ». Mais aucun n’en a donné une définition. Je crois que je peux deviner ce qu’elle serait à leurs yeux : toute entreprise qui ferait des bénéfices ne serait pas autorisée à licencier. Or les bénéfices d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain (c’est un Chancelier socialiste allemand qui l’a dit !). Tous ces ignares ignorent que plus on met de freins aux licenciements, plus on tarit les embauches. Mais ils apprendront, avec le temps, et … à nos dépens.
§
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(Numéro 77,Octobre)
Notes de Lecture
Jesus for the Non-Religious
S’inscrivant dans une longue tradition, qui part – au moins – de Luther, en passant par les Lumières et Renan, confortée par l’avancée des sciences, l’Évêque (anglican) John S. Spong relit le Nouveau Testament.
Il remet en cause les rites des Églises (catholiques et protestantes) dont il cherche en vain la trace dans les Ecritures, mais il va beaucoup, beaucoup plus loin, ce qui lui valut l’épithète d’ « évêque athée ».
Sa théorie est que la vie de Jésus, telle qu’elle nous est livrée par les Évangélistes n’est qu’une construction bâtie sur les schémas de la pensée et des traditions juives pendant les cinquante ans qui séparent la mort du Christ de la rédaction du premier Évangile ( Marc). Il documente sa recherche en s’appuyant sur les contradictions des « Textes Sacrés », sur une connaissance approfondie de l’Ancien Testament, et sur les connaissances scientifiques actuelles. Il en conclut que Jésus n’est pas né à Bethléem, qu’il n’était pas le « Fils de Dieu », que Marie n’était pas vierge, que Joseph n’a sans doute pas existé, et ainsi de suite.
Après avoir ainsi démonté pierre à pierre l’histoire « non historique » de Jésus, l’auteur recherche dans des passages qui lui semblent plus crédibles la véritable annonce de l’homme Jésus. Il le ramène ainsi à un « sage » dont le principal message aurait été l’amour de tous les hommes, sans distinction de race, de religion, de sexe. Il prétend que c’est l’expérience de cette rencontre extraordinaire qui conduisit les disciples à imaginer des « fables » inspirées par l’Ancien Testament pour tenter de transmettre à leurs contemporains juifs le sens profond de ce qu’ils avaient vécu pendant ce tête à tête.
Pour notre évêque, Dieu se confond avec cette expérience de l’amour, et tout le reste serait à remiser aux accessoires des fausses croyances. John Spong croit-il en Dieu ? C’est la question que l’on peut vraiment se poser, malgré ses dénégations. S’il y croit, c’est un Dieu bien éloigné de ce que la plus part d’entre nous appellent de ce nom. Il n’en demeure pas moins que son livre se lit avec un immense intérêt, même s’il est certain qu’il en irritera plus d’un.
Jesus for the Non-Religious, par John Shelby Spong, aux editions Harper Collins. Il n’existe pour l’instant qu’une traduction en français, en circulation restreinte, par Raymond Rakower, mais qui peut être envoyée par e-mail sous format Word à chaque personne intéressée qui en ferait la demande.
Notes de Lecture
Islam und Terrorismus
Sous le pseudonyme de Mark A. Gabriel, l’auteur, un musulman égyptien converti au christianisme, démontre la liaison congénitale de l’Islam et du terrorisme. Il est bien placé pour cela, ayant, avant sa conversion, fréquenté l’Université Azhar du Caire, et exercé les fonctions d’imam à Gizeh.
Pour suivre cette démonstration, il est nécessaire de se souvenir que les musulmans ne connaissent – et ne reconnaissent – qu’une seule vérité : le Coran.
« L’Islam n’est pas une religion « normale », comme les autres religions du monde. L’Islam est une croyance révolutionnaire, dont le but final est de détruire toute forme étatique crée par l’homme » (H. Stückelberger). Il n’y a pas de vraie différence entre Islam et Islamisme. Les « islamistes » sont ceux qui comprennent bien le Coran et qui le prennent au sérieux.
On cite parfois ces passages du Coran qui incitent à une attitude bienveillante face aux Juifs et aux Chrétiens (les « gens du Livre »). Mais de plus nombreux passages prônent leur destruction et leur asservissement. Ce qui apparaît comme une contradiction est résolu par le principe du « naskh », qui enseigne que la révélation la plus tardive efface et annule les plus anciennes. Comme Mohamed, au fur et à mesure que son pouvoir s’affermissait devenait de plus en plus intransigeant, seules ses dernières et plus cruelles révélations concernant les infidèles sont valables.
Le but ultime de l’Islam est la conversion – forcée ou volontaire – de la terre entière au culte d’Allah et l’instauration universelle d’une société basée uniquement sur le Coran.
Certes, le Christianisme a, lui aussi, une vocation universelle, mais même si les institutions humaines qui en sont issues ont pu, elles aussi, faire preuve de violence et de cruauté, le fondement des deux religions est de nature essentiellement différent. Le Nazaréen n’a jamais exalté la violence. L’action la plus brutale qu’on lui attribue est d’avoir renversé quelques tréteaux des marchands du Temple. Mahomet au contraire fut un guerrier redoutable et sans pitié.
Une simple anecdote illustrera cette différence. Quand on présenta à Jésus la femme adultère, il lui évita la lapidation. Mahomet, auquel une femme qui avait conçu hors de liens du mariage fut amenée, demanda qu’on attendit que l’enfant fût sevré pour livrer la femme au bourreau.
Suit une étude des principaux terroristes au travers des âges et des pays – l’Egypte se taillant la part du lion – de leurs méthodes et de leurs cibles : d’abord les pays musulmans « corrompus », c'est-à-dire n’appliquant pas à la lettre les enseignements du Coran, puis les pays occidentaux soutenant ceux-ci, et Israël.
Ayant ainsi établi la nature violente et intolérante de l’Islam (le Djihad est pour chaque Musulman un devoir absolu), l’auteur, avec la conviction – et la naïveté ? – d’un nouveau converti, espère que le christianisme pourra peu à peu ramener les brebis musulmanes égarées dans la voie de la vrai Foi.
Il est néanmoins clair pour Mark A. Gabriel que nous sommes face à une vraie confrontation idéologique fondamentale – un conflit de civilisation, quoi qu’en disent ceux qui se laissent prendre aux déclarations lénifiantes des « bons musulmans », qui ne sont que la cinquième colonne de l’Islam.
Cependant, pour ma part, je ne crois pas que les actions terroristes, aussi sanglantes soient-elles, seront capables de renverser l’ « Occident ». Elles peuvent nous inquiéter, rendre la vie quotidienne moins sûre et moins confortable, elles ne pourront venir à bout de nos institutions.
Je crains bien davantage les petits empiètements quotidiens, apparemment inoffensifs, mais dont la multiplication à l’infini produira des effets imprévisibles et irréversibles. Mais plus encore, je crains la bataille de la démographie dans laquelle – le moins que l’on puisse en dire – est que nous ne partons pas vainqueurs. Et le jour où les Musulmans seront en – forte ? – majorité dans nos pays, ceux-ci seront une proie facile pour les « vrais Musulmans », les islamistes intégristes. Finis les droits de l’homme, ceux de la femme, la liberté d’expression, et toutes les libertés qui ont fait de nous ce que nous sommes à ce jour.
Islam und Terrorismus, par Mark A. Gabriel, aux éditions Resch-Verlag. Pas de traduction en français à ce jour.
§
Selon toute vraisemblance, nous aurons en 2012 un Président de la République socialiste. L’Assemblée Nationale et le Gouvernement suivront. Notre seule consolation est que les contraintes qui pèseront sur ce gouvernement le mettront dans l’incapacité de tenir leurs promesses – comme tous ceux qui l’ont précédé – et de faire trop de dégâts. Notre seul regret est que cela repoussera de cinq ans les nécessaires actions de redressement de notre pauvre – très pauvre – vieux pays.
Tous les candidats socialistes qui se sont exprimé lors des primaires du parti, ont vilipendé les « licenciements boursiers ». Mais aucun n’en a donné une définition. Je crois que je peux deviner ce qu’elle serait à leurs yeux : toute entreprise qui ferait des bénéfices ne serait pas autorisée à licencier. Or les bénéfices d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain (c’est un Chancelier socialiste allemand qui l’a dit !). Tous ces ignares ignorent que plus on met de freins aux licenciements, plus on tarit les embauches. Mais ils apprendront, avec le temps, et … à nos dépens.
§
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Brevia 76, septembre 2011
BREVIA 2011
(Numéro 76,Septembre)
Paraphrasant Pierre Dac, on pourrait dire qu’un consultant n’est pas obligatoirement un potentat oriental dénué de bon sens, pas plus qu’un consentant n’est un crétin doué d’un bon odorat.
Passant du Ministère des Finances à la direction du Fonds Monétaire International, Mme Lagarde a changé de discours. Ce qui prouve que l’origine n’en est pas dans la tête, mais dans la casquette.
§
La crise. On nous en parle tous les jours : les Bourses qui s’effondrent, le chômage qui galope, … On oublie simplement de nous rappeler que la SEULE origine de cette crise c’est la monstruosité des dettes souveraines, causée par des politiciens incompétents et irresponsables dont l’UNIQUE but est d’assurer leur réélection, et par là, le maintien de leurs privilèges.
Un des remèdes serait de limiter le nombre de mandats successifs : un seul pour le Président de la République, deux peut-être pour les Députés.
Nous nous priverions alors, dira-t-on des fruits de l’Expérience ? Quand on voit où ces fruits nous ont conduits, on aurait tendance à faire confiance à la spontanéité.
§
Tel une montagne accouchant d’une souris, le Gouvernement français vient de mettre au monde son « plan de rigueur ». On ne sait qui l’emporte de la colère ou du mépris.
Colère, parce que la partie la plus lourde de ce « plan » consiste en un alourdissement de 13 milliards des taxes et impôts dans un pays déjà champion du monde des prélèvements obligatoires. Mépris, parce que seul un petit milliard d’économies sera – peut-être ? – réalisé sur les dépenses. La proportion inverse eut pu paraître acceptable.
Quand nos « élites » comprendront-elles que l’impôt tue l’impôt ? Faudra-t-il attendre d’avoir ruiné tous les « riches », ou bien qu’ils soient partis sous d’autres cieux, emportant avec eux les fonds qui constituent la base (le capital) de toute Economie ?
Ce n’est pas de « zéro virgule quelque chose » qu’il faut baisser la dépense publique, mais de 20, 30, voire 40%. D’autres pays l’ont fait ou le font. Et la liste des dépenses à supprimer est FACILE à faire. Sommes-nous plus obtus que les autres ?
§
Berlin. Récemment, une « réunion de quartier » était organisée dans la Wielandstrasse pour que la population concernée débatte de l’avenir de l’Olivaer Platz. Mon propos n’est pas d’entrer dans ce débat local, quoique j’aie là-dessus ma petite idée (1).
Il est davantage de m’interroger sur les procédés qui conduisent à des ensembles architecturaux réussis. Par « réussis », j’entends qui recueillent l’approbation des contemporains et l’admiration des générations suivantes.
Citons quelques places, au hasard, qui répondent, me semble-t-il à cette définition : la Place Royale à Paris (dite place des Vosges), la Piazza Navona à Rome, le Gendarmenmarkt à Berlin. Elles sont toutes ou bien le résultat de la volonté d’un seul – maitre d’ouvrage ou architecte – ou bien la sédimentation d’un peuple cultivé et qui possédait – intuitivement – la notion de BEAU
(1) Vendre la partie Est de la Place pour un programme immobilier, avec obligation de construire un parking public souterrain de capacité égale à l’actuel parking. C’est un terrain qui appartient à la Commune et sa vente permettrait de financer (en totalité ? en partie ?) l’opération. N’oublions pas que Berlin est « pleite ». Dans toute la partie qui longe la Place, réduire la Lietzenburger Strasse à seulement deux voies (une dans chaque sens) : cela regagne un peu de place pour la verdure, presque celle perdue pour la nouvelle construction, et y mettre les passages piétons nécessaires. Dans la partie restante, qui aura quasiment retrouvé sa forme carrée d’origine : pelouses, arbres, fontaines …Il ne sert à rien de faire un trop grand parc, si on n’a pas les moyens de l’entretenir.
NB : Le nom Olivaer Platz vient du nom d’un quartier de Dantzig, lui-même venant du Traité d’Oliva/ Oliwa qui, entre autres, en 1660 reconnut les droits des Hohenzollern au Duché de Prusse, avec les conséquences historiques connues.
§
A la lecture de l’ouvrage de Jacques Delarue : Histoire de la Gestapo (Editions Nouveau Monde Poche, 9 €), on constate une fois de plus que la symbiose Etat/Parti unique/Police est l’universelle recette de la tyrannie. Après les Nationaux Socialistes, les dirigeants communistes de feu la DDR avaient été à bonne école – sans compter les fruits de leur apprentissage stalinien – pour prolonger d’un demi-siècle en Allemagne un régime de terreur.
§
Les Etats – la France en particulier – s’insurgent contre la « dictature des marchés », les pouvoirs des « spéculateurs », la mainmise de l’Economie sur le Politique. Mais si ces Etats ne s’étaient pas déraisonnablement endettés – non pour préparer l’avenir, mais pour payer leurs dépenses courantes – ils n’auraient pas besoin de recourir à l’emprunt et de se voir soumis à des notations que d’ailleurs ils contestent, comme un malade qui veut casser le thermomètre plutôt que d’admettre qu’il a une forte fièvre.
§
La solidarité n’est pas autre chose que d’obliger la Vertu à secourir le Vice ou l’imprévoyance.
§
Monsieur Chirac est trop délabré pour assister à son procès. Mais, que je sache, il est encore en état de siéger au Conseil Constitutionnel – et d’encaisser les émoluments y afférant.
§
Et pour terminer sur une note plus gaie, je vous voudrais narrer une anecdote (authentique) et qui me plait infiniment : un de mes amis, juif et athée de surcroit, se trouvait en Israël au début des années 50. Voyageant un jour de shabbat en autocar, un vieux monsieur, manifestement juif orthodoxe, était assis à ses cotés sur une bouillotte en caoutchouc remplie d’eau. Intrigué, mon ami s’enquiert. « Mais c’est le shabbat ! » s’écrie le vieillard. Tout d’un coup il comprend : On n’a pas le droit de voyager le jour du shabbat, sauf « sur l’eau » (car on ne peut interrompre un voyage en mer !). Le vieux monsieur avait respecté la Loi – et répondu à la nécessité de son déplacement.
Vous pouvez retrouver l’intégralité des Brevia en visitant mon Web Log à l’adresse suivante :
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(Numéro 76,Septembre)
Paraphrasant Pierre Dac, on pourrait dire qu’un consultant n’est pas obligatoirement un potentat oriental dénué de bon sens, pas plus qu’un consentant n’est un crétin doué d’un bon odorat.
Passant du Ministère des Finances à la direction du Fonds Monétaire International, Mme Lagarde a changé de discours. Ce qui prouve que l’origine n’en est pas dans la tête, mais dans la casquette.
§
La crise. On nous en parle tous les jours : les Bourses qui s’effondrent, le chômage qui galope, … On oublie simplement de nous rappeler que la SEULE origine de cette crise c’est la monstruosité des dettes souveraines, causée par des politiciens incompétents et irresponsables dont l’UNIQUE but est d’assurer leur réélection, et par là, le maintien de leurs privilèges.
Un des remèdes serait de limiter le nombre de mandats successifs : un seul pour le Président de la République, deux peut-être pour les Députés.
Nous nous priverions alors, dira-t-on des fruits de l’Expérience ? Quand on voit où ces fruits nous ont conduits, on aurait tendance à faire confiance à la spontanéité.
§
Tel une montagne accouchant d’une souris, le Gouvernement français vient de mettre au monde son « plan de rigueur ». On ne sait qui l’emporte de la colère ou du mépris.
Colère, parce que la partie la plus lourde de ce « plan » consiste en un alourdissement de 13 milliards des taxes et impôts dans un pays déjà champion du monde des prélèvements obligatoires. Mépris, parce que seul un petit milliard d’économies sera – peut-être ? – réalisé sur les dépenses. La proportion inverse eut pu paraître acceptable.
Quand nos « élites » comprendront-elles que l’impôt tue l’impôt ? Faudra-t-il attendre d’avoir ruiné tous les « riches », ou bien qu’ils soient partis sous d’autres cieux, emportant avec eux les fonds qui constituent la base (le capital) de toute Economie ?
Ce n’est pas de « zéro virgule quelque chose » qu’il faut baisser la dépense publique, mais de 20, 30, voire 40%. D’autres pays l’ont fait ou le font. Et la liste des dépenses à supprimer est FACILE à faire. Sommes-nous plus obtus que les autres ?
§
Berlin. Récemment, une « réunion de quartier » était organisée dans la Wielandstrasse pour que la population concernée débatte de l’avenir de l’Olivaer Platz. Mon propos n’est pas d’entrer dans ce débat local, quoique j’aie là-dessus ma petite idée (1).
