BREVIA
No. 116
(février 2015)
Eric
Zemmour
Le suicide français
Je
viens de lire le (très) gros livre d’Eric Zemmour. Plus de 500 pages, écrites
dans un style qui relève plus de la chronique radiophonique que d’un exercice
littéraire. L’auteur parcourt les 40 dernières années qui, selon lui,
illustrent le suicide français. Pour chaque année, il sélectionne un ou
plusieurs évènements qui jalonnent cette marche inéluctable vers la mort du
pays. Mort non pas par l’action d’un ennemi extérieur, mais mort
endogène : d’où le terme de suicide.
Nos
malheurs ont commencé en 1968, année où fut instauré le mépris de l’autorité,
de la discipline, la suprématie du « moi », et qui contenait en germe
les futures catastrophes : délitement de l’instruction publique,
anéantissement des valeurs fondamentales traditionnelles (famille), décadence
de la culture.
Eric
Zemmour voit dans la veulerie et l’incompétence des dirigeants, dans leur
soumission aux « puissances de l’argent », dans leur abandon de la
« souveraineté nationale », une autre cause de l’effondrement du
pays.
Mais
finalement, à ses yeux, le facteur le plus destructeur est l’accroissement
d’une population immigrée, rebelle à nos traditions et à nos valeurs. En effet, ce qui était dans les années 60 une
immigration de travail est devenu une
immigration de peuplement (en
particulier grâce au regroupement familial – que nous devons au couple
Giscard-Chirac), qui vise à remplacer le peuple d’origine par un peuple
importé.
Le
livre d’Eric Zemmour ne propose aucune solution pour échapper au déclin :
il l’annonce d’ailleurs dans sa préface.
Mais,
si l’on n’est pas obligé de partager toutes
ses opinions, en particulier celles où il défend l’interventionnisme d’un Etat
colbertiste, force est de constater la réalité indéniable du tableau, bien
au-delà du réflexe du « c’était
mieux avant ».
Presque
dans la même veine, le livre de Laurent Ozon, « France, les années
décisives », fait pratiquement les mêmes constats, mais lui, envisage des
solutions. Sur le plan économique, une proximité des consommateurs et de la
production, suivant des thèses proches de la doctrine écologique et … de
l’extrême gauche. Pour lutter contre l’ « immigration de
peuplement », l’auteur envisage une « remigration », sur
laquelle il s’étend fort peu, et sans en indiquer les modalités.
Beaucoup
plus convainquant, l’ouvrage de François Billot de Lochner :
« Echapper à la mort de la France ». Le constat est aussi sévère que
celui des deux précédentes études. Mais il propose 30 mesures qui devraient
permettre de redresser la barre. Même si l’on peut ne pas être d’accord avec
toutes les propositions (particulièrement en matière économique), il n’en reste
pas moins que la plupart d’entre elles semblent de bon sens, et susceptibles
d’enrayer les catastrophes qui nous menacent.
Y
aura-t-il un homme politique en 2017 capable de les comprendre et de les
appliquer. On peut en douter, mais on peut aussi espérer. Dum spiro, spero.
§
Je
ne suis pas particulièrement réputé pour être un passionné des autobiographies
féminines. Mais une fois n’est pas coutume :
Ayaan
Hirsi Ali
INFIDEL
Pocket Books, 2007
£ 8, 99
Ayaan
Hirsi Ali est née en 1969 en Somalie,
dans une famille musulmane pratiquante. Après avoir fréquenté les Frères
Musulmans, elle fuit en Europe pour échapper au mariage (forcé) que son père
voulait lui imposer.
Elle
aboutit aux Pays-Bas, où elle demande l’asile, qu’elle obtient.
Douée
d’un caractère fort indépendant et critique, elle renforce au contact de la
civilisation occidentale ses doutes – et ses reproches – à l’égard de sa
religion.
Voulez-vous
quelques exemples ? Voici :
By
declaring our Prophet infallible and not permitting ourselves to question him,
we Muslims had set up a static tyranny. The Prophet Muhammad attempted to
legislate every aspect of life. By adhering to his rules of what is permitted
and what is forbidden, we Muslims suppressed the freedom to think for ourselves and to act as we
choose. We froze the moral outlook of billions of people in the
mind-set of the Arab desert in the seventh century. We were not just servants
of Allah, we were slaves.
Most Muslims never delve into
thelogy, and we rarely read the Quran; we are taught it in Arabic, which most
Muslims can’t speak. As a result, most people think that
Islam is about peace. It is from these people, honest and kind, that the
fallacy has arisen that Islam is peaceful and tolerant.
When
people say that the values of Islam are compassion, tolerance and freedom, I
look at reality, at real cultures and governments, and I see that it simply
isn’t so.
Ces critiques la
conduiront finalement à l’apostasie, déclenchant ainsi des menaces de mort dont
la Police cherche à la protéger, d’autant qu’entretemps elle était devenue
Député du Parti Libéral. Finalement, sous la pression, elle se réfugie aux
Etats-Unis. Ce qu’elle critique surtout dans la religion musulmane, c’est la
SOUMISSION totale de l’individu, privé de toute initiative et de toute faculté
de raisonner. Mais encore plus la condition des femmes (excision, mariages
forcés, usages vestimentaires …) Egalement le manque d’aggiornamento, qui fait que des millions de musulmans restent régis
par des coutumes du VIIe siècle.
Ce livre est absolument
passionnant. Il donne une vision de l’islam vu de
l’ « intérieur ». je ne peux qu’en recommander très chaudement
la lecture. L’ouvrage existe en langue française, sous le titre : Ma vie rebelle.
§
François Hollande doit
une fière chandelle aux assassins iconoclastes et antisémites du 7
janvier : sa popularité a fait un bond impressionnant, et maintenant,
presque la moitié de la population a de lui une opinion favorable. Et puisque
les « thèses du complot » sont à la mode, pourquoi ne pas imaginer
que le Président est à l’origine de ces assassinats, suivant l’ancien adage :
is fecit cui prodest (c’est celui à
qui il profite qui a commis le crime) ?
§
Madame
Angela Merkel a déclaré récemment : l’islam appartient à l’Allemagne. Ne
voit-elle pas que dans quelques décennies, on risque de devoir dire :
l’Allemagne appartient à l’islam ?
§
Les
Juifs et les Arabes sont des sémites. Aussi, quand on est antisémite, contre
qui est-on ?
Je
propose donc que l’on crée deux catégories d’antisémites :
L’antisémitisme
A : qui s’oppose aux Arabes
L’antisémitisme
B : qui n’est pas favorable aux Juifs
Ça
sera plus clair !
§ §
§