Brevia
No. 121
(Juillet 2015)
Grexit
or not Grexit ?
Les
réflexions qui suivent ont été pondues avant le 10 juillet 2015. Elles ne
tiennent donc pas compte des évènements et des coups de théâtre (grec) qui se
sont produits après cette date. Mais je crois que l’essentiel en reste valable.
Quelques
rappels utiles :
Depuis
sa création au début de XIXe siècle, l’Etat grec moderne a fait faillite en
moyenne tous les 30 ans. La situation
actuelle n’est donc pas une nouveauté.
On
se souvient sans doute que la Grèce n’a rejoint la zone euro que grâce à une
falsification massive de ses comptes publics (1). Il est bon de s’en souvenir.
La
plus part des médias nous ont parlé tous les jours du risque de voir la Grèce
quitter la zone euro. Et pourquoi pas de la chance
qu’un tel évènement se produise ?
Si
la Grèce, après avoir fait banqueroute, quittait la zone euro, toutes les
sommes qui lui ont été prêtées seraient définitivement perdues. Mais seuls des
fous ont pu croire qu’un jour, la Grèce rembourserait le premier euro, et les
prêteurs, en particulier les Etas et les « institutions », auraient
dû inscrire les sommes prêtées comme « créances douteuses », et
provisionner les pertes prévisibles, comme toute entreprise bien gérée.
(1) Les armées de fonctionnaires,
théoriquement compétents, de la Commission européenne n’ont rien vu ? Des
sanctions ont-elles été prises à leur égard ? Et s’ils ont vu, ont-ils
averti les responsables politiques ? Et si oui, quels sont-ils ?
En quittant la zone euro, la Grèce
pourrait, grâce à de massives dévaluations (sans doute autour de 60%), créer
les conditions d’un redémarrage de son économie, qui n’est en aucun cas
compatible avec celles des autres pays européens.
Si la Grèce, après d’ultimes et
coupables tours de passe-passe, restait dans la zone euro, de nouveaux
programmes d’aide seraient nécessaires, et dans deux ou trois ans on se
retrouverait dans la situation actuelle, après avoir à nouveau dilapidé – bien inutilement – quelques dizaines de
milliards supplémentaires. Ce qui serait particulièrement dommageable, serait
de faire à la Grèce des concessions extra-ordinaires (comme par exemple remise
partielle de la dette, allongement ad infinitum des durées de remboursement …),
ce serait se moquer ouvertement des pays qui ont fait les réformes nécessaires,
et qui, pour certains d’entre eux, ont plus souffert que le Grecs.
On veut nous faire croire que si la
Grèce quitte l’euro, ce serait un signe de faiblesse pour la monnaie
européenne. Mais c’en est un, bien plus grand, de tolérer un tricheur
récidiviste et irresponsable dans ses rangs.
Sur le plan économique, la Grèce ne
pèse quasiment rien. Avec ou sans elle, c’est pareil.
Et pour couronner le tout, il y a le
« style ». Se faire insulter par celui qui demande l’aumône, se faire
traiter de terroriste par des apprentis politiciens, vouloir faire entendre que
le but de Européens est d’humilier
les Hellènes, prouve pour le moins un manque d’éducation et souligne
l’amateurisme de ce gouvernement grec. Et quand ce gouvernement, applaudi par
quelques ahuris, voudrait que, parce qu’il y a 2500 ans ce peuple a contribué à
l’avancée de la pensée, on passe à ses descendants – qui pendant près de 1000
ans se sont métissés de Turcs – toutes ses fantaisies !
On nous dit – et les Grecs le
disent eux-mêmes – que ce peuple ne veut plus des « politiques
d’austérité ». Mais se demande-t-il parfois pourquoi il y est
soumis ? La réponse est pourtant simple : on ne peut pas durablement
dépenser plus que ce qui rentre dans la caisse, que l’on soit une famille, une
entreprise ou un Etat, même un Etat grec.
Quant à la volonté de ce petit
peuple de vouloir imposer à toute l’Europe, et en particulier à la vertueuse
Europe du Nord, des politiques laxistes déconnectées des réalités économiques
les plus élémentaires, cela relève une fois de plus de l’amateurisme de cette
équipe gouvernementale, élue sur des promesses intenables, et qui est arrivée
« au bout du rouleau ».
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