Il est davantage de m’interroger sur les procédés qui conduisent à des ensembles architecturaux réussis. Par « réussis », j’entends qui recueillent l’approbation des contemporains et l’admiration des générations suivantes.
Citons quelques places, au hasard, qui répondent, me semble-t-il à cette définition : la Place Royale à Paris (dite place des Vosges), la Piazza Navona à Rome, le Gendarmenmarkt à Berlin. Elles sont toutes ou bien le résultat de la volonté d’un seul – maitre d’ouvrage ou architecte – ou bien la sédimentation d’un peuple cultivé et qui possédait – intuitivement – la notion de BEAU
(1) Vendre la partie Est de la Place pour un programme immobilier, avec obligation de construire un parking public souterrain de capacité égale à l’actuel parking. C’est un terrain qui appartient à la Commune et sa vente permettrait de financer (en totalité ? en partie ?) l’opération. N’oublions pas que Berlin est « pleite ». Dans toute la partie qui longe la Place, réduire la Lietzenburger Strasse à seulement deux voies (une dans chaque sens) : cela regagne un peu de place pour la verdure, presque celle perdue pour la nouvelle construction, et y mettre les passages piétons nécessaires. Dans la partie restante, qui aura quasiment retrouvé sa forme carrée d’origine : pelouses, arbres, fontaines …Il ne sert à rien de faire un trop grand parc, si on n’a pas les moyens de l’entretenir.
NB : Le nom Olivaer Platz vient du nom d’un quartier de Dantzig, lui-même venant du Traité d’Oliva/ Oliwa qui, entre autres, en 1660 reconnut les droits des Hohenzollern au Duché de Prusse, avec les conséquences historiques connues.
§
A la lecture de l’ouvrage de Jacques Delarue : Histoire de la Gestapo (Editions Nouveau Monde Poche, 9 €), on constate une fois de plus que la symbiose Etat/Parti unique/Police est l’universelle recette de la tyrannie. Après les Nationaux Socialistes, les dirigeants communistes de feu la DDR avaient été à bonne école – sans compter les fruits de leur apprentissage stalinien – pour prolonger d’un demi-siècle en Allemagne un régime de terreur.
§
Les Etats – la France en particulier – s’insurgent contre la « dictature des marchés », les pouvoirs des « spéculateurs », la mainmise de l’Economie sur le Politique. Mais si ces Etats ne s’étaient pas déraisonnablement endettés – non pour préparer l’avenir, mais pour payer leurs dépenses courantes – ils n’auraient pas besoin de recourir à l’emprunt et de se voir soumis à des notations que d’ailleurs ils contestent, comme un malade qui veut casser le thermomètre plutôt que d’admettre qu’il a une forte fièvre.
§
La solidarité n’est pas autre chose que d’obliger la Vertu à secourir le Vice ou l’imprévoyance.
§
Monsieur Chirac est trop délabré pour assister à son procès. Mais, que je sache, il est encore en état de siéger au Conseil Constitutionnel – et d’encaisser les émoluments y afférant.
§
Et pour terminer sur une note plus gaie, je vous voudrais narrer une anecdote (authentique) et qui me plait infiniment : un de mes amis, juif et athée de surcroit, se trouvait en Israël au début des années 50. Voyageant un jour de shabbat en autocar, un vieux monsieur, manifestement juif orthodoxe, était assis à ses cotés sur une bouillotte en caoutchouc remplie d’eau. Intrigué, mon ami s’enquiert. « Mais c’est le shabbat ! » s’écrie le vieillard. Tout d’un coup il comprend : On n’a pas le droit de voyager le jour du shabbat, sauf « sur l’eau » (car on ne peut interrompre un voyage en mer !). Le vieux monsieur avait respecté la Loi – et répondu à la nécessité de son déplacement.
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08 septembre 2011
Brevia 75, août 2011
BREVIA 2011
(Numéro 75,Août)
Certains maudissent les Dieux, non pour s’être refusés à leurs prières, mais pour les avoir exhaussées.
Les famines ne régulent plus le nombre d’occupants de la planète. Quel mécanisme les remplacera ?
Pourquoi faut-il toujours « faire les choses » ? Pourquoi ne se font-elles pas elles-mêmes ?
Les « forces de l’ordre », dans bien des cas se nommeraient plus idoinement les faiblesses de l’ordre.
§
Le mois dernier, Mme Eva Joly, candidate franco-norvégienne du parti des Verts aux élections présidentielles de 2012, a fait une proposition qui a donné lieu à bien des débats, et à force déclarations plus ou moins réfléchies. Elle voudrait en effet supprimer le défilé militaire du 14 juillet pour le remplacer par un « défilé citoyen ». Ce qu’elle entendait par là est resté jusqu’à présent un impénétrable mystère.
Envisagerait-elle de faire défiler un échantillon représentatif de la population ? Avec ses érémistes, ses chômeurs, ses trafiquants de drogue, ses péripatéticiennes, ses pharmaciens, ses joueurs d’échecs et ses clandestins ? Et comme public, peut-être, l’Armée ? Ridicule !
Et personne, cependant, n’a saisi l’occasion de ce débat pour suggérer de supprimer le défilé du 14 juillet pour des raisons d’économies ? Un pays ruiné, qui après le Portugal, l’Irlande, la Grèce, l’Italie et l’Espagne sera demain au bord de la faillite ne devrait pas festoyer aux frais des générations futures. Ce n’est qu’en taillant impitoyablement dans toutes les dépenses, grandes ou petites, que nous avons une chance de rétablir notre situation sans une augmentation démentielle et suicidaire des prélèvements obligatoires qui sont déjà parmi les plus élevés de la planète.
On pourra à la rigueur réinstaller le défilé le jour où la dette sera apurée et où le budget sera en excédent.
Etnische Ökonomien
Le 17 août, la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté, organisait dans les bâtiments de la représentation de la Hesse à Berlin un symposium consacré à la participation des étrangers à l’économie de la Capitale.
Devant une assistance de 150 personnes (pour la moitié d’origine turque), divers intervenants : deux chefs d’entreprises turcs, le Ministre fédéral de l’Economie (Philipp Rösler) et Christoph Meyer, chef du groupe parlementaire FDP de Berlin. Tous ont souligné, avec satisfaction, le nombre d’entreprises fondées ou dirigées par des Turcs ou des personnes d’origine turque (Migrations Hintergrund). 25% des petites entreprises à Berlin seraient d’origine turque, sans tenir compte des entreprises illicites : commerce de drogues, prostitution, fausse monnaie … beaucoup de ces petites entreprises licites sont dans les secteurs de l’alimentation (fruits et légumes, kébabs …) ou des transports : taxis.
On a relevé que le poids de l’ « économie turque » serait équivalent à celui de l’ « économie polonaise ». Ce qui, compte tenu de l’importance relative des populations concernées, ne semble pas être un compliment à l’économie turque.
Tout en proclamant haut et fort qu’ils sont allemands, ces Turcs qui ont réussi insistent aussi fortement sur leur turquitude. Ils se veulent égaux, mais … différents. Jusqu’à, pour certains, réclamer l’instauration de quotas. Egaux, mais … turcs !
Cette mise en avant de quelques réussites, tout à fait louables, néglige évidemment la question d’un très grand nombre d’immigrés qui ne vivent que de l’assistance des fonds publics, qui refusent obstinément toute forme d’intégration, et qui permettent, à juste titre, de se demander si, globalement, l’apport de la population turque est, pour l’Allemagne, et plus spécialement pour Berlin, une contribution positive ou un poids mort insupportable.
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(Numéro 75,Août)
Certains maudissent les Dieux, non pour s’être refusés à leurs prières, mais pour les avoir exhaussées.
Les famines ne régulent plus le nombre d’occupants de la planète. Quel mécanisme les remplacera ?
Pourquoi faut-il toujours « faire les choses » ? Pourquoi ne se font-elles pas elles-mêmes ?
Les « forces de l’ordre », dans bien des cas se nommeraient plus idoinement les faiblesses de l’ordre.
§
Le mois dernier, Mme Eva Joly, candidate franco-norvégienne du parti des Verts aux élections présidentielles de 2012, a fait une proposition qui a donné lieu à bien des débats, et à force déclarations plus ou moins réfléchies. Elle voudrait en effet supprimer le défilé militaire du 14 juillet pour le remplacer par un « défilé citoyen ». Ce qu’elle entendait par là est resté jusqu’à présent un impénétrable mystère.
Envisagerait-elle de faire défiler un échantillon représentatif de la population ? Avec ses érémistes, ses chômeurs, ses trafiquants de drogue, ses péripatéticiennes, ses pharmaciens, ses joueurs d’échecs et ses clandestins ? Et comme public, peut-être, l’Armée ? Ridicule !
Et personne, cependant, n’a saisi l’occasion de ce débat pour suggérer de supprimer le défilé du 14 juillet pour des raisons d’économies ? Un pays ruiné, qui après le Portugal, l’Irlande, la Grèce, l’Italie et l’Espagne sera demain au bord de la faillite ne devrait pas festoyer aux frais des générations futures. Ce n’est qu’en taillant impitoyablement dans toutes les dépenses, grandes ou petites, que nous avons une chance de rétablir notre situation sans une augmentation démentielle et suicidaire des prélèvements obligatoires qui sont déjà parmi les plus élevés de la planète.
On pourra à la rigueur réinstaller le défilé le jour où la dette sera apurée et où le budget sera en excédent.
Etnische Ökonomien
Le 17 août, la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté, organisait dans les bâtiments de la représentation de la Hesse à Berlin un symposium consacré à la participation des étrangers à l’économie de la Capitale.
Devant une assistance de 150 personnes (pour la moitié d’origine turque), divers intervenants : deux chefs d’entreprises turcs, le Ministre fédéral de l’Economie (Philipp Rösler) et Christoph Meyer, chef du groupe parlementaire FDP de Berlin. Tous ont souligné, avec satisfaction, le nombre d’entreprises fondées ou dirigées par des Turcs ou des personnes d’origine turque (Migrations Hintergrund). 25% des petites entreprises à Berlin seraient d’origine turque, sans tenir compte des entreprises illicites : commerce de drogues, prostitution, fausse monnaie … beaucoup de ces petites entreprises licites sont dans les secteurs de l’alimentation (fruits et légumes, kébabs …) ou des transports : taxis.
On a relevé que le poids de l’ « économie turque » serait équivalent à celui de l’ « économie polonaise ». Ce qui, compte tenu de l’importance relative des populations concernées, ne semble pas être un compliment à l’économie turque.
Tout en proclamant haut et fort qu’ils sont allemands, ces Turcs qui ont réussi insistent aussi fortement sur leur turquitude. Ils se veulent égaux, mais … différents. Jusqu’à, pour certains, réclamer l’instauration de quotas. Egaux, mais … turcs !
Cette mise en avant de quelques réussites, tout à fait louables, néglige évidemment la question d’un très grand nombre d’immigrés qui ne vivent que de l’assistance des fonds publics, qui refusent obstinément toute forme d’intégration, et qui permettent, à juste titre, de se demander si, globalement, l’apport de la population turque est, pour l’Allemagne, et plus spécialement pour Berlin, une contribution positive ou un poids mort insupportable.
Vous pouvez retrouver l’intégralité des Brevia en visitant mon Web Log à l’adresse suivante :
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28 juillet 2011
Brevia 74, juillet 2011
BREVIA 2011
(Numéro 74,Juillet)
Give me Yesterday
W. M. Pope
On dit, à juste titre, que l’on est vraiment mort que quand plus personne ne sait que l’on a existé; c’est pour les préserver encore quelque temps que je voudrais évoquer ici quelques métiers des rues parisiennes de mon enfance (1).
Le marchand de glace, avec sa charrette à cheval, équipée en glacière, distribuait des morceaux de glace à ses clients. Il brisait les énormes barres de glace avec une sorte de poinçon et vous servait – plus ou moins – la quantité désirée, à une époque où le réfrigérateur n’avait pas encore franchi l’Atlantique, et où ce que l’on avait imaginé de mieux, pour conserver les aliments, était le garde-manger sous la fenêtre de la cuisine.
Le Dimanche, le chanteur des rues, accordéon en bandoulière, débitait ses ritournelles. On enveloppait quelques piécettes dans un bout de papier journal, et on les lui jetait par la fenêtre, s’attirant un signe de tête ou, si la somme était conséquente, un coup de chapeau, lequel couvre-chef n’était bien souvent qu’une prolétaire casquette. Cette activité ne pouvait s’exercer que dans des voies relativement calmes. La rue Simon Dereure, en impasse aboutissant au Château des Brouillards à Montmartre semblait avoir été spécialement pour favoriser cette harmonique profession.
Dans une minuscule échoppe, coincée entre deux boutiques, la remailleuse de bas, laborieuse araignée, réparait les accrocs de ces accessoires féminins. Signalons au passage que les bas – avant l’introduction du prosaïque collant
- se détachaient parfois de l’appareil compliqué qui les maintenaient en place. Et que ces dames s’arrêtaient sous une porte cochère pour les rattacher au porte-jarretelles, ce qui pouvait procurer de bien charmants spectacles aux polissons de tous âges et de toutes conditions. C’est dans de lilliputiennes baraques, comme celles des remailleuses, qu’opérait le réparateur de montres et pendules.
Le rétameur poussait son atelier à roulettes, réparant les casseroles et autres ustensiles culinaires en plaquant de l’étain sur les parties endommagées. Le rémouleur, avec sa meule portative, actionnée par une pédale à pieds, aiguisait ciseaux et couteaux.
Le vitrier, portant sur son dos un assortiment des ses produits, s’annonce, comme ses diminutifs congénères industriels, par un cri caractéristique qui réveille la besogneuse ménagère et l’incite à de peu dispendieux achats. Comme on pouvait le soupçonner de casser lui-même les vitres pour élargir le champ de ses activités, on entendait parfois la comptine suivante :
Encore un carreau d’cassé
V’là l’vitrier qui passe
Encore un carreau d’cassé
V’là l’vitrier d’passé
Un autre personnage de la rue d’antan, surgissant de nulle part aux petites heures, avant le passage des éboueurs, c’était le chiffonnier, qui, armé de son crochet, fouillait les poubelles et en extrayait tout ce qui pouvait encore avoir une quelconque valeur marchande. Cette activité matinale épuisée, lui et d’autres – dont le sympathique clochard qui n’avait pas encore été remplacé par un revendicatif SDF – ramassaient les mégots de cigarettes. A l’époque, le filtre ne sévissait pas encore, et les bouts de cigarettes recélaient une quantité non négligeable – et non négligée – de tabac, et nos ramasseurs de mégots pouvaient à bon compte se livrer aux délices du pétun, sans songer que les mixtures ainsi confectionnées étaient affreusement nocives. Mais peut-être ne tenaient-ils pas à prolonger outre mesure une morne existence ?
Au long des rues où s’établissent les commerces de comestibles, comme le rue Lepic, les jours de marché, les marchandes de quatre saisons sortaient de remises improbables leurs voiturettes, et participaient à l’animation locale, vantant à haute et forte voix la qualité inégalable de leurs produits.
Dans les squares et jardins publics, même les plus modestes, deux personnages n’étaient jamais absents : le gardien se square faisait respecter l’ordre et les bonnes mœurs et s’assuraient qu’aucune activité illicite ou dérangeante ne venait troubler les espaces bucoliques et familiaux soumis à sa vigilance. Entre deux rondes, il se reposait dans une guérite, repos d’autant plus nécessaire que ces places étaient souvent attribuées à des invalides auxquels il manquait un bras ou une jambe. Plus à redouter que ce souvent débonnaire employé, était la chaisière qui encaissait les sommes – minimes – dues pour l’occupation d’une chaise ou d’un fauteuil. Seuls, les bancs ne donnaient droit à la perception d’aucun péage. Dans les grands jardins, Tuileries, Luxembourg, Parc Monceau, l’esprit resquilleur du Français trouvait matière à un exercice bien incivique en surveillant l’approche de la chaisière, et en quittant le siège, avant paiement et avant l’arrivée d’icelle, généralement une petite femme sans âge, vêtue de noir et coiffée de même.
A l’église, le bedeau, qui le Dimanche revêtait son uniforme de Suisse (bicorne, culotte bleue et bas blancs, veste galonnée) et de sa grande canne à pommeau d’argent martelant le pavé du saint lieu, était bien digne de la crainte, du respect et de l’admiration que chacun lui témoignait. Celui de Saint-Pierre de Montmartre, ma paroisse, m’impressionnait, cependant pas au point d’éveiller une vocation en mon âme enfantine.
