06 septembre 2015

Brevia 121



Brevia No. 121
(Juillet 2015)


Grexit or not Grexit ?

Les réflexions qui suivent ont été pondues avant le 10 juillet 2015. Elles ne tiennent donc pas compte des évènements et des coups de théâtre (grec) qui se sont produits après cette date. Mais je crois que l’essentiel en reste valable.

Quelques rappels utiles :
Depuis sa création au début de XIXe siècle, l’Etat grec moderne a fait faillite en moyenne tous les 30 ans. La situation actuelle n’est donc pas une nouveauté.
On se souvient sans doute que la Grèce n’a rejoint la zone euro que grâce à une falsification massive de ses comptes publics (1). Il est bon de s’en souvenir.

La plus part des médias nous ont parlé tous les jours du risque  de voir la Grèce quitter la zone euro. Et pourquoi pas de la chance qu’un tel évènement se produise ?

Si la Grèce, après avoir fait banqueroute, quittait la zone euro, toutes les sommes qui lui ont été prêtées seraient définitivement perdues. Mais seuls des fous ont pu croire qu’un jour, la Grèce rembourserait le premier euro, et les prêteurs, en particulier les Etas et les « institutions », auraient dû inscrire les sommes prêtées comme « créances douteuses », et provisionner les pertes prévisibles, comme toute entreprise bien gérée.

(1) Les armées de fonctionnaires, théoriquement compétents, de la Commission européenne n’ont rien vu ? Des sanctions ont-elles été prises à leur égard ? Et s’ils ont vu, ont-ils averti les responsables politiques ? Et si oui, quels sont-ils ?
En quittant la zone euro, la Grèce pourrait, grâce à de massives dévaluations (sans doute autour de 60%), créer les conditions d’un redémarrage de son économie, qui n’est en aucun cas compatible avec celles des autres pays européens.

Si la Grèce, après d’ultimes et coupables tours de passe-passe, restait dans la zone euro, de nouveaux programmes d’aide seraient nécessaires, et dans deux ou trois ans on se retrouverait dans la situation actuelle, après avoir à nouveau dilapidé  – bien inutilement – quelques dizaines de milliards supplémentaires. Ce qui serait particulièrement dommageable, serait de faire à la Grèce des concessions extra-ordinaires (comme par exemple remise partielle de la dette, allongement ad infinitum des durées de remboursement …), ce serait se moquer ouvertement des pays qui ont fait les réformes nécessaires, et qui, pour certains d’entre eux, ont plus souffert que le Grecs.

On veut nous faire croire que si la Grèce quitte l’euro, ce serait un signe de faiblesse pour la monnaie européenne. Mais c’en est un, bien plus grand, de tolérer un tricheur récidiviste et irresponsable dans ses rangs.

Sur le plan économique, la Grèce ne pèse quasiment rien. Avec ou sans elle, c’est pareil.

Et pour couronner le tout, il y a le « style ». Se faire insulter par celui qui demande l’aumône, se faire traiter de terroriste par des apprentis politiciens, vouloir faire entendre que le but de Européens est d’humilier les Hellènes, prouve pour le moins un manque d’éducation et souligne l’amateurisme de ce gouvernement grec. Et quand ce gouvernement, applaudi par quelques ahuris, voudrait que, parce qu’il y a 2500 ans ce peuple a contribué à l’avancée de la pensée, on passe à ses descendants – qui pendant près de 1000 ans se sont métissés de Turcs – toutes ses fantaisies !

On nous dit – et les Grecs le disent eux-mêmes – que ce peuple ne veut plus des « politiques d’austérité ». Mais se demande-t-il parfois pourquoi il y est soumis ? La réponse est pourtant simple : on ne peut pas durablement dépenser plus que ce qui rentre dans la caisse, que l’on soit une famille, une entreprise ou un Etat, même un Etat grec.

Quant à la volonté de ce petit peuple de vouloir imposer à toute l’Europe, et en particulier à la vertueuse Europe du Nord, des politiques laxistes déconnectées des réalités économiques les plus élémentaires, cela relève une fois de plus de l’amateurisme de cette équipe gouvernementale, élue sur des promesses intenables, et qui est arrivée « au bout du rouleau ».



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