Quant aux concierges, aux vraies, que l’on n’avait pas encore affublées de ces périphrases creuses et pompeuses dont notre époque raffole, elles vivaient, seules ou en couple, dans la loge, un modique local se composant en général d’une pièce et d’une cuisine. Celles qui étaient célibataires atténuaient la solitude de leur existence par la possession d’un chat ou d’une cage de canaris – rarement les deux à la fois, pour la compréhensible raison résultant de l’attirance de la gent féline pour la gent ailée. Elles entretenaient les escaliers (d’où le panneau fréquemment accroché à la porte de la loge : « La concierge est dans l’escalier » qui signalait la présence dans les hautes sphères de cette préposée). Elles montaient le courrier à chaque appartement – parfois jusqu’à trois fois par jour – évitant ainsi les disgracieuses batteries de boites aux lettres qui encombrent de nos jours les entrées d’immeubles. Passée une certaine heure, pour rentrer chez soi, il fallait sonner à la porte cochère ; la concierge tirait le cordon, la porte s’ouvrait, et en passant devant la loge, on criait bien distinctement son nom, quitte à la réveiller plusieurs fois par nuit, ou à interrompre les ébats conjugaux d’un couple légitime. Souvent, pour sortir à la nuit tombée, il fallait en passant devant la loge crier : « Cordon ! ». La concierge ouvrait alors la porte. Cette présence perpétuelle (pas de vacances pour les pipelets !), parfois discrète, parfois agressive, assurait aux biens et aux personnes une sécurité qu’aucun de nos dispositifs modernes n’est en passe d’égaler.
Quand on empruntait l’autobus, le receveur oblitérait grâce à une petite machine pendue à sa ceinture le nombre de tickets correspondant au nombre de « sections » du trajet. C’était lui qui tirait sur la chaînette reliée à une cloche dans la cabine du conducteur pour donner le signal du départ, et qui, aux heures d’affluence, appelait dans l’ordre les billets que l’on devait prendre sur un appareil approprié aux stations les plus fréquentées, et qui rattachait la chaine de la plate-forme quand il jugeait que son véhicule avait fait le plein de voyageurs. Il tentait aussi d’interdire aux intrépides de monter ou de descendre en marche de la plate-forme ouverte située à l’arrière de l’autobus, et où il était licite de fumer combinant ainsi les déplacements physiques avec ceux plus chimériques provoqués par l’herbe à Nicot.
Dans le Métropolitain, l’accès aux quais n’était possible qu’après avoir franchi le portillon gardé par le poinçonneur de tickets, aux Lilas comme ailleurs. Pour maintenir l’ordre, un chef de station était campé dans une logette situé au milieu du quai, en face des wagons de 1ère classe. Encore une saine institution qui n’est plus de mise dans notre société nivelée – par le bas – sauf dans les chemins de fer, afin que les employés de la SNCF puissent voyager – gratuitement – plus confortablement.
Le sergent de ville –ancêtre de nos policiers en tenue – cherchait à équipoller son homologue londonien (le célèbre Bobby). Il renseignait les passants et aidait les femmes suivies par un importun à échapper à des assiduités indésirées, sans parler de ses tentatives pour, armé de son bâton blanc, juguler un trafic sans cesse croissant, mais où ses efforts ne faisaient bien souvent qu’ajouter à la confusion.
Toutes ces activités – que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître - libérales ou rémunérées par la collectivité, faisaient de nos villes
quelque chose de beaucoup plus vivant et animé que ce que nous connaissons ce jour d’hui. Certaines d’entre elles impliquaient la présence d’agents des services publics. Cependant ces derniers étaient infiniment moins nombreux qu’ils ne le sont de nos jours, occupés qu’ils sont à essayer de gérer une complexité souvent inutile et parfois nuisible, et dont on se demande si elle n’est pas engendrée par les fonctionnaires eux-mêmes pour s’assurer ad vitam aeternam de lucratives sinécures.
(1) si l’objet de cette rétrospective avait été plus bucolique, nous aurions fait revivre le maréchal- ferrant, le taupier, le marchand de peaux de lapins, les besogneuses glaneuses les gardiens de vaches et d’oies, …
(Numéro 74,Juillet)
Give me Yesterday
W. M. Pope
On dit, à juste titre, que l’on est vraiment mort que quand plus personne ne sait que l’on a existé; c’est pour les préserver encore quelque temps que je voudrais évoquer ici quelques métiers des rues parisiennes de mon enfance (1).
Le marchand de glace, avec sa charrette à cheval, équipée en glacière, distribuait des morceaux de glace à ses clients. Il brisait les énormes barres de glace avec une sorte de poinçon et vous servait – plus ou moins – la quantité désirée, à une époque où le réfrigérateur n’avait pas encore franchi l’Atlantique, et où ce que l’on avait imaginé de mieux, pour conserver les aliments, était le garde-manger sous la fenêtre de la cuisine.
Le Dimanche, le chanteur des rues, accordéon en bandoulière, débitait ses ritournelles. On enveloppait quelques piécettes dans un bout de papier journal, et on les lui jetait par la fenêtre, s’attirant un signe de tête ou, si la somme était conséquente, un coup de chapeau, lequel couvre-chef n’était bien souvent qu’une prolétaire casquette. Cette activité ne pouvait s’exercer que dans des voies relativement calmes. La rue Simon Dereure, en impasse aboutissant au Château des Brouillards à Montmartre semblait avoir été spécialement pour favoriser cette harmonique profession.
Dans une minuscule échoppe, coincée entre deux boutiques, la remailleuse de bas, laborieuse araignée, réparait les accrocs de ces accessoires féminins. Signalons au passage que les bas – avant l’introduction du prosaïque collant
- se détachaient parfois de l’appareil compliqué qui les maintenaient en place. Et que ces dames s’arrêtaient sous une porte cochère pour les rattacher au porte-jarretelles, ce qui pouvait procurer de bien charmants spectacles aux polissons de tous âges et de toutes conditions. C’est dans de lilliputiennes baraques, comme celles des remailleuses, qu’opérait le réparateur de montres et pendules.
Le rétameur poussait son atelier à roulettes, réparant les casseroles et autres ustensiles culinaires en plaquant de l’étain sur les parties endommagées. Le rémouleur, avec sa meule portative, actionnée par une pédale à pieds, aiguisait ciseaux et couteaux.
Le vitrier, portant sur son dos un assortiment des ses produits, s’annonce, comme ses diminutifs congénères industriels, par un cri caractéristique qui réveille la besogneuse ménagère et l’incite à de peu dispendieux achats. Comme on pouvait le soupçonner de casser lui-même les vitres pour élargir le champ de ses activités, on entendait parfois la comptine suivante :
Encore un carreau d’cassé
V’là l’vitrier qui passe
Encore un carreau d’cassé
V’là l’vitrier d’passé
Un autre personnage de la rue d’antan, surgissant de nulle part aux petites heures, avant le passage des éboueurs, c’était le chiffonnier, qui, armé de son crochet, fouillait les poubelles et en extrayait tout ce qui pouvait encore avoir une quelconque valeur marchande. Cette activité matinale épuisée, lui et d’autres – dont le sympathique clochard qui n’avait pas encore été remplacé par un revendicatif SDF – ramassaient les mégots de cigarettes. A l’époque, le filtre ne sévissait pas encore, et les bouts de cigarettes recélaient une quantité non négligeable – et non négligée – de tabac, et nos ramasseurs de mégots pouvaient à bon compte se livrer aux délices du pétun, sans songer que les mixtures ainsi confectionnées étaient affreusement nocives. Mais peut-être ne tenaient-ils pas à prolonger outre mesure une morne existence ?
Au long des rues où s’établissent les commerces de comestibles, comme le rue Lepic, les jours de marché, les marchandes de quatre saisons sortaient de remises improbables leurs voiturettes, et participaient à l’animation locale, vantant à haute et forte voix la qualité inégalable de leurs produits.
Dans les squares et jardins publics, même les plus modestes, deux personnages n’étaient jamais absents : le gardien se square faisait respecter l’ordre et les bonnes mœurs et s’assuraient qu’aucune activité illicite ou dérangeante ne venait troubler les espaces bucoliques et familiaux soumis à sa vigilance. Entre deux rondes, il se reposait dans une guérite, repos d’autant plus nécessaire que ces places étaient souvent attribuées à des invalides auxquels il manquait un bras ou une jambe. Plus à redouter que ce souvent débonnaire employé, était la chaisière qui encaissait les sommes – minimes – dues pour l’occupation d’une chaise ou d’un fauteuil. Seuls, les bancs ne donnaient droit à la perception d’aucun péage. Dans les grands jardins, Tuileries, Luxembourg, Parc Monceau, l’esprit resquilleur du Français trouvait matière à un exercice bien incivique en surveillant l’approche de la chaisière, et en quittant le siège, avant paiement et avant l’arrivée d’icelle, généralement une petite femme sans âge, vêtue de noir et coiffée de même.
A l’église, le bedeau, qui le Dimanche revêtait son uniforme de Suisse (bicorne, culotte bleue et bas blancs, veste galonnée) et de sa grande canne à pommeau d’argent martelant le pavé du saint lieu, était bien digne de la crainte, du respect et de l’admiration que chacun lui témoignait. Celui de Saint-Pierre de Montmartre, ma paroisse, m’impressionnait, cependant pas au point d’éveiller une vocation en mon âme enfantine.
Quant aux concierges, aux vraies, que l’on n’avait pas encore affublées de ces périphrases creuses et pompeuses dont notre époque raffole, elles vivaient, seules ou en couple, dans la loge, un modique local se composant en général d’une pièce et d’une cuisine. Celles qui étaient célibataires atténuaient la solitude de leur existence par la possession d’un chat ou d’une cage de canaris – rarement les deux à la fois, pour la compréhensible raison résultant de l’attirance de la gent féline pour la gent ailée. Elles entretenaient les escaliers (d’où le panneau fréquemment accroché à la porte de la loge : « La concierge est dans l’escalier » qui signalait la présence dans les hautes sphères de cette préposée). Elles montaient le courrier à chaque appartement – parfois jusqu’à trois fois par jour – évitant ainsi les disgracieuses batteries de boites aux lettres qui encombrent de nos jours les entrées d’immeubles. Passée une certaine heure, pour rentrer chez soi, il fallait sonner à la porte cochère ; la concierge tirait le cordon, la porte s’ouvrait, et en passant devant la loge, on criait bien distinctement son nom, quitte à la réveiller plusieurs fois par nuit, ou à interrompre les ébats conjugaux d’un couple légitime. Souvent, pour sortir à la nuit tombée, il fallait en passant devant la loge crier : « Cordon ! ». La concierge ouvrait alors la porte. Cette présence perpétuelle (pas de vacances pour les pipelets !), parfois discrète, parfois agressive, assurait aux biens et aux personnes une sécurité qu’aucun de nos dispositifs modernes n’est en passe d’égaler.
Quand on empruntait l’autobus, le receveur oblitérait grâce à une petite machine pendue à sa ceinture le nombre de tickets correspondant au nombre de « sections » du trajet. C’était lui qui tirait sur la chaînette reliée à une cloche dans la cabine du conducteur pour donner le signal du départ, et qui, aux heures d’affluence, appelait dans l’ordre les billets que l’on devait prendre sur un appareil approprié aux stations les plus fréquentées, et qui rattachait la chaine de la plate-forme quand il jugeait que son véhicule avait fait le plein de voyageurs. Il tentait aussi d’interdire aux intrépides de monter ou de descendre en marche de la plate-forme ouverte située à l’arrière de l’autobus, et où il était licite de fumer combinant ainsi les déplacements physiques avec ceux plus chimériques provoqués par l’herbe à Nicot.
Dans le Métropolitain, l’accès aux quais n’était possible qu’après avoir franchi le portillon gardé par le poinçonneur de tickets, aux Lilas comme ailleurs. Pour maintenir l’ordre, un chef de station était campé dans une logette situé au milieu du quai, en face des wagons de 1ère classe. Encore une saine institution qui n’est plus de mise dans notre société nivelée – par le bas – sauf dans les chemins de fer, afin que les employés de la SNCF puissent voyager – gratuitement – plus confortablement.
Le sergent de ville –ancêtre de nos policiers en tenue – cherchait à équipoller son homologue londonien (le célèbre Bobby). Il renseignait les passants et aidait les femmes suivies par un importun à échapper à des assiduités indésirées, sans parler de ses tentatives pour, armé de son bâton blanc, juguler un trafic sans cesse croissant, mais où ses efforts ne faisaient bien souvent qu’ajouter à la confusion.
Toutes ces activités – que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître - libérales ou rémunérées par la collectivité, faisaient de nos villes
quelque chose de beaucoup plus vivant et animé que ce que nous connaissons ce jour d’hui. Certaines d’entre elles impliquaient la présence d’agents des services publics. Cependant ces derniers étaient infiniment moins nombreux qu’ils ne le sont de nos jours, occupés qu’ils sont à essayer de gérer une complexité souvent inutile et parfois nuisible, et dont on se demande si elle n’est pas engendrée par les fonctionnaires eux-mêmes pour s’assurer ad vitam aeternam de lucratives sinécures.
(1) si l’objet de cette rétrospective avait été plus bucolique, nous aurions fait revivre le maréchal- ferrant, le taupier, le marchand de peaux de lapins, les besogneuses glaneuses les gardiens de vaches et d’oies, …
15 juin 2011
Brevia 73, juin 2011
BREVIA 2011
(Numéro 73,Juin)
Solidarité et tolérance sont les deux poisons qui finiront par étouffer l’Europe
Il n’y a pas plus d’Islam modéré qu’il n’y a de fascisme modéré. Les logiques profondes de ces deux visions du monde les conduisent, tôt ou tard, à révéler leur véritable nature totalitaire.
Certains voudraient légaliser l’usage des « drogues douces », pour anéantir les trafics. C’est comme si l’on supprimait les impôts pour éliminer les fraudeurs.
§
Les récentes affaires de mœurs ont – entre autres – ranimé le débat sur les fragiles frontières entre vie publique et vie privée. Dans quelle mesure les gens qui s’offrent à la curiosité de la foule – dans les arts, les médias, les affaires ou la politique – ont-ils droit à une vie privée ?
A mon humble avis, aussi longtemps qu’ils ne déchirent pas eux-mêmes le voile censé recouvrir ce qui ne relève pas strictement de leur activité « publique ».
Je m’explique : Si un peintre ne se contente pas d’exposer ses tableaux, s’il invite la presse à visiter sa maison de campagne ; si un chanteur ne se borne pas à chanter, mais se croit en devoir d’étaler dans les journaux ses peines de cœur ; si un homme d’affaires nous livre sa famille et les soins dont il l’entoure ; si une speakerine ne se suffit pas de jouer les potiches aux infernales lucarnes, mais ressent l’irrépressible désir de nous détailler son régime alimentaire ; si un homme – ou une femme – politique, au-delà de nous débiter les mensonges habituels sur tout le bien qu’ils feront au pays pour peu qu’on voulut leur accorder nos suffrages, et veulent de surcroît nous faire visiter leur cuisine et nous révéler les recettes dont ils agrémentent le repas dominical ; tous ceux-là n’ont aucun motif de se plaindre si, au-delà de ce qu’ils ont cru devoir nous divulguer, l’appétence du vulgaire requiert d’autres révélations.
Par une porte entre-ouverte il passe plus de secrets qu’on ne le voudrait. Que n’ont-ils laissé leur porte … close ?
§
L’invasion de l’Europe par les musulmans ressemblera-t-elle à celle de l’Amérique du nord par les chrétiens ? Ce serait à craindre, si l’on se souvient de ce qu’il advint des Indiens qui peuplaient le nord du continent américain – et de ce qu’il en reste.
§
PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
Mes chers concitoyens,
Moi-même et mes ministres, nous ne cessons de vous citer l’Allemagne en exemple. Nous vous rebattons les oreilles de ses mirifiques accomplissements dans tous les domaines où les nôtres sont si piètres.
S’agit-il des performances économiques ? Là où nous accumulons d’abyssaux déficits, notre mentor entasse les excédents. Ses chefs d’entreprises sont plus vertueux que les nôtres, et leurs syndicats – contrairement aux nôtres – s’entendent aux affaires.
Les Allemands ont deux fois moins de fonctionnaires que nous : ils ne s’en portent pas plus mal, et cela leur coute moins cher. Quel que soit le point où nous cherchons la comparaison, ils s’en sortent toujours à leur avantage et à notre confusion.
L’opposition elle-même les applaudit dans les décisions qu’ils viennent de prendre relativement aux centrales atomiques.
Donc, mes chers concitoyens, plutôt que de rester indéfiniment à la traine dans cette compétition que nous entamâmes voici plus d’un siècle et demi avec notre voisin, et dont nous sortons à chaque examen avec le bonnet d’âne sur la tête, je vous propose de nous unir, définitivement et sans retour, à cette puissante locomotive.
Nous formerons cinq ou six « Länder » de cette nouvelle entité, à laquelle il ne restera plus qu’à trouver un nom, et ce sera peut-être le moins aisé. Nous adopterons, en bloc, toutes les lois allemandes, et abolirons les nôtres, en tâchant, pas à pas, de nous faire à nos nouveaux habits.
Nous pourrons alors démonter les dernières usines qui enlaidissent nos radieux paysages, et devenir, enfin, ce que nous avons toujours rêvé d’être : un grand jardin où poussent les légumes et où fleurissent les prés offerts à d’innombrables troupeaux.
Nous pourrons conserver notre langue – ou ce qu’il en reste – celle de Montaigne, de racine et de Voltaire, si ces noms vous disent encore quelque chose. L’Allemagne est un pays qui accepte et encourage ces particularismes locaux, et elle saura fort bien s’en accommoder. De même, ayant réussi à relever ses provinces orientales, notre remise à niveau ne lui posera pas d’insurmontables problèmes, d’autant plus, reconnaissons-le, que nous sommes quand même un peu moins malades que ne l’était feu la République –soit disant – Démocratique allemande.
Aussi, mes chers concitoyens, vous engagé-je à répondre OUI au référendum que mon gouvernement va prochainement soumettre à vos suffrages éclairés.
§
Le voleur dit: Ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à toi est à moi.
Le juste dit : Ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à toi est à toi.
Le Saint dit : Ce qui est à toi est à toi, ce qui est à moi est à toi.
§ §
§
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(Numéro 73,Juin)
Solidarité et tolérance sont les deux poisons qui finiront par étouffer l’Europe
Il n’y a pas plus d’Islam modéré qu’il n’y a de fascisme modéré. Les logiques profondes de ces deux visions du monde les conduisent, tôt ou tard, à révéler leur véritable nature totalitaire.
Certains voudraient légaliser l’usage des « drogues douces », pour anéantir les trafics. C’est comme si l’on supprimait les impôts pour éliminer les fraudeurs.
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Les récentes affaires de mœurs ont – entre autres – ranimé le débat sur les fragiles frontières entre vie publique et vie privée. Dans quelle mesure les gens qui s’offrent à la curiosité de la foule – dans les arts, les médias, les affaires ou la politique – ont-ils droit à une vie privée ?
A mon humble avis, aussi longtemps qu’ils ne déchirent pas eux-mêmes le voile censé recouvrir ce qui ne relève pas strictement de leur activité « publique ».
Je m’explique : Si un peintre ne se contente pas d’exposer ses tableaux, s’il invite la presse à visiter sa maison de campagne ; si un chanteur ne se borne pas à chanter, mais se croit en devoir d’étaler dans les journaux ses peines de cœur ; si un homme d’affaires nous livre sa famille et les soins dont il l’entoure ; si une speakerine ne se suffit pas de jouer les potiches aux infernales lucarnes, mais ressent l’irrépressible désir de nous détailler son régime alimentaire ; si un homme – ou une femme – politique, au-delà de nous débiter les mensonges habituels sur tout le bien qu’ils feront au pays pour peu qu’on voulut leur accorder nos suffrages, et veulent de surcroît nous faire visiter leur cuisine et nous révéler les recettes dont ils agrémentent le repas dominical ; tous ceux-là n’ont aucun motif de se plaindre si, au-delà de ce qu’ils ont cru devoir nous divulguer, l’appétence du vulgaire requiert d’autres révélations.
Par une porte entre-ouverte il passe plus de secrets qu’on ne le voudrait. Que n’ont-ils laissé leur porte … close ?
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L’invasion de l’Europe par les musulmans ressemblera-t-elle à celle de l’Amérique du nord par les chrétiens ? Ce serait à craindre, si l’on se souvient de ce qu’il advint des Indiens qui peuplaient le nord du continent américain – et de ce qu’il en reste.
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PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
Mes chers concitoyens,
Moi-même et mes ministres, nous ne cessons de vous citer l’Allemagne en exemple. Nous vous rebattons les oreilles de ses mirifiques accomplissements dans tous les domaines où les nôtres sont si piètres.
S’agit-il des performances économiques ? Là où nous accumulons d’abyssaux déficits, notre mentor entasse les excédents. Ses chefs d’entreprises sont plus vertueux que les nôtres, et leurs syndicats – contrairement aux nôtres – s’entendent aux affaires.
Les Allemands ont deux fois moins de fonctionnaires que nous : ils ne s’en portent pas plus mal, et cela leur coute moins cher. Quel que soit le point où nous cherchons la comparaison, ils s’en sortent toujours à leur avantage et à notre confusion.
L’opposition elle-même les applaudit dans les décisions qu’ils viennent de prendre relativement aux centrales atomiques.
Donc, mes chers concitoyens, plutôt que de rester indéfiniment à la traine dans cette compétition que nous entamâmes voici plus d’un siècle et demi avec notre voisin, et dont nous sortons à chaque examen avec le bonnet d’âne sur la tête, je vous propose de nous unir, définitivement et sans retour, à cette puissante locomotive.
Nous formerons cinq ou six « Länder » de cette nouvelle entité, à laquelle il ne restera plus qu’à trouver un nom, et ce sera peut-être le moins aisé. Nous adopterons, en bloc, toutes les lois allemandes, et abolirons les nôtres, en tâchant, pas à pas, de nous faire à nos nouveaux habits.
Nous pourrons alors démonter les dernières usines qui enlaidissent nos radieux paysages, et devenir, enfin, ce que nous avons toujours rêvé d’être : un grand jardin où poussent les légumes et où fleurissent les prés offerts à d’innombrables troupeaux.
Nous pourrons conserver notre langue – ou ce qu’il en reste – celle de Montaigne, de racine et de Voltaire, si ces noms vous disent encore quelque chose. L’Allemagne est un pays qui accepte et encourage ces particularismes locaux, et elle saura fort bien s’en accommoder. De même, ayant réussi à relever ses provinces orientales, notre remise à niveau ne lui posera pas d’insurmontables problèmes, d’autant plus, reconnaissons-le, que nous sommes quand même un peu moins malades que ne l’était feu la République –soit disant – Démocratique allemande.
Aussi, mes chers concitoyens, vous engagé-je à répondre OUI au référendum que mon gouvernement va prochainement soumettre à vos suffrages éclairés.
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Le voleur dit: Ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à toi est à moi.
Le juste dit : Ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à toi est à toi.
Le Saint dit : Ce qui est à toi est à toi, ce qui est à moi est à toi.
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Brevia 72, mai 2011
BREVIA 2011
(Numéro 72, Mai)
Dans la vie, plus on avance, et plus on a de recul.
§
En février 2008, le Premier Ministre Turc s’adressait à ses compatriotes à Cologne. Après avoir loué les Turcs d’avoir su préserver, depuis près d’un demi-siècle, « leur langue, leurs croyances, leurs valeurs, leur culture », il se félicite qu’ils ne se soient pas laissés assimiler, car, dit-il, « l’assimilation est un crime contre l’humanité ».
Il ne lui semble pas absurde, à la fois, de les encourager à cultiver leur langue, et en même temps de se plaindre que leur connaissance insuffisante de la langue allemande les met en position d’infériorité durant leurs études.
Il aurait, en d’autres circonstances, cité ce passage d’un poème de Ziya Gökalb : « La démocratie n’est qu’un véhicule, où nous prenons place, jusqu’à ce que nous ayons atteint notre but. Les mosquées sont nos casernes, les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles sont nos casques et les croyants sont nos soldats ».
Vous pourrez lire (en allemand) l’intégralité de son intervention sur le site suivant :
http://www.welt.de/debatte/article1660510/Das_sagte_Ministerpraesident_Erdogan_in_Koeln.html
Il ne peut rester que peu de doutes, à la lecture de ces textes, que le but final du Gouvernement turc, après les deux défaites notoires qu’ont été la Reconquista espagnole et de l’échec devant Vienne, est la conquête, par l’immigration et la natalité, de l’Allemagne dans un premier temps, et de l’Europe par la suite.
Très édifiant, sur ce même sujet, est l’ouvrage de Hans-Peter Raddatz : Die türkische Gefahr ?, qui met en évidence les tendances historiques profondes et permanentes du « Turkislam ».
§
Les réflexions précédentes sont à rapprocher de la déclaration de M. Claude Guéant, Ministre de l’Intérieur, qui prétendait :
Les Français à force d'immigration incontrôlée ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux et de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale. Nos compatriotes veulent choisir leur mode de vie, ils ne veulent pas qu'on le leur impose.
Combien sont-ils, ceux qui veulent bouleverser notre société et nos références culturelles ? Six, dix ou douze millions ? Impossible de le savoir (voir Brevia No. 71, avril 2011). Mais qu’on ne s’inquiète pas outre mesure : malgré ces sentiments, partagés par un (très ?) grand nombre de Français, exploités par un Front National, qui pose les bonnes questions et donne de mauvaises réponses, aucun Gouvernement, ni de droite ni de gauche ne tentera de résoudre ces problèmes. Le « politiquement correct » y veillera, jusqu’à ce qu’un jour, sans doute on ne fasse un référendum sur l’immigration. Mais pas avant que les immigrés, ou leurs descendants, ne soient en majorité dans le corps électoral.
§
L’Europe envisagerait (sérieusement ?) de remplacer les billets de 5 Euros, qui ont parait-il une durée de vie extrêmement courte, de l’ordre d’un an, par des pièces. Aussitôt, les imprimeries qui fabriquent les billets s’inquiètent : la grève n’est pas loin. Les usines qui frappent les pièces se réjouissent, ainsi que les tailleurs et les couturières : les pièces, plus que les billets, trouent les poches et obligent à renouveler les costumes ou à d’ingénieuses réparations.
§
Récemment, me rendant en TGV de Strasbourg à Paris, et n’ayant rien de mieux à faire, je regardais par la fenêtre. Et savez-vous ce que je voyais ? Un plein paysage de … subventions ! Chaque champ, chaque pâture était une éponge à subventions. Aux abords des villes et des bourgades, des alignements de « barres » et de « tours » n’étaient pas de tristes logements, mais de vastes pompes à subventions. Couronnant les collines, trônant sur les plateaux, ces centaines d’éoliennes disgracieuses n’étaient rien d’autre que des moulins à subventions.
Si tout le monde subventionne tout le monde, où est la logique ? Si non de fournir un incessant travail à une armée de fonctionnaires inutiles qui taxent d’un côté pout nous rendre de l’autre l’argent qu’ils ont volé – en prélevant au passage une dîme nourricière.
§
Les soulèvements dans les pays arabes ont soulevé – c’était bien le moins qu’ils puissent faire – un immense espoir dans les pays européens. Enfin, dans les Etats sur l’autre bord du grand bassin, nous allions avoir de proprets voisins, tout à fait présentables et fréquentables. Gouverner bien démocratiquement, avec des institutions semblables aux nôtres : chambres hautes, chambres basses, conseils constitutionnels et tout le toutim.
Cet immense espoir est à mon sens une immense illusion. Je donne rendez-vous dans 10 ans, que dis-je, dans 5 ans, aux extasiés d’aujourd’hui. Les velléités d’une minorité occidentalisée auront fait place à des régimes théocratiques, où l’islam sera loi, et où le conseil des imams tiendra lieu de représentation populaire.
Nos institutions « démocratiques » sont trop éloignées de la vision islamique du monde pour pouvoir jamais espérer y prendre racine.
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(Numéro 72, Mai)
Dans la vie, plus on avance, et plus on a de recul.
§
En février 2008, le Premier Ministre Turc s’adressait à ses compatriotes à Cologne. Après avoir loué les Turcs d’avoir su préserver, depuis près d’un demi-siècle, « leur langue, leurs croyances, leurs valeurs, leur culture », il se félicite qu’ils ne se soient pas laissés assimiler, car, dit-il, « l’assimilation est un crime contre l’humanité ».
Il ne lui semble pas absurde, à la fois, de les encourager à cultiver leur langue, et en même temps de se plaindre que leur connaissance insuffisante de la langue allemande les met en position d’infériorité durant leurs études.
Il aurait, en d’autres circonstances, cité ce passage d’un poème de Ziya Gökalb : « La démocratie n’est qu’un véhicule, où nous prenons place, jusqu’à ce que nous ayons atteint notre but. Les mosquées sont nos casernes, les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles sont nos casques et les croyants sont nos soldats ».
Vous pourrez lire (en allemand) l’intégralité de son intervention sur le site suivant :
http://www.welt.de/debatte/article1660510/Das_sagte_Ministerpraesident_Erdogan_in_Koeln.html
Il ne peut rester que peu de doutes, à la lecture de ces textes, que le but final du Gouvernement turc, après les deux défaites notoires qu’ont été la Reconquista espagnole et de l’échec devant Vienne, est la conquête, par l’immigration et la natalité, de l’Allemagne dans un premier temps, et de l’Europe par la suite.
Très édifiant, sur ce même sujet, est l’ouvrage de Hans-Peter Raddatz : Die türkische Gefahr ?, qui met en évidence les tendances historiques profondes et permanentes du « Turkislam ».
§
Les réflexions précédentes sont à rapprocher de la déclaration de M. Claude Guéant, Ministre de l’Intérieur, qui prétendait :
Les Français à force d'immigration incontrôlée ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux et de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale. Nos compatriotes veulent choisir leur mode de vie, ils ne veulent pas qu'on le leur impose.
Combien sont-ils, ceux qui veulent bouleverser notre société et nos références culturelles ? Six, dix ou douze millions ? Impossible de le savoir (voir Brevia No. 71, avril 2011). Mais qu’on ne s’inquiète pas outre mesure : malgré ces sentiments, partagés par un (très ?) grand nombre de Français, exploités par un Front National, qui pose les bonnes questions et donne de mauvaises réponses, aucun Gouvernement, ni de droite ni de gauche ne tentera de résoudre ces problèmes. Le « politiquement correct » y veillera, jusqu’à ce qu’un jour, sans doute on ne fasse un référendum sur l’immigration. Mais pas avant que les immigrés, ou leurs descendants, ne soient en majorité dans le corps électoral.
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L’Europe envisagerait (sérieusement ?) de remplacer les billets de 5 Euros, qui ont parait-il une durée de vie extrêmement courte, de l’ordre d’un an, par des pièces. Aussitôt, les imprimeries qui fabriquent les billets s’inquiètent : la grève n’est pas loin. Les usines qui frappent les pièces se réjouissent, ainsi que les tailleurs et les couturières : les pièces, plus que les billets, trouent les poches et obligent à renouveler les costumes ou à d’ingénieuses réparations.
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Récemment, me rendant en TGV de Strasbourg à Paris, et n’ayant rien de mieux à faire, je regardais par la fenêtre. Et savez-vous ce que je voyais ? Un plein paysage de … subventions ! Chaque champ, chaque pâture était une éponge à subventions. Aux abords des villes et des bourgades, des alignements de « barres » et de « tours » n’étaient pas de tristes logements, mais de vastes pompes à subventions. Couronnant les collines, trônant sur les plateaux, ces centaines d’éoliennes disgracieuses n’étaient rien d’autre que des moulins à subventions.
Si tout le monde subventionne tout le monde, où est la logique ? Si non de fournir un incessant travail à une armée de fonctionnaires inutiles qui taxent d’un côté pout nous rendre de l’autre l’argent qu’ils ont volé – en prélevant au passage une dîme nourricière.
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Les soulèvements dans les pays arabes ont soulevé – c’était bien le moins qu’ils puissent faire – un immense espoir dans les pays européens. Enfin, dans les Etats sur l’autre bord du grand bassin, nous allions avoir de proprets voisins, tout à fait présentables et fréquentables. Gouverner bien démocratiquement, avec des institutions semblables aux nôtres : chambres hautes, chambres basses, conseils constitutionnels et tout le toutim.
Cet immense espoir est à mon sens une immense illusion. Je donne rendez-vous dans 10 ans, que dis-je, dans 5 ans, aux extasiés d’aujourd’hui. Les velléités d’une minorité occidentalisée auront fait place à des régimes théocratiques, où l’islam sera loi, et où le conseil des imams tiendra lieu de représentation populaire.
Nos institutions « démocratiques » sont trop éloignées de la vision islamique du monde pour pouvoir jamais espérer y prendre racine.
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30 avril 2011
Brevia 71, avril 2011
BREVIA 2011
(Numéro 71, Avril)
Hitler und die Deutschen
On perd tout dans les fers, jusqu’au désir d’en sortir.
J.J. Rousseau
Ceux qui désirent abandonner la liberté pour obtenir la sécurité, n’auront et ne méritent, ni l’une ni l’autre.
Benjamin Franklin
L’exposition Hitler und die Deutschen (Hitler et les Allemands), qui s’est tenue jusque fin février 2011 dans l’annexe du Deutsches Historisches Museum à Berlin, avait pour propos de sonder les liens qui ont existé entre le dictateur autrichien et le peuple allemand. On aurait aussi pu l’intituler : Comment en est-on arrivé là ?
Certes, l’exposition présente une iconographie qui peut donner l’impression de mieux comprendre ; mais les images n’ont jamais valu le rôle didactif de la réflexion et de l’étude. Pour ma part, je l’avoue, je n’ai rien appris, même si ce que j’ai vu était intéressant.
Ma vision des choses est la suivante : Dans les années 30, l’arrivée au pouvoir d’une dictature était un évènement relativement banal ; beaucoup de pays y ont succombé. Une fois la dictature en place, et sa violence érigée en méthode de gouvernement, la réaction devient chaque jour plus difficile, pour ne pas dire impossible pour qui n’est pas prêt à risquer sa vie, sans même parler de la torture.
Donc, s’il est indéniable qu’un grand nombre d’Allemands avait une connaissance plus ou moins complète des monstruosités du régime, on peut entrevoir les motifs qui ont incité les individus et les masses au silence.
Ce que l’on comprend par contre moins bien, c’est que les services diplomatiques des Etats « libres » n’aient pas tiré les conclusions qui s’imposaient à la lecture de « Mein Kampf », où Hitler décrivait avec précision son futur programme.
Car aussi longtemps que cet ouvrage n’était le fait que d’un agitateur munichois, qu’on l’ait négligé, soit. Mais dès que ce trublion avait saisi le manche, et commençait à mettre en œuvre son projet, en dévoilant ainsi le sérieux, les spécialistes auraient du réagir et pousser leurs gouvernements à intervenir alors qu’il en était temps encore, et avec une quasi garantie de succès. Combien de victimes, civiles et militaires eussent été épargnées, combien d’assassinats, sans même mentionner les conséquences de cette guerre qui donna le coup de grâce à la « vielle Europe » en prétendant la sauver.
C’est Winston Churchill qui disait : « Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ».
Bibliographie sommaire :
Hitler, par Joachim Fest, 2 volumes, Gallimard
Hitler, par Werner Maser, 1 volume, Plon
Mein Kampf, par A. Hitler, Jaico Publishing House
Le Procès de Nuremberg, par J. Heydecker et J. Leeb, Buchet-Chastel
Souvenirs d’une ambassade à Berlin (1931/1938), par André François-Poncet, Flammarion
§
Plutôt que se demander comment on pourra nourrir 9 milliards de terriens, ne vaudrait-il pas mieux se demander comment ne pas atteindre ce nombre ?
Ma femme et moi, on n’a pas fait « un bout de chemin ensemble ». Non, nous avons fait toute la route de conserve, la main dans la main.
L’antisémitisme chrétien se fonde sur la participation des Juifs à la crucifixion. On devrait plutôt leur en être reconnaissants : sans eux, et sans son supplice, le Messie n’aurait pas pu mener sa tâche à bonne fin.
Une sécheresse exceptionnelle a frappé le Moyen Orient. En Israël, les Rabbins prient pour la pluie. Certains montent dans des ballons pour adresser de plus près leurs suppliques au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Sans effet visible. Yahweh serait-il devenu dur d’oreille ? Une seule solution : Audika, le numéro un de l’audition !
Les organes qui ne servent plus rétrécissent puis disparaissent. Nos épouses, qui n’allaitent plus, seront-elles, dans quelques générations, dépourvues de ces seins qui excitaient notre admiration et pourvoyaient à nos innocents plaisirs ?
Vous avez dit, laïcité ?
Personne ne se fait d’illusions. Le débat sur la laïcité n’a pour objet que de déterminer si, et à quelles conditions, l’islam est compatible avec nos lois, nos modes de vie, nos conceptions du monde, bref, avec tout ce qui, jusqu’à peu, faisait, cahin-caha, que nous nous sentions comme une nation.
La laïcité n’est plus menacée par les chrétiens, ni par les israélites, pas plus qu’elle ne les menace ni n’entrave leurs pratiques. Pour les chrétiens, parce qu’ils sont de moins en moins nombreux à être pratiquants, pour les juifs, parce que pour les raisons que l’on sait, leur proportion dans la population, déjà faible avant l’holocauste, a depuis, encore considérablement diminué. Donc la question de la laïcité ne se pose qu’au regard de l’islam.
Mais depuis que nous sommes sortis du Moyen Âge, nous savons – ou nous devrions savoir – qu’un phénomène ne peut être étudié que s’il est mesurable et mesuré.
L’implantation musulmane (magrébine ou subsaharienne) est-elle, comme certains le prétendent, une chance, un enrichissement pour notre pays ?
Il serait possible de le démontrer, en calculant le revenu moyen de ces populations, leur poids dans les transferts sociaux, tant en recettes qu’en dépenses, dans la criminalité, dans les succès et les échecs scolaires. Et ceci tant pour les immigrés non naturalisés que pour ceux qui ont des origines migratoires.
Ces mêmes populations sont-elles sous-représentées dans les entreprises, les administrations, les médias ? Il est de bon ton de l’affirmer. Affirmations dénuées de tout fondement tant que l’on ne pourra calculer leur pourcentage dans la population totale.
Y a-t-il une probabilité pour que d’ici 50, 100, ou 200 ans, les musulmans se trouvent en majorité en France ? Seule l’étude démographique des différents groupes et de leur taux de reproduction permettrait de le savoir, et d’en tirer les conséquences pour accepter ou refuser ce phénomène.
Tous ceux qui considèrent que les immigrés et leurs descendants n’ont pas la place qui leur revient devraient soutenir l’instauration de statistiques ethnico-religieuses : elles permettraient de donner des bases scientifiques à leurs allégations. Ceux, par contre, qui subodorent que ces populations sont davantage une charge et un danger pour le pays devraient également y être favorables : elles mettraient leurs craintes à leur vrai niveau.
Bref, tout le monde aurait intérêt à ce que les affirmations de chacun puissent être établies sur des bases scientifiques indiscutables. Ceux qui s’y opposeraient avec le plus de véhémence seraient sans doute ceux dont les thèses auraient les plus grands risques d’être démenties par la dure obstination des faits.
Note : de très nombreux pays, et non des moindres, établissent des statistiques ethniques. Au moins, dans ces pays-là, on sait de quoi on parle.
Vous pouvez retrouver l’intégralité des Brevia en visitant mon Web Log à l’adresse suivante :
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(Numéro 71, Avril)
Hitler und die Deutschen
On perd tout dans les fers, jusqu’au désir d’en sortir.
J.J. Rousseau
Ceux qui désirent abandonner la liberté pour obtenir la sécurité, n’auront et ne méritent, ni l’une ni l’autre.
Benjamin Franklin
L’exposition Hitler und die Deutschen (Hitler et les Allemands), qui s’est tenue jusque fin février 2011 dans l’annexe du Deutsches Historisches Museum à Berlin, avait pour propos de sonder les liens qui ont existé entre le dictateur autrichien et le peuple allemand. On aurait aussi pu l’intituler : Comment en est-on arrivé là ?
Certes, l’exposition présente une iconographie qui peut donner l’impression de mieux comprendre ; mais les images n’ont jamais valu le rôle didactif de la réflexion et de l’étude. Pour ma part, je l’avoue, je n’ai rien appris, même si ce que j’ai vu était intéressant.
Ma vision des choses est la suivante : Dans les années 30, l’arrivée au pouvoir d’une dictature était un évènement relativement banal ; beaucoup de pays y ont succombé. Une fois la dictature en place, et sa violence érigée en méthode de gouvernement, la réaction devient chaque jour plus difficile, pour ne pas dire impossible pour qui n’est pas prêt à risquer sa vie, sans même parler de la torture.
Donc, s’il est indéniable qu’un grand nombre d’Allemands avait une connaissance plus ou moins complète des monstruosités du régime, on peut entrevoir les motifs qui ont incité les individus et les masses au silence.
Ce que l’on comprend par contre moins bien, c’est que les services diplomatiques des Etats « libres » n’aient pas tiré les conclusions qui s’imposaient à la lecture de « Mein Kampf », où Hitler décrivait avec précision son futur programme.
Car aussi longtemps que cet ouvrage n’était le fait que d’un agitateur munichois, qu’on l’ait négligé, soit. Mais dès que ce trublion avait saisi le manche, et commençait à mettre en œuvre son projet, en dévoilant ainsi le sérieux, les spécialistes auraient du réagir et pousser leurs gouvernements à intervenir alors qu’il en était temps encore, et avec une quasi garantie de succès. Combien de victimes, civiles et militaires eussent été épargnées, combien d’assassinats, sans même mentionner les conséquences de cette guerre qui donna le coup de grâce à la « vielle Europe » en prétendant la sauver.
C’est Winston Churchill qui disait : « Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ».
Bibliographie sommaire :
Hitler, par Joachim Fest, 2 volumes, Gallimard
Hitler, par Werner Maser, 1 volume, Plon
Mein Kampf, par A. Hitler, Jaico Publishing House
Le Procès de Nuremberg, par J. Heydecker et J. Leeb, Buchet-Chastel
Souvenirs d’une ambassade à Berlin (1931/1938), par André François-Poncet, Flammarion
§
Plutôt que se demander comment on pourra nourrir 9 milliards de terriens, ne vaudrait-il pas mieux se demander comment ne pas atteindre ce nombre ?
Ma femme et moi, on n’a pas fait « un bout de chemin ensemble ». Non, nous avons fait toute la route de conserve, la main dans la main.
L’antisémitisme chrétien se fonde sur la participation des Juifs à la crucifixion. On devrait plutôt leur en être reconnaissants : sans eux, et sans son supplice, le Messie n’aurait pas pu mener sa tâche à bonne fin.
Une sécheresse exceptionnelle a frappé le Moyen Orient. En Israël, les Rabbins prient pour la pluie. Certains montent dans des ballons pour adresser de plus près leurs suppliques au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Sans effet visible. Yahweh serait-il devenu dur d’oreille ? Une seule solution : Audika, le numéro un de l’audition !
Les organes qui ne servent plus rétrécissent puis disparaissent. Nos épouses, qui n’allaitent plus, seront-elles, dans quelques générations, dépourvues de ces seins qui excitaient notre admiration et pourvoyaient à nos innocents plaisirs ?
Vous avez dit, laïcité ?
Personne ne se fait d’illusions. Le débat sur la laïcité n’a pour objet que de déterminer si, et à quelles conditions, l’islam est compatible avec nos lois, nos modes de vie, nos conceptions du monde, bref, avec tout ce qui, jusqu’à peu, faisait, cahin-caha, que nous nous sentions comme une nation.
La laïcité n’est plus menacée par les chrétiens, ni par les israélites, pas plus qu’elle ne les menace ni n’entrave leurs pratiques. Pour les chrétiens, parce qu’ils sont de moins en moins nombreux à être pratiquants, pour les juifs, parce que pour les raisons que l’on sait, leur proportion dans la population, déjà faible avant l’holocauste, a depuis, encore considérablement diminué. Donc la question de la laïcité ne se pose qu’au regard de l’islam.
Mais depuis que nous sommes sortis du Moyen Âge, nous savons – ou nous devrions savoir – qu’un phénomène ne peut être étudié que s’il est mesurable et mesuré.
L’implantation musulmane (magrébine ou subsaharienne) est-elle, comme certains le prétendent, une chance, un enrichissement pour notre pays ?
Il serait possible de le démontrer, en calculant le revenu moyen de ces populations, leur poids dans les transferts sociaux, tant en recettes qu’en dépenses, dans la criminalité, dans les succès et les échecs scolaires. Et ceci tant pour les immigrés non naturalisés que pour ceux qui ont des origines migratoires.
Ces mêmes populations sont-elles sous-représentées dans les entreprises, les administrations, les médias ? Il est de bon ton de l’affirmer. Affirmations dénuées de tout fondement tant que l’on ne pourra calculer leur pourcentage dans la population totale.
Y a-t-il une probabilité pour que d’ici 50, 100, ou 200 ans, les musulmans se trouvent en majorité en France ? Seule l’étude démographique des différents groupes et de leur taux de reproduction permettrait de le savoir, et d’en tirer les conséquences pour accepter ou refuser ce phénomène.
Tous ceux qui considèrent que les immigrés et leurs descendants n’ont pas la place qui leur revient devraient soutenir l’instauration de statistiques ethnico-religieuses : elles permettraient de donner des bases scientifiques à leurs allégations. Ceux, par contre, qui subodorent que ces populations sont davantage une charge et un danger pour le pays devraient également y être favorables : elles mettraient leurs craintes à leur vrai niveau.
Bref, tout le monde aurait intérêt à ce que les affirmations de chacun puissent être établies sur des bases scientifiques indiscutables. Ceux qui s’y opposeraient avec le plus de véhémence seraient sans doute ceux dont les thèses auraient les plus grands risques d’être démenties par la dure obstination des faits.
Note : de très nombreux pays, et non des moindres, établissent des statistiques ethniques. Au moins, dans ces pays-là, on sait de quoi on parle.
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Brevia 70, mars 2011
BREVIA 2011
(Numéro 70, Mars)
Notes de Lecture
Hammerstein oder der Eigensinn
de Hans Magnus Enzensberger
Cette série de « photographies » - comme dit l’auteur – est un élément de plus dans cette recherche, difficile et douloureuse : comment l’Allemagne a-t-elle pu accepter cela ? Comment un peuple hautement civilisé (sciences, littérature, musique, …) s’est-il laissé entrainer par une clique de délinquants psychopathes sur les chemins de l’horreur, jusqu’à l’anéantissement final ?
Les dures – trop dures – conditions imposées à l’Allemagne, surtout à l’instigation des Français, par le traité de Versailles donnent sans doute une partie de la réponse. Mais une partie seulement.
Le cas de la famille Hammerstein relève d’une catégorie bien particulière : celle de la haute aristocratie militaire prussienne. Le chef de famille, Kurt von Hammerstein, désapprouve, mais finalement, ne fait rien. Sa vision du monde le cantonne dans une censure ferme, mais privée, et au bout du compte, sans effet. (Différent fut le destin du comte de Stauffenberg : cf. Brevia No.47 de mars 2009). Deux de ses filles opteront pour la voie communiste, méconnaissant ainsi que pour tenter d’abattre une dictature abominable, elles en soutenaient une qui l’était plus encore.
A verser également au dossier, l’intéressante exposition au Musée Historique Allemand de Berlin (DHM) : Hitler und die Deutschen, qui fut prolongée jusque fin février 2011, et qui tenta, elle aussi, mais sans y parvenir vraiment, de comprendre comment ce régime de terreur a pu s’imposer à tout un peuple.
Enfin, l’exposition permanente au Bendlerblock (Stauffenbergstrasse, Berlin), sur les divers mouvements de résistance à l’hitlérisme, qui montre que même si les oppositions ne furent que le fait de minorités très limitées, elles ont été nombreuses et ont perduré tout au long de la tyrannie. Malheureusement, les fiches qui éclairent les documents sont toutes en allemand, ce qui ne facilite pas, pour les visiteurs non germanophones, la compréhension de ces aspects de la période.
Reste la lancinante interrogation qui tenaille chacun qui se penche sur ces époques sombres : Qu’aurais-je fait si moi, j’avais vécu en ces temps de sang et de larmes ?
Hammerstein oder der Eigensinn, Suhrkamp Verlag, 2008
Hammerstein ou l’intransigeance, NRF Gallimard, 2010
§
Boîte Postale
La Poste, Société Anonyme à capitaux publics, comme toute entreprise, a des dépenses et des recettes. Ne détaillons pas les recettes, sauf à remarquer que l’ « entreprise » La Poste bénéficie de subventions généreusement attribuées par les contribuables.
Parmi les dépenses, celles concernant le personnel, sont évidemment importantes. Et parmi le personnel, les facteurs sont … un facteur qui compte. A pied, dans la neige et la glace, à bicyclette ou au volant de leurs voiturettes, par tous les temps, en toutes saisons, ils doivent atteindre la boîte aux lettres des clients même les plus excentrés. On conçoit bien que les tribulations de toute cette piétaille n’est pas gratuite.
Aussi suis-je surpris que les détenteurs d’une Boîte Postale, qui, de fait, font eux-mêmes l’épuisant labeur du facteur, ne bénéficient pas, sous une forme ou sous une autre, d’un remboursement des frais qu’ils évitent ainsi à l’ « entreprise ».
Mais non seulement ils ne bénéficient d’aucune ristourne, mais encore ils doivent PAYER (1) pour l’économie qu’ils font réaliser à La Poste. Il est vrai que l’on met à leur disposition un espace de 600 centimètres cubes !
(1) Ayant renoncé à installer une boîte aux lettres sur l’immeuble classé que j’occupe à Obernai – pour une simple question d’esthétique – je me vois contraint de payer 70,56 € par an pour disposer d’une Boîte Postale.
§
L’abattage des animaux en vue de leur consommation est soumis, en France, à des règles précises, visant à éviter à ces créatures les souffrances inutiles. Elles doivent être assommées avant d’être tuées. Or, des exceptions sont tolérées pour les boucheries halal : la victime est saignée vivante.
Pourquoi ces exceptions ? Pourquoi un nouveau grignotage de la Loi ? Sans doute, si ce n’est déjà le cas dans les faits, fera-t-on une nouvelle « exception » pour tolérer la polygamie ?
§
On dit que l’ail est bon pour la santé. Curieusement, six mois après avoir commencé à en consommer régulièrement en grandes quantités, il mourut brusquement âgé de 92 ans. Qui croire ? A qui se fier ?
§
Islam « en France », Islam « de France » ? Serions-nous passés, sans quasiment nous en apercevoir, de la lutte des classes à la lutte des races ?
§
Enfin, la France obtient un classement honorable dans des comparaisons internationales. Il paraitrait que nous sommes en dix-septième place sur quelques 200 concurrents pour ce qui est de la probabilité des risques naturels majeurs. Et ce satisfaisant classement serait dû à nos territoires d’outre-mer. On ne peut que leur en en être reconnaissant, encore que si l’on suivait mon avis : leur donner – ou leur imposer – leur indépendance, nous perdrions illico ce fauteuil tout en haut de l’affiche.
§
On dit que l’Histoire est en marche au Maghreb et au Moyen Orient. Soit. Mais, en marche avant ou … en marche arrière ? Wait and see !
§
Les Belges viennent de fêter un nouveau record. Plus de 250 jours sans Gouvernement. Ils semblent en être fâchés. Pourtant 250 jours sans nouvelles lois, sans nouvelles taxes : ne devraient-ils pas plutôt se réjouir ?
§
La prise d’otages est devenue un moyen de financement très courant pour de nombreuses activités criminelles ; mais c’est nous qui sommes coupables de l’extension de cette pratique. Si, dès la première prise d’otages, nous – et les autres Etats qui en furent victimes – avions refusé de négocier et de verser des rançons ou autres compensations, les premiers otages eussent sans doute été sacrifiés. Mais très rapidement les preneurs d’otages « à but lucratif » se seraient découragés et auraient cessé leurs activités. Cela eut été dramatique pour les proches de ces « premières victimes », mais combien d’enlèvements, de meurtres, de bavures n’auraient-elles pas été évitées ?
§ §
§
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(Numéro 70, Mars)
Notes de Lecture
Hammerstein oder der Eigensinn
de Hans Magnus Enzensberger
Cette série de « photographies » - comme dit l’auteur – est un élément de plus dans cette recherche, difficile et douloureuse : comment l’Allemagne a-t-elle pu accepter cela ? Comment un peuple hautement civilisé (sciences, littérature, musique, …) s’est-il laissé entrainer par une clique de délinquants psychopathes sur les chemins de l’horreur, jusqu’à l’anéantissement final ?
Les dures – trop dures – conditions imposées à l’Allemagne, surtout à l’instigation des Français, par le traité de Versailles donnent sans doute une partie de la réponse. Mais une partie seulement.
Le cas de la famille Hammerstein relève d’une catégorie bien particulière : celle de la haute aristocratie militaire prussienne. Le chef de famille, Kurt von Hammerstein, désapprouve, mais finalement, ne fait rien. Sa vision du monde le cantonne dans une censure ferme, mais privée, et au bout du compte, sans effet. (Différent fut le destin du comte de Stauffenberg : cf. Brevia No.47 de mars 2009). Deux de ses filles opteront pour la voie communiste, méconnaissant ainsi que pour tenter d’abattre une dictature abominable, elles en soutenaient une qui l’était plus encore.
A verser également au dossier, l’intéressante exposition au Musée Historique Allemand de Berlin (DHM) : Hitler und die Deutschen, qui fut prolongée jusque fin février 2011, et qui tenta, elle aussi, mais sans y parvenir vraiment, de comprendre comment ce régime de terreur a pu s’imposer à tout un peuple.
Enfin, l’exposition permanente au Bendlerblock (Stauffenbergstrasse, Berlin), sur les divers mouvements de résistance à l’hitlérisme, qui montre que même si les oppositions ne furent que le fait de minorités très limitées, elles ont été nombreuses et ont perduré tout au long de la tyrannie. Malheureusement, les fiches qui éclairent les documents sont toutes en allemand, ce qui ne facilite pas, pour les visiteurs non germanophones, la compréhension de ces aspects de la période.
Reste la lancinante interrogation qui tenaille chacun qui se penche sur ces époques sombres : Qu’aurais-je fait si moi, j’avais vécu en ces temps de sang et de larmes ?
Hammerstein oder der Eigensinn, Suhrkamp Verlag, 2008
Hammerstein ou l’intransigeance, NRF Gallimard, 2010
§
Boîte Postale
La Poste, Société Anonyme à capitaux publics, comme toute entreprise, a des dépenses et des recettes. Ne détaillons pas les recettes, sauf à remarquer que l’ « entreprise » La Poste bénéficie de subventions généreusement attribuées par les contribuables.
Parmi les dépenses, celles concernant le personnel, sont évidemment importantes. Et parmi le personnel, les facteurs sont … un facteur qui compte. A pied, dans la neige et la glace, à bicyclette ou au volant de leurs voiturettes, par tous les temps, en toutes saisons, ils doivent atteindre la boîte aux lettres des clients même les plus excentrés. On conçoit bien que les tribulations de toute cette piétaille n’est pas gratuite.
Aussi suis-je surpris que les détenteurs d’une Boîte Postale, qui, de fait, font eux-mêmes l’épuisant labeur du facteur, ne bénéficient pas, sous une forme ou sous une autre, d’un remboursement des frais qu’ils évitent ainsi à l’ « entreprise ».
Mais non seulement ils ne bénéficient d’aucune ristourne, mais encore ils doivent PAYER (1) pour l’économie qu’ils font réaliser à La Poste. Il est vrai que l’on met à leur disposition un espace de 600 centimètres cubes !
(1) Ayant renoncé à installer une boîte aux lettres sur l’immeuble classé que j’occupe à Obernai – pour une simple question d’esthétique – je me vois contraint de payer 70,56 € par an pour disposer d’une Boîte Postale.
§
L’abattage des animaux en vue de leur consommation est soumis, en France, à des règles précises, visant à éviter à ces créatures les souffrances inutiles. Elles doivent être assommées avant d’être tuées. Or, des exceptions sont tolérées pour les boucheries halal : la victime est saignée vivante.
Pourquoi ces exceptions ? Pourquoi un nouveau grignotage de la Loi ? Sans doute, si ce n’est déjà le cas dans les faits, fera-t-on une nouvelle « exception » pour tolérer la polygamie ?
§
On dit que l’ail est bon pour la santé. Curieusement, six mois après avoir commencé à en consommer régulièrement en grandes quantités, il mourut brusquement âgé de 92 ans. Qui croire ? A qui se fier ?
§
Islam « en France », Islam « de France » ? Serions-nous passés, sans quasiment nous en apercevoir, de la lutte des classes à la lutte des races ?
§
Enfin, la France obtient un classement honorable dans des comparaisons internationales. Il paraitrait que nous sommes en dix-septième place sur quelques 200 concurrents pour ce qui est de la probabilité des risques naturels majeurs. Et ce satisfaisant classement serait dû à nos territoires d’outre-mer. On ne peut que leur en en être reconnaissant, encore que si l’on suivait mon avis : leur donner – ou leur imposer – leur indépendance, nous perdrions illico ce fauteuil tout en haut de l’affiche.
§
On dit que l’Histoire est en marche au Maghreb et au Moyen Orient. Soit. Mais, en marche avant ou … en marche arrière ? Wait and see !
§
Les Belges viennent de fêter un nouveau record. Plus de 250 jours sans Gouvernement. Ils semblent en être fâchés. Pourtant 250 jours sans nouvelles lois, sans nouvelles taxes : ne devraient-ils pas plutôt se réjouir ?
§
La prise d’otages est devenue un moyen de financement très courant pour de nombreuses activités criminelles ; mais c’est nous qui sommes coupables de l’extension de cette pratique. Si, dès la première prise d’otages, nous – et les autres Etats qui en furent victimes – avions refusé de négocier et de verser des rançons ou autres compensations, les premiers otages eussent sans doute été sacrifiés. Mais très rapidement les preneurs d’otages « à but lucratif » se seraient découragés et auraient cessé leurs activités. Cela eut été dramatique pour les proches de ces « premières victimes », mais combien d’enlèvements, de meurtres, de bavures n’auraient-elles pas été évitées ?
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23 février 2011
Brevia 69, février 2011
BREVIA 2011
(Numéro 69, Février)
Notes de Lecture
DEUTSCHLAND SCHAFFT SICH AB
(L’Allemagne court à sa perte)
de Thilo Sarrazin
Cet ouvrage a fait, et continue de faire, en Allemagne un bruit considérable. Il a soulevé les passions. Les tenants du politiquement correct l’ont vilipendé, la population, dans sa grande majorité, l’a approuvé. Beaucoup de ceux qui l’ont critiqué ne l’ont pas lu et n’en disent que ce que leur en ont fait savoir des commentaires biaisés souvent écrits par ceux-là mêmes qui n’avaient pas pris la peine de lire le livre.
Le but de la présente compilation n’est pas d’engager le débat sur le fond. Il n’est que de donner une idée aussi précise et honnête que possible des thèses défendues par M. Sarrazin, et de tenter ainsi de mettre un terme aux absurdités et aux raccourcis malveillants que l’on entend à leur sujet.
Thilo Sarrazin est né en 1945 à Gera. C’est un économiste et un homme politique, membre du SPD (parti socialiste allemand), au nom duquel il a exercé de hautes fonctions, notamment au Sénat de Berlin. Il fut également membre du Directoire de la Deutsche Bundesbank, mais fut conduit à abandonner cette mission suite au tollé provoqué par son dernier livre, qui s’est à ce jour vendu à plus de trois millions d’exemplaires.
Dans mon exposé, je n’ai pas strictement respecté le plan de l’œuvre, et j’ai négligé certains développements – par ailleurs fort intéressants – pour m’attacher à faire ressortir le fil conducteur et le cœur de la pensée de l’auteur.
§
Le grand –oserait-on dire le seul – problème de l’Allemagne, est son faible taux de natalité. Mais c’est un problème considérable et lourd de catastrophiques conséquences. Sur la pente actuelle (et la démographie est comme les plus grands des navires qui ne changent pas de cap du jour au lendemain, et c’est pour cela qu’on dit que ses lois sont des lois d’airain), l’Allemagne n’aura plus que 25 millions d’habitants dans 100 ans, c'est-à-dire dans un peu plus de trois générations. Et pire encore, dans cette population amoindrie, le pourcentage des Allemands de souche va aller s’amenuisant.
Or, M. Sarrazin considère, se basant sur des études scientifiques sérieuses, que l’intelligence et les caractéristiques mentales du milieu socioculturel sont, en grande partie, héréditaires. Ce qui ne veut pas dire qu’un couple d’abrutis ne peut pas engendrer un génie, ni l’inverse, mais que la probabilité que cela arrive est plus faible que dans l’autre sens. Il en donne pour exemple la population juive de l’Allemagne d’avant la seconde guerre mondiale, qui était fortement surreprésentée, pour cause d’endogamie, dans les domaines des sciences, de la médecine, des arts et de la musique.
La natalité allemande est faible, mais elle est encore plus faible dans les classes supérieures et moyennes, porteuses de la culture et de l’intelligence. Par contre, les classes inférieures, parmi lesquelles les Turcs et les Allemands d’origine turque, se reproduisent mieux, ou moins mal.
De plus, l’Allemagne n’attire plus les « bons immigrés », elle n’attire plus que des paysans illettrés qui ne viennent plus pour travailler, mais pour bénéficier des systèmes de protection sociale : 8% des allemands de souche vivent des transferts sociaux, cette proportion monte à 16% pour la population d’origine turque, et même à 24% pour celle originaire d’Afrique.
Le système de protection sociale allemand est très développé, et complexe : Wohnungsgeld (allocation logement) Heizungsgeld (allocation chauffage) Kindergeld (allocation pour enfants), Elterngeld (allocation pour parents), Krankenversicherung (assurance maladie) Arbeitslosengeld (assurance chômage), le tout couronné par la Grundsicherung, sorte de revenu minimum garanti, qui assure au bénéficiaire, même sans travail, 60 % du salaire médian, ce qui couvre bien au-delà des besoins élémentaires nécessaires à la survie. Cette Grundsicherung est plus élevée que le salaire moyen polonais, et bien sûr, infiniment supérieure à ce que les immigrés pourraient espérer gagner, en travaillant, dans leur pays d’origine. Elle est équivalente au pouvoir d’achat moyen du début des années 70, époque où l’Allemagne ne passait pas pour une terre de misère. En fait, la Grundsicherung fonctionne comme notre SMIC, avec les mêmes effets néfastes, et décourage, par sa générosité, les velléités de retour ou d’entrée sur le marché du travail.
Comme le Kindergeld est supérieur aux dépenses réellement engagées pour élever un enfant, les familles pauvres voient leur niveau de vie s’améliorer à chaque nouvel enfant. C’est ce qui explique qu’à ce jour, 40% des naissances ne soient plus le fait d’allemands de souche. La surnatalité – toute relative, puisqu’elle ne compense pas en nombre la sous natalité globale – des immigrés et des classes défavorisées, conduit à une baisse du niveau d’intelligence de l’ensemble du pays. Car on voit croître les classes pauvres, incultes, inaptes au travail et vivant uniquement des allocations sociales. C’est évidemment la conséquence de transferts sociaux trop généreux, qui incitent les classes inférieures à se reproduire à un taux supérieur à la moyenne. La nocivité du système est telle qu’il n’est pas rare de rencontrer des jeunes – souvent issus de l’immigration – et qui envisagent pour tout avenir et pour toute carrière de passer leur vie entière à toucher des allocations.
La situation est très différente aux Etats-Unis : peu ou pas de transferts. Les Etats-Unis récoltent donc en majorité de « bons immigrés », ceux qui savent qu’ils ne doivent compter que sur eux-mêmes, et qu’ils ne pourront s’en sortie que par le travail, et qui, par voie de conséquence finissent assez rapidement – souvent avant la deuxième génération – par s’intégrer parfaitement dans la société américaine.
Les suites inévitables de cet état de fait seront évidemment une perte des capacités d’innovation de l’Allemagne. Dès maintenant, celle-ci n’est plus au premier rang dans les domaines des mathématiques, de l’informatique, des sciences de la nature et de la technique. En pourcentage, deux fois moins d’étudiants allemands se consacrent à ces domaines – essentiels à l’économie – qu’en Corée du Sud. Les études PISA montrent que l’Allemagne est dépassée par des pays où la population est plus homogène, comme le Japon ou la Finlande. Il est donc sans doute derrière nous le temps où l’Allemagne faisait les plus riches moissons de prix Nobel dans les domaines scientifiques ou médicaux.
Cette « perte d’intelligence » nationale entrainera immanquablement une perte de compétitivité de l’économie, dans un monde où seuls les produits ou services innovants auront un marché accessible pour l’Allemagne. D’autant plus qu’en 2050, c'est-à-dire demain, la population de l’Allemagne aura baissé de 10 %, celle des actifs de 30 %, celle des actifs de 20 à 50 ans (correspondant à la période de plus forte créativité) de 40 %. Tout ceci sera aggravé par la détérioration de la pyramide des âges (sur la même période, les gens à la retraite auront vu leur nombre croître de 50 %), et par un pourcentage croissant de la population ne vivant que des transferts sociaux, puisque le marché du travail offrira de moins en moins de possibilités aux populations insuffisamment cultivées et capables des seules tâches sous qualifiées, de plus en plus rares.
D’ailleurs, dès maintenant, le pays a commencé à changer. La population d’origine turque, qui compte à ce jour 4 à 5 millions d’individus, ne s’intègre pas. Thilo Sarrazin considère que l’importation massive de ces populations dans les années 60/70 a été une monstrueuse erreur, tout en reconnaissant qu’il resterait à écrire ce qu’aurait pu être l’histoire – économique – de l’Allemagne si cette immigration n’avait pas eu lieu.
Les Turcs ne s’intègrent pas, en particulier parce qu’ils pratiquent l’endogamie. Les épouses sont « importées », provenant du même clan ou du même village que celui dont vient le futur époux. Le taux de mariages mixtes, excellent indicateur de l’intégration, est particulièrement bas. Ceci explique l’apparition – et le maintien – de véritables sociétés parallèles, composées de familles où l’on ne parle que le turc, où l’on ne regarde que la télévision turque, où l’on porte le voile non pas par nécessité religieuse, mais comme un défi et une affirmation d’altérité.
C’est ce communautarisme qui fait que même en deuxième ou en troisième génération, aucun progrès sur la voie de l’intégration ne se manifeste dans la population d’origine turque, bien au contraire. En effet, l’islam n’est pas seulement une religion, c’est aussi une conception de la société, du droit civil et pénal, et qui dirige fermement les comportements de ses adeptes. Cette emprise de la religion est aussi une des causes du taux de reproduction des Turcs musulmans. On a en effet constaté que la fertilité est fortement corrélée aux pratiques religieuses, quelle que soit d’ailleurs la religion considérée.
L’impact de ces populations sur les performances du système d’éducation, sur le taux de chômage, sur le poids des aides sociales et sur la criminalité est démontré, dans un pays où – contrairement à la France – les statistiques à caractère ethnique ne sont pas interdites.
Compte tenu de l’importance – toujours croissante – de ces habitants d’origine turque, on assiste au déclin des valeurs qui ont si longtemps assuré le succès de l’économie allemande : la ponctualité, la fiabilité, l’assiduité, la précision, le sens de l’ordre et de la hiérarchie marquent un recul sensible.
Après avoir décrit tous les aspects de ce cataclysme, Thilo Sarrazin s’efforce d’envisager les remèdes qui permettraient de redresser la barre. La condition, nécessaire sinon suffisante, de l’assimilation (c’est-à-dire rendre semblables) et/ou de l’intégration doit reposer sur des postulats non négociables : obéissance aux lois, arrêt de l’oppression des femmes et des mariages forcés, dépréciation de la violence – en particulier des jeunes – comme moyen de se valoriser et d’établir sa place dans la société, obligation de travailler pour gagner sa vie. C’est une politique dont le succès, pour le moins qu’on en puisse dire, est qu’il n’est pas gagnée d’avance : En effet, M. Erdogan, premier ministre turc, n’a-t-il pas déclaré, devant le Bundestag que « l’assimilation est un crime contre l’humanité ».
Pour M. Sarrazin, il faut s’attaquer aux racines du mal, en commençant par une profonde réforme de l’école, et en fait, en éduquant les enfants (turcs) CONTRE le milieu dans lequel ils baignent. Les jardins d’enfants doivent au plus tôt soustraire ces enfants aux influences familiales, et l’ « école toute la journée » - contrairement à la pratique allemande actuelle – doit être instituée et généralisée, toujours pour réduire la domination du milieu. Un effort tout particulier devra être fait pour assurer une connaissance satisfaisante de la langue allemande (parlée et écrite), sans laquelle aucun avenir n’est possible dans le pays d’accueil.
Une réforme des systèmes d’assistance devra également être effectuée, de ces systèmes qui encouragent l’assistanat et la multiplication des Turcs qui sont déjà sur place, et qui attirent en Allemagne les « mauvais immigrés. En effet, on entend parfois certains musulmans déclarer qu’ils réaliseront par la natalité là où Soliman (le magnifique) avait échoué en 1529 devant Vienne. Il est donc indispensable de diminuer drastiquement les transferts sociaux, et leur suppression pour les familles dont les enfants ne fréquentent pas régulièrement l’école. Rappelons, Ô miracle, que c’est un socialiste – certes allemand – qui parle !
Il faut parallèlement un arrêt total de l’immigration, ou tout du moins une sélection sévère des nouveaux entrants, les critères devant alors répondre à l’intérêt de l’Allemagne et non plus aux besoins des candidats. Il sera mêmement primordial de procéder à un profond amendement de la fiscalité, dans le but de favoriser les unions stables (par opposition aux couples transitoires) et donc la famille, en instituant des mesures qui incitent les femmes des classes supérieures et moyennes à avoir des enfants tôt dans la vie, afin d’augmenter leurs chances d’en avoir plus qu’un seul. Thilo Sarrazin pense même que l’instauration d’un « quotient familial » à la française pourrait être mis en place. C’est un dispositif « socialement injuste », mais démographiquement efficace.
Pour que l’ensemble de ces mesures puissent être implémentées, il faut à l’évidence un consensus de la population. Certes, les Allemands peuvent décider s’ils veulent des immigrés, et lesquels. Ils peuvent aussi décider s’ils veulent une Allemagne multiculturelle, c'est-à-dire musulmane, ou non. Mais ils doivent décider en connaissance de cause (c’est le but de l’ouvrage de M. Sarrazin), et si la société qui se profile à l’horizon ne leur convient pas. Ils doivent agir tant que les Allemands de souche sont encore en majorité car, si rien n’est entrepris, en 2100, il y aura en Allemagne plus d’habitants avec des origines turques, que d’Allemands de souche, et alors …
Thilo Sarrazin s’étonne – et s’indigne – que les hommes politiques s’inquiètent plus de savoir si dans 100 ans la température aura augmenté d’un ou deux degrés, plutôt que de l’élimination de la nation allemande. Les réformes impliqueront manifestement une révision de la Constitution, car nombre des mesures envisagées sont contraires à ce qu’elle est à ce jour.
Le dernier mot de l’ouvrage est une citation latine : Hic Rhodus, hic salta ! Qui traduite mot à mot ne veut dire autre chose que : Ici c’est Rhodes, saute ! Mais dont le sens, tiré de l’anecdote qui lui a donné naissance est : c’est maintenant qu’il faut y aller !
§
A plusieurs reprises, Thilo Sarrazin donne la France en exemple – au moins dans le domaine de la démographie. Cela fait du bien, car cela nous change : on est plutôt habitué à ce que l’exemple vienne de l’autre côté du Rhin.
Mais si la France a une meilleure natalité globale, qui assure le renouvellement des générations, il n’en demeure pas moins que le taux de reproduction des Français de souche – ou des assimilés – n’est que de 1,7 enfant par femme, alors que celui des immigrés, fort semblables à leurs coreligionnaires d’outre-Rhin et qui posent sensiblement les mêmes problèmes à la société, est de 2,3 enfants par femme. Cela veut simplement dire que nous mettrons un peu plus de temps que l’Allemagne à devenir un pays musulman.
Deutschland schafft sich ab, par Thilo Sarrazin, DeutscheVerlags-Anstalt
Il n’est pour l’instant pas prévu de traduction française de l’ouvrage.
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Vous pouvez retrouver l’intégralité des Brevia en visitant mon Web Log à l’adresse suivante :
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(Numéro 69, Février)
Notes de Lecture
DEUTSCHLAND SCHAFFT SICH AB
(L’Allemagne court à sa perte)
de Thilo Sarrazin
Cet ouvrage a fait, et continue de faire, en Allemagne un bruit considérable. Il a soulevé les passions. Les tenants du politiquement correct l’ont vilipendé, la population, dans sa grande majorité, l’a approuvé. Beaucoup de ceux qui l’ont critiqué ne l’ont pas lu et n’en disent que ce que leur en ont fait savoir des commentaires biaisés souvent écrits par ceux-là mêmes qui n’avaient pas pris la peine de lire le livre.
Le but de la présente compilation n’est pas d’engager le débat sur le fond. Il n’est que de donner une idée aussi précise et honnête que possible des thèses défendues par M. Sarrazin, et de tenter ainsi de mettre un terme aux absurdités et aux raccourcis malveillants que l’on entend à leur sujet.
Thilo Sarrazin est né en 1945 à Gera. C’est un économiste et un homme politique, membre du SPD (parti socialiste allemand), au nom duquel il a exercé de hautes fonctions, notamment au Sénat de Berlin. Il fut également membre du Directoire de la Deutsche Bundesbank, mais fut conduit à abandonner cette mission suite au tollé provoqué par son dernier livre, qui s’est à ce jour vendu à plus de trois millions d’exemplaires.
Dans mon exposé, je n’ai pas strictement respecté le plan de l’œuvre, et j’ai négligé certains développements – par ailleurs fort intéressants – pour m’attacher à faire ressortir le fil conducteur et le cœur de la pensée de l’auteur.
§
Le grand –oserait-on dire le seul – problème de l’Allemagne, est son faible taux de natalité. Mais c’est un problème considérable et lourd de catastrophiques conséquences. Sur la pente actuelle (et la démographie est comme les plus grands des navires qui ne changent pas de cap du jour au lendemain, et c’est pour cela qu’on dit que ses lois sont des lois d’airain), l’Allemagne n’aura plus que 25 millions d’habitants dans 100 ans, c'est-à-dire dans un peu plus de trois générations. Et pire encore, dans cette population amoindrie, le pourcentage des Allemands de souche va aller s’amenuisant.
Or, M. Sarrazin considère, se basant sur des études scientifiques sérieuses, que l’intelligence et les caractéristiques mentales du milieu socioculturel sont, en grande partie, héréditaires. Ce qui ne veut pas dire qu’un couple d’abrutis ne peut pas engendrer un génie, ni l’inverse, mais que la probabilité que cela arrive est plus faible que dans l’autre sens. Il en donne pour exemple la population juive de l’Allemagne d’avant la seconde guerre mondiale, qui était fortement surreprésentée, pour cause d’endogamie, dans les domaines des sciences, de la médecine, des arts et de la musique.
La natalité allemande est faible, mais elle est encore plus faible dans les classes supérieures et moyennes, porteuses de la culture et de l’intelligence. Par contre, les classes inférieures, parmi lesquelles les Turcs et les Allemands d’origine turque, se reproduisent mieux, ou moins mal.
De plus, l’Allemagne n’attire plus les « bons immigrés », elle n’attire plus que des paysans illettrés qui ne viennent plus pour travailler, mais pour bénéficier des systèmes de protection sociale : 8% des allemands de souche vivent des transferts sociaux, cette proportion monte à 16% pour la population d’origine turque, et même à 24% pour celle originaire d’Afrique.
Le système de protection sociale allemand est très développé, et complexe : Wohnungsgeld (allocation logement) Heizungsgeld (allocation chauffage) Kindergeld (allocation pour enfants), Elterngeld (allocation pour parents), Krankenversicherung (assurance maladie) Arbeitslosengeld (assurance chômage), le tout couronné par la Grundsicherung, sorte de revenu minimum garanti, qui assure au bénéficiaire, même sans travail, 60 % du salaire médian, ce qui couvre bien au-delà des besoins élémentaires nécessaires à la survie. Cette Grundsicherung est plus élevée que le salaire moyen polonais, et bien sûr, infiniment supérieure à ce que les immigrés pourraient espérer gagner, en travaillant, dans leur pays d’origine. Elle est équivalente au pouvoir d’achat moyen du début des années 70, époque où l’Allemagne ne passait pas pour une terre de misère. En fait, la Grundsicherung fonctionne comme notre SMIC, avec les mêmes effets néfastes, et décourage, par sa générosité, les velléités de retour ou d’entrée sur le marché du travail.
Comme le Kindergeld est supérieur aux dépenses réellement engagées pour élever un enfant, les familles pauvres voient leur niveau de vie s’améliorer à chaque nouvel enfant. C’est ce qui explique qu’à ce jour, 40% des naissances ne soient plus le fait d’allemands de souche. La surnatalité – toute relative, puisqu’elle ne compense pas en nombre la sous natalité globale – des immigrés et des classes défavorisées, conduit à une baisse du niveau d’intelligence de l’ensemble du pays. Car on voit croître les classes pauvres, incultes, inaptes au travail et vivant uniquement des allocations sociales. C’est évidemment la conséquence de transferts sociaux trop généreux, qui incitent les classes inférieures à se reproduire à un taux supérieur à la moyenne. La nocivité du système est telle qu’il n’est pas rare de rencontrer des jeunes – souvent issus de l’immigration – et qui envisagent pour tout avenir et pour toute carrière de passer leur vie entière à toucher des allocations.
La situation est très différente aux Etats-Unis : peu ou pas de transferts. Les Etats-Unis récoltent donc en majorité de « bons immigrés », ceux qui savent qu’ils ne doivent compter que sur eux-mêmes, et qu’ils ne pourront s’en sortie que par le travail, et qui, par voie de conséquence finissent assez rapidement – souvent avant la deuxième génération – par s’intégrer parfaitement dans la société américaine.
Les suites inévitables de cet état de fait seront évidemment une perte des capacités d’innovation de l’Allemagne. Dès maintenant, celle-ci n’est plus au premier rang dans les domaines des mathématiques, de l’informatique, des sciences de la nature et de la technique. En pourcentage, deux fois moins d’étudiants allemands se consacrent à ces domaines – essentiels à l’économie – qu’en Corée du Sud. Les études PISA montrent que l’Allemagne est dépassée par des pays où la population est plus homogène, comme le Japon ou la Finlande. Il est donc sans doute derrière nous le temps où l’Allemagne faisait les plus riches moissons de prix Nobel dans les domaines scientifiques ou médicaux.
Cette « perte d’intelligence » nationale entrainera immanquablement une perte de compétitivité de l’économie, dans un monde où seuls les produits ou services innovants auront un marché accessible pour l’Allemagne. D’autant plus qu’en 2050, c'est-à-dire demain, la population de l’Allemagne aura baissé de 10 %, celle des actifs de 30 %, celle des actifs de 20 à 50 ans (correspondant à la période de plus forte créativité) de 40 %. Tout ceci sera aggravé par la détérioration de la pyramide des âges (sur la même période, les gens à la retraite auront vu leur nombre croître de 50 %), et par un pourcentage croissant de la population ne vivant que des transferts sociaux, puisque le marché du travail offrira de moins en moins de possibilités aux populations insuffisamment cultivées et capables des seules tâches sous qualifiées, de plus en plus rares.
D’ailleurs, dès maintenant, le pays a commencé à changer. La population d’origine turque, qui compte à ce jour 4 à 5 millions d’individus, ne s’intègre pas. Thilo Sarrazin considère que l’importation massive de ces populations dans les années 60/70 a été une monstrueuse erreur, tout en reconnaissant qu’il resterait à écrire ce qu’aurait pu être l’histoire – économique – de l’Allemagne si cette immigration n’avait pas eu lieu.
Les Turcs ne s’intègrent pas, en particulier parce qu’ils pratiquent l’endogamie. Les épouses sont « importées », provenant du même clan ou du même village que celui dont vient le futur époux. Le taux de mariages mixtes, excellent indicateur de l’intégration, est particulièrement bas. Ceci explique l’apparition – et le maintien – de véritables sociétés parallèles, composées de familles où l’on ne parle que le turc, où l’on ne regarde que la télévision turque, où l’on porte le voile non pas par nécessité religieuse, mais comme un défi et une affirmation d’altérité.
C’est ce communautarisme qui fait que même en deuxième ou en troisième génération, aucun progrès sur la voie de l’intégration ne se manifeste dans la population d’origine turque, bien au contraire. En effet, l’islam n’est pas seulement une religion, c’est aussi une conception de la société, du droit civil et pénal, et qui dirige fermement les comportements de ses adeptes. Cette emprise de la religion est aussi une des causes du taux de reproduction des Turcs musulmans. On a en effet constaté que la fertilité est fortement corrélée aux pratiques religieuses, quelle que soit d’ailleurs la religion considérée.
L’impact de ces populations sur les performances du système d’éducation, sur le taux de chômage, sur le poids des aides sociales et sur la criminalité est démontré, dans un pays où – contrairement à la France – les statistiques à caractère ethnique ne sont pas interdites.
Compte tenu de l’importance – toujours croissante – de ces habitants d’origine turque, on assiste au déclin des valeurs qui ont si longtemps assuré le succès de l’économie allemande : la ponctualité, la fiabilité, l’assiduité, la précision, le sens de l’ordre et de la hiérarchie marquent un recul sensible.
Après avoir décrit tous les aspects de ce cataclysme, Thilo Sarrazin s’efforce d’envisager les remèdes qui permettraient de redresser la barre. La condition, nécessaire sinon suffisante, de l’assimilation (c’est-à-dire rendre semblables) et/ou de l’intégration doit reposer sur des postulats non négociables : obéissance aux lois, arrêt de l’oppression des femmes et des mariages forcés, dépréciation de la violence – en particulier des jeunes – comme moyen de se valoriser et d’établir sa place dans la société, obligation de travailler pour gagner sa vie. C’est une politique dont le succès, pour le moins qu’on en puisse dire, est qu’il n’est pas gagnée d’avance : En effet, M. Erdogan, premier ministre turc, n’a-t-il pas déclaré, devant le Bundestag que « l’assimilation est un crime contre l’humanité ».
Pour M. Sarrazin, il faut s’attaquer aux racines du mal, en commençant par une profonde réforme de l’école, et en fait, en éduquant les enfants (turcs) CONTRE le milieu dans lequel ils baignent. Les jardins d’enfants doivent au plus tôt soustraire ces enfants aux influences familiales, et l’ « école toute la journée » - contrairement à la pratique allemande actuelle – doit être instituée et généralisée, toujours pour réduire la domination du milieu. Un effort tout particulier devra être fait pour assurer une connaissance satisfaisante de la langue allemande (parlée et écrite), sans laquelle aucun avenir n’est possible dans le pays d’accueil.
Une réforme des systèmes d’assistance devra également être effectuée, de ces systèmes qui encouragent l’assistanat et la multiplication des Turcs qui sont déjà sur place, et qui attirent en Allemagne les « mauvais immigrés. En effet, on entend parfois certains musulmans déclarer qu’ils réaliseront par la natalité là où Soliman (le magnifique) avait échoué en 1529 devant Vienne. Il est donc indispensable de diminuer drastiquement les transferts sociaux, et leur suppression pour les familles dont les enfants ne fréquentent pas régulièrement l’école. Rappelons, Ô miracle, que c’est un socialiste – certes allemand – qui parle !
Il faut parallèlement un arrêt total de l’immigration, ou tout du moins une sélection sévère des nouveaux entrants, les critères devant alors répondre à l’intérêt de l’Allemagne et non plus aux besoins des candidats. Il sera mêmement primordial de procéder à un profond amendement de la fiscalité, dans le but de favoriser les unions stables (par opposition aux couples transitoires) et donc la famille, en instituant des mesures qui incitent les femmes des classes supérieures et moyennes à avoir des enfants tôt dans la vie, afin d’augmenter leurs chances d’en avoir plus qu’un seul. Thilo Sarrazin pense même que l’instauration d’un « quotient familial » à la française pourrait être mis en place. C’est un dispositif « socialement injuste », mais démographiquement efficace.
Pour que l’ensemble de ces mesures puissent être implémentées, il faut à l’évidence un consensus de la population. Certes, les Allemands peuvent décider s’ils veulent des immigrés, et lesquels. Ils peuvent aussi décider s’ils veulent une Allemagne multiculturelle, c'est-à-dire musulmane, ou non. Mais ils doivent décider en connaissance de cause (c’est le but de l’ouvrage de M. Sarrazin), et si la société qui se profile à l’horizon ne leur convient pas. Ils doivent agir tant que les Allemands de souche sont encore en majorité car, si rien n’est entrepris, en 2100, il y aura en Allemagne plus d’habitants avec des origines turques, que d’Allemands de souche, et alors …
Thilo Sarrazin s’étonne – et s’indigne – que les hommes politiques s’inquiètent plus de savoir si dans 100 ans la température aura augmenté d’un ou deux degrés, plutôt que de l’élimination de la nation allemande. Les réformes impliqueront manifestement une révision de la Constitution, car nombre des mesures envisagées sont contraires à ce qu’elle est à ce jour.
Le dernier mot de l’ouvrage est une citation latine : Hic Rhodus, hic salta ! Qui traduite mot à mot ne veut dire autre chose que : Ici c’est Rhodes, saute ! Mais dont le sens, tiré de l’anecdote qui lui a donné naissance est : c’est maintenant qu’il faut y aller !
§
A plusieurs reprises, Thilo Sarrazin donne la France en exemple – au moins dans le domaine de la démographie. Cela fait du bien, car cela nous change : on est plutôt habitué à ce que l’exemple vienne de l’autre côté du Rhin.
Mais si la France a une meilleure natalité globale, qui assure le renouvellement des générations, il n’en demeure pas moins que le taux de reproduction des Français de souche – ou des assimilés – n’est que de 1,7 enfant par femme, alors que celui des immigrés, fort semblables à leurs coreligionnaires d’outre-Rhin et qui posent sensiblement les mêmes problèmes à la société, est de 2,3 enfants par femme. Cela veut simplement dire que nous mettrons un peu plus de temps que l’Allemagne à devenir un pays musulman.
Deutschland schafft sich ab, par Thilo Sarrazin, DeutscheVerlags-Anstalt
Il n’est pour l’instant pas prévu de traduction française de l’ouvrage.
§ §
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31 janvier 2011
Brevia 68, janvier 2011
BREVIA 2011
(Numéro 68,Janvier)
Le 24 décembre 2010, le Figaro titre, un article en page 12 : Le pôle Nord se réchauffe, l’Europe se refroidit…Si c’est une inquiétante nouvelle pour les millions d’habitants des terres basses qui risquent d’être submergés par la fonte des glaces, c’en est sans doute une excellente pour les candidats viticulteurs du nord du Groenland, et –surtout – pour les ours polaires qui vont pouvoir venir s’installer chez nous, entre le cercle polaire et le 40ème parallèle.
Mais non, Docteur, je ne vous demande nullement de me rajeunir. Mon souhait le plus ardent serait que vous me fassiez vieillir.
C’est vers 50 ans, lorsqu’apparaissent les premiers imperceptibles dérèglements de la machine, que nous est révélée cette évidence que la jeunesse – et comme le disait Paul Valéry – le silence des organes nous avait masquée : nous sommes mortels.
Quand un mauvais Bilan est publié, la réalité est toujours pire. Un bon Bilan cache toujours une réalité plus florissante.
Adage comptable
Indignez-vous !
Le minuscule opusculet de Stephane Hessel, est, semble-t-il, en train de battre des records de ventes. Son prix (3 €) pour 14 pages de texte explique peut-être cela. Mais pas uniquement.
L’auteur, Stephane Hessel, né de parents juifs à Berlin en 1917, émigré en France, rejoint la France Libre dès 1941. Résistant, il est arrêté par la Gestapo, déporté, évadé, il œuvrera plus tard au sein des Nations Unies. Homme de gauche, il reste marqué par les idéaux du Conseil National de la Résistance et son programme collectiviste.
Son dernier libelle incite la jeunesse à s’indigner contre l’inacceptable de notre temps. En ce qui le concerne, sa révolte s’adresse aux écarts grandissants entre les revenus des pays riches et ceux des pays pauvres, au sort réservé aux immigrés, aux sans-papiers, aux Roms. Ainsi qu’aux conditions de vie des Palestiniens. Il reste cependant un adepte de la non-violence, même si la violence des Palestiniens lui parait moins coupable que celle des Israéliens. Enfin, il met en doute les vertus du « progrès » et de la consommation de masse.
Même si l’auteur est personne d’importance, si son histoire et son âge méritent le respect, qu’il me soit permis cependant de ne pas partager ses vues.
Je voudrais, dans un premier temps, critiquer les motifs qu’il trouve à s’indigner :
• Certes, les pays riches continuent de s’enrichir, mais les pays pauvres ne s’appauvrissent pas. On y vit mieux qu’il y a un siècle. Il est insignifiant de s’attacher aux « écarts », seul le « niveau » présente de l’intérêt. D’autre part, l’assistance que nous leur apportons ne leur est d’aucun secours. Soit ces fonds enrichissent des dirigeants corrompus, soit ils disparaissent dans des projets grandioses ou sans intérêt économique. Malgré notre tentation de vouloir imposer à la planète entière l’assistanat qui a déjà quasiment ruiné nos sociétés, les pays pauvres ne sortiront de leur misère que par eux-mêmes, et tout d’abord en maîtrisant une natalité galopante qui mine tout espoir d’amélioration de niveau de vie de ces populations.
• Pour ce qui est des immigrés (légaux) leur condition est bien plus le résultat de leur refus d’intégration, d’un repli farouche sur des communautés d’origine, que d’un manque de la part des pays d’accueil, qui ont déjà investi des sommes monstrueuses – et à mauvais escient – pour tenter de remédier à l’actuel état des choses. Je renvoie sur ce sujet à l’excellent ouvrage de Thilo Sarrazin (Deutscland schafft sich ab) dont une analyse dans un très prochain Brevia.
• Et comment ne pas s’indigner que l’on s’indigne devant un non-respect flagrant des règles de nos pays, quand ceux-ci tentent –faiblement – de faire respecter les lois relatives aux sans-papiers et autres Roms. C’est aux pays d’origine que doivent s’adresser nos reproches, eux qui traitent si mal leurs concitoyens, si mal que même la misère chez nous (misère relative, car nos dispositifs d’assistance assurent aux bénéficiaires un revenu largement supérieur à ce qu’ils pourraient espérer par un travail chez eux) leur parait préférable au séjour dans leur patrie.
• La question judéo-palestinienne est trop vaste, trop complexe, pour envisager ici d’en faire un examen approfondi. Remarquons simplement qu’à plusieurs reprises les ébauches de paix ont sombré face à l’intransigeance des négociateurs palestiniens, et que, d’autre part, le sort de ces populations est un bien commode alibi pour nombre de pays arabes et ou musulmans.
• Enfin, la critique du progrès, de la consommation, peut se comprendre chez un homme de 93 ans, certes vert encore, mais imprégné par les canons collectivistes d’une autre époque. Et puis, ce « progrès » cette « consommation », n’est-ce pas justement ce qu’il nous reproche de ne pas partager avec les plus pauvres ?
Dans un deuxième temps, et pour conclure, je voudrais livrer ici mes sujets d’indignation, car, si l’indignation est vertu, encore doit-elle viser les vrais scandales :
• Tout d’abord le laxisme d’un Etat omniprésent, produisant sans relâche des textes inapplicables et donc inappliqués, qui veut tout faire et tout réglementer, et qui, par voie de conséquence, fait tout de travers. Qui au lieu de se cantonner à ses fonctions régaliennes, envahit les moindres recoins de nos vies professionnelles et privées. Qui développe à tour de bras un assistanat généralisé castrant tout élan, toute volonté des individus de s’aider eux-mêmes, toute possibilité de rebond. Qui nous a conduit (et non pas les « banquiers » ni la « finance internationale ») au bord de la faillite, et qui est incapable de mettre en œuvre les voies du redressement, bien que celles-ci soient maintenant connues et déjà appliquées sous d’autres cieux.
• Une justice complaisante, plus sensible aux états d’âme des criminels qu’aux dommages des victimes, qui méprise chaque jour davantage les droits sacrés de la propriété, base de nos libertés et de notre bien-être.
• Quant à la solidarité, à tout bout de champ et à toutes les sauces, j’ai déjà dit tout le mal que j’en pensais, aussi n’est-il pas nécessaire d’y revenir.
• En conclusion, malgré son désir de passer pour incongru, subversif, voire révolutionnaire, le livret de Stéphane Hessel ne fait que reprendre les poncifs de l’ubiquiste opinion bien-pensante, crypto-socialisante, dont nous assomment à longueur d’ondes et de lignes les radios, les télévisions et une grande partie de la presse écrite.
Indignez-vous, de Stéphane Hessel, Indigène Editions, 3 €
Il ne me reste plus qu’à présenter mes vœux à mes fidèles lecteurs, aussi à ceux qui le sont moins, et à souhaiter (avec eux ?) que les idées ici défendues continuent à progresser dans l’opinion, comme on en voit tous les jours de nouvelles – même si timides encore- preuves.
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(Numéro 68,Janvier)
Le 24 décembre 2010, le Figaro titre, un article en page 12 : Le pôle Nord se réchauffe, l’Europe se refroidit…Si c’est une inquiétante nouvelle pour les millions d’habitants des terres basses qui risquent d’être submergés par la fonte des glaces, c’en est sans doute une excellente pour les candidats viticulteurs du nord du Groenland, et –surtout – pour les ours polaires qui vont pouvoir venir s’installer chez nous, entre le cercle polaire et le 40ème parallèle.
Mais non, Docteur, je ne vous demande nullement de me rajeunir. Mon souhait le plus ardent serait que vous me fassiez vieillir.
C’est vers 50 ans, lorsqu’apparaissent les premiers imperceptibles dérèglements de la machine, que nous est révélée cette évidence que la jeunesse – et comme le disait Paul Valéry – le silence des organes nous avait masquée : nous sommes mortels.
Quand un mauvais Bilan est publié, la réalité est toujours pire. Un bon Bilan cache toujours une réalité plus florissante.
Adage comptable
Indignez-vous !
Le minuscule opusculet de Stephane Hessel, est, semble-t-il, en train de battre des records de ventes. Son prix (3 €) pour 14 pages de texte explique peut-être cela. Mais pas uniquement.
L’auteur, Stephane Hessel, né de parents juifs à Berlin en 1917, émigré en France, rejoint la France Libre dès 1941. Résistant, il est arrêté par la Gestapo, déporté, évadé, il œuvrera plus tard au sein des Nations Unies. Homme de gauche, il reste marqué par les idéaux du Conseil National de la Résistance et son programme collectiviste.
Son dernier libelle incite la jeunesse à s’indigner contre l’inacceptable de notre temps. En ce qui le concerne, sa révolte s’adresse aux écarts grandissants entre les revenus des pays riches et ceux des pays pauvres, au sort réservé aux immigrés, aux sans-papiers, aux Roms. Ainsi qu’aux conditions de vie des Palestiniens. Il reste cependant un adepte de la non-violence, même si la violence des Palestiniens lui parait moins coupable que celle des Israéliens. Enfin, il met en doute les vertus du « progrès » et de la consommation de masse.
Même si l’auteur est personne d’importance, si son histoire et son âge méritent le respect, qu’il me soit permis cependant de ne pas partager ses vues.
Je voudrais, dans un premier temps, critiquer les motifs qu’il trouve à s’indigner :
• Certes, les pays riches continuent de s’enrichir, mais les pays pauvres ne s’appauvrissent pas. On y vit mieux qu’il y a un siècle. Il est insignifiant de s’attacher aux « écarts », seul le « niveau » présente de l’intérêt. D’autre part, l’assistance que nous leur apportons ne leur est d’aucun secours. Soit ces fonds enrichissent des dirigeants corrompus, soit ils disparaissent dans des projets grandioses ou sans intérêt économique. Malgré notre tentation de vouloir imposer à la planète entière l’assistanat qui a déjà quasiment ruiné nos sociétés, les pays pauvres ne sortiront de leur misère que par eux-mêmes, et tout d’abord en maîtrisant une natalité galopante qui mine tout espoir d’amélioration de niveau de vie de ces populations.
• Pour ce qui est des immigrés (légaux) leur condition est bien plus le résultat de leur refus d’intégration, d’un repli farouche sur des communautés d’origine, que d’un manque de la part des pays d’accueil, qui ont déjà investi des sommes monstrueuses – et à mauvais escient – pour tenter de remédier à l’actuel état des choses. Je renvoie sur ce sujet à l’excellent ouvrage de Thilo Sarrazin (Deutscland schafft sich ab) dont une analyse dans un très prochain Brevia.
• Et comment ne pas s’indigner que l’on s’indigne devant un non-respect flagrant des règles de nos pays, quand ceux-ci tentent –faiblement – de faire respecter les lois relatives aux sans-papiers et autres Roms. C’est aux pays d’origine que doivent s’adresser nos reproches, eux qui traitent si mal leurs concitoyens, si mal que même la misère chez nous (misère relative, car nos dispositifs d’assistance assurent aux bénéficiaires un revenu largement supérieur à ce qu’ils pourraient espérer par un travail chez eux) leur parait préférable au séjour dans leur patrie.
• La question judéo-palestinienne est trop vaste, trop complexe, pour envisager ici d’en faire un examen approfondi. Remarquons simplement qu’à plusieurs reprises les ébauches de paix ont sombré face à l’intransigeance des négociateurs palestiniens, et que, d’autre part, le sort de ces populations est un bien commode alibi pour nombre de pays arabes et ou musulmans.
• Enfin, la critique du progrès, de la consommation, peut se comprendre chez un homme de 93 ans, certes vert encore, mais imprégné par les canons collectivistes d’une autre époque. Et puis, ce « progrès » cette « consommation », n’est-ce pas justement ce qu’il nous reproche de ne pas partager avec les plus pauvres ?
Dans un deuxième temps, et pour conclure, je voudrais livrer ici mes sujets d’indignation, car, si l’indignation est vertu, encore doit-elle viser les vrais scandales :
• Tout d’abord le laxisme d’un Etat omniprésent, produisant sans relâche des textes inapplicables et donc inappliqués, qui veut tout faire et tout réglementer, et qui, par voie de conséquence, fait tout de travers. Qui au lieu de se cantonner à ses fonctions régaliennes, envahit les moindres recoins de nos vies professionnelles et privées. Qui développe à tour de bras un assistanat généralisé castrant tout élan, toute volonté des individus de s’aider eux-mêmes, toute possibilité de rebond. Qui nous a conduit (et non pas les « banquiers » ni la « finance internationale ») au bord de la faillite, et qui est incapable de mettre en œuvre les voies du redressement, bien que celles-ci soient maintenant connues et déjà appliquées sous d’autres cieux.
• Une justice complaisante, plus sensible aux états d’âme des criminels qu’aux dommages des victimes, qui méprise chaque jour davantage les droits sacrés de la propriété, base de nos libertés et de notre bien-être.
• Quant à la solidarité, à tout bout de champ et à toutes les sauces, j’ai déjà dit tout le mal que j’en pensais, aussi n’est-il pas nécessaire d’y revenir.
• En conclusion, malgré son désir de passer pour incongru, subversif, voire révolutionnaire, le livret de Stéphane Hessel ne fait que reprendre les poncifs de l’ubiquiste opinion bien-pensante, crypto-socialisante, dont nous assomment à longueur d’ondes et de lignes les radios, les télévisions et une grande partie de la presse écrite.
Indignez-vous, de Stéphane Hessel, Indigène Editions, 3 €
Il ne me reste plus qu’à présenter mes vœux à mes fidèles lecteurs, aussi à ceux qui le sont moins, et à souhaiter (avec eux ?) que les idées ici défendues continuent à progresser dans l’opinion, comme on en voit tous les jours de nouvelles – même si timides encore- preuves.
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